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LA DEMOCRATIE, « UN ENJEU DE LUTTE » ? Trois Points de vue

1. Pour une véritable démocratie, introduction

ENO-80 Mediapart

« La dictature parfaite aurait les apparences de la démocratie, une prison sans mur dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l’amour de leur servitude. »
Aldous Huxley

La démocratie est censée donner le pouvoir au peuple, or elle apparaît aujourd’hui le plus souvent sous une forme dite représentative, dans ce cas le pouvoir est confié à des représentants élus. Or il semble que le principe de l’élection connaît aujourd’hui des difficultés, l’abstention est le premier « parti » dans de nombreux pays de d’Europe et du monde. Cela traduit-il un désintérêt pour la politique? Ou une mutation dans la conception et l’exercice de la citoyenneté ? Cet outil de l’élection qu’on associe aujourd’hui volontiers à la démocratie n’est-il pas en réalité le résultat d’un réflexe aristocratique ? Ne remplaçons nous pas une aristocratie héréditaire par une aristocratie élective qui tire non plus sa légitimité de dieu ou de la naissance mais de l’élection et donc du peuple lui même ?

Historiquement le peuple a longtemps été et est encore aujourd’hui largement considéré comme incompétent et inapte à l’autonomie, il serait une masse irrationnelle, égoïste, facilement manipulable, voir violente. Il fait peur aux élites dirigeantes comme à lui-même. Cette nouvelle aristocratie élu ne tente-elle pas de maintenir le peuple a distance du politiques, à dépolitiser le citoyen, a subtiliser le débat ? La délibération démocratique ne dépend pas t’elle pas de l’existence d’un État de droit, puisqu’à l’inverse dans une dictature les citoyens n’en ont pas la possibilité ? Mais dans le même temps, la pratique démocratique de la discussion publique ne tend t-elle pas à contredire l’État voir à le remettre en cause ? Est-ce que le peuple a la capacité politique de se gouverner seul, ou a-t-il besoin d’être gouverné par une élite pour que triomphe le bien commun ? Y aurait-il une bonne et une mauvaise façon d’être démocrate ? Une bonne et une mauvaise façon d’être « près » du peuple ?

Une présomption d’incompétence qui est par ailleurs combattue par nombre de mouvements sociaux, tel que le mouvement altermondialiste, les rassemblements des places, les mouvements de désobéissance civile, l’hacktivisme, les luttes écologiques tel que les zones à défendre… L’inachèvement démocratique est d’autant plus vivement ressenti que les formes d’engagement des citoyens se sont élargies et développées. En effet il semble aujourd’hui qu’on observe dans une partie de la population un regain d’intérêt envers le politique et les systèmes de démocratie « participative » « délibérative » ou « directe ». Ne faisons nous pas face à une situation potentiellement explosif, où parallèlement l’intérêt pour la politique s’accroît alors que la confiance dans le monde politique diminue. N’observe t-on pas aujourd’hui une unification d’un espace public grâce à la modernité ? Le niveau d’instruction n’a jamais était aussi élevé dans l’ensemble du monde, serions nous parvenu à l’idéal d’Habermas. N’avons nous pas atteint le public rêvé par les Lumières ? Ou alors observons nous le déclin des institutions publiques dans le cadre desquelles les citoyens se rencontrent en égaux et la détérioration du débat public ?

Si l’on juge que le projet d’une plus grande participation des citoyens à la « chose » publique vaut la peine d’être poursuivi, il faut s’interroger sur la façon de réhabiliter le politique comme capacité de délibération collective et sur la manière la plus efficace de concrétiser un tel idéal. La démocratie délibérative suppose de permettre et d’organiser le débat public, garantissant à chacun un pourvoir égal de prendre la parole sans que ne viennent s’exercer de contraintes internes ou externes (comme l’État) susceptibles d’y porter atteinte. Et est ce tout simplement réalisable, puisque la délibération suppose l’égale capacité de chacun a prendre la parole et à en faire usage ? Que se passe-t-il lorsque les groupes sociaux écartés de la délibération publique entrent en action et prennent la parole en dehors de l’espace politique reconnu ? Quel sont les risques pour les minorités (femmes, noires, classes populaires …), pour lesquelles il faut garder à l’esprit les rapports de domination a l’œuvre dans la société et dont l’agora n’est pas exempté ? Ne pourrait-on pas par ailleurs imaginer que ces nouvelles formes de participation puissent être utilisées comme des outils visant à canaliser le mécontentements populaires ou à l’assimiler dans une forme institutionnalisée?

2. Définition de la démocratie, un enjeu de lutte

BILLET DE BLOG 23 FÉVR. 2022 Le Club Mediapart

Définition de la démocratie, un enjeu de lutte

De quoi parle-ton lorsqu’on utilise le mot démocratie ? Le terme démocratie signifie étymologiquement pouvoir du peupledemôs, le peuple et cratos, le pouvoir. Il existe deux sens au terme « démocratie ».

(1) La « démocratie » peut être tantôt employée pour qualifier une forme d’organisation politique définit selon la formule d’Abraham Lincoln, comme le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Elle est fondée sur le principe d’égalité entre les citoyens, sans qu’il y ait de distinctions entre eux dues à la naissance, la richesse, ou la compétence… En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s’exerçant par l’intermédiaire de représentants désignés lors d’élections au suffrage universel. Elle nécessite plusieurs caractéristiques : la liberté des individus, la règne de la majorité, la séparation des pouvoirs législatif exécutif et judiciaire, la pluralité politique.

(2) On peut aussi la désigner comme un processus permanent. Ici la démocratie n’est plus considérée comme une forme de gouvernement, mais comme une manière de vivre. La démocratie est un régime de la volonté générale, ce qui se construit dans le temps. C’est le fait d’élaborer un projet, une histoire collective et pas simplement de dire oui ou non, ou de choisir une personne. La démocratie n’est pas simplement un régime de la décision instantanée, mais elle est l’expression d’une volonté dans l’histoire. Pour Rancière, la démocratie ne doit donc être comprise ni comme une forme de gouvernement, ni comme une forme de société, mais comme un processus, une lutte.

Pour Philippe Corcuff, la démocratie n’est pas une « donnée naturelle » des sociétés humaines, elle n’est pas non plus « un mouvement inéluctable », mais elle apparaît bien plus comme : « une construction historique fragile, partielle, lacunaire, toujours inaboutie, toujours à recommencer et à améliorer, dans un écart nécessaire entre un idéal et des réalisations toujours limitées et déformées ».

Par ailleurs, il n’existe pas une seul forme de « démocratie » mais plusieurs, en témoigne ces différentes incarnations et apparences dans le monde. En effet les « démocraties » ont élaborées des systèmes politiques extrêmement divers. L’agencement des pouvoirs et les manières d’organiser la représentation sont, dans chaque pays, spécifique. Il peut s’agir de variantes dans les modes de scrutin, ou dans les rôles et la place accordées a chaque institutions. Il en va de même pour la définition de la citoyenneté qui est le produit de conflits et de compromis entre des conceptions diverses, entre des groupes sociaux opposés, selon les rapports de forces qui s’établissaient entre eux. Ainsi les formes sont variables d’un pays à l’autre. Et c’est en tant que produit de l’histoire propre à chaque pays que les conceptions que ce soit de la démocratie ou de la citoyenneté ont évoluées au cours du temps et continuent de le faire en même temps que changent les institutions.

Il existe de grandes variantes conceptuelles de la démocratie :

  • La démocratie « représentative ». Ici la souveraineté s’exerce directement ou par l’intermédiaire de représentants élus. On parle alors d’avantage de République, cela ne suffit pas à en faire un État démocratique
  • La démocratie « participative », désigne l’ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent d’augmenter l’implication des citoyens dans la vie politique et d’accroître leur rôle dans les prises de décisions. C’est un système mixte dans lequel le peuple délègue son pouvoir à des représentants qui proposent et votent des lois, mais conserve cependant le pouvoir de se saisir lui-même de certaines questions.
  • La démocratie délibérative. L’idée principale de la démocratie délibérative, est inspirée par les théories de John Rawls et de Jürgen Habermas. Celle-ci à la différence de la démocratie participative, met l’accent sur l’exigence de débats argumentés, et l’organisation de la délibération publique entre citoyens égaux.
  • La démocratie « directe », correspond a un « système » politique dans lequel le peuple exerce directement le pouvoir sans intermédiaires. Exemple d’institutions ou de mécanismes qui relèvent de la démocratie directe ou semi directe : le référendum, l’assemblée citoyenne, les initiatives populaires, les pétitions …

Pour la démocratie (directe), on peut ici aussi parler d’anarchisme, en effet l’anarchie a deux significations soit elle signifie l’absence de toute forme de gouvernement (le chaos) ou a lors l’absence de toute forme de chefferie et de domination. Pour David Graeber : « anarchisme et démocratie sont ou devraient être des notions prou ou peu identiques. ». La différence résiderait dans le fait qu’en démocratie la délibération aboutit a un vote majoritaire (le gouvernement de la majorité sur la minorité) alors que l’anarchie privilégie la recherche du consensus (le gouvernement de tous par tous), évitant par principe toute forme de domination, ici celle de la majorité sur la minorité garantissant du même coup l’égalité et la liberté de toutes et tous.

Pour Francis Dupuis-Déri nous sommes victimes d’un abus du mot démocratie, ce terme évoque aujourd’hui tout et son contraire. Cette confusion quant au sens du mot « démocratie » est le résultat de véritables luttes politiques, une manière habile de légitimer le régime électorale dit représentatif en jouant sur les mots. Or « notre système (les « démocraties » occidentales) ne peut s’appeler démocratique et le qualifier ainsi est grave, car ceci empêche la réalisation de la vraie démocratie tout en lui volant son nom.» En réalité les pères fondateur n’ont jamais prétendue fonder une démocratie bien au contraire ils y était opposé et ne souhaitais pas que le peuple puisse se gouverner seul. Si par la suite tous les politiques se revendiquent comme étant démocrate c’est purement par marketing électorale. Pour David Graerber : « La plupart des hommes politiques ne faisaient en définitive que substituer un terme a un autre, « démocratie » au lieu de « république », sans changer la signification »

Or la démocratie (représentative) semble universellement considérée comme une idée politique sacrée, qui tend à devenir le système politique dominant dans le monde (un produit que l’on cherche a exporter partout sur le globe), a tel point que le simple fait de la questionner est presque devenu un tabou. Il semble aujourd’hui impossible de penser hors du doublon démocratie-dictature. Ainsi le dépérissement de la « démocratie » serait synonyme de l’avènement des ses opposés, c’est à dire le fascisme ou à la dictature.

L’école (avec l’élection des présidents de classe, l’éducation civique), les médias et le discours du pouvoir en général, présentent l’actuel régime démocratique comme le meilleur, la plus haute échelle du progrès humain (la fin de l’histoire), tout ce qui peut succéder à la « démocratie » sera nécessairement pire. Très vite, le citoyen est amené à penser que la démocratie est la condition première et nécessaire à la liberté. Pourtant la « démocratie » se fissure partout et semble néanmoins toujours prêt à imploser sous ses contradictions. Les démocraties savent être aussi racistes, nationalistes, impérialistes et militaristes que les dictature. Ce qui distingue peut être les « démocraties » des autres systèmes, c’est qu’elles oppriment et aliènent en obtenant le consentement des citoyens. Ce qui lui permet de se présenter comme résultant de la volonté collective et la rend d’autant plus insidieuses et efficaces.Recommandé (1)

3. Mythe de l’Europe berceau de la démocratie

ENO-80 CLUB MEDIAPART

En réalité, la démocratie représentative occidentale n’a pas grand-chose a voir avec la démocratie Athénienne, d’autre part les grecs n’ont pas inventés la démocratie. En effet aujourd’hui le mythe selon lequel la démocratie est naît à Athènes est de plus en plus remis en question. Si certains ont prétendue (comme Samuel Huntington) et prétendent encore que les valeurs démocratiques sont spécifiquement « occidentales » et qu’elle n’a pas pu voir le jour ailleurs. Pour Francis Dupuis-Déris, les élites du vieux continent étaient plus prompt a éprouver du mépris voir de la haine pour toute forme de pratique vraiment démocratique. Et en réalité « bien des peuples d’Afrique et des nations autochtones d’Amérique, entre autre prenaient leurs décision collectives en assemblée, préférant palabrer jusqu’à l’atteinte d’un consensus plutôt que de forcer la décision par un vote majoritaire ». D’autres historiens comme Marcus Rediker font également référence aux pratiques démocratiques des pirates.

Du point de vue de l’anthropologue David Graeber, Athènes est une version plutôt dégradée (militaire et brutale) de la démocratie, des procédures et pratiques bien plus démocratique que celles exercées à Athènes ont excitées un peu partout dans le monde. De plus le modèle athénien n’est pas le résultat de la pure tradition occidentale mais a été fortement influencé par l’Égypte, l’Iran et l’Inde Enfin selon lui la prise de décision de manière collective et égalitaire n’est spécifique à aucune « civilisation », culture ou tradition, la démocratie n’a pas été inventée, pour lui toutes les sociétés dites « traditionnelle » on tendance spontanément a s’organiser sur un « mode » démocratique. Cela résulterait du fait que les société « traditionnelle », sans « État », donc sans « institutions coercitives » trouvent d’avantage d’intérêt à la prise de décision collective, à la recherche du consensus autour des décisions. « Négocier plutôt que voter, chercher un consensus plutôt qu’une majorité. » Pour lui une démocratie ne peut advenir qu’en dehors des structures de domination systémiques.

Pour Clastres, il faut remettre en cause notre manière occidentale de regarder les sociétés dites « primitives » comme des société inachevées, car sans État, comme si l’État était le signe d’un niveau supérieur de développement d’une civilisation. L’État n’est pas une condition indispensable à la vie en société. De plus selon lui, ces sociétés disposent de réelles formes d’organisations politiques choisies. Si il n’y existe pas de pouvoir coercitif c’est par volontés politique de ces membres. L’exemple du chef Guayaki qu’il a étudié, ne peut ni punir, ni emprisonner, et si il peut prendre des décisions il ne peut les imposer par la force. Il ne dispose que d’un certain prestige et d’une autorité de parole (même s’il ne fait pas la loi), son devoir c’est d’assurer la paix au sein du groupe, « plus qu’un juge qui sanctionne, il est un arbitre qui cherche à réconcilier ». L’absence de coercition ne signifie pas pour autant ici l’absence de pouvoir politique. Ce pouvoir est bien détenu mais il est le fait de la société tout entière, et de toute façon, le pouvoir du chef dépend du bon vouloir du groupe. De plus dans ces sociétés demeurant sans État il n’y pas d’inégalité puisqu’il n’existe aucune structure qui permette d’ introduire une différence. Elles sont aussi généralement dotées de mécanismes pouvant contrer l’ambition personnelle, et inhiber le désir de posséder d’avantage que ce que les besoins de chacun exige, d’autant que les échanges des biens et services ne permet pas l’accumulation en capital. Ainsi selon lui : « les sociétés sans État sont certes des sociétés d’abondance, mais elles ne comprennent de désir de surabondance ». Or le risque est qu’a son tour le désir de possession, mute en désir de pouvoir et que « pouvoir politique » et « pouvoir économique » se renforcent mutuellement.

L’histoire de la démocratie (directe) serait donc très ancienne, de plus des expériences démocratiques auraient existé même sous la domination de roi, d’empereur ou d’une aristocratie. Ainsi par exemple en chine impériale ont été organisé des conseils ou des clubs auquel participé la population. De même qu’en Afrique ou en Inde ou des assemblés délibératives se sont tenu dans les villages. Francis Dupuis-Déri fait aussi référence à l’organisation d’assemblées non-mixtes par les femmes iroquoises à l’arrivée de la colonisation Française ou par les femmes Igbos. En réalité, bien des sociétés « primitives », avaient des pratiques bien plus démocratiques (que se soit pour les prises de décision ou la gestion des conflits) que les puissances colonisatrices européennes y associant même parfois les femmes et les enfants. Or les puissances coloniales, ne voyaient généralement pas d’un bonne œil cette auto-gouvernance et cherchaient à la faire disparaître, ainsi avec la colonisation, beaucoup de ces pratiques délibératives ont disparu parfois définitivement. Ces pratiques démocratiques ont aussi existé en Europe au moyenne age, et cela pendant des siècles, le rois contrairement a ce que l’on peut penser ne s’occupait pas du tout des affaires du peuple, celui-ci s’organisait librement la aussi à l’échelle locale, dans chaque village, grâce aux assemblés d’habitants.

Par la suite c’est le parachutage de représentants (préfets, ect.) de l’autorité du roi dans les villages et la convocation des nobles en assemblés ( qui est en quelque sorte l’ancêtre éloigné de nôtre parlement actuel) afin de lever les impôts, qui a donné naissance à la démocratie représentative qu’on connaît aujourd’hui. C’est ce qui explique selon Francis Dupuis-Déris que des Républiques « démocratiques » se soient développées un peu partout en Europe y compris dans des pays qui n’ont pourtant pas connu ni de guerre d’indépendance ni de révolutions républicaines. Pour lui : « le parlementarisme n’a rien à voire avec la « démocratie » d’Athènes, et la révolution française n’est pas à l’origine de la diffusion planétaire de l’idéale « démocratique », malgré ce qu’en pense bien des françaises et français. »

Pour Francis Dupuis-déri « les Républicains on finalement stabilisé leur pouvoir, qu’ils avaient pris au rois pour imposer leur domination sur le peuple ». Alors que la Révolution fut une période durant laquelle de nombreuses assemblées, clubs, sociétés populaires ce sont organisées et pas seulement à Paris, elles ont par la suite été interdites car perçu par le nouveau pouvoir comme le fait de comploteurs, de « fédéralistes » qui menaceraient la République « une et indivisible » de fragmentation en multiples factions ingouvernables. Un rejet du fédéralisme qui témoigne par ailleurs, de la volonté d’un pouvoir fort et central et du refus de l’autodétermination a l’échelle locale des régions ( le régionalisme), ou des pays colonisés, (revendication d’indépendance), c’est aussi a ce titre qu’on a réprimé la pratique des langues régionales mais aussi de certaines croyances, religions …

Et si aujourd’hui on maintient le mythe selon lequel le modèle athénien est été remis au goût du jour après la Révolution Française, en réalité c’est Rome qui fut le modèle. De plus ceux que l’on nomme les « pères fondateurs de la démocratie » en plus d’être véritablement anti-démocrate (il mépriser la démocratie directe) ils étaient misogyne, aussi le vote a d’abord était censitaire (seul les plus riches pouvaient voter) et réservé aux hommes uniquement.

Si l’on a tendance a présenter l’occident et les démocraties (élective) Européens comme un modèle à suivre qu’il faudrait reproduire partout dans le monde, d’une part celle-ci est basées sur un mensonge et une confiscation du pouvoir du peuple, de plus, elle a était et est trop souvent imposée. On mène des guerres en son nom qui compte de nombreuses victimes civiles, pourtant on nie ou on refuse a ses peuples la capacité de s’autodéterminer. « Les grandes agences internationales exigent que les États organisent des élections pour pouvoir recevoir de l’aide internationale. » Si l’on connaît l’ingérence des grandes puissances occidentales dans de nombreux pays, le modèle politique, démocratie (élective), ou dictature importe peu quand il s’agit de conclure des accords économiques ou de signer des contrats, le principal c’est d’avoir des interlocuteurs.

Enfin il faudrait sans doute arrêter de présenter les démocraties occidentales comme en avance, dotées de valeurs supérieurs et d’avantage respectueuses des droits des citoyens. On oublie assez volontiers que, en ce qui concerne le droit de vote des femmes, les grandes démocratie occidentales sont bien a la traîne, l’Albanie l’a établie en 1920, l’équateur en 1929, le Sri Lanka en 1931, l’Uruguay, le Brésil et Thaïlande en 1932, Cuba, la Turquie en 1934, la Birmanie en 1935 la Bolivie en 1938, alors qu’en France c’est seulement depuis 1944 que les femmes ont le droit de vote. En effet suite à la Révolution Française les droits des femmes dont celui de participer au élections ont été volontairement oubliés et cela même si elles étaient présentes dans les rangs des révolutionnaires. De plus certains peuples, avant la colonisation incluaient les femmes et parfois même les enfants dans les processus de décision (c’est le cas des Somalis notamment). Francis Dupuis-Déri écrit même a ce propos, que c’est les colonisateurs britanniques qui vont volontairement exclure les femmes des rencontres avec les cherokees.

1 réponse »

  1. Le peuple, malgré sa transformation en panel de consommateurs, réalise qu’il est manipulé. Certaines personnes confondent encore jouissance et liberté mais tous comprennent la manipulation néolibérale dont ils font l’objet. Alors ils contestent, voire se soulèvent. C’est l’ère des soulèvements dont parle Michel Maffesoli. La voilà ici juste devant nous…Le peuple ne réclame même plus la démocratie, il s’écarte du système, désobéit et agit à côté. C’est ça, ce désenchantement actif, qui fait la dépolitisation populaire cristallisée dans le « Tous pourrit ! » qui déserte les formes officielles de ladite démocratie. Ce n’est même plus la démocratie de la rue laissée aux résistants des « idéologies gauchères », mais plutôt la « démocratie du champ d’à côté ». Le monde se reconstruit au local, ici et maintenant, dans des communautés restreintes de territoires agissantes. Ce que j’ai nommé les « alternants culturels ».A suivre…Bien amicalementJean-Marc Sauret

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