Aller au contenu principal

QUI A VRAIMENT TUÉ LA PRESSE ? LE NOUVEL ORDRE MÉDIATIQUE (2).

L’INFO : CANCEL CULTURE, TYRANNIE DES MINORITÉS.

Le nouvel ordre médiatique, ce sont d’abord les Gafam, nouvelle porte d’entrée de l’information. Mais la révolution numérique est loin d’être la seule crise que traversent aujourd’hui les médias. Soumission à l’air du temps, américanisation… et bientôt renoncement à notre liberté d’expression ?

La Revue Des deux Mondes a réalisé un dossier sur les médias. nous avons diffusé un premier article: L’INFO : CANCEL CULTURE, TYRANNIE DES MINORITÉS. LE NOUVEL ORDRE MÉDIATIQUE (1).https://metahodos.fr/2021/03/30/le-nouvel-ordre-mediatique/

Nous vous proposons ci contre un deuxième article d’Etienne GERNELLE

( le 3° et dernier sera de Pascal ORY: Âge d’or, presse pourrie ? La presse française au XIXe siècle. LE NOUVEL ORDRE MÉDIATIQUE (3) )

ARTICLE 2

QUI A VRAIMENT TUÉ LA PRESSE ?

REVUE DES DEUX MONDES ÉTIENNE GERNELLE

De source proche de l’enquête, comme on dit (trop) souvent dans les articles, il y a deux pistes : le suicide ou le meurtre perpétré par les titans du numérique. La première est bien documentée, et depuis longtemps. La presse a commencé très jeune sa besogne d’autodestruction. Les témoignages ne manquent pas.

Balzac : « Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai. » Oscar Wilde : « La différence entre le journalisme et la littérature ? La littérature n’est pas lue et le journalisme est illisible. » Ambrose Bierce : « Un bon journaliste ne lit qu’un journal, le sien, et dans ce journal, il ne lit qu’un article, le sien. » Alphonse Allais : « Si on se mettait à composer les journaux avec de seules véracités, ils tomberaient au format de la feuille de papier à cigarette. » On pourrait consacrer une encyclopédie à l’incurie des journalistes, qui, selon le regretté Georges Wolinski, « ne disent pas la vérité, même quand ils la disent ».

La fascination qu’exercent encore sur beaucoup les salles de rédaction n’a d’égale que l’accablement, souvent, pour ce qui en sort. Finalement, la meilleure formule nous est peut-être offerte par les journalistes anglais – vous allez comprendre pourquoi la nationalité compte ici – qui aiment à dire que « les journaux, c’est comme les saucisses ; c’est bon pour le petit déjeuner, mais on ne veut pas savoir comment c’est fait ».

La presse est née mal-aimée, et pour de bonnes raisons : vaniteuse, subventionnée, paresseuse, moutonnière, arrogante, soumise au pouvoir ou à l’air du temps, selon les cas, elle est en tout cas accueillante pour toutes les âneries qui passent à sa portée.

Évidemment, si on rit de tout cela, c’est aussi que la presse n’est pas tout à fait morte. D’ailleurs, qui a le temps de se moquer des macchabées ? Le ridicule ne tuant pas, elle bouge encore. Ce n’est pas une si mauvaise nouvelle. D’abord parce que tout n’est pas à jeter, mais aussi parce que l’on ne connaît pas dans l’histoire d’exemple de démocratie décente sans une presse indépendante et teigneuse. Pas plus que l’on ne saurait citer un seul État de droit qui ne soit également une économie de marché.

S’il est une raison de défendre l’indépendance de la presse et les libertés économiques, ce n’est pas pour leurs vertus, mais parce que, sans elles, on n’a jamais récolté que le despotisme et l’arbitraire. Elles jouent un peu le rôle des vers de terre, que l’on trouve souvent dégoûtants, sauf que lorsqu’ils ont disparu les sols se meurent.

Remarquez, le mépris croissant pour la philosophie des Lumières, beaucoup trop occidentale pour les prêtres du politiquement correct, pourrait mener à la mise au pas de l’ensemble. Une économie administrée au nom du bien, et une liberté d’expression enrégimentée par une sorte de Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) géant, toujours au nom de la vertu, cela en ravirait beaucoup. La grande camisole.

Si ses turpitudes ne suffisent pas à la tuer, et que l’hubris régulatrice de l’État ne l’étouffe pas, la presse devra encore survivre à la loi de la jungle économique. Les géants du numérique vont-ils la dépecer ? […] 

ÉTIENNE GERNELLE

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :