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Outrance du pouvoir, Pouvoir à outrance, avec Christian SALMON

INTRODUCTION

« La politique est devenue carnavalesque »

Pour Christian Salmon, spécialiste des nouveaux usages dans la communication politique, le carnaval, théâtre par excellence du renversement des valeurs, correspond à notre époque de consécration du discrédit de la démocratie. Comme une illustration de son dernier livre, La Tyrannie des bouffons, Donald Trump joue même avec la Covid et la mort.

Il a déclaré dans un entretien récent accordé à l’Express: « La politique est devenue carnavalesque »

Nous vous proposons de revenir sur l’émission toute récente de France Culture

ENTRETIEN

Outrance du pouvoir, pouvoir à outrance avec Christian Salmon

France Culture L’INVITÉ(E) DES MATINS par Guillaume Erner et Mathilde Thon-Fourcade

Voir la Vidéo: https://www.dailymotion.com/video/x7wu8u6 Réécouter Outrance du pouvoir, pouvoir à outrance avec Christian Salmon

La crise du coronavirus a largement remis en cause la crédibilité de nos gouvernants. Dans l’annonce du Président Macron hier soir et sa mise en scène, c’est la crédibilité du régime présidentiel qui se joue. Comment peut-on encore légitimer les décisions politiques et donc le pouvoir ?

Emmanuel Macron s’est à nouveau adressé aux Français hier soir pour annoncer les nouvelles mesures prise par le gouvernement…

Outrance du pouvoir, pouvoir à outrance : à l’heure où les sondages confirment un discrédit croissant dû aux mensonges répétés concernant l’état de l’épidémie, comment continuer à gouverner ? Par quels mécanismes accepte-t-on ce que les gouvernants nous racontent ? 


Pour Christian Salmon, nous sommes rentrés dans l’ère de la « Tyrannie des Bouffons », titre de son ouvrage publié aux éditions Les Liens qui Libèrent – un ouvrage qui revient sur les ressorts du « pouvoir grotesque » et ses mécaniques. Donald Trump, Boris Johnson, Jair Bolsonaro mais aussi Viktor Orban ou encore Matteo Salvini… A l’ère du discrédit qui semble caractériser notre époque, comment ce « pouvoir grotesque » est-il devenu un rouage essentiel de la souveraineté ?

Retour sur l’allocution d’Emmanuel Macron et l’annonce du couvre-feu

Le mot couvre-feu est radioactif, c’est un mot qui renvoie à la Deuxième Guerre mondiale ou bien la guerre d’Algérie. Le fait que le mot couvre-feu renvoie à la rhétorique guerrière qui a été employée par Emmanuel Macron dès le début de la crise du coronavirus. (Christian Salmon)

La répétition et l’enfermement dans cette rhétorique nous met en présence d’un Emmanuel Macron qui, si j’ose dire, est une sorte de narrateur peu fiable, comme on dit en théorie du récit. La crédibilité du narrateur est très importante dans la mesure où elle est soit confirmée par les faits, soit contredite précisément par l’évolution. (Christian Salmon)

Sur du point de vue de la narration, on a l’impression qu’il est ballotté de part et d’autre et que, au fond, le seul souci qu’il a, c’est un peu le même cas aux Etats-Unis dans la perspective de sa réélection, c’est de préserver l’activité économique du pays. (Christian Salmon)

La figure du grotesque en politique

Avec Trump, on voit depuis 2016, et pendant la campagne qui l’a précédé, un homme multipliant les figures burlesques, transgressant par rapport aux rituels ou aux images qu’on attend d’un monde, en bousculant cet univers symbolique qui entoure les candidats au profit d’un agitateur. Au fond, la réponse aussi bien des médias mainstream et des démocrates a été de stigmatiser Trump sur ce mode-là : « il n’est pas présidentiable, il est extrêmement dangereux, il est imprévisible, etc ». Le livre consiste à adopter une démarche inverse, c’est à dire à se demander si non pas comment cet accident de l’histoire a pu se produire, mais quelle est la fonctionnalité de ce genre de transgression. (Christian Salmon)

Mécanismes de la spirale du discrédit politique

Depuis2001, qui a été le premier essor du complotisme généralisé, on dit souvent que ce sont les questions laissées sans réponse qui produisent des récits complotistes. Puis 2008, la crise financière a produit une vague de discrédit, dans le sens où vous ne vous accréditer pas sur les réseaux sociaux. (Christian Salmon)

Vous n’obtenez pas du crédit par votre compétence, mais au contraire en répandant le soupçon sur tous les récits autorisés. Ces récits autorisés sont ceux des journalistes sont ceux des intellectuels, sont ceux des hommes politiques. (Christian Salmon)

Des candidats accèdent au gouvernement en surfant sur le discrédit, en l’accentuant, en lui donnant une voix, en lui donnant des formes bouffonnesques. Le bouffon, c’est celui qui répand le discrédit. (Christian Salmon)

BIBLIOGRAPHIE

La tyrannie des bouffons. Sur le pouvoir grotesqueChristian SalmonLes Liens qui Libèrent, 2020

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