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ISLAMISME: LA FRANCE A-T-ELLE BAISSÉ LA GARDE?

INTRODUCTION

Jouer avec les mots et mettre l’action en suspend ?

Communautarisme, séparatisme…on en parle sans vraiment en débattre.

Emmanuel Macron défend l’idée d’englober tous les phénomènes de « séparatisme » — catholiques intégristes, suprémacistes blancs, etc. — pour éviter d’être accusé de stigmatiser l’islam. Jean Castex et Gérald Darmanin estiment de leur côté qu’il faut viser explicitement « l’islamisme radical » et ne pas tourner autour du pot. L’action attend et les situations s’aggravent.

Et l’actualité ne prévient pas, avec sa brutalité et la peur qui – à nouveau – brouillent réflexion et action.

Et le Chef de l’Etat repousse sa prise de parole au motif de » ne pas tomber dans la tyrannie de l’immédiateté ». Un nième « grand discours » est annoncé sur la séparatisme et la patriotisme républicain.

ARTICLE ISLAMISME LA FRANCE A-T-ELLE BAISSÉ LA GARDE ?

PAR MARCELO WESFREID sept. 27, 2020

Deux jours après l’attentat devant les anciens locaux de « Charlie Hebdo », le gouvernement tente de reprendre la main. Mais les critiques pleuvent. L’ancien Premier ministre Manuel Valls déplore, dans les colonnes du Parisien, un « relâchement » de la vigilance.


Le gouvernement montre les muscles

Bousculé par l’attaque au hachoir devant les anciens bureaux de « Charlie Hebdo », l’exécutif a d’abord accusé le coup. Il y a de quoi : un attentat perpétré dans un lieu symbolique, blessant des journalistes, en plein procès sur les événements du 7 janvier 2015. Et le principal suspect, Ali Hassan, qui a avoué devant les policiers avoir ressenti de la « colère » en découvrant la réimpression de plusieurs caricatures.


Passé la sidération, le Premier ministre, Jean Castex, s’est rendu à la préfecture de police de Paris et a adressé un message « aux ennemis de la République ». « Vous ne gagnerez pas », a-til martelé devant des hauts gradés, flanqué du préfet de police, Didier Lallement.


Le douloureux retour à la réalité


Pendant ce temps-là, le ministre Gérald Darmanin recevait Place Beauvau le bureau exécutif du Conseil français du culte musulman pour évoquer la « lutte contre le radicalisme se réclamant de l’islam ». Le ministre de l’intérieur a aussi accentué les mesures de sécurité devant le Bataclan, certaines rédactions de journaux et à proximité des synagogues, à l’approche de la fête de Yom Kippour. De son côté, Emmanuel Macron a appelé vendredi et hier les familles des victimes.
Alors que, dans les sondages, les questions de terrorisme n’occupaient plus le haut du classement des préoccupations des Français, le retour à la réalité est abrupt. « Ce sont des choses que l’on oublie vite », déplore Manuel Valls. Dans nos colonnes, l’ancien Premier ministre lance un appel solennel à la mobilisation du « camp républicain et laïc ». Face à la menace, le gouvernement aurait-il baissé la garde ? « Pas le moins du monde, tonne un conseiller de poids. Le risque terroriste est suivi de très près. »


Certains opposants en doutent. « Nous ne nous sommes pas donné les moyens d’éradiquer les causes de cette violence islamiste, dénonce l’eurodéputé LR François-xavier Bellamy sur France Info. Qu’attendons-nous pour expulser ceux qui prêchent la haine dans notre pays ? » Et d’ajouter : « J’ai le sentiment que la France a reculé depuis les attentats de Charlie Hebdo. Ceux qui disaient : Nous sommes Charlie hésitent aujourd’hui à le dire. C’est grave. »


Macron va parler


Jeudi, la veille de l’attentat, Gérald Darmanin et Marlène
Schiappa ont reçu Zineb El Razhoui. Cette ex-journaliste de « Charlie Hebdo » est aujourd’hui menacée de mort et fait l’objet de messages haineux sur les réseaux sociaux. L’écrivaine s’est vu proposer une protection renforcée.


Percuté de plein fouet par ce fléau pendant son quinquennat, François Hollande n’a pas tardé à réagir. « La réponse ne peut pas être un discours et seulement un discours, cela doit être une politique dans toutes ses dimensions : l’éducation, l’emploi, la politique urbaine, la sécurité et la lutte contre la radicalisation », a-t-il insisté.


Une façon d’égratigner en creux Emmanuel Macron, qui doit prononcer un discours sur ces questions le 2 octobre. « Cette fois, vu le contexte, il va vraiment parler », croit savoir un préfet. Après l’attaque à l’arme blanche de vendredi, la pression est maximale sur les épaules du chef de l’etat. « Il y aura des actes et des mesures, une vision et des choses concrètes sur les écoles et les associations », confie un de ses proches.


Reportée plusieurs fois, cette intervention doit présenter les contours du projet de loi sur « les séparatismes ». Ce texte fait l’objet de vives discussions au sommet de l’etat pour arrêter les derniers arbitrages. Mardi dernier à l’elysée, une réunion autour du président s’est tenue sur le sujet. Le débat a porté jusque sur le choix des mots utilisés pour présenter cette réforme.


L’avis de Cazeneuve


Emmanuel Macron défend l’idée d’englober tous les phénomènes de « séparatisme » — catholiques intégristes, suprémacistes blancs, etc. — pour éviter d’être accusé de stigmatiser l’islam. C’est aussi une façon d’éviter une censure du Conseil constitutionnel.


Jean Castex et Gérald Darmanin estiment de leur côté qu’il faut viser explicitement « l’islamisme radical » et ne pas tourner autour du pot. Hasard du calendrier, le Premier ministre dînera cette semaine avec Bernard Cazeneuve, qui fut aux premières loges des attentats de 2015 en tant que ministre de l’intérieur. Il reste moins d’une semaine à l’exécutif pour peaufiner sa riposte.


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