
« Le juge n’a le droit de juger que s’il s’expose lui-même au jugement »
Les juristes du Moyen-Âge ont établi le principe de la responsabilité du juge. L’homme qui choisit de devenir magistrat, qui recherche le redoutable pouvoir de juger ses semblables, n’en a le droit que s’il s’expose lui-même au jugement, argumentent les légistes…
« Juger les juges : histoire d’une lutte pour que les magistrats rendent des comptes »
TITRE LE FIGARO QUI POURSUIT (Par Guillaume Perrault) : L’affaire Lyhanna bouleverse les Français. Des magistrats ont manqué à leur devoir de protection des plus faibles. Depuis des siècles, le pouvoir politique a essayé de soumettre les juges à des règles de responsabilité. Avec d’immenses difficultés et souvent sans succès.
Le meurtre de la petite Lyhanna aurait pu être évité si des magistrats avaient fait preuve de plus de discernement et de soin. Ce scandale pose la question de la responsabilité des juges. Et le recul de l’histoire s’impose.
Du Moyen-Âge à la Révolution française, la morale chrétienne a été le socle de la justice en France. Or, dans les Évangiles, seul Dieu a le droit de juger. Un acte aussi grave est en principe interdit aux hommes, trop présomptueux pour être bon juges.
«Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère? Et la poutre qui est dans le tien, tu ne la remarques pas», déclare Jésus d’après Matthieu (7: 3-5).
Il faut pourtant que justice soit rendue dans une société. Afin de surmonter cette contradiction, les juristes du Moyen-Âge ont établi le principe de la responsabilité du juge. L’homme qui choisit de devenir magistrat, qui recherche le redoutable pouvoir de juger ses semblables, n’en a le droit que s’il s’expose lui-même au jugement, argumentent les légistes…