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Déconfinement : revenir au concret

Jean-Roch Cousinier nous propose de publier cet article qu’il a rédigé.

« Quand Orgueil chevauche en tête, Honte et Dommage suivent de près » …

La léthargie du confinement, nos certitudes, nos négligences pourraient nous coûter cher au moment ou le télétravail se généralise, et que la transformation numérique qui accompagne le déconfinement s’accélère.

Après des semaines d’internement à domicile, nous voilà libérés. Pendant le confinement, les rues vidées de leurs occupants, se remplissaient de chants d’oiseaux, d’air pur, la campagne revenait au cœur des cités assoupies, alors que les habitants cloîtrés découvraient les vertus de l’ennui, de l’assignation à domicile, le télétravail.

On pourra gloser des heures sur les avantages et inconvénients du télétravail, de leurs effets sur la vie professionnelle, mais comme toujours ce sont les bénéfices concrets qui imposeront les changements. Des dirigeants remarqueront que maintenir des collaborateurs à domicile stimule la productivité, que cela permet d’économiser sur la location de bureaux, et le droit et la sociologie s’en trouveront transformés…

Le miracle de la transformation numérique s’accomplit, l’informatique et les réseaux nous permettent de contempler le nouveau monde tant attendu. Mais ce monde fantasmé, le connaissons-nous ? Il se construit sous nos yeux, sur les smartphones, les réseaux sociaux, on dématérialise des pans entiers de nos services, de nos outils, on se projette dans le cloud, désormais on ne soucierait plus que de faire nos métiers… Merveilleux.

Et puis de ci de là, l’actualité pendant le confinement nous rapportent son lot de menaces. On apprend que des sociétés de toutes tailles subissent les assauts des cybercriminels, que des données s’égarent, que des fiches de paies se baladent sur le net, que des visioconférences sont espionnées… Le nouveau monde prend des allures de Far West, captivant, attirant mais dangereux, très dangereux.

Les statistiques funestes accompagnent la cybercriminalité, les avaries des systèmes d’informations. Une entreprise sur deux ne s’en remettraient pas un an après un sinistre majeur… 50% de défaillance cela réveille, et le législateur a produit une loi censée faire réagir les dirigeants : le RGPD. Le Règlement Général de la Protection des Données répond à la nécessité impérieuse de protéger les citoyens contre la prédation jusqu’ici légale des grands acteurs du web, et puis il y a aussi l’espionnage managériale, et aussi, quand on pense aux milliards que coûtent les sinistres informatiques, les pouvoirs publics aimeraient certainement forcer les entreprises à la vigilance.

Parce que la première cause de la faiblesse des organisations face à ses nouvelles menaces, se trouvent être l’ignorance et la négligence. Quand on sait qu’une entreprise sur deux disparaît après une cyberattaque, qu’une infraction au RGPD coûte 4% du chiffre d’affaire annuel, ne doit-on pas réagir, prendre les bonnes décisions et s’interroger sur sa situation ?

La première chose consistera à considérer la protection des données et des systèmes comme une priorité de premier ordre, à côté de préoccupations quotidiennes telles que renter du chiffre, payer le personnel, les charges… se doter d’une politique adéquate est urgent, en quand on pense en avoir une, il faudra régulièrement la mettre à l’épreuve, et ne pas avoir peur d’affronter la vérité en sollicitant une aide extérieure, car en interne trop souvent on se berce de certitudes et d’habitudes. Il s’agit d’une guerre, d’un péril ; celui qui se raconte des histoires en mourra tout simplement.

Retrouver la totalité de salaires entre les mains de tout le personnel ne doit jamais arriver, ne pas pouvoir répondre favorablement à un contrôle des autorités concernant le RGPD, ou tolérer que les collaborateurs usent du système à leur gré, tout cela est devenu intolérable, voire létal pour l’organisation. Quand cela survient, il est souvent trop tard et les conséquences sociales, légales, financières produiront longtemps leurs effets. Alors il faut se prémunir en se posant les bonnes questions.

Suis-je doté d’une politique de cybersécurité à jour, ma conformité au RGPD est-elle régulièrement établie, mon système d’information répond-il aux nouveaux usages, une charte informatique accompagne-t-elle les contrats de travail ? Est-ce que j’ai la volonté, le courage de soumettre mon organisation à une analyse, à ouvrir son intimité à un diagnostic, et à me transformer éventuellement en profondeur ?

En répondant à ce type de questions, je pourrai me redéfinir, me mettre en sécurité et naviguer dans les eaux poissonneuses du nouveau monde.

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