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Les atouts et faux-semblants des instances locales participatives

PRÉSENTATION

Etat d’esprit collectif et vivre ensemble

Nous vous proposons de revenir sur la notion d’Empowerment au sujet de laquelle nous avions publié un article intitulé  » Empowerment : le dévoiement des instances municipales de concertation et de participation (USA) – Selfpower community » en langue anglaise.

( lien: https://metahodos.fr/2020/07/20/empowerment-le-devoiement-des-instances-municipales-de-concertation-et-de-participation-usa-selfpower-community/)

Empowerment, définition

L’empowerment conduit à améliorer l’esprit collectif, le vivre ensemble.

Sa définition encyclopédique : autonomisation ou capacitation et se réfère au processus d’habilitation. C’est l’octroi de davantage de pouvoir à des individus ou à des groupes pour agir sur les conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques auxquelles ils sont confrontés. Les traductions sont : autonomisation , capacitation ou responsabilisation qui se réfèrent au processus d’habilitation.

L’autonomisation désigne le processus par lequel les personnes acquièrent le contrôle des facteurs et des décisions qui façonnent leur vie. Il s’agit du processus par lequel ils augmentent leurs atouts et leurs attributs et renforcent leurs capacités à obtenir un accès, des partenaires, des réseaux et/ou une voix, afin de prendre le contrôle.

Le terme habiliter implique que les personnes ne peuvent pas être habilités par les autres ; ils ne peuvent s’habiliter eux-mêmes qu’en acquérant davantage de formes différentes de pouvoir. Elle suppose que les personnes sont leurs propres atouts, et le rôle de l’agent extérieur est de catalyser, faciliter ou accompagner la communauté dans l’acquisition du pouvoir.

On repère la première utilisation du terme empowerment aux États-Unis, au début du xxe siècle. Il est alors utilisé par les femmes luttant pour la reconnaissance de leurs droits. On trouve également cette notion dans les méthodes du community organizing de Saul Alinsky dès les années 1930, puis dans le mouvement des droits civiques dans les années 1960. En 1965, un groupe de psychologues l’utilise dans le cadre de pratiques de psychologie communautaire.

La notion d’empowerment va alors se diffuser dans de nombreux champs, puis être utilisée dans les politiques publiques de lutte contre la pauvreté. Et au Québec, des associations de lutte contre la pauvreté effectuent la promotion de l’empowerment pour alléger le fardeau social et économique de certains milieux en perdition.

Marie-Georges Fayn qui a créé le site selfpower-community.com nous propose de partager ceci sur l’apport individuel et collectif de l’ empowement :

« Certains articles publiés sur mon site à la fois fil d’actualité et média-support d’une recherche, selfpower-community.com est dédié à l’empowerment sous toutes ses formes, un processus qui métamorphose une vulnérabilité individuelle en une force sociale stimulante.

L’empowerment renoue avec l’art de l’écoute active et de la conversation pédagogique

Il y a je crois tout un travail de réflexion sur l’engagement citoyen via les communautés agissantes et sur l’apport individuel et collectif de l’ empowement Cette dynamique est porteuse de renouveau pour une démocratie fragilisée. A un micro niveau, l’empowerment renoue avec l’art de l’écoute active et de la conversation pédagogique. Il encourage les initiatives et la créativité. Il invite à réinventer la relation et les pratiques entre citoyens et experts.

La co-construction d’alternatives de proximité

A un meso niveau , il plaide pour l’implication des communautés dans l’évaluation des organisations et du marché, dans la co-construction d’alternatives de proximité et dans les processus d’innovation.

L’intérêt du collectif – ce corps intermédiaire entre le particulier et le général

A un macro niveau Il montre tout l’intérêt du collectif – ce corps intermédiaire entre le particulier et le général, porteur de nouvelles formes de débats et d’interventions démocratiques. »

Elle nous livre une présentation de l’article publié par METAHODOS en anglais, (Empowerment : le dévoiement des instances municipales de concertation et de participation (USA) – Selfpower community)

c’est le premier ARTICLE

Et également les résultats d »une étude SUR LE RESSENTI DES PERSONNES VIS-À-VIS DES MESURES DE PRÉVENTION CONTRE LA PANDÉMIE COVID-19, qui montre l’intérêt de « l’état d’esprit collectif », du « vivre ensemble »

c’est le second ARTICLE

ARTICLE 1

Un regard acerbe sur les faux-semblants de la démocratie locale

Dick Platkin, urbaniste californien livre sa vision des instances locales supposées “empowérer” les habitants…

En Californie, Dick Platkin*, un ancien urbaniste de Los Angeles signe une critique mordante des instances municipales de concertation-participation-responsabilisation des citoyens. Publiée dans le magazine  « CityWatch »** sa chronique dénonce ces « stratagèmes qui donnent au public le sentiment subjectif d’une prise de décision, mais sans aucun pouvoir de décision ».

Giving people the illusion of power through non-decision making activities, like advisory councils and public hearings
In most cases, elections play the same role, especially in the United States. We have two major parties, and they both support massive military budgets and foreign wars. Domestically, they both support mass surveillance and harsh policing. While fringe parties disagree with them, they have little impact on decision makers.


Donner aux gens l’illusion de pouvoir via des activités non décisionnelles, comme les conseils consultatifs et les audiences publiques
Dans la plupart des cas, les élections jouent le même rôle, notamment aux États-Unis. Nous avons deux grands partis qui soutiennent tous deux des budgets militaires massifs et des guerres étrangères. Au niveau national, ils soutiennent tous deux la surveillance de masse et la répression sévère. Bien que les partis marginaux ne soient pas d’accord avec eux, ils ont peu d’impact sur les décideurs.
Richard (Dick) Platkin 13/07/2020

Il souligne la mobilisation bénévole des habitants, des militants communautaires qui apportent leurs contributions réfléchies aux débats pour contester des projets de toutes tailles et il dénonce l’absence d’impact de leurs messages. En effet, leur pouvoir est bien limité face aux promoteurs «généreux» et aux « lobbyistes de la mairie adeptes des solutions de contournement payantes ».

Aux huit pratiques de participation citoyennes identifiées dans l’échelle de Sherry Arnstein (1969)***, Dick Platkin en rajoute une, les conseils de quartier que le spécialiste Robert Putnam(2000)**** définit comme faisant partie des “nouveaux outils d’empowerment, à travers lesquels le gouvernement local donne au public le sentiment de cohésion et de participation, mais sans accorder de véritables pouvoirs de décision“. Entre 2000 et 2020, le département d’empowerment des quartiers de Los Angeles en a vu naître 99 et leur but n’était pas seulement d’accroître le sentiment d’appartenance à une communauté… Ces instances très régulées et financées par la mairie ont fini par absorber les centaines de clubs locaux, groupes résidentiels et associations de propriétaires.

D’autres outils d’empowerment ont été créés pour permettre au public de peser sur les projets locaux mais elles sont principalement informées des projets des promoteurs privés. tandis que les programmations publiques sont nettement moins diffusées. Selon l’auteur, les ateliers publics ont été transformés en panneaux d’affichage commentés par le personnel de l’urbanisme chargé de présenter les projets de la mairie. Les notifications qui devaient être adressés à toutes les personnes habitant dans un périmètre de 150 mères, ne touchent aujourd’hui que les voisins des immeubles attenants. Quant aux témoignages publics, ils sont chronométrés et et sans réel impact …


Doit-on se résigner à accepter ce semblant de démocratie ?

Certes non ! Aux poursuites judiciaires coûteuses Dick Platkin préfère une large diffusion des exposés publics notamment dans la presse locale, les sites web et les réseaux sociaux. Il préconise aussi des manifestations publiques qui ont le défaut d’être lourdes à organiser mais qui impressionnent toujours les municipalités. Il cite en exemple l’action menée en 2011 par le mouvement « Occupy” à LA. Vaincu ponctuellement, il renaît aujourd’hui sous une autre forme. A l’époque, le maire démocrate Antonio Villaraigosa a fait appel à 1 400 policiers pour arrêter 300 cents occupants, coupant ainsi la tête du mouvement. Mais l’affaire a fait grand bruit. Elle a été reprise par les sénateurs Bernie Sanders et Elizabeth Warren. Ces grands noms de la politique et de la recherche soulignent que le problème central d’Occupy, demeure l’inégalité économique ; un problème toujours d’actualité du fait de l’endettement des étudiants, des soins de santé médiocres, des guerres coûteuses, de l’augmentation du nombre des sans abri, des prix des loyers, de la gentrification généralisée et de la spéculation immobilière très active à Sacramento et Los Angeles… A suivre donc !

*Il siège au conseil d’administration de United Quartiers de Los Angeles (UN4LA) et est coprésident de la nouvelle Greater Fairfax Residents Association.

***Degrèe de pouvoir citoyen effectif : 1-Contrôle autonome  – 2-Délégation – 3-Partenariat
Degrèe de Tokenisme (effort d’association des membres d’un groupe purement superficiel ou symbolique) : 4-Modération – 5- Consultation – 6-Information
Non-participation : 7-Décoration – 8-Manipulation
Source : Arnstein, S. R. (1969). A ladder of citizen participation. Journal of the American Institute of planners, 35(4), 216-224.

****Putnam, R. D. (2000). Bowling alone: The collapse and revival of American community. Simon and schuster.

ARTICLE 2

Les 3 enseignements d’une étude anglaise sur le ressenti des personnes vis-à-vis des mesures de prévention contre la pandémie Covid-19 :


1- Les personnes qui pensent collectif adoptent plus facilement les gestes barrières.


2- Les discours qui mettent l’accent sur l’empowerment collectif et sur le “nous ensemble” préparent l’opinion publique à accepter les directives.


3- Un état d’esprit collectif pourrait bien faire la différence lors des futures crises de santé publique…

A contrario, les personnes plus individualistes vont moins s’engager, en partie en raison des croyances dans les théories du complot autour du coronavirus et des sentiments d’impuissance entourant la pandémie

Ces résultats sont issus d’une enquête menée par les chercheurs de l’Ecole de psychologie l’Université de Kent (GB). Ils ont adressé un questionnaire en ligne à 724 participants.
Leurs demandes portaient sur leurs adhésion aux consignes d’éloignement social et aux mesures d’hygiène, leur état d’esprit individualiste-collectif, les sentiments d’impuissance entourant la pandémie et leurs croyances dans les théories du complot de COVID-19 telles que l’idée que la COVID-19 est issu d’un laboratoire chinois.

Source : Mikey Biddlestone, Ricky Green, Karen M. Douglas. Cultural orientation, power, belief in conspiracy theories, and intentions to reduce the spread of COVID‐19. British Journal of Social Psychology, 2020; DOI: 10.1111/bjso.12397

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