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PEDOCRIMINALITÉ : LA FIN DE L’OMERTA ? OU PLUTÔT SON ILLUSTRATION

« Violences sexuelles dans le périscolaire : la mobilisation en trompe-l’oeil de la mairie de Paris »

TITRE ATLANTICO qui poursuit : « Voici les cinq mesures simples qui pourraient pourtant contribuer à régler le problème »

Pierre Duriot et Anne du collectif SOS périscolaire

Entretien en 4 points clés : 

  • Malgré des alertes anciennes et des solutions identifiées depuis des années, le périscolaire reste miné par des sous-effectifs chroniques, des contrôles insuffisants et une grande précarité des équipes, au point que certaines règles pourtant obligatoires, comme les quotas d’encadrement, ne seraient plus respectées sur le terrain.
  • Pour le collectif SOS Périscolaire, le scandale actuel révèle moins un manque d’idées qu’un défaut persistant de volonté politique : plusieurs mesures simples et peu coûteuses — trombinoscopes, vérifications systématiques, meilleure traçabilité des signalements — auraient pu être appliquées depuis longtemps sans réel effort budgétaire.
  • Pierre Duriot estime, lui, que la crise traduit aussi une fragilisation plus profonde du cadre éducatif : difficultés de recrutement, baisse des exigences de formation, manque de maîtrise des codes professionnels et refus de la sélection auraient progressivement affaibli la capacité du périscolaire à garantir un encadrement sûr et structurant.
  • Derrière les enquêtes visant plus de 80 établissements parisiens, les intervenants décrivent un système fragilisé par la précarité massive des animateurs, le turnover, l’entre-soi et des signalements parfois étouffés, transformant ce qui était présenté comme des “cas isolés” en problème structurel du périscolaire.

ARTICLE – « Nous parlons de viols sur des enfants d’à peine trois ans » : des familles exigent la fin du « silence » sur les agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris

Reçues mardi par le ministère de la justice, ces familles annoncent solliciter l’organisation d’une commission parlementaire « avec un périmètre d’enquête capable d’embrasser la dimension systémique de ces violences sexuelles et des maltraitances. »

Le Monde avec AFP Publié le 26 novembre 2025

« Le silence doit cesser » : des familles d’enfants ayant porté plainte pour des agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris appellent à une mobilisation « totale et transparente » au sujet de ces cas de violences. « Nos enfants ont payé le prix de ces défaillances. En revanche, il est encore temps, et c’est notre responsabilité collective, de protéger les enfants encore dans le périscolaire », écrivent les parents dans un communiqué publié mardi 25 novembre.

Le périscolaire parisien connaît depuis plusieurs mois une série de signalements d’agressions sexuelles dans des écoles maternelles. « Nous réclamons également une réunion avec les services du parquet pour avoir un retour sur les enquêtes en cours et les poursuites envisagées. Le silence doit cesser », ajoutent les familles, représentées par l’avocat Arié Alimi.

« Le ministère public et les administrations municipales en général ne semblent pas avoir pris la pleine mesure du problème », peut-on lire dans le communiqué. « Nous parlons de viols et d’agressions sexuelles sur des enfants d’à peine trois ans. Nous parlons de traumatismes qui marquent à vie. Nous parlons de familles plongées dans l’angoisse de savoir et comprendre ce qui a pu arriver à leurs enfants. »

Reçues mardi par le ministère de la justice, ces familles annoncent solliciter l’organisation d’une commission parlementaire « avec un périmètre d’enquête capable d’embrasser la dimension systémique de ces violences sexuelles et des maltraitances ».

Lire aussi | A Paris, l’augmentation des signalements d’agressions sexuelles met le périscolaire sous tension

En 2025, 30 animateurs ont été suspendus, dont 16 pour des suspicions de faits à caractère sexuel, un chiffre stable par rapport aux deux années précédentes, selon la mairie.

Lundi, la cheffe de section du parquet des mineurs de Paris, Lisa-Lou Wipf, a fait savoir dans le quotidien Libération que 15 enquêtes avaient été ouvertes en 2025 pour des agressions sexuelles dans des écoles maternelles parisiennes.

A la suite des révélations, la Ville de Paris a annoncé à la mi-novembre un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants dans les écoles, avec la création d’un poste de défenseur des enfants et un renforcement de la formation des animateurs.

Zone grise et signalements peu suivis d’effet

Des mesures « insuffisantes » selon le collectif SOS Périscolaire, fondé en 2021 par deux mères d’enfants scolarisés à Paris, Anne et Elisabeth, qui évoquent des familles « démunies ». « Elles sont désabusées, elles se sentent abandonnées par la mairie et dénoncent un mépris de la parole des enfants », explique Anne à l’Agence France-Presse (AFP). En quatre ans, leur collectif a reçu 400 témoignages portant sur des « comportements verbaux et physiques inappropriés » de membres du périscolaire, à Paris et dans d’autres villes du territoire.

Au-delà « des cas les plus graves », il y a toute « une zone grise, parce que les parents ne portent pas plainte quand leur enfant se prend une tape derrière la tête ; sauf qu’un enfant qui se prend une tape derrière la tête tous les jours, ça le plombe et c’est de la violence », insiste Anne, qui appelle à améliorer la chaîne de signalements face à des « failles persistantes ».

Un constat partagé par l’antenne parisienne de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), qui évoque « signalements peu suivis d’effet, manque de formation, protocoles flous ou procédures trop lentes ». Elle a annoncé le 18 novembre la création d’une commission, Agir contre les violences, qui prévoit notamment la mise en place d’un « espace de signalement de toutes les formes de violences subies par les élèves ».

Sollicitée par l’AFP, la haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a insisté sur le fait que « la voix des enfants et des familles » devrait « toujours être entendue ». Assurer « que tous les espaces accueillant des enfants soient des lieux sûrs » implique « vigilance, formation, prévention et transparence », a-t-elle ajouté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Lutte contre les violences envers les femmes et les enfants : une proposition de loi « intégrale » déposée à l’Assemblée

MIN DE L’INTERIEUR : Victimes de violences physiques et sexuelles enregistrées : en hausse en 2025, en particulier pour les violences physiques envers les mineurs

Communiqués de presse. Publié le 27/02/2026

En 2025, 473 000 victimes de violences physiques ont été enregistrées par les services de police et de gendarmerie nationales, soit une augmentation de 5 % par rapport à l’année précédente. Plus de la moitié des victimes (54 %) ont subi ces violences dans la sphère familiale (conjugale ou non). Les services de sécurité ont également enregistré 132 300 victimes de violences sexuelles, en hausse de 8 % par rapport à 2024. Près de trois quarts de ces violences ont été commises en dehors de la famille. Sur la même année, 342 800 personnes étaient mises en cause par les services de sécurité pour violences physiques et 84 900 pour violences sexuelles.

En 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré, au titre de crimes et de délits, 473 000 victimes de violences physiques, dont 114 500 sont mineures (24 %) et 132 300 victimes de violences sexuelles, dont 76 200 sont mineures (58 %). Un peu plus de la moitié de ces violences physiques enregistrées sont commises dans le cadre familial (conjugal ou non), que les victimes soient majeures ou mineures (respectivement 54 % et 55 % des victimes). Cette part est beaucoup plus faible pour les violences sexuelles dont la majorité a lieu en dehors du cadre familial (75 % des victimes majeures et 70 % des victimes mineures).

Le nombre de victimes de violences physiques enregistrées a augmenté de 5 % en 2025, en particulier envers les mineurs (+10 % contre +4% pour les majeurs). Dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration des conditions d’accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, celui des victimes de violences sexuelles enregistrées par les services de sécurité a augmenté de 8 %, en intrafamilial comme en dehors de la famille.

Les victimes de violences physiques commises en dehors de la sphère familiale sont le plus souvent des hommes (68 %). À l’inverse, lorsque ces violences sont commises au sein de la famille, les victimes sont majoritairement des femmes (73 %). Les victimes de violences sexuelles sont toujours très majoritairement des femmes, quel que soit le contexte de commission et l’âge des victimes (85 %).

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