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« AGIR », mot clé du discours d’installation du président ?

VOIR NOTRE PUBLICATION D’HIER :

Au matin du quinquennat – E.Macron : « Une France plus forte », L.Fabius : « Un certain malaise démocratique préoccupant » https://metahodos.fr/2022/05/07/38865/

Nous vous proposons deux articles de Challenges, en prolongement

1. ARTICLE

Investiture de Macron: Ça va secouer

Par Nicolas Domenach le 07.05.2022 Challenges

ÉDITO – Le « nouveau » Président ne s’est pas bercé d’illusions lors de son intronisation bis : ça sera d’autant plus dur qu’il ne peut pas…se représenter!

Ce n’est pas la douce musique de chambre de l’orchestre de la garde républicaine à l’accueil des invités que l’on retiendra de ce samedi 7 mai du Sacre rien moins que sucré, mais cette exclamation présidentielle plus forte encore que les classiques 11 coups de canon : « ça va secouer » ! L’écho de ce propos lâché au débotté, sa déflagration n’était pas dissipé par le chant des courtisans, les félicitations sincères des compagnons de route ou les embrassades émouvantes avec les parents de Samuel Paty .

Mais dans cette journée d’intronisation empreinte plus de gravité que de liesse raisonnait cet avertissement à lui-même adressé comme au « beautiful people » qui se pressait : l’avenir ne serait pas un déjeuner de gala.

Son propos solennel n’était d’ailleurs que mise en garde et injonction à agir. Emmanuel Macron en d’ailleurs fait une anaphore dont on pouvait sourire si l’on songeait au « Moi président » de François Hollande candidat face au président sortant Nicolas Sarkozy. Les deux d’ailleurs étaient dans la salle des fêtes,côte à côte, mais à des années glaciaires écoutant cette étrange adresse du « nouveau » chef d’Etat à lui-même : il promettait d’être différent et « d’agir ».

« Agir » pour « bâtir une nouvelle paix européenne ». « Agir « pour « le plein emploi et le juste partage de la valeur ajoutée ». « Agir » pour faire de la France une grande puissance écologique ». « Agir » pour « réduire les inégalités à la racine »… « Agir »… serait donc le mantra du second et dernier quinquennat à partir d’un présupposé : « le peuple français a fait le choix d’un projet clair ». Bigre !

La clarté a pourtant paru bien obscure au cours de cette campagne presidentielle faiblarde qui a surtout rassemblé autour de sa prestance démocratique européenne plus que derrière un dessein vigoureux qui emportât l’imaginaire. On l’espère encore ce projet roboratif. Se pourrait-il qu’il se dégage de l’action et pour commencer du nouveau gouvernement qui sera réinventé ? On ne peut que le souhaiter ardemment.

Mais pour mener à bien cette hyperactivité, Emmanuel Macron a (re)pris un engagement à priori salutaire, celui « de l’association de tous à une renaissance démocratique ! ». Là, vraiment, adieu Jupiter. Croix de bois, croix de fer…

Le chef de l’Etat réélu veut « inventer une nouvelle méthode loin des rites et chorégraphies usée ». On ne peut qu’applaudir tant la fatigue, la crise démocratique vient envenimer toutes les autres. Et l’on ne voit pas qu’on puisse réussir les réformes à venir, à commencer par celle des retraites si l’on n’y associe pas les forces vives, à commencer par les syndicats, et la CFDT en particulier tant méprisée lors du premier quinquennat.

Certains pourront craindre que ces belles intentions viennent un peu tard. Car comme Emmanuel Macron ne peut se représenter, une troisième fois les plus ambitieux déjà regardent ailleurs, où pourrait se lever le prochain soleil devant qui se prosterner. C’est donc moins des oppositions d’extrême-gauche et d’extrême-droite qu’il faudra se méfier, encore que leur radicalité conjuguée laisse présager une nouvelle dégradation du débat public.

Mais c’est bien de son camp que peuvent surgir rapidement les premières failles et défaillances qui viendraient aggraver les fractures d’un pays en souffrances. La force du président on le sait est notamment dans son extrême plasticité et sa rapidité d’initiative. Il va falloir qu’il se dépasse lui-même, qu’il se « réinvente », ainsi qu’il l’a promis, et démontre que sa volonté réformatrice n’est pas du cinéma. Même s’il lui faut répéter encore et encore : « Action » !

2. ARTICLE

Macron investi président pour un second mandat de cinq ans 

Par Challenges.fr le 07.05.2022 Challenges

Emmanuel Macron a appelé à « agir sans relâche » pour que la France devienne « une nation plus indépendante » au cours de son discours de la cérémonie d’investiture pour son second mandat samedi à l’Elysée.

Emmanuel Macron a appelé à « agir sans relâche » pour que la France devienne « une nation plus indépendante » et pour « construire nos réponses française et européenne aux défis de notre siècle », au cours de son discours de la cérémonie d’investiture pour son second mandat ce samedi 7 mai à l’Elysée.

Le huitième président de la Ve République, qui a remporté 58,5% des suffrages au second tour de l’élection présidentielle le 24 avril face à la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, a été reconduit samedi pour un second mandat, lors d’une cérémonie d’investiture formelle au palais de l’Elysée, en présence de 500 invités.

« Agir ne signifiera (…) pas administrer le pays, enchaîner des réformes comme on donnerait des solutions toutes faites à notre peuple », a déclaré le chef d’Etat dans un discours d’une dizaine de minutes.

« L’action en ces temps est jumelle du rassemblement, du respect, de la considération, de l’association de tous. C’est pourquoi il nous faut, tous ensemble, inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usées, par laquelle nous pourrons seule bâtir un nouveau contrat productif, social et écologique », a-t-il ajouté.

Il a dit souhaiter partager « les objectifs, les ambitions et les responsabilités au niveau national » et faire travailler « ensemble le gouvernement, l’administration, le Parlement, les partenaires sociaux, les associations », soit « l’ensemble des forces vives politiques, économiques, sociales et culturelles pour décider et faire ».

Emmanuel Macron a, par la suite, fait à la jeunesse « le serment de léguer une planète plus vivable et une France plus vivante et plus forte ».Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, ancien ténor du parti socialiste, avait énoncé juste avant le résultat de l’élection dans la salle des fêtes de l’Elysée.

Il en a profité pour rappeler que le premier mandat du président de la République avait été « percuté par une accumulation de crises et de bouleversements sur le plan sanitaire, sécuritaire, social, énergétique, financier », avec pour conséquence « un certain malaise démocratique ». »En ces temps troublés soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir », a-t-il ajouté, citant les mots de Victor Hugo.

Défis à venir Emmanuel Macron, dont le premier mandat a été marqué par la crise sociale des « Gilets jaunes », une pandémie et une guerre en Ukraine, devra oeuvrer dans une France plus divisée que jamais.A quelques semaines des élections législatives, alors que les partis d’extrême droite et d’extrême gauche ont bouleversé le paysage politique, il doit se réconcilier avec les corps intermédiaires qui lui reprochent son manque de compromis et les millions de Français qui le jugent hautain et arrogant.

L’ancien président François Hollande a insisté à l’issue de la cérémonie sur le fait que les « méthodes d’hier » ne pouvaient être reconduites aujourd’hui.null »Ce qu’on a constaté dans cette élection, c’est qu’il y avait davantage de citoyens qui, aujourd’hui, étaient dans le rejet plus que dans l’espérance. C’est cette espérance-là qu’il faut recréer », a-t-il dit.

En vertu du protocole républicain, le chef d’Etat a reçu des mains du grand chancelier de la Légion d’Honneur les insignes de Grand-Croix de la Légion d’Honneur et entendu les 21 coups de canon tirés depuis les Invalides.

Parmi les invités, on pouvait reconnaître les membres du gouvernement de Jean Castex, les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy, des membres des grandes institutions comme la Cour de cassation, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes ainsi que des représentants des autorités religieuses.

Etaient également présents des grands patrons comme Xavier Niel, fondateur du groupe Iliad, des acteurs comme François Cluzet et Guilllaume Gallienne ou encore les anciens Premiers ministres Edouard Philippe, Jean-Pierre Raffarin et Manuel Valls, ainsi que des membres de la famille du président et de son épouse Brigitte.Emmanuel Macron se rendra au Parlement de Strasbourg lundi, journée de l’Europe, alors que la France assure jusqu’au 1er juillet la présidence du Conseil européen.

Il se rendra ensuite à Berlin pour un entretien et un dîner avec le chancelier allemand Olaf Scholz, ce qui constituera son premier déplacement à l’étranger de président investi.

L’actuel mandat du chef de l’État, qui n’a pas encore changé de Premier ministre, expire le 13 mai au soir.

1 réponse »

  1. Président @Macron, pour une réelle renaissance démocratique, voici une préconisation de Goethe à mettre en pratique : « Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être, et vous les aiderez à devenir ce qu’ils peuvent être. »
    Cette citation devrait d’ailleurs figurer au fronton de toutes les institutions, ainsi que de toutes les entreprises…

    “Wenn wir die Menschen nur nehmen, wie sie sind, so machen wir sie schlechter ; wenn wir sie behandeln, als wären sie, was sie sein sollten, so bringen wir sie, dahin, wohin sie zu bringen sind.” @J.W. Goethe
    @Anne BRUNET

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