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L’ABSTENTION «DIFFÉRENTIELLE», CLÉ DE LA PRÉSIDENTIELLE ? VERS UN NOUVEAU RECORD ?

«Il y a de fortes chances que l’on tangente l’abstention record du 21 avril 2002»,

prévient Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop. Plus la participation sera faible au premier tour le 10 avril 2022, plus la mobilisation de chaque camp sera déterminante pour accéder au deuxième tour.

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L’abstention différentielle, clé de la présidentielle 2022

par Jean-Baptiste Daoulas publié le 28 décembre 2021 Libération

C’est le pire cauchemar des prétendants à l’Elysée après deux ans d’épidémie de Covid-19. Et si, le 10 avril 2022, leurs électeurs ne se déplaçaient pas ? Ou – tout aussi angoissant – s’ils venaient moins voter que ceux de leurs concurrents ?

D’ordinaire, l’élection présidentielle est plutôt épargnée par ce phénomène d’abstention différentielle. 21 avril 2002 mis à part, Lionel Jospin et les électeurs de gauche partis à la pêche s’en souviennent, la participation au premier tour flirte avec les 80% depuis 1965 et chaque camp peut compter sur la mobilisation de son cœur de cible.

«Il y a de fortes chances que l’on tangente l’abstention record du 21 avril 2002»,prévient Frédéric Dabi, directeur général opinion de l’Ifop, face au «cycle abstentionniste» qu’il observe depuis le début du quinquennat.

L’auteur de La Fracture (Les Arènes) insiste sur le fait que rien n’est joué et que de multiples facteurs peuvent encore doper la participation d’ici à avril prochain, mais il pointe plusieurs signes avant-coureurs.

Dans les études d’opinion menées à l’automne, les Français se disant absolument certains d’aller voter sont quatre à cinq points moins nombreux qu’à la même période en 2016. Par ailleurs, le taux de participation au dernier scrutin avant la présidentielle est traditionnellement un indice sur la mobilisation à venir. 

Les deux tiers d’abstention aux élections régionales et départementales de juin n’incitent donc pas à l’optimisme.

A qui profite l’abstention ?

Aux régionales, les candidats du Rassemblement national estimaient que leur déroute imprévue était liée à la désertion de leurs supporters. A l’automne, Jean-Luc Mélenchon a multiplié les piques contre les instituts de sondage, accusés de sous-estimer la participation de l’électorat populaire, et donc de minorer son score.

Les macronistes aussi ont des sueurs froides.

Conscients que l’électorat du président sortant exprime dans les études d’opinion un soutien par raison davantage que par attachement à sa personne, plusieurs députés confient leur crainte d’une mobilisation molle et d’un «21 avril à l’envers», selon l’expression d’un élu LREM du Sud-Ouest. «Le camp en difficulté est celui de la gauche, analyse de son côté Frédéric Dabi.

Comment expliquer que, lorsque l’on demande aux gens de se positionner sur un axe gauche droite, 44 ou 45% se positionnent très à gauche, à gauche, ou au centre gauche, et que la traduction électorale en ce moment est un total gauche qui ne dépasse pas 25-26% ? Où sont les 18 points ? Certains sont chez Macron, d’autres dans l’abstention.» Aux candidats de gauche de trouver les mots pour inverser la tendance.

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