
2019 : « Le loup on va le réguler », promet Emmanuel Macron
Afin de rassurer les éleveurs au Salon de l’agriculture à Paris, Emmanuel Macron a indiqué : « Le loup on va le réguler. On va le faire de manière pragmatique, sur le terrain« . Il a assuré qu’il allait le réguler avec les préfets, les ministères ayant trouvé un compromis.
2025 : « Du loup, il y en a trop. Il faut adapter les pratiques quitte à en abattre davantage »
ARTICLE / « Un exercice de populisme rare » : les propos d’Emmanuel Macron sur le loup à Roquefort font polémique
Publié le 04/07/2025 MIDI LIBRE
L’association France Nature Environnement accuse le président de la République de « populisme ». Emmanuel Macron a estimé qu’il fallait « adapter les pratiques, quitte à abattre plus de loups ».
« Oui pour réintroduire le loup, mais là où il n’y a pas de pastoralisme et pas d’éleveur » : la petite phrase d’Emmanuel Macron, devant un public conquis, jeudi 3 juillet, à Roquefort, n’est pas passée inaperçue, dans le flot enthousiaste d’un déplacement organisé autour des 100 ans de l’AOP Roquefort.
« Du loup, il y en a trop. Il faut adapter les pratiques quitte à en abattre davantage », a martelé le président de la République.
Depuis, la polémique enfle.
« Dans les paroles c’est très clair, dans les actes, on verra », a réagi vendredi Julien Perez, président du syndicat des éleveurs ovins des Landes
Du côté de France Nature Environnement, en revanche, c’est la tempête : Emmanuel Macron« fait un exercice de populisme d’un niveau rare en affirmant des choses totalement mensongères », a réagi vendredi 4 juillet sur franceinfo Jean-David Abel, pilote du réseau biodiversité chez France Nature Environnement.
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« Du pastoralisme depuis 25 siècles »
« C’est une sortie de route complète », accuse le militant, qui rappelle que « le dossier n’est pas simple » et « n’appelle aucune solution simpliste ».
Toujours selon FNE, Emmanuel Macron « fait fi du fait que le loup est déjà installé depuis 25 à 30 ans dans des territoires où il y a du pastoralisme depuis des siècles ».
En décembre 2024, le loup est déjà passé d’« espèce strictement protégée » à « espèce protégée » pouvant être abattue plus facilement, au grand dam des associations environnementales. Mais Jean-David Abel rappelle que « le déclassement du loup s’accompagne de l’exigence de la garantie du maintien de l’espèce en bon état de conservation ».
En 2024, la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes, chargée du recensement de l’espèce, fait état de 1013 loups présents sur le territoire national.
« Pas d’augmentation des attaques »
« C’est navrant », confie-t-il à franceinfo, dans un imbroglio où les déclarations du président de la République n’aident « ni les éleveurs, ni les services de l’État qui gèrent le dossier au quotidien ».
Il a le sentiment d’avoir assisté, jeudi, à « un numéro de communication qui était vraiment perché très loin au-dessus du réel ».