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IMMIGRATION (1) D’ANNONCES EN HÉSITATIONS ET REPORTS – NOUVEAU RDV EN AUTOMNE – MISE À JOUR

Parcours chaotique pour le controversé projet de loi immigration en 15 Étapes

10 DÉCEMBRE 2018 / ANNONCE PRÉSIDENTIELLE

Le 10 décembre 2018, E MACRON intervient solennellement à la télévision : « Je veux … que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter. »

OCTOBRE 2019 / LANCEMENT DU DÉBAT SUR LES QUOTAS

Le débat sur les quotas d’immigration professionnelle, antienne de la droite et épouvantail à gauche, est lancé en octobre 2019 par Édouard Philippe, alors Premier ministre .. sans suite

DÉBUT JUIN 2022 / ANNONCE DU PROJET DE LOI

Le projet de loi sur l’immigration intitulé « Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » est annoncé par Gérald Darmanin au début du second quinquennat d’Emmanuel Macron en juin 2022

FIN JUIN 2022 / PROJET REMIS EN CAUSE – « IL N’Y A PLUS DE TEXTE »

Le ministre de l’intérieur doit , 3 semaines après son annonce, rétropédaler.

extrait du MONDE : « L’exécutif comptait profiter de la loi Lopmi pour introduire de nouvelles dispositions sur l’immigration. Mais les résultats des législatives, qui n’ont donné à Emmanuel Macron qu’une majorité relative à l’Assemblée nationale, rebattent les cartes. »

« Tout est en stand-by. Au ministère de l’intérieur, alors que l’entourage de Gérald Darmanin avait annoncé plancher sur un texte de loi sur l’immigration, au lendemain de l’élection présidentielle, le résultat des législatives a remis en cause la dynamique. « On nous a demandé de préparer un texte il y a trois semaines et on nous a finalement dit qu’il n’y en avait plus, vu le contexte à l’Assemblée nationale », rapportait, fin juin, un haut fonctionnaire de la Place Beauvau. »

« Le gouvernement comptait sur le projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur (Lopmi) – censé aboutir dans l’Hémicycle avant la fin de l’année – pour introduire des dispositions législatives sur l’immigration. »

« Si le premier mandat du chef de l’Etat a été l’occasion d’une loi thématique, la loi Asile et immigration, dite « loi Collomb », et d’une série de mesures supplémentaires à l’issue du « débat » organisé à l’Assemblée nationale, fin 2019, Emmanuel Macron n’est pas allé au bout de sa volonté réformatrice. »

« Le problème, c’est toujours la capacité de reconduite, estime un préfet. Dans la population, c’est une préoccupation. » « Quand vous voyez l’extrême droite qui monte, vous vous posez des questions, abonde un ancien cadre de la direction générale des étrangers en France.On a un code de l’entrée et du séjour des étrangers très protecteur et des taux de renvoi faibles. Il faut des mesures d’éloignement plus effectives. »

3 AOÛT 2022 / REPORT DU PROJET DE LOI

Dans un entretien au Figaro du 3 août 2022, le ministre de l’Intérieur a annoncé le report du projet de loi immigration, à la demande de la Première ministre Élisabeth Borne. Son examen devait commencer au Sénat en octobre, mais un « grand débat » sur le sujet sera finalement organisé à l’Assemblée nationale et au Sénat à cette période.

« En octobre, nous mettrons à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et du Sénat un grand débat sur l’immigration avant qu’un projet de loi finalisé ne soit présenté. Nous avons une proposition de texte législatif, mais pour un tel sujet, deux mois de concertation ne sont pas de trop », déclare le ministre de l’Intérieur.

Sur le volet de l’immigration économique, le ministre se dit prêt avec le ministre du Travail Olivier Dussopt « à imaginer des quotas supplémentaires par métier ou par secteur en tension », comme l’hôtellerie, le BTP ou la restauration.

Le débat sur les quotas d’immigration professionnelle avait été relancé en octobre 2019 par Édouard Philippe, alors Premier ministre, mais ceux-ci n’avaient pas été instaurés.

SEPTEMBRE 2022 / ANNONCE DU PROJET DE LOI PAR LE PR

Emmanuel Macron prononce un discours lors d’une réception des préfets au palais de l’Elysée à Paris, le 15 septembre 2022. La priorité d’Emmanuel Macron : réformer le droit d’asile et mieux répartir les arrivées sur le sol français. Dans la salle de réception de l’Élysée, et face aux préfets E Macron a présenté jeudi 15 septembre les grandes lignes de son calendrier de réformes pour les douze mois à venir.

Le chef de l’État a présenté les grandes lignes de son calendrier de réformes pour les douze mois à venir et a rappelé son souhait de mener la réforme des retraites sans préciser ni la méthode ni la temporalité. Il a également partagé son aspiration à réformer le droit d’asile.

Ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron annonce légiférer sur les questions d’asile et d’immigration. Il avait au début de son premier mandat fait adopter la loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ». Quatre ans après son entrée en vigueur, le Président a jugé le dispositif insuffisant. « Nous avons une politique qui est tout à la fois inefficace et inhumaine, inefficace parce que nous nous retrouvons avec plus d’étrangers en situation irrégulière que nombre de nos voisins, inhumaine parce que cette pression fait qu’on les accueille trop souvent mal ».

« Intégrer beaucoup plus vite et beaucoup mieux celles et ceux qui ont un titre provisoire par la langue et par le travail », en plaidant pour une meilleure répartition des accueils. Il milite pour solliciter « les espaces ruraux, qui eux sont en train de perdre de la population » et appelle à rompre avec la logique qui consiste à « mettre des femmes et des hommes qui arrivent, qui sont dans la plus grande misère » dans les quartiers les plus pauvres. Il évoqué la question de l’accueil des réfugiés et des migrants économiques lors de cet échange, et a développé la question des étrangers en situation illégale.

Un projet de loi sur l’immigration devait ainsi être présenté dès début 2023 devant le Parlement. Le texte de Gérald Darmanin et Olivier Dussopt devait être présenté en Conseil des ministres à la mi-janvier 2023, avant d’atterrir au Parlement dans la foulée.

DÉCEMBRE 2022 / TRANSMISSION AU CONSEIL D’ÉTAT

Le texte a été transmis en décembre au Conseil d’État. Le gouvernement avance sur son projet de loi immigration, porté par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en tandem avec son collègue du Travail, Olivier Dussopt, qui devait être présenté en Conseil des ministres en janvier, avant d’être examiné au Sénat puis à l’Assemblée nationale début 2023.

JANVIER 2023 / DESAVEU DU MIN DE L’INTERIEURTEXTE BLOQUÉ

Mais le texte est bloqué; désavoué, le ministre de l’Intérieur doit se contenter d’un débat à l’Assemblée.

FÉVRIER 2023 / CONSEIL DES MINISTRES ET SÉNAT

Annoncé depuis des mois, le texte a été présenté en Conseil des ministres début février et a commencé en mars son parcours parlementaire au Sénat.

22 MARS 2023 / PROJET ENTERRÉ – REPORTÉ – DÉCOUPÉ

Le 22 mars, le président de la République a annoncé lors de son interview dans les JT de 13 heures que le projet serait reporté, peut-être même découpé.

C’est la troisième fois que l’exécutif repousse ce sujet propre à « diviser le pays », selon les mots de la cheffe du gouvernement. Gérald Darmanin l’avait annoncé au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, avant de rétropédaler, dix jours plus tard, à la demande de la locataire de Matignon.

17 AVRIL 2023 / RETOUR DU PROJET

le sujet est revenu par la fenêtre lors de L’allocution du 17 avril.

18 AVRIL 2023 / ANNONCE DE REPRISE DU DÉBAT AVANT L’ÉTÉ

Gérald Darmanin, plaide pour une reprise de l’examen parlementaire de son projet de loi, « sûr » qu’un accord peut être trouvé avec la droite sur ce texte « fort ». Olivier Dussopt indique, lui, avec pour objectif d’une reprise du débat « avant l’été ».

21 AVRIL 2023 / « JE VEUX UN SEUL TEXTE « 

« Je veux une loi efficace et juste, en un seul texte tenant cet équilibre », a ainsi précisé Emmanuel Macron un mois plus tard, le 21 avril dans Le Parisien.

Embarrassée face à ce qui s’apparente à un nouveau désaveu, la place Beauvau n’a pas souhaité réagir. Le projet devra, lui attendre désormais la rentrée.

26 AVRIL 2023 / REPORT APRÈS L’ÉTÉ – « IL N’EXISTE PAS DE MAJORITÉ »

La Première ministre indique qu’il « n’existe pas de majorité » pour voter ce texte porté par Gérald Darmanin, et pourtant annoncé depuis l’été 2022.

« Il s’agit d’une péripétie supplémentaire alors qu’Emmanuel Macron avait évoqué « un seul texte » dimanche, après avoir lui-même annoncé, le 22 mars, un découpage du projet pour n’en garder que les aspects les plus consensuels, faute de majorité absolue à l’Assemblée nationale. La manœuvre avait suscité de l’hostilité à droite comme à gauche, Gérald Darmanin plaidant lui-même pour « un projet de loi fort » lit-on dans Le Monde.

D’après Le Figaro – qui titre « Comment Borne a fait céder Macron sur la loi immigration « la première ministre aurait fait céder le président malgré son volontarisme et son calendrier.

Élisabeth Borne a effectivement lancé des perches aux Républicains. « Ils doivent encore dégager une ligne commune entre le Sénat et l’Assemblée, en tenant compte de la nécessité de trouver une majorité dans chaque assemblée autour d’un texte nécessairement équilibré », a-t-elle ainsi souligné.« Nous allons donc continuer les échanges pour trouver un chemin autour du projet de loi. Et si nous ne pouvons pas trouver d’accord global, nous présenterons en tout état de cause un texte à l’automne, avec comme seule boussole l’efficacité. »

OCTOBRE 2023 / NOUVELLE ÉCHÉANCE, CONCERTATIONS, 49,3 SI NÉCESSAIRE

Un texte devrait désormais (?) arriver à l’automne prochain, quelle que soit l’issue des négociations avec les troupes d’Éric Ciotti, le président des LR.

Invitée ce jeudi sur France 2, la Première ministre a indiqué – répétant ce qu’avait déclaré M DUSDOPT il y a quelques jours déjà sur le 49.3 – qu’elle «n’exclut rien» pour faire adopter le projet de loi sur l’immigration, après avoir annoncé, la veille, le report de sa présentation à l’automne en raison de l’absence de majorité sur ce texte.

MISE À JOUR : Au sujet du projet loi immigration, finalement abandonnée par la Première ministre lors de la présentation de sa feuille de route mercredi, le ministre de l’intérieur rejette – dans la Voix du Nord du 38 avril – le terme d’échec. « Nous n’avons pas d’accord avec les LR, donc la Première ministre a considéré qu’il fallait attendre. » Faudra-t-il un texte plus à droite pour trouver un accord avec les LR ? « 80 % des Français pensent qu’il faut qu’on soit plus ferme sur l’immigration », répond Gérald Darmanin.

« Pour que des raisons politiques on discute avec nos amis des LR, je le ferai bien volontiers, a-t-il ajouté. Nous avons 100 jours de plus, moi je l’ai pris pour de la concertation. En octobre, lors de la nouvelle session parlementaire, j’ai appris de la Première ministre que nous inscrirons le texte à l’ordre du jour. Je m’en félicite. »

MISE A JOUR : SOAZIG QUÉMÉNER RÉDACTRICE EN CHEF POLITIQUE MARIANNE

« TOUT ET SON CONTRAIRE… EN MÊME TEMPS

« C’est un étrange délitement qui se produit sous nos yeux. Et l’Exécutif n’a même pas la pudeur de faire semblant de le masquer. Il se caractérise par une multiplicité de déclarations contradictoires. Entre l’interview donnée par Emmanuel Macron aux lecteurs du Parisien et la conférence de presse d’Elisabeth Borne, il ne s’est écoulé que deux jours. Un temps de réflexion suffisamment long visiblement pour que l’on passe de la volonté présidentielle d’une « loi efficace et juste, en un seul texte » sur l’immigration, au refus catégorique de la première ministre qui pense tout haut que « ce n’est pas le moment de lancer un débat sur un sujet qui pourrait diviser le pays. » Chacune de ces positions est défendable. Mais certainement pas les deux en même temps !

« Même chose à propos du 49.3. Le 26 mars dernier, Elisabeth Borne expliquait qu’elle se fixait un objectif à l’avenir, celui de ne pas déclencher l’article 49 alinéa 3 de la Constitution « en dehors des textes financiers. » Elle assure à présent qu’il est « légitime de l’utiliser. » Il faut dire qu’entre-temps, l’Elysée a fait savoir son désaccord.

« On pourrait se contenter d’y lire l’habituel tango entre les deux têtes de l’Exécutif, une figure classique de la Ve République. On pourrait aussi prendre un air pénétré et pronostiquer le départ prochain de l’actuelle locataire de l’Hôtel de Matignon, avec la certitude de finir par avoir raison un jour ou l’autre. Mais l’affaire est bien plus grave. Pour paraphraser Emmanuel Macron, « il y a des choses qui ne sont pas claires. » Et la crise politique que nous vivons ne peut s’en accommoder. «

VOIR DEUX ARTICLES PROPOSÉS EN LECTURE

1. ARTICLE

Projet de loi immigration : division, saucissonnage, report… Retour en cinq actes sur les revirements du gouvernement

Elisabeth Borne a renvoyé « à l’automne » l’examen de ce texte controversé, lors de la présentation, mercredi, de sa feuille de route pour les « 100 jours d’apaisement » décrétés par Emmanuel Macron. Un ultime changement de stratégie pour l’exécutif, qui s’est interrogé plusieurs fois sur l’avenir de ce texte.Article rédigé par 

Lola Scandella. France Télévisions. Publié le 26/04/2023

Des revirements en cascade. Le gouvernement n’en finit pas de changer d’avis sur le devenir de son projet de loi sur l’immigration. Mercredi 26 avril, la Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé un nouveau report de ce texte, faute de majorité pour pouvoir le voter. Une décision qui intervient après un premier ajournement en mars, sur fond de contestation de la réforme des retraites. Le texte suscite la controverse depuis sa présentation en Conseil des ministres au mois de février. En cinq actes, franceinfo vous résume le parcours chaotique de ce projet de loi.

1 Un texte qui divise dès sa présentation

Le projet de loi pour « pour contrôler l’immigration » et « améliorer l’intégration »,présenté officiellement le 1er février 2023 en Conseil des ministres, se veut une proposition qui mêle « fermeté » et « humanité ». Deux volets qui doivent permettre de tendre la main à la droite et à la gauche. Le texte prévoit, entre autres, de créer un titre de séjour pour les étrangers exerçant des « métiers en tension », de faciliter les expulsions et de réduire certains délais dans les procédures administratives liées à l’asile.

Mais le texte ne met personne d’accord. La gauche et de nombreuses associations le jugent trop dur et s’inquiètent d’une « détérioration continue des droits »  des personnes exilées. La droite, notamment les membres du parti Les Républicains (LR), dont les voix sont indispensables pour une adoption du texte, s’oppose à la création du titre de séjour « métiers en tension », estimant qu’il pourrait provoquer un « appel d’air ».

Mi-mars, lors du premier passage du texte en commission au Sénat, dominé par la droite, les divisions s’étalent au grand jour. Sur deux articles du projet de loi, dont celui portant sur les « métiers en tension », les deux rapporteurs, Philippe Bonnecarrère (centriste) et Muriel Jourda (LR) ne parviennent pas à se mettre d’accord. « Nous n’avons pas trouvé de position commune à ce stade » déclare Muriel Jourda, le 15 mars, devant la commission des lois du Sénat.  

2 Sur fond de contestation sociale, l’examen du texte est reporté

Le 22 mars, une semaine après l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites et au pic de la contestationsociale, Emmanuel Macron annonce lors d’un entretien télévisé le découpage du projet de loi en « textes plus courts ». Objectif : ne garder que les aspects les plus consensuels, pour faciliter les alliances vote par vote. L’examen en séance au Sénat, initialement prévu à partir du 28 mars, est renvoyé aux « prochaines semaines »

Mais la droite, première alliée potentielle du gouvernement sur ce sujet, ne l’entend pas de cette oreille. « Pas question » que le texte soit « saucissonné », tonne le président du Sénat, Gérard Larcher. La séquence est « un aveu de faiblesse » du gouvernement, commente auprès de franceinfo le député LR Yannick Neuder, qui juge ce texte « tiède et sans cap clair »« Je pense que cela révèle une forme d’impuissance » de l’exécutif, observe de son côté le député Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Aurélien Taché, qui souligne « une absence de vision et de colonne vertébrale sur ces sujets dans la macronie »

3 Le projet de loi est remis à l’ordre du jour mi-avril 

Rebondissement : lors d’une allocution télévisée le 17 avril, dans laquelle il se donne « 100 jours » pour relancer son quinquennat, Emmanuel Macron promet finalement de « renforcer le contrôle de l’immigration illégale ». Le lendemain, Gérald Darmanin fait part sur la chaîne LCI de sa volonté de reprendre l’examen du projet de loi, affirmant être « sûr » de pouvoir « s’entendre avec LR ».  

Le texte, qui semblait renvoyé aux calendes grecques, fait son retour en grâce. Le ministre est parvenu à avancer ses pions et ne cache plus ses ambitions politiques. « Gérald Darmanin conquiert chaque jour un peu plus d’espace politique, cet épisode en est une illustration forte », déplore le député écologiste Aurélien Taché. 

D’ailleurs, l’exécutif durcit le ton. « Nos compatriotes en ont ras le bol de la fraude (…) ils n’ont aucune envie de voir que des personnes peuvent bénéficier d’aides, les renvoyer au Maghreb ou ailleurs », assène le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur BFMTV, le 18 avril. Une stratégie de la stigmatisation qui provoque l’ire de la gauche, tandis que la droite estime, au contraire, que le gouvernement ne va pas assez loin. « Si le ministre de l’Intérieur s’aligne sur nous, on en discutera, mais on ne se contentera pas d’eau tiède », prévenait le président des Républicains Eric Ciotti dès le 18 mars. « Nous voulons un changement de paradigme », fait valoir Yannick Neuder, plaidant notamment pour « l’instauration de quotas » et des mesures de « durcissement du droit d’asile »

4 Emmanuel Macron tranche officiellement pour une loi en un seul texte

Le 23 avril, retour à la case départ. Dans les colonnes du Parisien (article abonnés), Emmanuel Macron fait finalement part de sa volonté que le projet de loi soit présenté aux parlementaires en un seul texte. C’est aussi l’annonce d’un nouveau casse-tête politique pour le gouvernement, toujours contraint de trouver des alliances pour une adoption au Parlement. « La Première ministre est en train de regarder avec les différents partis, je ne sais pas vous dire quel sera le chemin », évacue alors le chef de l’Etat dans Le Parisien

La partie s’annonce ardue, les oppositions étant toujours très divisées, y compris au sein du parti LR. « Je vais attendre de voir le contenu exact du texte, même si je pars plutôt avec un bon sentiment à son sujet »,confie à franceinfo un député LR interrogé sur la possibilité d’un accord avec le gouvernement. « Nous n’avons plus confiance », tacle de son côté Yannick Neuder, qui plaide pour des mesures plus sévères. Autre complication pour le gouvernement : les députés LR prévoient de déposer leur propre proposition de loi sur l’immigration avant l’été. A gauche, les parlementaires sont toujours en désaccord frontal avec le texte.

Comme lors des débats sur la réforme des retraites, le risque d’un blocage politique n’est pas loin. « Est-ce que le gouvernement se retrouvera dans l’obligation de dégainer le dernier 49.3 qui lui reste ? Alors même qu’Elisabeth Borne a fait part de sa volonté de ne plus l’utiliser ? », interroge la sénatrice communiste Eliane Assassi, décrivant un gouvernement « en pleine cacophonie ».

5 L’examen au Parlement est reporté une nouvelle fois 

Ultime changement de stratégie et nouveau rétropédalage, mercredi 26 avril. Lors de la présentation de la feuille de route du gouvernement pour les « 100 jours d’apaisement » voulus par Emmanuel Macron, Elisabeth Borne repousse l’examen du projet de loi « à l’automne »« Aujourd’hui, il n’existe pas de majorité pour voter un tel texte, comme j’ai pu le vérifier hier en m’entretenant avec les responsables des Républicains », a-t-elle reconnu, arguant que les députés et les sénateurs LR n’ont pas encore trouvé « de position commune » sur le sujet. La Première ministre estime par ailleurs que « ce n’est pas le moment de lancer un débat sur un sujet qui pourrait diviser le pays »

« Nous allons continuer les échanges pour trouver un chemin autour du projet de loi »,a poursuivi Elisabeth Borne. Si « aucun accord » n’était trouvé, un texte serait néanmoins « présenté à l’automne », a-t-elle précisé, sans donner davantage de détails.

2. ARTICLE

Borne repousse la loi immigration pour la 3e fois

26/04/2023 Par Anthony Berthelier. HUFFPOST

POLITIQUE – Encore raté. Élisabeth Borne renonce à présenter, pour l’instant, la loi immigration que le gouvernement essaie de mettre à l’ordre du jour du Parlement depuis la réélection d’Emmanuel Macron. Un texte devrait toutefois arriver à l’automne prochain, quelle que soit l’issue des négociations avec les troupes d’Éric Ciotti, le président des LR.

« Aujourd’hui, il n’existe pas de majorité pour voter un tel texte, comme j’ai pu le vérifier hier en m’entretenant avec les responsables des Républicains », a ainsi annoncé la Première ministre ce mercredi 26 avril, en présentant sa feuille de route très attendue pour les « 100 jours d’apaisement. »

Pour montrer que l’exécutif agit sur cette « priorité » sans attendre une loi, Élisabeth Borne a également annoncé la mobilisation « dès la semaine prochaine » de « 150 policiers et gendarmes supplémentaires dans les Alpes-Maritimes » et la création d’une « force de sécurité aux frontières » pour faire « face à une pression migratoire accrue à la frontière italienne ».

Première victime de la contestation des retraites

Il n’empêche. C’est la troisième fois que l’exécutif repousse ce sujet propre à « diviser le pays », selon les mots de la cheffe du gouvernement. Gérald Darmanin l’avait annoncé au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron, avant de rétropédaler, dix jours plus tard, à la demande de la locataire de Matignon. Initialement, le texte devait être discuté au Sénat à la rentrée 2022. Désavoué, le ministre de l’Intérieur a finalement dû se contenter d’un débat à l’Assemblée.

Rebelote quelques mois plus tard. Le texte de Gérald Darmanin et Olivier Dussopt devait être présenté en Conseil des ministres à la mi-janvier 2023, avant d’atterrir au Parlement dans la foulée. Raté. Il a été la première victime de la contestation de la réforme des retraites. Faute de majorité, le président de la République a effectivement annoncé lors de son interview dans les JT de 13 heures à la mi-mars que le projet serait reporté, peut-être même découpé. Une dernière option finalement écartée. « Je veux une loi efficace et juste, en un seul texte tenant cet équilibre », a ainsi précisé Emmanuel Macron un mois plus tard, le 21 avril, dans les colonnes du Parisien.

Embarrassée face à ce qui s’apparente à un nouveau désaveu, la place Beauvau n’a pas souhaité réagir. Le projet devra, lui, selon toutes vraisemblances, attendre désormais la rentrée.

Élisabeth Borne a effectivement lancé une sorte de perche aux Républicains, l’allié le plus choyé par le gouvernement depuis l’avènement d’une majorité relative à l’Assemblée pour le camp présidentiel. « Ils doivent encore dégager une ligne commune entre le Sénat et l’Assemblée, en tenant compte de la nécessité de trouver une majorité dans chaque assemblée autour d’un texte nécessairement équilibré », a-t-elle ainsi souligné.

Et de promettre, à nouveau : « Nous allons donc continuer les échanges pour trouver un chemin autour du projet de loi. Et si nous ne pouvons pas trouver d’accord global, nous présenterons en tout état de cause un texte à l’automne, avec comme seule boussole l’efficacité. » Un an plus tard.

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