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PATY-LE FILM : LE MONDE, HUFFPOST, LIBÉRATION GÈNÉS PAR … LEUR PROPRE GÈNE

« Le film, implacable et glaçant, laisse néanmoins un sentiment de malaise, laissant craindre des risques de stigmatisation »

« «L’Abandon», difficile fiction sur l’assassinat de Samuel Paty »

De l’extreme gauche à la gauche macronienne le malaise est exprimé, non sans quelque gene toutefoi, ici c’est L’HUMANITE, et LIBERATION qui poursuit : « Vincent Garenq se donne la difficile tâche de raconter les événements qui ont mené à la mort du professeur d’histoire-géographie, entre enjeux de fidélité à son sujet et risque d’instrumentalisation. » par qui ?

« Pour le HuffPost, montrer Samuel Paty au cinéma, c’est comme montrer du Charlie en cours d’instruction civique : ça crée du malaise et ça stigmatise »

TITRE ATLANTICO qui poursuit : « Tout en vantant la véracité du scénario de « L’Abandon », le site d’info en craint la « récupération » par l’extrême droite et questionne les « intentions et l’ambition réelle » des auteurs. Ça rappelle des souvenirs.

Je prévoyais d’aller voir L’Abandon, le film qui raconte les derniers jours de Samuel Paty, mais à en croire L’HumaLibé et surtout le HuffPost, ce serait prendre le risque d’un sérieux traumatisme post-visionnage.

Non pas, pour autant, qu’il existe le moindre doute sur les qualités de cette fiction fondée sur la décapitation d’un prof d’histoire idéaliste par un terroriste islamiste : de l’aveu même des spécialistes ciné des trois publications, ce serait même plutôt le contraire.

Au HuffPost, on apprécie ainsi son « casting », sa « réalisation » et surtout sa « pudeur » ; à Libé, on est franchement ému par le comédien Antoine Reinartz, « marchant vers la mort recroquevillé dans son sweat à capuche » ; à L’Huma, on assure n’être pas « sorti indemne » d’un film aux acteurs aussi « convaincants »…

Bref, ça a l’air bien ficelé et remarquablement adossé à la réalité judiciaire mais là n’est pas la source de l’embarras des confrères. Eux s’inquièteraient plutôt de la manière dont L’Abandon sera fatalement « récupéré » par « une droite et une extrême droite toujours prompte à brandir la menace du séparatisme identitaire », pour ne rien dire des « ambitions et des intentions douteuses » qu’ils prêtent aux auteurs.

Tiens, même le Fig-Mag en aurait d’ailleurs déjà dit du bien, évoquant sournoisement « la mise à jour des conséquences d’un antiracisme dévoyé » ! 

« C’est donc un malaise profond qui nous habite, s’auto-psychanalyse le HuffPostPas à cause de son contenu, mais de tout ce qui l’entoureEt ce même si L’Abandon respecte la mémoire et les valeurs professionnelles de Samuel Paty, en plus de parfaitement expliquer la mécanique de mensonge et la cascade d’événements qui ont précipité sa mort »

« Sur l’exactitude des faits, il n’y a rien à dire, ils sont têtus et horribles, concède à son tour L’Huma, mais il « manque des éléments de mise à distance » faisant craindre la « stigmatisation ». « Dans un tel film, il y a d’emblée le camp des méchants et des gentils, tout arrive sous forme émotionnelle », poursuit Libé, pour lequel un « documentaire » aurait été « plus juste ».

Bah, désormais prévenu, je pense que je vais y aller quand même, au cinoche. Et si j’en ressors à ce point « malaisé » et convaincu que toute histoire n’est pas bonne à être racontée, je me souviendrai que d’autres pensaient que tout dessin n’est pas bon à montrer non plus. J’espère que ça n’est pas trop caricatural.

1. ARTICLE – Festival de Cannes : « L’Abandon » sur la mort de Samuel Paty, nous a gênés, et pas pour le scénario

HUFFPOST : Avec Antoine Reinartz et Emmanuelle Bercot dans les rôles principaux, le film sur les 11 derniers jours de Samuel Paty, en salles et à Cannes le mercredi 13 mai, respecte scrupuleusement les faits. Mais ce n’est pas le problème.

À partir de quand est-il décent d’adapter une histoire comme celle de Samuel Paty ? Visiblement, le plus tôt possible, si l’on s’en tient au timing choisi pour dévoiler la première bande-annonce de L’Abandon. Les premières images du film sur les onze jours qui ont précédé l’assassinat sordide du professeur d’histoire géographie avaient été dévoilées début mars, quelques jours seulement après le verdict de la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, qui a condamné plusieurs auteurs de la campagne de haine contre Samuel Paty.

Officiellement, cette temporalité était motivée par l’ambition de ne pas interférer dans l’affaire et le dernier procès en lien avec l’assassinat de l’enseignant. Cela illustre pourtant ce qui cloche autour de L’Abandon, film néanmoins porté avec brio par Emmanuelle Bercot et Antoine Reinartz sorti en salles le mercredi 13 mai. Soit le même jour que sa présentation hors compétition au Festival et Cannes.

Réalisé par Vincent Garenq, spécialiste des récits judiciaires (Présumé CoupableL’Enquête), ce film sur Samuel Paty respecte scrupuleusement le déroulé des onze jours de rumeurs et d’emballement numérique qui ont conduit à son assassinat par un terroriste islamiste devant son établissement.

Plus que les derniers jours de Samuel Paty, le film retrace ceux de tous les protagonistes du collège où se sont déroulés les faits. En partant de ce fameux cours d’enseignement moral et civique où il avait présenté à ses élèves −avec toutes les précautions nécessaires − des caricatures de Mahomet issues de Charlie Hebdo.

Bascule dans l’horreur

Le long-métrage prend également soin de revenir à la source du drame : le mensonge d’une élève, absente lors de ce cours, qui affirmera à ses parents que les élèves musulmans de la classe ont été stigmatisés à cause de leur confession religieuse et forcés à quitter la salle sur ordre du professeur. Ce qui sera, dès le début du film et comme dans la vie réelle, démenti par les élèves, Samuel Paty et l’administration du collège. Par la suite, L’Abandon prend le temps de représenter l’angoisse progressive qui va naître en Samuel Paty, coincé par la machine infernale lancée sur les réseaux sociaux par le père de cette élève. C’est d’ailleurs ce dernier qui attirera l’attention du tueur sur les réseaux sociaux. Ce qui est également montré dans le film.

Le film prend le temps d’expliquer comment une élève, Bachira Saidi, s’est mise à accuser à tort son professeur d’avoir stigmatisé les élèves musulmans durant un cours.

Mais alors, qu’est-ce qui cloche vraiment avec L’Abandon ? Ce n’est sûrement pas son casting, ou sa réalisation, tous deux au service du destin tragique de Samuel Paty. Encore moins sa narration, qui resserre inexorablement l’étau autour de ce professeur discret mais apprécié de tous. Il faut d’ailleurs saluer la pudeur du film quand vient l’heure du meurtre particulièrement violent du professeur.

Malgré ses qualités indéniables pour aider à comprendre cette bascule dans l’horreur, le film se confronte à un premier problème : son titre. Le réalisateur explique qu’il fait écho à la « succession d’abandons, de dysfonctionnements, de lâchetés ou de naïvetés » dans l’histoire de Samuel Paty. Mais à l’exception de deux ou trois enseignants de l’établissement et de la faillite indiscutable des services de renseignement, il est en effet soutenu par sa direction, mais aussi par plusieurs élèves et leurs parents, même ceux de confession musulmane qui étaient au départ blessés ou circonspects face à ses méthodes. L’abandon, n’est pas forcément palpable.

Une démarche questionnable

Ce qui cloche par ailleurs vraiment avec L’Abandon, ce sont les intentions que l’on peut prêter au projet initial. En plus d’un timing de promotion douteux, les intentions derrière ce projet tourné dans le plus grand secret questionnent sur les réelles ambitions d’un film aussi précoce sur l’assassinat de Samuel Paty. La première bande-annonce avait été dévoilée sans la moindre date de sortie. Un fait plutôt rare, qui illustre l’envie pressante de capitaliser sur l’épilogue judiciaire de l’affaire pour assurer la promotion du film.

Il faut également préciser que L’Abandon est adapté du livre Les Derniers Jours de Samuel Paty, écrit par Stéphane Simon. Auteur du livre mais aussi producteur du film via sa société de production Outside Film, Stéphane Simon est connu pour son travail de producteur à la télévision, notamment pour Thierry Ardisson, et pour avoir lancé la webtv de Michel Onfray, philosophe aujourd’hui chroniqueur sur CNews. Sa société de production Open Media Factory s’est également démarquée en travaillant pour Marine Le Pen et Valérie Pécresse lors de la campagne présidentielle de 2022. Dans son intrigant CV, Stéphane Simon dispose aussi d’un passé de journaliste faits divers et de rédacteur en chef du magazine Entrevue avant de devenir producteur de fictions et documentaires.

Bien que le film soit supervisé par une sœur de Samuel Paty et offre indéniablement « des outils de compréhension » salutaires sur les événements, comme le souligne Antoine Reinartz sur France Inter, difficile ne pas voir une forme d’opportunisme et de sensationnalisme embarrassant dans cette mise en images express des dernières heures de Samuel Paty.

C’est donc un malaise profond qui nous habite une fois la projection du film achevée. Pas à cause de son contenu, mais de tout ce qui l’entoure. Et ce, même si L’Abandon respecte la mémoire et les valeurs professionnelles de Samuel Paty, en plus de parfaitement expliquer la mécanique de mensonge et la cascade d’événements qui ont précipité sa mort le 16 octobre 2020. Comme l’expliquait la production du film, l’idée derrière ce projet était de ne pas laisser s’éteindre la mémoire de Samuel Paty. Une mission tout à fait honorable. Utiliser le cinéma − aussi vite − pour raconter ses derniers jours l’est sans doute un peu moins.

2. ARTICLE – «L’Abandon» : malgré la justesse du film, des inexactitudes sur l’attitude des profs dans l’affaire Samuel Paty

Si le long-métrage dissèque avec précision l’engrenage mortifère qui a conduit à l’assassinat du professeur, quelques omissions subsistent concernant le soutien de ses collègues. Une réécriture de l’affaire qui perdure depuis six ans et qui a conduit au harcèlement de plusieurs d’entre eux.

ParMargaux Gable Publié le 13/05/2026 LIBERATION

Au moins, les choses sont claires. Comme son titre l’indique, le film de Vincent Garenq sur l’affaire Samuel Paty est le récit d’un abandon. Plus qu’une radiographie des onze jours qui ont inéluctablement conduit à l’assassinat du professeur, l’œuvre s’attelle à raconter l’histoire d’un homme esseulé. D’un enseignant jeté en pâture sur les réseaux sociaux, dans le viseur d’un terroriste islamiste, presque lâché par sa propre institution et par la justice. Mais à vouloir aveuglément l’ériger en martyr, on y présente Samuel Paty comme un paria, massivement désavoué par ses pairs au sein du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). La désolidarisation de deux de ses collègues est réelle, mais, à l’écran, le duo contestataire …

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3. ARTICLE – «Dangereux», «malaisant»… La gauche médiatique s’offusque du film sur l’assassinat de Samuel Paty

Présenté à Cannes et sorti mercredi en salles, le film « L’Abandon », consacré aux derniers jours du professeur tué par un terroriste islamiste en 2020, déclenche une violente polémique, certains spectateurs et médias de gauche n’hésitant pas à le qualifier de « dangereux ».

Louise Dugast15/05/2026 JDD

À peine sorti, déjà transformé en champ de bataille politique. L’Abandon, le film de Vincent Garenq consacré aux onze jours ayant précédé l’assassinat de Samuel Paty, n’aura pas attendu le verdict du box-office pour devenir l’un des objets culturels les plus explosifs du moment. Présenté hors compétition au Festival de Cannes mercredi 13 mai, le long-métrage porté par Emmanuelle Bercot et Antoine Reinartz retrace l’engrenage qui a conduit à la mort du professeur d’histoire-géographie, décapité le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste après une campagne de haine déclenchée autour d’un cours sur les caricatures de Mahomet.

Dans une critique très commentée, le HuffPost reconnaît pourtant les qualités du long-métrage : une reconstitution « scrupuleuse » des faits, une mise en scène « pudique » et un travail utile pour comprendre « la mécanique de mensonge » ayant conduit au drame. Le média souligne également que le film rappelle clairement le rôle central joué par la fausse accusation lancée par une collégienne absente du cours, puis amplifiée sur les réseaux sociaux par son père.

Mais malgré ces précautions, le média dit ressentir « un malaise profond » face au projet. En cause notamment : le calendrier de sortie, intervenu quelques semaines après la fin du procès en appel lié à l’attentat – ce que le HuffPost considère comme une volonté de « capitaliser » rapidement sur l’affaire. La critique s’attarde également sur le profil de Stéphane Simon, auteur du livre dont le film est adapté et producteur du projet. Ancien collaborateur de Thierry Ardisson, proche de Michel Onfray et ayant travaillé pour Marine Le Pen ou Valérie Pécresse lors de la présidentielle de 2022, celui-ci est présenté comme un élément participant au « malaise » entourant le film.

Une critique immédiatement interprétée comme la preuve d’un embarras persistant dès qu’il s’agit d’aborder frontalement l’islamisme. « Résumé de la critique : ce film n’a qu’un défaut, il existe », a réagi sur X la journaliste Emmanuelle Ducros« Et visiblement, certains auraient préféré qu’on oublie l’histoire au plus vite. » Même accusation de l’essayiste Naïma M’Faddel, qui évoque un « dégoût profond » face à une partie de la presse accusée de minimiser la dimension islamiste de l’attentat. « Complice par déni, cette élite minimise l’islamisme qui a martyrisé Samuel Paty », écrit-elle.

La polémique Grimkujow

La controverse a encore franchi un cap à Cannes après la diffusion sur X d’une vidéo montrant plusieurs vidéastes critiquer frontalement le film. L’un d’eux lance face caméra. « Je savais que ça allait être nul mais c’est un film dangereux, rempli de préjugés. Tous les musulmans sont méchants, la scène de la mort le mec crie “Allah Akbar” et les flics arrivent. Ils font un film pour le RN à un an de l’élection », lâche ainsi le streamer Grimkujow après le visionnage. Et de poursuivre : « Votez Mélenchon et on en*ule le RN et l’extrême droite ! »

Des propos qui ont immédiatement provoqué une avalanche de réactions indignées sur les réseaux sociaux. L’eurodéputé RN Matthieu Valet dénonce des déclarations « à vomir », reprochant aux vidéastes de tourner en dérision un attentat islamiste fondé sur « des faits réels ». Le président des jeunes LR Théo Am’Saadi accuse pour sa part ces influenceurs de « cracher sur la mémoire » de Samuel Paty. Le journaliste Ivan Rioufol a de son côté dénoncé des « collabos de l’islamisme », estimant qu’une partie de la gauche et des milieux militants souhaite empêcher toute évocation directe de l’islamisme dans le débat public.

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