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Le double tranchant de la transparence

ARTICLE de Blanche de WEERDT pour Metahodos

Le double tranchant de la transparence

Parce que nous avons manqué de transparence au mois de décembre lorsque l’épidémie de Coronavirus commence en Chine, puis avec les tergiversations du mois de mars à propos des masques, la France six mois plus tard se divise en deux : ceux qui se masquent par peur d’être contaminés et l’exigeant de tous et ceux qui les refusent se disant que maintenant les chiffres sont truqués.

Le manque de transparence s’est transformé en peur du voisin et en manque de confiance envers l’état.

« Vouloir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugements faux et n’interprètent pas tout de traversc’est le comble de la stupidité » dixit  Spinoza

Mais comment obtient-on cette transparence ? Et comment peut-on être sûr que ce soit la vérité « vraie » comme disent les enfants. N’existe-t-il pas une fausse transparence ?  La transparence peut-elle être interprétée, manipulée et servir à des fins commerciales ou politiques ?

Dans l’esprit de la plupart d’entre nous la notion de cette obtention est vague. Pour la majorité  l’entreprise devrait d’elle-même donner tous les renseignements concernant les produits qu’elle fabrique, combien sont payés ses salariés, ainsi que son PDG, mais que fait-on alors des secrets de fabrication qui lui permettent d’être concurrentielle ?

A-t-on réalisé que par contre, nous sommes devenus transparents grâce à la somme de toutes les données que nous transmettons aux entreprises et dont elles se servent à des fins commerciales par l’intermédiaire de nos ordinateurs, téléphones, appareils connectés, GPS, des caméras de surveillance, des paiements par carte bleue, des cartes de fidélité, etc….

Sans parler de ce que nous a confirmé la pandémie au niveau du suivi du traçage de nos déplacements, regardons de plus près nos banques qui deviennent des banques en ligne. Elles suivent nos dépenses et classent par catégories nos paiements. Est-il utile qu’elles sachent comment nous avons utilisé notre argent ? Si nous avons été au restaurant ? A combien se monte notre loyer ? etc… La banque grâce à la transparence du tracking sera non seulement le dépositaire de notre argent, mais saura comment nous le gérons. Ce suivi lui sert déjà lorsqu’on lui demande un crédit.

De même avec les compteurs Linky d’électricité et de gaz. Ils savent si vous êtes chez vous, quand vous allumez certains de vos appareils, si vous recevez du monde, parce que d’un seul coup ce sera Versailles chez vous et le tout à l’avenant. Banque, électricité, GPS, téléphone portable, appareils connectés, que devient la vie privée ? Ce ne serait pas grave, si cela n’était accompagné du «service» de suivi. Surveillance jour et nuit de notre activité, favorable aux entreprises et à l’état.

Ainsi on peut savoir ce que vous avez mangé à vos repas, à quelle heure vous vous levez, comment vous vous rendez à votre travail, le nombre de km effectués. On sait tout de nous. La transparence est à double tranchant. D’un côté nous souhaitons savoir ce que contient notre assiette, d’où viennent les aliments que nous mangeons, ce qu’il advient des impôts et taxes que nous payons, qui détient la dette de la France, etc. …

nous avons besoin de transparence, de contrôles. Sauf que sous ce vocable, la transparence est devenue un véritable arme qui permet tout et n’importe quoi et dont se servent multinationales, réseaux sociaux, administration et politique.

Vous dites : « mais je n’ai rien à cacher ». C’est vrai et c’est faux, le métier, la religion, le compte bancaire, la composition de la famille, les sites internet que vous visitez ne sont pas des sujets anodins. Des photos de famille peuvent être détournées, modifiées, par des personnes malveillantes qui s’en serviront contre vous. Le vol a changé de visage. Nous ne sommes pas dans un monde de bisounours.

Jusqu’où peut-on exiger cette transparence ? Au début la transparence devait servir à la moralisation  de la vie politique. Petit à petit elle nous prive d’une vie privée qui maintenant sert de base de données aux GAFFA, aux multinationales qui se font de l’argent avec.

 Il ne faudrait pas confondre la transparence démocratique que nous réclamons tous et la transparence que souhaite nous imposer une conception moralisatrice d’une minorité, basée sur la délation et le flicage. Si la transparence n’est pas encadrée elle devient une dictature.

Parce que tout se tient, la transparence, avancée démocratique, s’accompagne de dérives qui vont à l’encontre de nos libertés sous prétexte de plus de transparence et pourrait aboutir à un « Big Brother » totalitaire.

La transparence démocratique est plus que nécessaire, mais tout peut-il et doit-il être transparent ?

Illustrations proposées L’artiste de la transparence: Edoardo Tresoldi a réussi à créer son propre style en se servant de matériaux industriels.

Edoardo Tresoldi: The artist of the Absent Matter - Official Website
Edoardo Tresoldi, l'artiste de la transparence | ARTE Info

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