Aller au contenu principal

AFFAIRE DES CONSULTANTS : LES CONVENTIONS CITOYENNES ET LA REFORME DES RETRAITES CONCERNEES…

« Emmanuel Macron dément toute « combine » à propos du cabinet de conseil McKinsey »,

titre Le Monde qui poursuit :

« Le chef de l’Etat, candidat à l’élection présidentielle, a défendu, dimanche 27 mars, le recours du gouvernement à des cabinets de conseil privés durant le quinquennat… »

« C’est le sujet sur lequel Emmanuel Macron se retrouve sur la défensive… le président candidat a assuré qu’il n’y aurait rien d’illégal. « Il n’y a aucun contrat qui est passé dans la République sans qu’il respecte la règle des marchés publics : mise en concurrence, transparence, responsabilité de celles et ceux qui signent… », a-t-il déclaré, dimanche 27 mars, sur France 3. « On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux. Il y a des règles de marchés publics. La France est un pays de droit », a-t-il insisté. Que des ministères, qui sont « jour et nuit au travail », s’appuient sur « des prestataires » pour les aider, « ne me choque pas », a-t-il dit. »

« « Donc tout est clair là-dessus ? », le relance le journaliste. « Oui, sinon c’est du pénal », a poursuivi M. Macron. Avant de mettre au défi ceux qui affirment le contraire de lancer une action en justice. « Que quiconque, qui a la preuve d’une manipulation, mette le contrat en cause au pénal », a déclaré le chef de l’Etat. Plaidant pour que la « transparence » soit faite, il a insisté : « S’il y a un problème, il y a des juges et une justice indépendante. » Et de répéter : « S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal ! » »

En complément de notre Dossier, voici deux extraits d’articles du Monde.

…/…

Article 1 Extraits

Cabinets de conseil : la mission à 957 000 euros de McKinsey à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse

Par Le Monde

Dans leur rapport du 17 mars, les sénateurs expriment leur perplexité face à cette mission commandée, fin 2019, dans le cadre de la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron. 

Les consultants de McKinsey sont si discrets qu’ils réussissent à passer presque inaperçus dans les structures où ils officient. A la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV), une large partie du personnel ignorait, jusqu’à une date récente, que la filiale tricolore de la firme américaine s’était vu confier une mission dans cette institution.

Le pot aux roses a été découvert à la faveur des travaux de la commission d’enquête sénatoriale qui a rendu un rapport, le 17 mars, sur « l’influence croissante » de ce type de prestataires. Jeudi 24 mars, des syndicalistes ont interpellé la direction de la CNAV à ce sujet durant une réunion du comité social et économique – l’instance de représentation des salariés.

L’une des questions soulevées fait écho aux observations acides des sénateurs. Dans leur rapport, les élus du Palais du Luxembourg expriment leur perplexité face à cette mission commandée, fin 2019, dans le cadre de la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron. Une douzaine de consultants avaient été mis à contribution durant plusieurs mois. Il s’agissait d’accompagner la caisse, alors que se profilait la mise en place d’un système universel, synonyme de « choc d’organisation » pour le régime. « La CNAV dispose en son sein d’auditeurs d’un excellent niveau, mais nous avons souhaité bénéficier du point de vue neutre et des recommandations d’un “opérateur-tiers”, pour une transformation en profondeur qui devait être menée à bien rapidement », explique le directeur général, Renaud Villard.

Le directeur de la CNAV « très satisfait »

Finalement, le projet de système universel a été mis entre parenthèses, puis abandonné. L’intervention de McKinsey, elle, a coûté un peu plus de 957 000 euros, « avec comme seules traces tangibles un PowerPoint et un carnet de 50 pages », a affirmé Eliane Assassi, sénatrice communiste du Val-de-Marne et rapporteuse de la commission d’enquête : « Nous sommes loin d’un rapport circonstancié à la hauteur de cet objectif difficile et commandé par l’actualité ! »Lire :  Recours aux consultants privés : la grande opacité de l’Etat

De l’argent dépensé en pure perte ? « Il n’en est rien, répond M. Villard. Cette prestation nous aura permis de nous interroger sur l’ensemble de nos process pour être à la hauteur des enjeux du service public de la retraite de demain. »M. Villard se dit « très satisfait de ce qui a été livré » : « Les méthodes proposées pour conduire le changement nous ont été et nous seront à l’avenir précieuses, nous avons largement capitalisé dessus en déployant une gouvernance et un pilotage de transformation, intitulé Retraite 2025, dans le strict prolongement de cette mission. »

…/.,,

Article 2 Extraits

Derrière l’essor de la démocratie participative, un business florissant pour les cabinets de conseil

Par Maxime Vaudano, Manon Romain, Luc Martinon et Adrien Sénécat Le Monde

Emmanuel Macron a multiplié les concertations citoyennes pendant son quinquennat. Pour le plus grand bonheur des cabinets de conseil, qui ont récolté des millions d’euros en appuyant le gouvernement pour les organiser.

La démocratie française est un marché comme les autres, et il peut rapporter gros. C’est la belle découverte qu’ont pu faire Roland Berger et Eurogroup Consulting au cours des dernières années. Les deux cabinets de conseil privé ont en effet réalisé plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires en appuyant le gouvernement dans l’organisation des nombreuses « consultations citoyennes »qui ont émaillé le quinquennat d’Emmanuel Macron.

Cette nouvelle activité lucrative semble promise à un avenir radieux en cas de réélection du président, qui a promis d’« inventer une méthode démocratique nouvelle », fondée sur la multiplication de ces concertations à l’utilité contestée.

Pour Roland Berger, la grande aventure de la démocratie participative commence en 2019. A cette époque, le cabinet allemand a déjà l’habitude de travailler pour le gouvernement, mais plutôt dans le conseil en stratégie et l’expertise économique. C’est pourtant l’un des dirigeants de Roland Berger qu’Emmanuelle Wargon, alors secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, appelle à la rescousse en ce mois de janvier pour une mission assez inhabituelle, comme l’a raconté il y a trois ans le site Consultor.

Mme Wargon est l’une des deux ministres missionnés par le président Macron pour organiser le grand débat national, une vaste consultation visant à sortir par le haut de la crise des « gilets jaunes ». Estimant que l’Etat n’a pas les compétences pour analyser et synthétiser les centaines de milliers de contributions qui vont remonter du terrain, elle propose à Roland Berger de s’en charger. En échange de quelques centaines de milliers d’euros, le cabinet, associé à deux autres prestataires spécialisés (Bluenove et Cognito), décortique pendant plusieurs mois les doléances des Français, avant de les synthétiser dans un rapport remis au gouvernement en juillet 2019. En parallèle, Eurogroup Consulting et ses sous-traitants reçoivent près de 2,6 millions d’euros pour organiser et synthétiser les treize conférences citoyennes régionales du grand débat.

« Véritable industrie de la consultation »

Malgré le succès relatif du grand débat, qui n’a inspiré aucune réforme majeure à Emmanuel Macron, l’initiative a essaimé. Soucieux de casser l’image d’un pouvoir vertical, le président a multiplié les concertations citoyennes, en faisant à chaque fois appel à des cabinets de conseil. Roland Berger et ses partenaires se sont occupés tour à tour d’analyser les consultations sur le revenu universel d’activité, le « monde d’après » le Covid-19, la crise sanitaire ou l’« avenir de l’Europe ». Eurogroup a fait de même sur la réforme de l’hôpital, sur celle des retraites, sur la vaccination contre le Covid-19, sur le « Varenne de l’eau » ou encore la convention citoyenne pour le climat.

…/…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :