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LA DÉMOCRATIE AU PRISME DE SES DÉMONS. POINT DE VUE

Le vote trop souvent tenu pour guigne par indifférence

« …vraies élections, dans un pluralisme effectif et des procédures loyales… »JLG

« Le vote est trop souvent tenu pour guigne par indifférence par indifférence, désinvolture ou refus du statut d’intermittents de la politique » JLG

« Alors que bien des nations aspirent à de vraies élections, dans un pluralisme effectif et des procédures loyales, chez nous le vote est trop souvent tenu pour guigne par indifférence. » indique Jacques Le Goff dans l’article proposé ci contre.

Article

La démocratie au prisme de ses démons

Par Jacques Le Goff, professeur émérite des Universités (Droit public, Brest-Quimper). OUEST FRANCE 25/03/2022

«Alors que bien des nations aspirent à de vraies élections, dans un pluralisme effectif et des procédures loyales, chez nous le vote est trop souvent tenu pour guigne par indifférence.» |

Platon nous en avait avertis : il est plus aisé d’identifier l’injuste que le juste, le mal que le bien… C’est souvent par son côté sombre que la réalité révèle sa face lumineuse.

La justesse de l’observation se vérifie dans le cas de notre démocratie. L’habitude, la fatigue, l’agacement, la colère nous portent à nous montrer sans pitié pour ses limites. Le régime représentatif escamoterait le visage social et politique du pays. Sous couvert de souveraineté du peuple, il susciterait une aristocratie du savoir et du pouvoir déconnectée du pays réel. La République ne serait au fond qu’une monarchie ou une « démocratie exécutive » mal tempérée par un parlement tétanisé. De là le sentiment de trahison qui ressort des sondages et du mouvement des Gilets jaunes.

Jeter un œil par-delà nos frontières

Face à ce scepticisme désabusé et à ses critiques souvent justes, le doute s’impose. N’y a-t-il pas quelque outrance à disqualifier globalement un régime qui, pour imparfait qu’il soit, a le grand mérite d’assurer pour l’essentiel la fidélité aux principes fondateurs de la tradition inaugurée en 1789 ? Quoi qu’en pensent ceux qui n’hésitent pas à qualifier le chef de l’exécutif de « dictateur », la démocratie tient bon. « Le renard a peut-être la gale, dit un proverbe haïtien, mais reconnaissez qu’il a les dents blanches ».

Réflexe de riche ou d’enfant gâté aveugles à la chance qui est la leur ? De jeter un œil par-delà nos frontières devrait les conduire à plus de discernement.

Ne parlons pas de la journée du 6 janvier 2021 aux États-Unis et de l’invasion du Capitole par une foule chauffée à blanc par Trump et son populisme du « vrai peuple » opposé aux « corrompus » du Congrès. Parlons plutôt des démocraties illibérales du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie, Tchéquie) qui n’ont de démocratique que l’apparence et de réalité que celle d’un pouvoir personnel dictatorial foulant aux pieds les normes de base du libéralisme politique : la séparation des pouvoirs pliée sous la caporalisation du parlement et la subordination de la justice, y compris constitutionnelle ; la liberté d’expression méthodiquement grignotée…

Et que dire des dictatures personnelles installées en Russie, en Chine, en Corée du Nord ou aux Philippines ? Toute la vie collective s’y trouve suspendue à l’arbitraire du despote dont dépend la sûreté à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les relations internationales. Kant voyait juste lorsqu’il soulignait que les vraies républiques sont beaucoup moins portées à la guerre que les autres régimes. Et pour cause !

Ancrées dans leurs fondamentaux

Par contraste, à partir de ce négatif, on voit mieux ce qu’apportent de précieuses garanties nos vieilles démocraties un peu délavées mais demeurées ancrées dans leurs fondamentaux. Alors que bien des nations aspirent à de vraies élections, dans un pluralisme effectif et des procédures loyales, chez nous le vote est trop souvent tenu pour guigne par indifférence, désinvolture ou refus du statut d’intermittents de la politique.

On peut le comprendre et travailler à l’émergence d’une démocratie d’interaction redonnant place aux citoyens dans un statut d’acteurs.

N’oublions ni la glaçante injonction de Périclès, il y a 2 500 ans : « Nous jugeons inutile l’homme qui se tient à l’écart de la vie publique », ni les encouragements de Raymond Aron confiant dans « la victoire finale des démocraties mais à une condition, c’est qu’elles le veuillent » avec le soutien de tous par-delà les divisions à travers lesquelles s’exprime notre commun.

2 réponses »

  1. Bonjour Thierry,Avez vous lu « La médiocratie » du philosophe canadien Alain Deneault ?C’est bien ce que l’on peut reprocher à ce gouvernement et au président de cette démocrature : incompétence au point de déléguer la gouvernance à un cabinet privé étranger, et les conflits d’intérêts non dissimulés.Le refus de débattre du bilan est un aveux de celà.Bien amicalementJean-Marc

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