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Démocratie du sommeil

Le quartier de la Défense. « Soixante-quatre pour cent des actifs votent dans la commune où ils résident, mais travaillent dans une autre », selon le sociologue Jean Viard.

PRESENTATION

Sarah et Thomas, 35 ans chacun, habitent Vanves (Hauts-de-Seine), dans la petite couronne sud parisienne. L’un et l’autre travaillent dans une autre commune de la banlieue. Elle, consultante, se rend chaque jour en métro à la Défense, côté Courbevoie. Ce qui lui permet d’aller déjeuner avec ses collègues hors de l’esplanade du quartier d’affaires, « dans un vrai quartier ». Quant à Thomas, urbaniste, il rejoint son bureau au pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt à vélo, bien que le trajet ne soit pas toujours des plus agréables. « Si on veut faire au plus court, le trajet n’est pas adapté au vélo, reconnaît-il. Il n’y a pas de continuité dans les pistes cyclables. »

Avec l’urbanisation croissante, les trajets domicile-travail ne cessent de s’allonger. Nombre de villes voient leurs quartiers, au cours de la journée, changer profondément au rythme des migrations quotidiennes des populations. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 742 000 personnes vivent et travaillent dans la capitale, mais 1 060 000 viennent de l’extérieur y travailler. Idem à Lille où 117 000 personnes grossissent les rangs des actifs résidant et travaillant dans la ville (50 000). Même à Nancy, les travailleurs n’habitant pas la ville (43 700) sont près de deux fois plus nombreux que ceux qui y résident et y travaillent(22 600).

ARTICLE

Elections municipales : les travers de la « démocratie du sommeil »

Lors de ce scrutin local, les électeurs votent là où ils dorment, mais leur commune de résidence ne couvre pas tout le territoire de leur vie de citoyens.

Par Laetitia Van Eeckhout Publié le 16 juin 2020

Sarah et Thomas, 35 ans chacun, habitent Vanves (Hauts-de-Seine), dans la petite couronne sud parisienne. L’un et l’autre travaillent dans une autre commune de la banlieue. Elle, consultante, se rend chaque jour en métro à la Défense, côté Courbevoie. Ce qui lui permet d’aller déjeuner avec ses collègues hors de l’esplanade du quartier d’affaires, « dans un vrai quartier ». Quant à Thomas, urbaniste, il rejoint son bureau au pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt à vélo, bien que le trajet ne soit pas toujours des plus agréables. « Si on veut faire au plus court, le trajet n’est pas adapté au vélo, reconnaît-il. Il n’y a pas de continuité dans les pistes cyclables. »

Selon l’Insee, 742 000 personnes vivent et travaillent dans la capitale, mais 1 060 000 viennent de l’extérieur y travailler

Avec l’urbanisation croissante, les trajets domicile-travail ne cessent de s’allonger. Nombre de villes voient leurs quartiers, au cours de la journée, changer profondément au rythme des migrations quotidiennes des populations. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 742 000 personnes vivent et travaillent dans la capitale, mais 1 060 000 viennent de l’extérieur y travailler. Idem à Lille où 117 000 personnes grossissent les rangs des actifs résidant et travaillant dans la ville (50 000). Même à Nancy, les travailleurs n’habitant pas la ville (43 700) sont près de deux fois plus nombreux que ceux qui y résident et y travaillent(22 600).

A ces chiffres il convient d’ajouter les autres motifs de déplacement. « Tout comme les non-actifs, les actifs se déplacent pour faire des achats, aller au cinéma, rendre visite à un proche, poursuivre des études, etc., il faut en tenir compte : eux aussi profitent des infrastructures d’une ville qui n’est pas leur commune de résidence », relève Julie Vallée, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Au sein du laboratoire Géographie-Cités, elle a mis au point un outil interactif de géovisualisation de la population, Mobiliscope, qui montre comment la composition sociale des quartiers évolue au fil des heures de la journée, dans vingt-trois agglomérations françaises et six canadiennes.

Exemple : Mondeville, commune mitoyenne de Caen, compte 8 000 personnes la nuit, alors qu’en pleine journée la population présente peut atteindre jusqu’à 15 000 personnes. Et parmi ces dernières, 10 500 n’y résident pas et viennent y travailler ou faire des courses, attirées par la zone commerciale de la commune.

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