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PRESIDENTIELLE : VERS UNE ABSTENTION RECORD ?

Va t on dépasser le record du 21 avril 2002 ?

Selon les enquêtes d’opinion, l’abstention au premier tour de la présidentielle pourrait atteindre voire dépasser le record du 21 avril 2002. Une désaffection pour les urnes qui ne pèserait pas de la même façon sur tous les candidats. Selon plusieurs sondages, l’abstention pourrait être record lors du premier tour de la présidentielle.

Qu’est-ce qui démotive les abstentionnistes déclarés ?

Libération qui ausculte le phénomène depuis des mois, écrit dans un éditorial de Lauren Provost :

« Les récits des non-votants témoignent de leur perte de confiance dans les politiques, de l’absence d’intérêt pour le fonctionnement des institutions, mais aussi du sentiment d’une élection jouée d’avance. Cela fait cinq ans qu’on nous répète que le second tour sera un remake de 2017, comment en vouloir aux déserteurs des urnes ? Candidats, démontrez-nous qu’au contraire il y a bien un enjeu. L’enjeu d’une surprise au second tour. La possibilité de faire barrage aux extrêmes dès le 10 avril. Un enjeu de légitimité à aller chercher pour Macron. Votre véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature… Cet adversaire, c’est l’abstention. »

Voici des extraits de l’article récent des Échos :

Article – Extraits

Présidentielle : les risques d’une abstention record

Par Isabelle Ficek Publié le 21 mars 2022 Les Échos

C’est une angoisse qui saisit tous les états-majors de campagne et le signe, s’il se confirme, d’une défiance envers les politiques qui n’a pas diminué en dépit de la volonté affichée par Emmanuel Macron de « réconcilier les Français avec leurs dirigeants ».

Alors que l’élection présidentielle est traditionnellement un scrutin à forte participation, on pourrait atteindre, voire dépasser cette année le niveau record d’abstention du premier tour de l’élection présidentielle de 2002 – 28,4 % -, qui avait vu Jean-Marie Le Pen qualifié pour le second tour face à Jacques Chirac et le candidat socialiste Lionel Jospin éliminé.

Les choses peuvent encore changer d’ici au 10 avril, qui plus est dans une campagne qui commence à s’animer très tardivement. Mais près un Français sur trois pourrait bouder les unes. Selon l’enquête Ipsos-Sopra-Steria pour « Le Parisien » publiée dimanche, l’indice de participation s’établit à seulement 68 %. Dans un sondage BVA pour RTL rendu public ce lundi, elle serait de 71 %.Apathie de l’opinionDans le bilan hebdomadaire du baromètre OpinionWay-Kéa Partners pour « Les Echos »publié vendredi, 62 % des Français déclarent s’intéresser à la campagne présidentielle.

« La campagne à la télévision reste, pour une présidentielle, le principal vecteur pour s’informer. Mais on est passé d’un monde avec peu d’émissions politiques à très forte audience à un monde avec une foule d’émissions, à plus faible audience. Peu de choses cristallisent le débat et les conversations », avance le sondeur.Le Covid puis la guerre en Ukraine , conjugués à l’entrée tardive du président sortant dans la campagne , ont aussi contribué à la faire passer en arrière-plan.

« Cela relativise dans l’esprit de beaucoup de Français l’importance du choix du président de la République, qui a toujours été quelque chose de sacralisé dans le pays, avec une attente très forte. Mais dans un contexte de risques et de crises à répétition, il y a un sentiment de moindre utilité, l’idée que des événements extérieurs peuvent avoir beaucoup plus d’impact que le choix d’un président, notamment dans les catégories populaires », décrypte Bruno Jeanbart.Appels à la mobilisation

D’où les appels à la mobilisation dans tous les camps, tant l’abstention peut faire bouger les lignes, en particulier pour les candidats dont l’électorat y est plus sensible. C’est le cas, notamment, de celui de Marine Le Pen, constitué plus que les autres de Français issus des catégories populaires ou de jeunes . Jean-Luc Mélenchon séduit, lui aussi, un électorat plus jeune et une partie des catégories populaires. C’est moins le cas d’ Eric Zemmour, à l’électorat « ultra-politisé », souligne Bruno Jeanbart, ou de Valérie Pécresse , à l’électorat plus âgé, qui est traditionnellement celui qui participe le plus.

Présidentielle : les risques d’un non-débat pour Emmanuel Macron

Quant à Emmanuel Macron, il attire des électeurs lui aussi âgés et plus aisés – des catégories qui s’abstiennent moins – mais dans les intentions de vote, il réalise également un bon score chez les plus jeunes et les catégories populaires. « Historiquement, il est aussi toujours plus difficile de mobiliser l’électorat de la majorité sortante », note Bruno Jeanbart. D’autant plus lorsque le match semble joué, avec des intentions de vote qui vont invariablement dans le sens d’une victoire.Ce risque de démobilisation constitue la hantise des soutiens d’Emmanuel Macron, outre celui d’être accusé d’esquiver la campagne et la confrontation politique en refusant de débattre avec ses adversaires. Il leur fait craindre un résultat électoral moins élevé que celui estimé dans les sondages. Et des lendemains d’élection difficiles.

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