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Générer du consensus en engageant l’ensemble des forces vives

Banlieues : Borloo fustige "la désinvolture et la ...

PRÉSENTATION

Un texte de Jean Louis Borloo sur les fractures sociales

Marianne a eu accès à la préface que l’ancien ministre d’Etat Jean Louis BORLOO signe de « Tout citoyen est une personne », ouvrage à paraître fin juillet de Marie-Anne Montchamp, aujourd’hui présidente du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.

Ce texte repris et commenté par Marianne, se lit comme une critique en creux de la politique du gouvernement.

« On ne s’intéresserait plus à la personne derrière la politique »

« Notre société et nos institutions produisent de la relégation. Et comme toujours, la Nation se réveille de temps à autre sous le coup événements soudains, émeutes urbaines, gilets jaunes… Les causes sont connues mais les mécanismes de la relégation sont persistants ». Il défend la thèse selon laquelle on ne s’intéresserait plus à la personne derrière la politique

« On brandit le citoyen comme un emblème, on se félicite de ses droits, on s’étonne de son éloignement et de sa rupture avec le politique, mais on refuse de voir les cicatrices qu’il porte », déplore-t-il.

L’enjeu démocratique: Le vivre ensemble et l’inclusion passent par une politique résolue permettant à chacun d’aller à la rencontre de l’autre

Selon lui, « il ne saurait y avoir de politique de vivre ensemble et de lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes sans une politique résolue permettant à chacun d’aller à la rencontre de l’autre. »

Générer du consensus en engageant l’ensemble des forces vives

La démarche de J.L. BORLOO consiste à chercher à générer du consensus en engageant l’ensemble des forces vives : politiques, associatives ou citoyennes, quand d’autres opèrent un tri, excluant par exemple les responsables politiques du Conseil présidentiel des villes, favorisant ainsi un « prisme administratif distant » avec « pour conséquence de faire les beaux jours des positions politiques extrêmes ».

Réduire les fractures sociales pour combattre le repli communautaire

Jean Louis BORLOO a « la conviction que nous devons et que nous pouvons réduire les fractures sociales, celles qui défont la cohésion et nourrissent le repli communautaire »,

A.F.

ARTICLE

Fractures sociales : la leçon de Jean-Louis Borloo à Emmanuel Macron

Par Soazig Quéméner Publié le 13/07/2020 dans Marianne

Nous avons eu accès en exclusivité à la préface que l’ancien ministre d’Etat signe de « Tout citoyen est une personne », ouvrage à paraître fin juillet de Marie-Anne Montchamp, aujourd’hui présidente du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Un texte qui se lit comme une critique en creux de la politique du gouvernement.

Pas question pour Jean-Louis Borloo de régler ses comptes frontalement avec Emmanuel Macron. Le passif est pourtant lourd après le plan Banlieue commandé à l’ancien ministre de la Ville en début de quinquennat puis rejeté en direct devant les caméras par le chef de l’Etat, au motif que : « Ça n’aurait aucun sens que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s’échangent un rapport ».

Quelques mois plus tard, Jean-Louis Borloo répliquait au détour d’une réunion publique à Valenciennes. « Moi, mon sentiment, c’est qu’on est en train de remplacer le vieux monde des solidarités par le jeune monde des abandons de ceux qui ont besoin de la solidarité », avait-il regretté, ajoutant dans une de ces métaphores qu’il affectionne : « Il faut faire attention que notre pays ne se retrouve pas dans la situation culinaire désagréable où le gratin se sépare des nouilles ».

GRAND FROID

Après un grand froid, Emmanuel Macron et Jean-Louis Borloo se sont reparlés. Au printemps dernier, le second a accepté l’invitation du premier à échanger à l’Elysée sur les perspectives de long terme pour la France. A tel point que le nom de l’ancien ministre d’Etat a même circulé pour une arrivée au gouvernement où il aurait pu incarner un virage écologique et social. Une éventualité que l’ex-avocat a toujours rejetée.

Il suffit de lire le court texte qu’il a accepté d’écrire pour la préface de Tout citoyen est une personne* le livre à paraître fin juillet de Marie-Anne Montchamp, aujourd’hui présidente du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, pour comprendre le fossé qui sépare aujourd’hui encore le chiraquien, de l’actuel chef de l’Etat censé défendre « l’égalité des chances ».

CHERCHER À GÉNÉRER DU CONSENSUS

« La situation est facile à résumer », écrit celui qui a porté à partir de 2003 le « plus grand chantier civil de l’histoire », le plan de rénovation urbaine : « Notre société et nos institutions produisent de la relégation. Et comme toujours, la Nation se réveille de temps à autre sous le coup événements soudains, émeutes urbaines, gilets jaunes… Les causes sont connues mais les mécanismes de la relégation sont persistants ». Il défend la thèse de Marie-Anne Montchamp, une ancienne, comme lui, des gouvernements Raffarin et Fillon, selon laquelle on ne s’intéresserait plus à la personne derrière la politique. « On brandit le citoyen comme un emblème, on se félicite de ses droits, on s’étonne de son éloignement et de sa rupture avec le politique, mais on refuse de voir les cicatrices qu’il porte », déplore-t-il. Puis la critique se fait plus précise : « On gouverne à partir d’une représentation standardisée et segmentée du corps social. C’est ce qui fait qu’on produit de la norme, qu’on se passionne pour des modèles sans voir à quel point ils contraignent la personne, enclavée et enfermée dans les dispositifs, comme elle l’est dans les quartiers… »

Après le constat, Jean-Louis Borloo passe aux propositions. Selon lui, « il ne saurait y avoir de politique de vivre ensemble et de lutte contre l’exclusion sous toutes ses formes sans une politique résolue permettant à chacun d’aller à la rencontre de l’autre. » Et pour Borloo, la solution est toujours la même : chercher à générer du consensus en engageant l’ensemble des forces vives : politiques, associatives ou citoyennes, quand Emmanuel Macron a toujours préféré opérer un tri, excluant par exemple les politiques de son Conseil présidentiel des villes. Borloo met également en garde contre « le prisme administratif distant » avec « pour conséquence de faire les beaux jours des positions politiques extrêmes ».

Alors que, selon la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa, le nouveau Premier ministre devrait insister sur la lutte contre le « séparatisme » mercredi dans son discours de politique générale, Jean-Louis Borloo rappelle son propre credo, celui qu’Emmanuel Macron n’a pas voulu entendre : « J’ai toujours eu la conviction que nous devons et que nous pouvons réduire les fractures sociales, celles qui défont la cohésion et nourrissent le repli communautaire », souligne-t-il, avant de rendre hommage à « l’humanité » de Jacques Chirac. Au moment de sa disparition, en septembre dernier, Emmanuel Macron avait préféré insister sur la « liberté » de son lointain prédécesseur.

*Editions Ramsay

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