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LES GRACQUES – amers et piqués – ALERTENT. « REDONNER UNE VIE DEMOCRATIQUE AU PAYS »

BILLET

La nécessité de renouveler les institutions pour répondre à la crise démocratique

En ce début de campagne présidentielle, le think tank social libéral publie une nouvelle salve de propositions. Il insiste sur la nécessité de renouveler les institutions pour répondre à la crise démocratique. Un programme proposé au président sortant ? assorti de leçons de gouvernance.

Le mandat d’Emmanuel Macron n’a pas permis une rénovation de la vie démocratique »

Grégoire Poussiel écrit dans Le Point : « Le constat est sans appel : à moins de six mois de son terme, le mandat d’Emmanuel Macron n’a pas permis une rénovation de la vie démocratique. Déjà très présents avant son élection en 2017, les travers des institutions – concentration de la décision à l’Elysée, Parlement mis entre parenthèses via l’extension du recours aux ordonnances – ont été exacerbés pendant la crise sanitaire « .

Les Gracques, un think tank social libéral présidé par Bernard Spitz, ancien président de la Fédération française des sociétés d’assurance, avance plusieurs suggestions dans son dernier ouvrage collectif (*) pour mettre enfin à jour la Ve République. « Nous proposons un rééquilibrage du régime, fondé sur la conviction que le parlementarisme rationalisé ne passe pas par l’abaissement du Parlement et qu’un vrai débat démocratique avec l’exécutif ne diminuerait ni l’efficacité, ni la stabilité gouvernementale », écrivent-ils. »

« Cela impliquerait un président de la République élu pour six ans (mandat renouvelable une fois) et une Assemblée nationale qui siégerait trois ans. Soit la mise en place de « mid terms » à la française qui redonnerait du souffle au président élu trois ans plus tôt ou favoriserait le retour à des périodes de cohabitation. L’histoire le montre, ces périodes – 1986-1988, 1993-1995 et 1997-2002 – ont été favorables à la mise en place de grandes réformes. »

Une déception amère

Le groupe de réflexion — auquel Emmanuel Macron a brièvement contribué en 2007 — ne sait cacher sa déception sur le mandat présidentiel. Il propose « nouvelles pistes » qui s’adressent clairement (?) au futur candidat, et publie Le manifeste de la dernière chance (Albin Michel).

Le « groupe de réflexion et de pression » de la gauche social-libérale, qui se prévaut, d’avoir promu les idées social-libérales , a entrepris de dresser un bilan « honnête et objectif » du quinquennat.

« Si les promesses faites aux plus fortunés ont été tenues, certains progrès promis aux plus fragiles ont tardé ou se sont révélés moins consistants à l’épreuve du pouvoir »

On peut lire dans le Point : « On les sent quelque peu déçus par le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Les Gracques – ce cercle de réflexion de sensibilité sociale libérale qui regroupe des hauts fonctionnaires et d’anciens membres de cabinets ministériels, des chefs d’entreprise, des juristes, des enseignants, ainsi que des intellectuels, des médecins, etc. – considèrent que la jambe sociale de l’actuel chef de l’État a été négligée. « Si les promesses faites aux plus fortunés ont été tenues, certains progrès promis aux plus fragiles ont tardé ou se sont révélés moins consistants à l’épreuve du pouvoir », regrettent-ils dans leur Manifeste de la dernière chance destiné à nourrir la campagne présidentielle. Un véritable programme quasiment clés en main – avec trajectoire budgétaire… »

LE TRYPTIQUE DE LA REFORME

Pour ce groupe de hauts fonctionnaires – issus notamment des cabinets ministériels de gauche – , universitaires, étudiants, entrepreneurs, avocats etc., emmenés par Bernard Spitz, Haut Fonctionnaire qui a fait un fort passage dans le privé, ex-patron de la Fédération française de l’assurance, le quinquennat Macron aura surtout rappelé « la puissance du “triptyque de la réforme” qui s’impose – selon lui – à tout élu » :

1) ce qui ne se fait pas au début de la mandature ne se fait plus ;

2) pour que la réforme prospère, elle doit avoir été parfaitement préparée avant ;

3) la légitimité et la préparation ne sont rien sans une bonne exécution…

L’échec de la réforme des retraites est à cet égard emblématique, aux yeux des Gracques, d’un gros défaut sur le deuxième pilier du triptyque : « pas du tout préparée » selon Bernard Spitz, elle a abouti à un « projet de loi mal ficelé » …

Des législatives à mi-mandat pour rétablir le lien entre le pays et ses dirigeants

Ce groupe d’influence à l’ADN très macroniste  se dit aujourd’hui déçu par le quinquennat. Bernard Spitz : «La France est à bout de souffle pour des raisons multiples, comme le choc de la pandémie. Concernant le chômage, on n’arrive pas à le baisser car nous n’avons pas les compétences qui vont avec les besoins de l’économie. Cela fait des décennies que c’est le cas et on le paye aujourd’hui.»

Le programme d’une gauche libérale et d’une droite sociale

A l’horizon de la présidentielle, les Gracques publient une sorte de programme intitulé Le manifeste de la dernière chance où ils associent «le programme d’une gauche libérale et d’une droite sociale». «On essaye de concilier l’efficacité de l’économie de marché et les considérations sociales, précise Bernard Spitz. On ne peut pas faire l’un sans l’autre. C’est une forme d’équilibre, de compromis, pour que le pays puisse avancer. Le livre est une analyse paisible de la situation. Il y a des points de satisfaction et d’autres sur lesquels on porte des jugements, des insatisfactions.»

Dans les propositions on retrouve l’idée de réformer les retraites… mais avec la mise en place d’un âge pivot à 64 ans. «On a fait les calculs, c’est chiffré, c’est calibré, pointe notre invité. La réforme des retraites imaginée en ce moment est trop conceptuelle et on en paye le prix. Aujourd’hui, sur cette question, il faut faire simple.»

Un mandat présidentiel de six ans, renouvelable, avec des élections législatives à mi-mandat

Les Gracques imaginent aussi la mise en place d’un mandat de six ans, renouvelable, avec des élections législatives à mi-mandat afin de «redonner une vie démocratique au pays ». «L’idée est de lancer dès le départ les grandes réformes, continue Bernard Spitz. Pour responsabiliser les députés et redonner un rôle important à la représentation nationale. Ainsi, les gens mécontents savent qu’ils pourront s’exprimer bientôt. Ce système permet d’établir un lien réel entre le pays et ses dirigeants.»

Et pour le think tank, aucun doute: les cent premiers jours du quinquennat sont capitaux. «Ce qu’on ne fait pas au début du quinquennat, on ne le fait plus.»

ARTICLE

Bernard Spitz: «Ce qu’on ne fait pas au début du quinquennat, on ne le fait plus»

Journal L’Opinion 29 octobre

Bernard Spitz, président des Gracques, explique la genèse du think tank : « Il a été créé en 2007. Au départ, c’est une initiative de gens issus du centre gauche, de la gauche moderne et européenne, qui avaient envie d’exprimer eux-mêmes leurs idées sans dépendre des figures politiques du moment. Beaucoup venaient de cabinets de gauche puis ça s’est élargi. »

Un groupe d’influence à l’ADN très macroniste qui, pourtant, se dit aujourd’hui déçu par le quinquennat. Bernard Spitz relativise : «La France est à bout de souffle pour des raisons multiples, comme le choc de la pandémie. Concernant le chômage, on n’arrive pas à le baisser car nous n’avons pas les compétences qui vont avec les besoins de l’économie. Cela fait des décennies que c’est le cas et on le paye aujourd’hui. »

A l’horizon de la présidentielle, les Gracques publient Le manifeste de la dernière chance où ils associent « le programme d’une gauche libérale et d’une droite sociale ». «On essaye de concilier l’efficacité de l’économie de marché et les considérations sociales, précise Bernard Spitz. On ne peut pas faire l’un sans l’autre. C’est une forme d’équilibre, de compromis, pour que le pays puisse avancer. Le livre est une analyse paisible de la situation. Il y a des points de satisfaction et d’autres sur lesquels on porte des jugements, des insatisfactions.»

Parmi les propositions des Gracques, on retrouve l’idée de réformer les retraites… mais avec la mise en place d’un âge pivot à 64 ans. « On a fait les calculs, c’est chiffré, c’est calibré, pointe notre invité. La réforme des retraites imaginée en ce moment est trop conceptuelle et on en paye le prix. Aujourd’hui, sur cette question, il faut faire simple. »

Les Gracques imaginent aussi la mise en place d’un mandat de six ans, renouvelable, avec des élections législatives à mi-mandat afin de « redonner une vie démocratique au pays ». « L’idée est de lancer dès le départ les grandes réformes, continue Bernard Spitz. Pour responsabiliser les députés et redonner un rôle important à la représentation nationale. Ainsi, les gens mécontents savent qu’ils pourront s’exprimer bientôt. Ce système permet d’établir un lien réel entre le pays et ses dirigeants. »

Et pour le think tank, aucun doute : les 100 premiers jours du quinquennat sont capitaux. « Ce qu’on ne fait pas au début du quinquennat, on ne le fait plus. »

VOIR LA VIDEO :

https://www.lopinion.fr/video/lopinion/bernard-spitz-qu-on-ne-fait-pas-debut-quinquennat-on-ne-fait-plus-258379

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