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Au matin du quinquennat – E.Macron : « Une France plus forte », L.Fabius : « Un certain malaise démocratique préoccupant »

« …un Président nouveau un mandat nouveau » « …renaissance démocratique » E.Macron

Extraits du discours du président :

« …Oui, le peuple français n’a pas prolongé le mandat qui s’achève, commencé le 14 mai 2017. Ce peuple nouveau, différent d’il y a 5 ans, a confié à un Président nouveau un mandat nouveau. Le temps qui s’ouvre sera celui d’une action résolue pour la France et pour l’Europe. »

« …le respect de la loi comme clef de voûte du contrat social.

« …la renaissance démocratique dont notre pays a besoin. Elle sera bien entendu aussi institutionnelle et politique, mais elle doit être en acte et dans la pratique de chaque jour et chacun aura sa part de responsabilité.

« …renforcement concret de notre démocratie.” « …un certain malaise démocratique préoccupant » L.Fabius

Il a notamment appelé le président à « relever les nombreux et difficiles défis sous le contrôle du Parlement »

Il a cité Victor Hugo : « en ces temps troublés, soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir ».

Et Chateaubriand : « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps »

NOTRE DOSSIER :

1. Article – Extraits La Dépêche / Investiture présidentielle : Emmanuel Macron promet « une France plus forte » et « une planète plus vivable »

2. Laurent Fabius appelle le chef de l’État à« relever les nombreux et difficiles défis sous le contrôle du Parlement ».

3. Émission TF1 – Extraits « Soyons les serviteurs du droit », Laurent Fabius

4. DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE LORS DE LA CÉRÉMONIE D’INVESTITURE.

5. Allocution de M. Laurent Fabius

1. Article – Extraits Investiture présidentielle : Emmanuel Macron promet « une France plus forte » et « une planète plus vivable »

Publié le 07/05/2022 LA DÉPÊCHE

Emmanuel Macron a fait « le serment » de « léguer une planète plus vivable » et « une France plus forte » en étant investi, samedi 7 mai, à l’Elysée pour son second quinquennat au cours duquel il entend « agir sans relâche ».

Devant plus de 450 invités rassemblés dans la salle des fêtes, Emmanuel Macron, lors de sa cérémonie d’investiture samedi 7 mai, a esquissé l’esprit dans laquelle il entendait présider jusqu’en 2027. Il sera « un président nouveau » pour « un mandat nouveau », a-t-il affirmé au cours d’une allocution d’une dizaine de minutes.

« À l’heure où les Français me confient à nouveau la plus haute charge, la conscience de la gravité des temps m’accompagne. Et du retour de la guerre en Europe à la pandémie en passant par l’urgence écologique (…) rarement notre monde et notre pays n’avaient été confrontés à une telle conjonction de défi », a-t-il déclaré.

Revenant sur sa victoire avec 58,5% des suffrages face à Marine Le Pen, il a estimé que les Français avaient fait « le choix d’un projet clair » face « aux sirènes d’idéologies dont nous pensions avoir quitté les rives » au XXe siècle et aux « démagogies faciles ».

« Le temps qui s’ouvre sera celui d’une action résolue pour la France et pour l’Europe », a-t-il promis. « Agir d’abord pour éviter toute escalade suite à l’agression russe en Ukraine, aider la démocratie et le courage à l’emporter, bâtir une nouvelle paix européenne et une nouvelle autonomie sur notre continent ».

Il s’est également engagé à « agir pour une société du plein-emploi », contre les « inégalités en refondant notre école et notre santé », contre « les insécurités du quotidien, du terrorisme qui rôde toujours ».

…/…

2. Laurent Fabius appelle le chef de l’État à« relever les nombreux et difficiles défis sous le contrôle du Parlement ».

« Un certain malaise démocratique« : les mots de Fabius à Emmanuel Macron, indique LeHuffPost.

Lors de la cérémonie d’investiture d’Emmanuel Macron, Laurent Fabius, le président du Conseil Constitutionnel a rappelé les droits et les devoirs du président de la République.

Rappelons nous les interventions du Président du Conseil Constitutionnel semblant sortir du devoir de neutralité ( sur le sort du PS ou encore sur les propositions de certains candidats relatifs aux institutions).

Aujourd’hui, il avertit et évoque trois défis qui s’offrent au chef de l’État pour son second mandat:

– “Celui de la paix et de la guerre, criminellement réintroduite sur notre continent 77 ans après le 8 mai.

– Celui de la lutte, urgentissime, contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité.

– Celui, enfin, du renforcement concret de notre démocratie.

3. Émission – Extraits « Soyons les serviteurs du droit », Laurent Fabius

TF1

La proclamation des résultats est une étape incontournable du protocole de la cérémonie d’investiture, dont elle fait office d’ouverture. Après la proclamation des résultats, Laurent Fabius a également livré quelques préconisations à l’adresse du président réélu : « Le temps de votre premier mandat a été percuté par une accumulation de crises et de bouleversements », a-t-il constaté, avant d’appeler le chef de l’État reconduit à« relever les nombreux et difficiles défis sous le contrôle du Parlement ».

Il a aussi rappelé les mots par lesquels il avait accueilli Emmanuel Macron à l’Élysée lors de sa précédente cérémonie d’investiture, en 2017, lorsqu’il avait cité l’écrivain Châteaubriant : « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps », a-t-il à nouveau déclaré. Avant d’ajouter pour ce nouveau quinquennat une citation de Victor Hugo, cette fois : « À l’orée de votre second mandat, en ces temps troublés, ‘soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir' », a-t-il appelé.

…/…


4. DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE LORS DE LA CÉRÉMONIE D’INVESTITURE.

7 MAI 2022 –

Mesdames et Messieurs,

A l’heure où les Français me confient à nouveau la plus haute charge, la conscience de la gravité des temps m’accompagne. Du retour de la guerre en Europe à la pandémie, en passant par l’urgence écologique et tant de crises que vous venez, Monsieur le président, à l’instant d’évoquer, rarement, notre monde et notre pays n’avaient été confrontés à une telle conjonction de défis.

Là où de nombreux peuples ont décidé le repli, cédé parfois à la tentation nationaliste, à la nostalgie du passé, aux sirènes d’idéologies dont nous pensions avoir quitté les rives au siècle précédent, le peuple français a fait le choix d’un projet clair et explicite d’avenir. Un projet républicain et européen, un projet d’indépendance dans un monde déstabilisé, un projet de progrès scientifique, social et écologique, un projet fidèle à l’esprit qui, depuis les Lumières, n’a cessé de souffler sur nos terres, tournant le dos aux démagogies faciles. Ce choix s’inscrit dans l’histoire de notre République et la présence ici de mes deux prédécesseurs, que je remercie pour cela, en témoigne. Ce choix souverain m’oblige, car c’est bien le peuple français, celui qui désigne ses représentants et en particulier le Président de la République qui m’investit de ce mandat en ce jour.

Oui, le peuple français n’a pas prolongé le mandat qui s’achève, commencé le 14 mai 2017. Ce peuple nouveau, différent d’il y a 5 ans, a confié à un Président nouveau un mandat nouveau. Le temps qui s’ouvre sera celui d’une action résolue pour la France et pour l’Europe.

Agir d’abord pour éviter toute escalade suite à l’agression russe en Ukraine, aider la démocratie et le courage à l’emporter, bâtir une nouvelle paix européenne et une nouvelle autonomie sur notre continent.

Agir pour faire de notre pays une puissance agricole, industrielle, scientifique et créative plus forte en simplifiant nos règles et en investissant pour cette France de 2030.

Agir pour bâtir une société du plein emploi et d’un juste partage de la valeur ajoutée car la France a besoin de continuer de produire et d’innover davantage.

Agir pour faire de notre pays la grande puissance écologique qu’il a à être par une transformation radicale de nos moyens de produire, de nous déplacer, de vivre en métropole comme dans nos Outre- mer.

Agir pour continuer de nous attaquer aux inégalités à la racine en refondant notre école et notre santé. Une école toujours plus inclusive, formant aux savoirs fondamentaux et forgeant des esprits républicains. Une école ouvrant à la culture et aux sports, nous qui aurons à accueillir les Jeux Olympiques en 2024. Une santé accessible partout sur le territoire en formant, en améliorant les conditions de travail et en prévenant mieux les maladies.

Agir pour continuer de construire des progrès pour chacun et œuvrer à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Agir pour continuer de protéger nos compatriotes par une armée forte, engagée, sur tous les continents, et en luttant contre les insécurités du quotidien, du terrorisme qui rôde toujours et des
nouvelles menaces comme le cyber.

Agir enfin pour réunir, rassembler nos territoires, des ruralités aux quartiers populaires, des métropoles à nos Outre-mer.
Oui, agir sans relâche avec un cap, celui d’être une Nation plus indépendante, de vivre mieux et de construire nos réponses françaises et européennes aux défis de notre siècle. Cette action, nous le savons tous, s’inscrit à un moment de la vie de notre Nation où les peurs sont là, nombreuses, autant que les fractures.

Agir ne signifiera donc pas d’administrer le pays, enchaîner des réformes comme on donnerait des solutions toutes faites à notre peuple. L’action, en ces temps, est jumelle du rassemblement, du respect, de la considération, de l’Association de tous.

C’est pourquoi il nous faut tous ensemble inventer une méthode nouvelle, loin des rites et chorégraphies usées par laquelle nous pourrons seul bâtir un nouveau contrat productif, social et écologique. Car rassembler et pacifier ne saurait signifier accepter de ne plus rien faire ou oublier nos responsabilités.

En partageant les objectifs, les ambitions, les responsabilités au niveau national, en faisant travailler ensemble le Gouvernement, son administration, le Parlement, les partenaires sociaux, les associations et en associant partout à travers le pays l’ensemble des forces vives politiques, économiques, sociales et culturelles pour décider et faire, en planifiant, en réformant, en associant, je suis sûr que notre pays peut en même temps décider de grandes ambitions nationales et libérer la créativité et les initiatives partout dans le pays. Surtout, ce sera là le fondement de la renaissance démocratique dont notre pays a besoin. Elle sera bien entendu aussi institutionnelle et politique, mais elle doit être en acte et dans la pratique de chaque jour et chacun aura sa part de responsabilité.

Mesdames et Messieurs, notre passé en est l’ardent témoignage. C’est dans les temps les plus difficiles que la France révèle le meilleur d’elle-même. C’est lorsque se lève le vent du tragique que nous, Français, trouvons la force de nous hisser au-delà de nous-mêmes pour écrire l’histoire à l’encre de l’universel. Nous en sommes là, à ce moment où le siècle bascule et où, dans le grand dérèglement planétaire, nous avons ensemble à tracer un chemin et à montrer une voie. Ma conviction est faite. Ayons le courage de regarder le réel en face pour mieux concrétiser notre idéal plutôt que de nous laisser aller à d’illusoires chimères.

Soyons fidèles aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité qui nous font depuis 1789 et que nous avons collectivement choisi le 24 avril.

Chérissons en bloc cette histoire millénaire qui nous lie les uns aux autres, cette culture à part, cette langue dont l’abbé Grégoire disait qu’elle est l’idiome de l’universel.

Continuons d’aimer la République et tout ce qu’elle en porte. La prééminence de la volonté générale sur les intérêts particuliers, la reconnaissance du verdict des urnes, le respect de la loi comme clef de voûte du contrat social.

Aimons notre patrie, comme ce trésor de géographie et de paysages où depuis le plateau de Gergovie jusqu’aux confins des Marquises, depuis les Pyrénées de mon enfance jusqu’à mes plaines picardes, on sent battre le cœur de ce vieux peuple enraciné qui a offert au monde les rêves les plus fous : l’humanisme, les lumières, les droits de l’homme.

Alors oui, la France n’aura pas fini d’inspirer le monde. De la confiance accordée par le peuple français, je me sais redevable. Cette confiance toujours fragile, chaque matin remise en cause, est le socle de notre régime de liberté.
Chaque jour du mandat qui s’ouvre, je n’aurai qu’une boussole : servir.

Servir notre pays, miracle de la volonté et de la liberté des hommes. Servir nos concitoyens dont le sens du devoir et l’amour de la patrie sont nos plus sûrs atouts. Servir nos enfants et notre jeunesse vers lesquels mes pensées vont en cet instant et à qui je fais le serment de léguer une planète plus vivable et une France plus vivante et plus forte.


Vive la République et vive la France !

5. Allocution de M. Laurent Fabius

Monsieur le Président de la République,

Dimanche 24 avril 2022, vous avez recueilli lors du second tour de l’élection présidentielle 18.768.639 voix, soit la majorité absolue des suffrages exprimés. En application des articles 7 et 58 de la Constitution, le Conseil constitutionnel vous a déclaré élu Président de la République pour un second mandat qui débutera le 14 mai à 0 heure. Je vous renouvelle nos chaleureuses félicitations.

Monsieur le Président, il y a 5 ans, lors de votre première investiture dans cette même salle, j’avais évoqué les mots de Chateaubriand : « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps ». Or le temps du quinquennat qui s’achève a été percuté par une accumulation singulière de crises et de bouleversements, sur les plans sanitaire, sécuritaire, social, énergétique, financier, qui n’ont pas épuisé leurs conséquences, notamment sur un malaise démocratique préoccupant.

C’est pourquoi, je complèterai volontiers aujourd’hui les mots de Chateaubriand par ceux de Victore Hugo : « en ces temps troublés, soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir ».

Le droit, c’est d’abord respecter l’Etat de droit, ce patrimoine précieux de principes essentiels à nos démocraties, y compris si la Constitution elle-même devait être révisée. C’est en effet la condition première de la préservation de nos libertés.

Le devoir, c’est de contribuer, chacun à sa mesure, à relever les nombreux défis de notre nation indépendante : intérieurs, européens et internationaux. Particulièrement trois d’entre eux. Celui de la paix et de la guerre, criminellement réintroduite sur notre continent 77 ans après le 8 mai. Celui de la lutte, urgentissime, contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Celui, enfin, du renforcement concret de notre démocratie et de sa compagne, la justice sociale, en métropole et outre-mer. Trois défis qui ont en commun de conditionner notre vivre ensemble et la vie même des générations futures.

Monsieur le Président de la République, relever ces défis et tous les autres, sous votre autorité, sous la conduite du Gouvernement et le contrôle du Parlement, tel est le vœu ardent que je forme, pour votre mandat, pour les Français et pour la France.

4 réponses »

  1. Ma pensée n’est pas aseptisée et dénuée d’affect pour mon prochain… Au contraire j’aime participer à l’éveil des consciences endolories…

    Lors de son allocution, @Laurent Fabius a complété les mots de Chateaubriand par ceux de Victor HUGO.

    Et moi j’ajoute cette citation de @Ralph Waldo Emerson : « Rire souvent et sans restriction ; s’attirer le respect des gens intelligents, tirer profit des critiques de bonne foi ; voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ; Laisser derrière soi quelque chose de bon, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j’appelle réussir sa vie ». 🙌
    Président @MACRON, voilà une pensée d’une grande quintessence pour une «renaissance démocratique». 😉
    @Anne BRUNET

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    • Ma pensée n’est ni aseptisée ni dénuée d’affect pour mon prochain… Au contraire, j’aime participer à l’éveil des consciences endolories…

      Lors de son allocution, @Laurent Fabius a complété les mots de Chateaubriand par ceux de Victor Hugo.

      J’y ajoute cette citation de @Ralph Waldo Emerson : « Rire souvent et sans restriction ; s’attirer le respect des gens intelligents, tirer profit des critiques de bonne foi ; voir chez les autres ce qu’ils ont de meilleur ; laisser derrière soi quelque chose de bon, un coin de jardin ou une société en progrès ; savoir qu’un être au moins respire mieux parce que vous êtes passé en ce monde ; voilà ce que j’appelle réussir sa vie. » 🙌
      Président @Macron, voilà une pensée d’une grande quintessence pour une « renaissance démocratique ». 😉
      @Anne BRUNET

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  2. Bonjour, Thierry,De bien grand mots, de jolies phrases et de belles citations dans un discours immatériel. Alors donnera-t-il de juger les affaires apparue lors de son précédent quinquennat ? Les armes et le coffre de Benala, Darmanin, Alexis Khoeler, Dupont-Moretti, etc. ou resterons-nous sur des non lieux et des passes droits ?Traiterons nous des biens non déclarés de Macron, voire dissimulés ? Faut-il refaire toute la liste pour que tous se souviennent de ce dont il tente l’oublie ?…Ce n’est pas une investiture. C’est encore une mascarade de séduction. Ce serait bien que le peuple, transformé en panel de consommation, redevienne le peuple souverain et le juge avant que l’histoire ne le fasse …Bien amicalementJean-Marc

    Envoyé depuis Yahoo Mail pour Android

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