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CE QUE L’ISOLEMENT SOCIAL FAIT À NOTRE CERVEAU ET À NOTRE CORPS.

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l’impact favorable des relations sociales sur notre santé

Les personnes qui ont des relations sociales fortes ont une probabilité de survie accrue de 50% par rapport à celles qui ont des liens sociaux plus faibles. C’est ce que montre l’article de Juliette Thévenot reproduit après la présente introduction..

Pour la première fois, une étude du MIT a directement observé les effets de l’isolement sur le cerveau humain.

Après un an de pandémie mondiale, nous avons sans doute tous, à un moment ou un autre, expérimenté ce que la science sait depuis longtemps : l’homme est un animal social. Une étude a montré que les personnes ayant des relations sociales solides avaient une probabilité de survie accrue de 50% sur une période donnée, par rapport à celles plus isolées ; une autre, a souligné un lien entre solitude, maladies cardiovasculaires et dépression.

Mais l’impact de l’isolement sur le cerveau humain n’avait jamais été directement observé avant 2020, et une étude menée par Livia Tomova, une neuroscientifique du MIT (Institut de technologie du Massachusetts). Comme le relate le magazine Wired, cette chercheuse a recruté quarante volontaires, prêts à passer dix heures, seuls dans une pièce, sans smartphones, tablettes ou ordinateurs portables. Avec pour uniques occupations, écrire ou faire des puzzles. Et en cas de besoin pressant, l’obligation de s’enfoncer dans les oreilles une paire de boules Quies, afin de ne capter sur le chemin aucun stimuli sonore. Une fois les dix heures écoulées, Livia Tomova a fait passer des IRM fonctionnelles aux volontaires, pour observer « en direct » leur activité cérébrale.

Verdict ? Privée de contacts sociaux, notre matière grise se comporte de la même manière qu’en situation de manque.

*Lorsque la neuroscientifique montrait aux sujets de l’étude des photos illustrant un rapport social, les régions de leur cerveau associées aux envies s’activaient. Exactement de la même manière que lorsque on fait regarder des photos de nourriture à des personnes affamées. En effet, ces zones cérébrales sont riches en neurones dopaminergiques, qui sont stimulées lorsque le cerveau anticipe une activité gratifiante (manger ! manger ! manger !). À l’inverse, si cette anticipation n’est pas finalement récompensée par ladite activité, survient une sensation négative, un coup de fringale, comme l’a montré Livia Tomova.

Si les liens entre isolement social et santé méritent d’être étudiés plus profondément encore, cette expérience constitue un net pas en avant. Mais, à une toute autre échelle que l’étude du MIT, la crise sanitaire pourrait elle aussi constituer un tournant scientifique dans la compréhension de la solitude.

« J’ai vraiment l’espoir que ce soit un énorme signal d’alarme, un point de réflexion, pour que nous puissions en tirer des leçons», lance dans Wired Julianne Holt-Lunstad, autrice de deux études majeures sur l’isolement social et la santé.« 

« Les effets physiques mesurés sont indépendants de l’anxiété et de la dépression liées à la solitude. » 

Car les interactions sociales encouragent à réduire les conduites à risque telles que le manque d’activité physique. L’impact néfaste de la solitude sur le corps n’est pas seulement indirect.

Pour cette spécialiste, il sera particulièrement intéressant d’étudier l’impact de la pandémie sur les enfants, et voir si le manque de contacts sociaux aura influé sur leur développement cognitif ou relationnel.

article

Ce que l’isolement social fait à notre cerveau

Selon la science, cet organe a besoin de contacts sociaux.

Juliette Thévenot — avril 2021 – Slate

Les scientifiques n’ont pas attendu une pandémie mondiale ni les confinements que nous vivons pour étudier l’impact de la solitude sur notre corps et notre cerveau. Dans les années 1950, déjà, le psychologue canadien Donald Hebb a payé des étudiants pour qu’ils restent seuls dans des pièces minuscules, les mains dans des tubes en carton, les oreilles recouvertes d’un coussin et des lunettes opaques placées sur les yeux. Très vite, leurs facultés mentales se sont détériorées.

Certes, les humains connaissent rarement un isolement social aussi extrême, mais plusieurs études ont montré que dans la vie quotidienne également, être seul peut fortement dégrader notre santé physique et mentale. Les personnes ayant des relations sociales fortes ont ainsi une probabilité de survie accrue de 50% sur une période donnée, par rapport à celles qui ont des liens sociaux plus faibles, indique un article du magazine américain Wired. D’autres études ont établi un lien entre la solitude, les maladies cardiovasculaires et la dépression.

Cependant, ce n’est que récemment que les scientifiques ont pu observer les effets de l’isolement social sur notre cerveau. En 2020, une neuroscientifique du MIT, l’Institut de technologie du Massachusetts, a justement montré que les contacts sociaux constituent un réel besoin de notre cerveau.

Privé de contacts sociaux, le cerveau ressent un manque

Pour cette expérience, Livia Tomova a recruté quarante volontaires et leur a demandé de se séparer de leurs smartphones, tablettes et ordinateurs portables, et de passer dix heures seuls dans une pièce. Pour s’occuper, les participants pouvaient simplement faire des puzzles ou écrire. Une fois le temps écoulé, la chercheuse a réalisé des IRM fonctionnelles, une technique utilisée pour l’étude du fonctionnement du cerveau, sur les volontaires isolés.

Lorsqu’elle leur montrait des photos illustrant un rapport social, les régions de leur cerveau associées aux envies s’illuminaient, de la même manière que lorsqu’elle montrait des photos de nourriture à des personnes affamées. Cette zone du cerveau est riche en neurones dopaminergiques, qui déterminent nos motivations et nos attentes vis-à-vis du monde qui nous entoure, précise l’article. Dès que notre cerveau anticipe une activité gratifiante, comme manger ou avoir un contact social, ces neurones s’activent. Problème: si cette action n’est pas réalisée, notre cerveau ressent une sensation négative, semblable à une fringale.

Cela pourrait expliquer les conséquences néfastes de l’isolement à long terme, d’après Livia Tomova. «Si vous vous trouvez dans un état de stress prolongé, les mêmes adaptations, qui sont à l’origine saines et nécessaires, vont en fait devenir préjudiciables parce qu’elles ne sont pas conçues pour être des états à long terme», expose-t-elle.

Dans ce sens, la pandémie de Covid-19 a été une expérience naturelle sans précédent. Selon les spécialistes, elle pourrait même constituer un tournant dans la compréhension de la solitude. «J’ai vraiment l’espoir que ce soit un énorme signal d’alarme, un point de réflexion, pour que nous puissions en tirer des leçons», avance Julianne Holt-Lunstad, autrice de deux études majeures sur l’isolement social et la santé.

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