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PLUS DE PARLEMENT, DE POUVOIR LOCAL, DE CONTROLE, D’INITIATIVE, ET LA PROPORTIONNELLE

PLUS DE PARLEMENT, DE POUVOIR LOCAL, DE CONTROLE ET D’INITIATIVE, ET LA PROPORTIONNELLE AVEC DES COALITIONS

Alain Duhamel a publié début 2021 un livre – Emmanuel le Hardi – pour analyser le phénomène Macron.

Réputé bienveillant ( surnommé le « pompier du macronisme » par une journaliste TV ) à l’égard du président et prudent, subtil, voire obscur dans ses commentaires et analyses, A. Duhamel n’a peut être pas été entendu sur ses propositions, qui – en creux – constituent une critique radicale.

Nous vous proposons, sur la suggestion de lecteurs, l’entretien donné à l’Express. (Article 1)

Présentation par l’Express : Il avait 34 ans quand il a animé, en 1974, le premier débat présidentiel télévisé, entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Analyste incomparable de la Ve République, Alain Duhamel publie le 13 janvier Emmanuel le hardi (282 pages, 20 euros, éditions de l’Observatoire), dans lequel il confronte la personnalité et l’action du chef de l’Etat – « un bonapartisme du XXIe siècle » – aux institutions et à la société française. De ce président, il dresse ce portrait : « Audacieux, certes ; imprudent, assurément ; gaffeur plus qu’à son tour, provocateur, délibérément ou non, mais tant qu’il n’abdique pas, tant qu’il n’est pas acculé, tant qu’il ne capitule pas, hardi plus que téméraire, même si la frontière est parfois floue. »

DES PROPOSITIONS QUI, EN CREUX, critiqueNT l’actuelle gouvernance

EXTRAITS :

« rendre un vrai pouvoir de contrôle au Parlement

« laisser les élus locaux jouer leur rôle et ainsi de donner aux contre-pouvoirs la possibilité de s’exercer dans de meilleures conditions

« adopter un mode de scrutin pour les élections législatives comparable à celui qui existe pour les élections municipales, proportionnel avec une prime majoritaire. Cela faciliterait sans doute les coalitions d’ailleurs. Comme la marge de la politique dans la conduite des affaires n’a cessé de diminuer, il faut que le pouvoir politique augmente, en étant à la fois plus incitatif et mieux contrôlé« 

Partout en Europe, le système parlementaire se fissure

Des lecteurs nous ont également proposé de relire ce qu’écrivait Alain Duhamel en septembre 2019. (Article 2)

Nous vous rappelons également notre publication de juillet 2020 :

« L’AFFAISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE », L.JOFFRIN ET A.DUHAMEL https://metahodos.fr/2020/07/20/laffaissement-de-la-democratie-francaise-l-joffrin-et-a-duhamel/

NOUS ECRIVIONS ALORS:

Quelques extraits « 

« On réinvente à tâtons une démocratie semi-directe. Prothèses face à l’effacement de la démocratie française ou parapet d’argile face à la tentation du populisme chauvin ? » ( en « conclusion » et à propos des Verts et des Conventions Citoyennes)

« Le phénomène massif et menaçant que constitue l’affaissement continu de la démocratie française »

« Au second tour de l’élection présidentielle, le quart des électeurs s’est abstenu, et plus de 10 % des Français ont voté blanc ou nul. Le président élu ne rassemble pas la moitié des électeurs inscrits »

« La démocratie représentative apparaît donc sérieusement malade, d’autant plus que la légitimité des dirigeants recule au même rythme que la participation électorale »

« On voit bien les forces qui se proclament d’elles-mêmes «antisystème» se renforcer et essaimer« 

Ni propositions, ni perspectives dans l’article

On aurait aimé lire des propositions ou des scénarios d’avenir de la part de ces deux grands observateurs de la vie politique francaise. Laurent Joffrin pour sa part va créer un mouvement politique, Alain Duhamel semble prendre un recul discret après avoir été séduit par l’actuel Chef de l’Etat.

Article 1

« Emmanuel Macron est un symbole de l’injustice aux yeux des Français »

6 1 21  Eric Mandonnet L’Express

L’Express : Emmanuel Macron est-il une parenthèse dans l’histoire de la Ve République ou le début d’un nouveau chapitre ? 

Alain Duhamel :Emmanuel Macron a une conception du pouvoir singulière : jamais celui-ci n’aura été à ce point concentré entre les mains du chef de l’Etat. Ce qui est également frappant, c’est que le rapport entre le président et les Français est plus direct qu’il ne l’a jamais été, parce qu’il n’y a plus d’écrans entre eux, ni celui du Parlement, ni celui des partis, ni celui des corps intermédiaires. Enfin, nous assistons désormais à un face-à-face entre la démocratie présidentielle et la démocratie d’opinion. L’élection de 2022 permettra de trancher : essaie-t-on de revenir au jeu d’avant, si l’emporte par exemple un candidat de droite classique, ou poursuit-on dans cette voie, et, dans ce cas, comment aménager ce qui sera alors forcément un moment de rupture par rapport à la Ve République précédente ?

Le président est « le produit de la plus profonde crise de la politique depuis au moins la Libération », écrivez-vous. A-t-il réussi, depuis 2017, à en être aussi une solution ? La crise s’est-elle réduite ? 

Emmanuel Macron est parvenu à déconstruire le système politique, il lui reste à le reconstruire. Il a libéré des forces, refermé des issues, mais la partie reconstruction manque, même si des tentations comme la convention citoyenne ou l’éventuel recours au référendum sur l’écologie – si le Sénat le laisse aller jusqu’au bout – procèdent de cette idée de changement. Pour dire les choses autrement, le vieux monde est en pièces, le nouveau monde n’est pas né, ce n’est même pas encore aujourd’hui un embryon. Il n’a pas inventé le nouveau système politique, voire la nouvelle société politique.  « Il a créé avec l’opinion un rapport difficile, souvent compulsif, presque toujours contradictoire, mais sans jamais susciter l’indifférence. »

Avant le Covid, il a mis en oeuvre sa volonté de transformer la société. On ne peut pas affirmer qu’il ait agi à un rythme sans précédent – souvenons-nous, entre 1959 et 1962, de De Gaulle et de Michel Debré – mais il l’a fait en permanence dans le conflit. C’est une méthode belliqueuse de la réforme et pas consensuelle : sur ce plan, Macron c’est l’anti-Rocard, l’anti-Delors. Il ne cherche pas à séduire, à entraîner, à négocier. Il a créé avec l’opinion un rapport difficile, souvent compulsif, presque toujours contradictoire, mais sans jamais susciter l’indifférence. De ce point de vue, il est l’anti-Chirac.

 LIRE AUSSI >> ENTRETIEN EVENEMENT. Ce qu’Emmanuel Macron n’a jamais dit des Français

Je considère que la logique de sa façon de gouverner et de sa volonté de créer un nouveau monde doit passer par l’instauration du régime présidentiel, qui me paraît être l’aboutissement de l’évolution de la Ve République. Cela permettrait de rendre un vrai pouvoir de contrôle au Parlement, de laisser les élus locaux jouer leur rôle et ainsi de donner aux contre-pouvoirs la possibilité de s’exercer dans de meilleures conditions. Il faut selon moi adopter un mode de scrutin pour les élections législatives comparable à celui qui existe pour les élections municipales, proportionnel avec une prime majoritaire. Cela faciliterait sans doute les coalitions d’ailleurs. Comme la marge de la politique dans la conduite des affaires n’a cessé de diminuer, il faut que le pouvoir politique augmente, en étant à la fois plus incitatif et mieux contrôlé. 

Emmanuel Macron est-il fait pour être le président dans un système de coalitions ? 

Par culture, on pourrait dire que oui : le « en même temps », le ni droite ni gauche impliquent une coalition. Sa culture est en conflit avec son tempérament, qui tourne au volontarisme quand cela se passe bien, à l’autoritarisme quand cela se passe mal. « L’interlocuteur direct d’Emmanuel Macron, ce sont les Français, de ce point de vue, on ne peut pas être moins IIIe ou IVe République que lui. »

Peut-on être à la fois bonapartiste et moderne ? 

Bonapartiste, ce n’est pas une transcription littérale évidemment, je pense à la période consulaire, pas impériale. Le bonapartisme chez lui, c’est une rupture éclatante ; une autorité que l’on peut reconnaître ou craindre – il lance son référendum sur l’écologie presque sans en parler à quiconque, les conseils de défense relèvent du fonctionnement consulaire ; l’ambition de procéder à de grands changements et de faire jouer à la France un rôle particulier en Europe ; l’incarnation, en bien ou en mal.

 LIRE AUSSI >> Covid-19, terrorisme, chômage… Comment les crises transforment Emmanuel Macron

L’interlocuteur direct d’Emmanuel Macron, ce sont les Français, de ce point de vue, on ne peut pas être moins IIIe ou IVe République que lui. Cette méthode bonapartiste, je crois qu’elle est un fleuve souterrain qui a traversé la France – notre pays n’a pas de regret monarchique, il a une nostalgie consulaire. La demande d’autorité ne cesse d’augmenter, au fur et à mesure que la défiance à l’égard de la politique progresse, et résulte de la convergence de métamorphoses, politique, économique, culturelle, sociétale. Emmanuel Macron apporte une réponse démocratique avec un pouvoir exécutif dominant et parfois dominateur. Le régime présidentiel que je préconise est une réponse de la Ve République à une simultanéité rarissime de crises. 

Il a le sens de l’autorité, mais son art de la décision laisse parfois perplexe. Comment voyez-vous cohabiter l’un et l’autre ? 

Le processus de décision chez lui est à la fois particulièrement complexe et largement intime, en un mot très personnel. Songez tout de même qu’il lance son idée de référendum sur l’environnement quasiment sans en parler à quiconque ! C’est sa perception de la décision qu’il faut prendre qui est susceptible de varier beaucoup, en fonction des informations qu’il reçoit et qu’il digère, informations techniques ou politiques.  

On a entendu le chef de l’Etat demander d’aérer les pièces. Quelles conséquences à terme cela aura-t-il sur la fonction présidentielle, longtemps tout en majesté ? 

C’est une illustration extrême du rapport différent qui existe entre le président et les Français en période de crise sanitaire, laquelle s’ajoute aux autres crises. Les Français attendent un président qui informe, décide, incarne. Ils veulent avoir en face d’eux le symbole d’une réponse à la crise. Donc Emmanuel Macron est omniprésent. Il devient forcément un enjeu, car son sort ultérieur dépend de sa gestion de cette séquence. Que cela passe par l’utilisation par le président lui-même d’exemples prosaïques qui classiquement relèvent plutôt d’un ministre, c’est l’évolution du rapport entre le président et les Français : un dialogue sans filtre, si j’ose dire. La crise du Covid, c’est un tête-à-tête entre le président et le peuple. 

Emmanuel Macron avait promis au début de la crise sanitaire de « se réinventer lui-même » ? « Bernique et fariboles », affirmez-vous. Pourquoi ? 

Car c’est un bonapartiste, involontaire et peut-être inconscient. Il a de très fortes caractéristiques psychologiques, et je ne pense pas qu’il en changera. L’essence du macronisme, avec sa dimension économique rhénane, sa dimension politique bonapartiste, sa dimension culturelle anglo-saxonne, sa dimension littéraire ultra-française, ce kaléidoscope-là ne changera pas. 

Quels sont les signes de l’hubris chez lui ? 

Ils sont éclatants ! C’est sa volonté de transformer, non de réformer, son rôle dans ce dialogue direct avec le peuple, qu’il subit, mais qu’il a voulu – il se place méthodiquement en première ligne, c’est sa chance et son risque, il décide d’aller discuter directement avec les Français dans un exercice de démocratie réelle qui prouve une confiance en soi prodigieuse -, son omniprésence médiatique, son ambition intellectuelle très grande… 

Est-il l’incarnation du cercle de la raison ou est-il au contraire « déraisonnable », puisque vous utilisez l’adjectif ? 

Sociologiquement et en partie idéologiquement, il est au centre du cercle de la raison, mais, comme c’est un passionné absolu, il y introduit une dimension personnelle, passionnelle, littéraire, culturelle, qui en fait un atypique du cercle de la raison. 

Comment expliquez-vous que, au moment où la politique suscite de plus en plus d’indifférence, il « s’impose comme le plus grand déclencheur des passions politiques françaises de la Ve République » ? 

Il incarne mais ne rassemble pas. Parce qu’il bouscule, il passionne. Il est un symbole de réussite personnelle, et par là même un symbole de l’injustice aux yeux des Français, peuple ô combien égalitaire.  

A vos yeux, Emmanuel Macron est au départ un européen convaincu mais pas original. Avec la crise, vous avancez qu’en trois mois l’Europe s’est littéralement réinventée. Pourquoi n’avons-nous pas eu droit au récit d’une épopée ? 

Ce que ce président a fait de mieux depuis son élection, c’est sa politique européenne. Au début du quinquennat, il tient des discours flamboyants, ambitieux, excellents. Quand il arrive à arracher des résultats essentiels à un moment crucial, il en parle peu. Or il a été le premier à assumer le concept de souveraineté européenne.  

LIRE AUSSI >> « Il y a un maître des horloges qui s’appelle le Covid » : l’aggiornamento d’Emmanuel Macron

Au fond il réussit avec la crise sanitaire à mettre en oeuvre ce qu’il avait préconisé, mais avec comme punition de ne pas pouvoir le souligner ! Sans le tandem franco-allemand, sans l’engagement résolu de la Banque centrale européenne et de la Commission, le pire menaçait. La vieille formule de Jean Monnet, « L’Europe se construit à travers les crises », n’a jamais été aussi vraie. 

Vous présentez la fin du quinquennat comme un dialogue entre démocratie présidentielle et démocratie d’opinion. Que vous inspire cette confrontation? 

La démocratie présidentielle est la solution qui permet de ne pas dériver intégralement vers la démocratie d’opinion, laquelle menace de se transformer en démocratie d’émotion. Au fond, la démocratie présidentielle est une thérapeutique de la démocratie d’opinion et un vaccin contre la démocratie d’émotion. C’est pourquoi j’insiste sur la nécessité de lui donner de nouveaux instruments.  

Pourquoi la France est-elle davantage à vos yeux un puzzle qu’un archipel, comme l’a écrit Jérôme Fourquet ? 

Jérôme Fourquet a raison dans sa description des fractures géographiques, sociales, culturelles de la France. Mais nous avons la chance d’être une nation foncièrement originale, avec une histoire, une géographie qui se prêtent au rassemblement, un modèle social qui est facteur de cohésion nationale. Au-delà des fractures, la France a un squelette qui tient.  

Eric Mandonnet

Article 2

L’enlisement du régime parlementaire

par Alain Duhamel publié le 11 septembre 2019 LIBERATION

La crise des régimes parlementaires, cette forme la plus classique de la démocratie, devient de plus en plus théâtrale. L’impression se répand d’une maladie pernicieuse frappant tour à tour les Parlements les plus vénérables et les mieux enracinés. La Chambre des communes, qui fait figure d’ancêtre et de modèle pour tous les Parlements, se trouve depuis le 10 septembre «suspendue» pour cinq semaines, au moment même où, avec le Brexit, se joue l’avenir du Royaume-Uni. Si cette dépossession n’est pas formellement inconstitutionnelle, elle peut être ressentie que comme une violente agression politique et une humiliation sans précédent. La démission du Speaker des Communes et la guerre de procédures implacable entre Boris Johnson et les députés vont dans le même sens. Le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté fait tout pour forcer la main des élus.

En Italie, où l’instabilité gouvernementale se compare à celle de notre Quatrième République, l’irruption des populistes (Cinq Etoiles et Ligue) et les renversements d’alliances spectaculaires discréditent dangereusement le régime parlementaire. Matteo Salvini est d’ailleurs suspecté de vouloir mettre en place un régime bien plus autoritaire. En Espagne, le gouvernement socialiste, pourtant populaire, ne dispose d’aucune majorité réelle et paraît donc inévitablement en sursis. En Allemagne enfin, l’enlisement de la «grande coalition» CDU-SPD ne cesse de s’accroître. La fin de règne d’Angela Merkel tourne à l’immobilisme et les alternatives n’ont rien d’évident. La puissante Allemagne commence à douter de son modèle.null

Nos quatre principaux voisins sont donc touchés par la crise des régimes parlementaires et l’on pourrait y joindre les Belges, les Autrichiens et les Néerlandais. Il y a, c’est vrai, des motifs spécifiques à ce dérèglement des systèmes parlementaires. Le Royaume-Uni doit affronter avec le Brexit sa pire épreuve depuis 1945. Les députés bataillent de toute leur force, mobilisant l’arsenal incomparable des procédures avec autant d’imagination que de pugnacité. Mais leur incapacité à soutenir une solution viable en près de trois ans les a profondément déconsidérés. L’inévitable dissolution pourrait bien tourner au profit de Boris Johnson.https://1c3ba3b6c9e446d79aa532ffdc0792a6.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

En Italie, une alliance surprise entre les socialistes et le Mouvement Cinq Etoiles témoigne de la résistance des parlementaires face à la tentation autocratique de Matteo Salvini. Mais, là encore, celui-ci risque de remporter la mise l’an prochain. L’Espagne reste exposée à la querelle inachevée de l’indépendantisme catalan. Quant à l’Allemagne, elle s’inquiète à juste titre de la montée de l’extrême droite AfD, désormais deuxième parti en Saxe et dans le Brandebourg, d’autant plus que son enviable économie connaît en ce moment des ratés. C’est donc bien, ici et là, l’architecture parlementaire qui se fissure.

On dira que les régimes autoritaires ne se portent pas toujours mieux, bien au contraire. En Russie, Vladimir Poutine, si méthodique et implacable sur la scène internationale, vient de subir un échec électoral à Moscou, même s’il se conforte en province par des moyens que la morale démocratique réprouve. En Turquie, Erdogan est humilié à Istanbul et va d’échec économique en échec économique. Au Brésil, la popularité de Jair Bolsonaro s’effondre. Si les régimes parlementaires s’affaiblissent, les autocraties ne triomphent donc pas pour autant. Reste que les causes des dérèglements parlementaires ne semblent pas près de disparaître.https://1c3ba3b6c9e446d79aa532ffdc0792a6.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Partout, le fossé entre les peuples et les élus s’est creusé, y compris en France cela va de soi, comme jamais depuis bien longtemps, comme jamais au moins depuis les années 30. Partout, le populisme progresse, qu’il soit au pouvoir (Donald Trump, Boris Johnson, les régimes européens «illibéraux»), ou qu’il soit dans l’opposition (en Allemagne et en Italie). Partout il est déjà puissant, en France notamment, et il prospère bien plus à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche où il subit des échecs (Grèce, Espagne, France).

Au populisme fortifié, il faut ajouter la grande peur de l’immigration qui contribue à déstabiliser les régimes démocratiques et le fait qu’à peine sorties des effets de la crise économique de 2008, les pays européens se voient menacés par de nouveaux risques économiques : ralentissement de la croissance, instabilité des échanges commerciaux perturbés par l’affrontement Etats-Unis-Chine et par le Brexit, crainte de bulles financières, etc. Sans oublier les conflits militaires qui menacent de dégénérer. Autant de facteurs qui favorisent les populismes et affaiblissent les démocraties.nullPUBLICITÉnull

Face à cela, les réponses nationales ne suffisent pas. Les turbulences que rencontrent les régimes parlementaires européens sont le symptôme des dérèglements qui frappent le Vieux Continent. Les nationalismes progressent. L’Union européenne régresse. C’est à cette échelle-là qu’à l’issue du Brexit il faudra imaginer des répliques et que, peut-être, la France y tiendra un rôle.

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