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Nouvelle-Zélande: une gouvernance empathique du pays-VOLET 1

 

INTRODUCTION

Comment les exemples d’autres pays peuvent éclairer les enjeux de démocratie et de gestion publique en France?

Des réformes structurelles ont été réalisées avec succès par de nombreux gouvernements dans le monde. La France peine à définir une méthode ( une gouvernance ) de la réforme et ne ne s’attelle pas – de ce fait principalement selon nous, outre le courage politique – aux reformes pourtant indispensables et sur lesquelles il y a pourtant un consensus.

Rappelons, par exemple, que des gouvernements de centre-gauche en Nouvelle-Zélande dans les années 1980 et en Suède dans les années 1990 ont mis en oeuvre des reformes politiques et économiques. La méthode retenue et les actions menées peuvent apporter un éclairage.

Des comparaisons internationales sur la démocratie et l’action publique

METAHODOS s’est donné comme objectif ( Voir le Programme d’Actions ) de faire des comparaisons internationales. Et nous entamons cette tâche sur la Nouvelle Zélande qui semble, à en lire la presse, avoir réussi une gestion de crise de manière exemplaire.

Nous réaliserons, grâce à Jean Demaison qui veut bien consacrer de son temps, quelques articles sur la Nouvelle Zélande.

Nous ouvrons la séquence en partageant l’article de La Croix consacré à la gouvernance empathique de la 1° Ministre.

Une charismatique jeune femme

Jacinda Ardern avait montré son empathie et aussi sa détermination au moment des attentats de Christchurch. Dès le lendemain du massacre, la première ministre de Nouvelle-Zélande s’était rendue sur place, accompagnée d’une délégation de ministres et de leaders de l’opposition ; la tête couverte d’un foulard noir orné d’or, elle avait rencontré les membres de la communauté musulmane sous le choc.

Les vidéos la montrant prenant dans ses bras les proches des victimes en sanglots ont fait le tour du monde. Testée comme jamais par cette tragédie nationale, Jacinda Ardern, 38 ans, s’est montrée à la hauteur de la situation, mêlant empathie et détermination.

« Consolation et inflexibilité », commente Claire Trevett, chroniqueuse politique au New Zealand Herald en décrivant la façon dont la première ministre a su conforter la communauté musulmane néo-zélandaise, informer très factuellement le public sur les circonstances du drame, et unir ses concitoyens par un message de compassion et de fermeté.

À la tête du pays depuis octobre 2017, Jacinda Ardern avait permis aux sociaux-démocrates néozélandais de revenir au pouvoir après une éclipse de neuf ans. Quelques semaines avant les élections du 23 septembre 2017, les travaillistes, à la peine dans les sondages, avaient décidé de propulser cette jeune parlementaire à leur tête.

La charismatique jeune femme avait aussitôt déclenché une vague de sympathie, rapidement qualifiée de « Jacindamania » par les médias néo-zélandais. Pour gouverner, les travaillistes ont néanmoins dû former une coalition avec New Zealand First, le parti populiste de Winston Peters.

Recemment, sa gestion de l’économie était critiquée, de même que son projet de réforme visant à stimuler la construction de logements bon marché. Son leadership dans l’adversité fait – cela montre que les difficultés de mise en oeuvre de réformes n’empêchent pas la popularité: une leçon ? – aujourd’hui l’unanimité. « Elle est comme la mère de la nation », affirme l’analyste Paul Buchanan.

ARTICLE

Nouvelle-Zélande, la gouvernance empathique de Jacinda Ardern – auteur: François d’Alançon –

Un an après l’attentat terroriste de Christchurch, la première ministre Jacinda Ardern a parfaitement géré la crise pandémique. Elle veut maintenant relancer l’économie en explorant des solutions nouvelles comme la semaine de travail de quatre jours. 

En Nouvelle-Zélande, la gouvernance empathique de Jacinda Ardern
Jacinda ArdernGUO LEI

C’est un sans-faute dans la gestion de crise pour Jacinda Ardern. Après sept semaines de confinement, les Néo-Zélandais ont retrouvé graduellement leurs lieux de travail, leurs centres commerciaux, leurs écoles, leurs restaurants et leurs bars. Bilan provisoire de l’épidémie pour l’archipel de cinq millions d’habitants : 1 504 cas confirmés et probables de coronavirus et 21 personnes décédées.

Un leadership empathique et bienveillant

L’isolement de la Nouvelle-Zélande, au fin fond du Pacifique, a certainement contribué au succès mais la première ministre néo-zé­lan­daise a passé avec brio ce nouveau test. Jacinda Ardern, 39 ans, a tracé sa propre voie en mettant en place, dès le 23 mars, un système d’alerte à quatre niveaux, avec ce mot d’ordre : « Go hard and go early » (« agir vite et fort »). Son secret ? Un style de leadership empathique et bienveillant, des messages clairs et cohérents, à la fois sobres et apaisants.

Cette approche n’a pas seulement résonné chez les Néo-Zélandais sur le plan émotionnel, elle a très bien fonctionné. « Les gens sentent qu’elle ne leur fait pas de sermon. Elle est avec eux », commente l’ancienne première ministre Helen Clark. La cohésion sociale du pays a fait le reste, illustrée dans l’effort collectif des institutions de santé publique, des responsables politiques de l’opposition et de l’ensemble des citoyens qui ont largement respecté les mesures de distanciation sociale.

Une communication en direct sur Facebook

Diplômée en communication, Jacinda Ardern a innové avec ses sessions de questions-réponses, à la fois informelles et informatives, en direct sur Facebook. Troisième femme à occuper le poste, dans un pays qui fut le premier à accorder le droit de vote aux femmes en 1893, la première ministre s’était déjà distinguée en mars 2019, lors de l’attentat contre deux mosquées de Christchurch qui avait fait 51 morts parmi les fidèles.

La population s’était mobilisée en soutien à la communauté musulmane, dans le sillage de la cheffe du gouvernement qui s’était présentée voilée, étreignant les familles de victimes et tenant un discours de compassion.

Soutien aux institutions multilatérales

Jacinda Ardern n’en est pas restée là. Le terroriste australien avait diffusé la vidéo de ses actes en direct sur Facebook. Deux mois plus tard, elle lançait à Paris aux côtés d’Emmanuel Macron, « l’appel de Christchurch » demandant aux gouvernements et aux entreprises du numérique de s’engager dans un plan d’action pour éliminer les contenus terroristes et extrémistes en ligne. Comme beaucoup de « petits pays », la Nouvelle-Zélande fait du soutien aux institutions multilatérales, en particulier les Nations unies et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), un point central de sa politique étrangère.

À quelques mois des élections législatives de septembre, Jacinda Ardern recueille près de 60 % d’opinions positives, mais elle ne prend rien pour acquis, face au Parti national (centre droit) qui s’est choisi un nouveau leader en la personne de Todd Muller. « Je me concentre sur l’emploi des Néo-Zélandais », disait-elle récemment, consciente de s’attaquer à un défi plus difficile : relancer une économie très dépendante du commerce et du tourisme. Avec la volonté d’utiliser la crise pour explorer des solutions nouvelles.

Associer flexibilité et productivité

Dans une discussion sur Facebook, la première ministre a ainsi encouragé employeurs et employés à envisager une semaine de travail de quatre jours et d’autres options, associant flexibilité et productivité. Un moyen de stimuler le tourisme intérieur, pendant que les frontières restent fermées, et d’aider les salariés à résoudre leurs problèmes d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

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