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Pari présidentiel en échec: Malades en forte hausse. Vers un quasi-confinement progressif?

ARTICLE modifié

PARI PERDU ET DEPLACEMENT VERS LE « LOCAL »

Il y a un mois, le locataire de l’Elysée – en colère – faisait le pari que le confinement – demandé très majoritairement par les professionnels, scientifiques, responsables politiques – y compris au sein et au sommet du gouvernement – n’était pas nécessaire; et que les comportements, l’évolution du virus, les vaccinations, les contrôles renforcés et le couvre feu feraient baisser les pentes des courbes.

Il montrait également qu’il « est le chef » et chargeait le premier ministre d’annoncer sans délai au 20 heures sa décision, et le chargeait, en même temps, de faire réussir son pari.

Pari raté: c’est le contraire qui se passe depuis plusieurs semaines.

Pendant ce temps perdu, que le premier ministre appelle étonnement hier dans sa conférence de presse « le temps gagné », le nombre de personnes touchées s’accroit chaque jour et l’ exécutif tarde à prendre les mesures.

Ce que nous appelons le « temps perdu » concerne les personnes touchées, le « temps gagné » de l’exécutif c’est, à la fois, le temps du pari et le temps de l’économie préservée: l’objectif prioritaire de l’exécutif est bien la situation économique avec un résultat attendu pour l’échéance présidentielle.

Combien de personnes supplémentaires touchées depuis le pari d’il y a un mois ?

Le prix à payer pour le pari perdu et l’objectif économique:

L’exécutif indiquait hier que c’est chaque jour 1% de la population de la région de Dunkerque qui est contaminée. Cela fait plusieurs jours que la situation se dégrade et on va attendre encore une dizaine de jours, le temps de faire endosser les mesures de quasi confinement aux autorités locales sur lesquelles on compte pour éviter le confinement national. 1% pendant 10 jours, soit 10% : est ce le prix à payer pour le pari présidentiel raté et des perspectives meilleures sur le plan économique ?

Le maire de Paris demande un confinement de trois semaines

Pour freiner la flambée épidémique, le gouvernement a acté le retour à une stratégie territoriale, avec des mesures ciblées sur les territoires les plus touchés et des responsabilités locales désignées…Et cela fonctionne: le maire de Nice était demandeur – et là aussi des jours précieux ont été perdus pour les personnes supplémentaires touchées- le maire de Paris demande un confinement de 3 semaines!

« Belle » hypocrisie ? Confinement de trois semaines à Paris : le gouvernement prêt à examiner la proposition – de surcroit – en étendant la concertation à toute la Région ile de France

La ville de Paris a en effet proposé hier jeudi 26 février de mettre en place un confinement de trois semaines dans la capitale, pour juguler la progression des variants du Covid-19. Gabriel Attal a indiqué vendredi que la proposition serait étudiée, tout en interrogeant sa durée et en soulignant la concertation nécessaire avec l’ensemble de la région Île-de-France.

 « J’entends très peu de scientifiques qui disent qu’en trois semaines on peut terrasser le virus » , a-t-il toutefois ajouté.  « En Allemagne, ils ont annoncé en décembre un confinement pour trois semaines. Ils y sont toujours. […] Parce que les variants changent la donne.« 

« C’est important de prendre des mesures localisées en lien avec les élus locaux » déclare le porte parole de l’exécutif, Gabriel Attal sur France Inter.

AJOUT:

Les critiques fusent. Dans sa dernière conférence de presse, le Premier ministre Jean Castex, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, a annoncé ce jeudi 25 février avoir décidé d’attendre avant de confiner 20 départements placés sous surveillance renforcée, en plus des villes Dunkerque et Nice, où un confinement partiel a déjà été instauré le week-end.

Or cette décision de patienter encore une semaine jusqu’à la fin des vacances d’hiver suscite le scepticisme des épidémiologistes et professionnels de santé. Ces derniers ont exprimé leur incompréhension dans différents médias.

 « C’est reculer pour mieux sauter », a estimé sur RTL ce vendredi matin l’infectiologue Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. « Les chiffres vont dans le sens de l’augmentation croissante […] et on voit bien qu’il y a un décrochage que l’on attendait, avec le variant anglais qui devient majoritaire… », a-t-elle précisé. Invité sur BFM TV, le professeur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris « ne voit pas pourquoi on attend ».

Un président de la République peut il faire des paris ?

C’est une question majeure. Et chacun peut apporter sa réponse, lorsque l’on est censé vivre en démocratie et que des politiques publiques majeures sont en cause.

P. A.

ARTICLE

Covid-19 : l’exécutif prépare un tour de vis local pour éviter un confinement national

Par Alexandre Lemarié – Le Monde

Le vent a bel et bien tourné. Après avoir fait preuve d’optimisme, l’exécutif se trouve contraint d’opérer un nouveau tour de vis face à la résurgence de l’épidémie de Covid-19.

« Après plusieurs mois marqués par un plateau se situant entre 15 000 et 20 000 cas par jour, le virus gagne de nouveau du terrain depuis une semaine », a déploré le premier ministre, Jean Castex, jeudi 25 février, lors d’une conférence de presse, en pointant les plus de 30 000 nouveaux cas enregistrés, la veille.

Jeudi, 25 000 cas ont été dépistés, contre 22 000 sept jours plus tôt. « En une semaine, nous avons effacé les deux semaines de baisse qui avaient précédé », a résumé le ministre de la santé, Olivier Véran. Une dégradation de la situation sanitaire attribuée à une circulation accrue du variant anglais, plus contagieux, qui « concerne désormais à peu près la moitié des personnes atteintes » du Covid-19 en France, a précisé M. Castex.

Pour éviter « une nouvelle flambée épidémique » sur l’ensemble du pays, le premier ministre a acté le retour à une stratégie de riposte territoriale, avec des mesures ciblées sur les zones les plus touchées. Vingt départements sont ainsi placés sous « surveillance renforcée » en raison d’une circulation accrue du virus, a-t-il annoncé.

Avant de prévenir que les départements concernés – à savoir toute l’Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le Nord, l’Oise, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou encore l’Eure-et-Loir – pourront faire l’objet de mesures de confinements locaux à partir du week-end du 6 mars, si la situation continuait à se dégrader.

2 réponses »

  1. Le pari, c’est tabou ?

    Par E.B.

    Libération 15 03 21

    Alors que nous sommes repartis pour une semaine d’insoutenable suspense autour d’un reconfinement (ou pas) de l’Ile-de-France, la nouvelle star et porte-parole de LREM Maud Bregeon assurait le SAV du non-reconfinement décidé en février par Emmanuel Macron, hier matin sur LCI. «Le président de la République n’a pas fait un pari sur la santé des Français en décidant de ne pas confiner il y a un mois et demi de ça», a assuré cette ingénieure nucléaire chez EDF, recrutée par le parti présidentiel après appel à candidatures et entretien de sélection. Alors de deux choses l’une : soit elle est la seule à avoir reçu le mémo sur les nouveaux éléments de langage, soit elle est la seule à ne pas avoir eu le précédent.

    Pas vu, pari

    Car on lit justement partout, depuis des semaines et dans la bouche de ministres et d’éminents macronistes anonymes, que le chef de l’Etat a «gagné son pari» en ne reconfinant pas trop vite et en ne cédant pas à «l’alarmisme» de certains scientifiques et médecins qui le pressaient de le faire. « »Le président a gagné son pari », répètent en chœur ses fidèles», est-il encore rapporté dans le Parisien pas plus tard que ce matin. Dès mi-février, «un ministre proche» de Macron confiait au Figaro : «C’était un pari politique, malgré toutes les précautions qu’on avait prises en disant qu’on n’excluait pas un reconfinement si la situation l’exigeait.»

    Autre axe de com’ déroulé ad nauseam par la majorité et le gouvernement ces dernières semaines et qui semble contredire Maud Bregeon : l’idée que «chaque jour / semaine» sans confinement serait «un jour / semaine de gagné(e)». Une formule de joueur utilisée, par exemple, par Gabriel Attal début février et Jean Castex hier soir. Au regard des chiffres quotidiens qui laissent circonspects devant une telle notion de victoire (plus de 20 000 contaminations et des centaines de décès quotidiens), cet argumentaire semble bien refléter la dimension «pari» de la gestion de crise.

     

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