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L’INSÉCURITÉ EST L’AFFAIRE DE TOUS LES FRANÇAIS ET DE TOUS LES PARTIS POLITIQUES

L’INSÉCURITÉ EST UNE RÉALITÉ QUI HANTE NOTRE QUOTIDIEN

Dans un pays où l’on compte chaque année plus de 200 000 cambriolages, plus de 300 000 coups et blessures volontaires, près de 100 000 viols ou tentatives de viol et quelque 5 000 homicides ou tentatives d’homicide, l’insécurité est tout autre chose qu’un sentiment. 

ARTICLE – Pourquoi l’insécurité est l’affaire de tous les partis politiques

Ni la gauche ni Macron n’ont réussi à prendre ce problème de l’insécurité à bras-le-corps. Ils ont abandonné le sujet à la droite et ils en paient aujourd’hui le prix.

Pourquoi avons-nous besoin de sécurité ? Parce que nous avons peur, et d’abord les uns des autres. C’est ce qu’a vu Hobbes. « Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tienne tous en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun » (Léviathan, I, 13). C’est ce qu’il appelle « l’état de nature », dont l’Etat, fort heureusement, nous préserve. Spinoza, plus libéral que Hobbes, en radicalise pourtant le propos. C’est qu’il comprend qu’on ne sort jamais tout à fait de l’état de nature, ni donc des rapports de force : le souverain n’a de pouvoir sur ses sujets que « dans la mesure où, par la puissance, il l’emporte sur eux : c’est la continuation de l’état de nature » (Lettre 50).

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C’est vrai aussi dans une démocratie : le peuple souverain ne gouverne effectivement que s’il se donne les moyens, par l’Etat, d’être plus fort que les plus forts des individus, au point de pouvoir les contraindre à lui obéir. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui « le régalien », mais qui n’est qu’un autre nom, dans une République, pour la souveraineté du peuple. Quand le régalien échoue, c’est nous tous qui échouons, et la peur qui renaît en même temps que la violence.

L’insécurité n’est pas un fantasme

De là les débats du jour, sur « l’ensauvagement » et l’insécurité. Que certains noircissent exagérément le tableau, c’est bien clair (voyez CNews). Mais cela ne signifie pas que le problème se réduise à ce que la gauche a trop longtemps appelé un « sentiment d’insécurité », comme s’il était purement fantasmatique. Dans un pays où l’on compte chaque année plus de 200 000 cambriolages, plus de 300 000 coups et blessures volontaires, près de 100 000 viols ou tentatives de viol et quelque 5 000 homicides ou tentatives d’homicide, l’insécurité est tout autre chose qu’un sentiment.

Or qui en souffre le plus ? Bien évidemment les pauvres et les femmes. Comment se fait-il que la gauche n’en fasse pas sa priorité ? La vie est plus dangereuse en banlieue que dans les beaux quartiers, et plus pour les femmes, dans bien des situations, que pour les hommes.

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Dans combien de cités n’osent-elles plus sortir le soir, voire sortir en jupe dans la journée ? Combien d’hommes, dans les quartiers populaires, sont obligés de baisser les yeux, quand ils croisent des dealers ou des voyous ? Combien ont peur pour leurs enfants ? Combien auraient déjà déménagé, s’ils en avaient les moyens ? Combien se sentent prisonniers, dans le lieu même où ils habitent ? Situation proprement insupportable, qui ne cesse, depuis trente ans, de faire le jeu de l’extrême droite, laquelle a beau jeu de crier au laxisme. Ni la gauche ni Macron n’ont réussi à prendre ce problème de l’insécurité à bras-le-corps, et ils en paient aujourd’hui le prix.

L’insécurité n’est pas un fantasme mais un fait, qui se mesure. L’ordre, pas une valeur de droite, mais une valeur républicaine. La sécurité est le premier des droits de l’homme (puisque tous les autres la supposent). Spinoza avait raison d’y voir la principale fonction de l’Etat : « nous libérer de la crainte, pour que nous puissions vivre autant que possible en sécurité » (Traité théologico-politique, XX). Quoi de plus suicidaire, pour la gauche, que d’abandonner ce terrain à la droite ?

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