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Réseaux et propagande : illustration pour la Chine ou le Brésil

Le président brésilien, Jair Bolsonaro, lors d’une cérémonie de descente du drapeau national, au palais Alvorada à Brasilia, le 24 juillet 2020.

BILLET

Les réseaux dits sociaux sont critiqués, principalement par les médias et les responsables politiques, pour la diffusion incontrôlée d’informations fausses contribuant à la propagande et influençant – en mal – la vie démocratique ( souvent sans concéder la contribution des réseaux à la vie collective et publique )

Comment réguler les informations diffusées par les réseaux ?

Il est urgent de trouver des solutions, certaines passent par une régulation des réseaux.

Mais il ne faut pas ignorer le rôle propre des médias et des responsables politiques dans la diffusion d’informations trompeuses.

Les uns comme les autres s’alimentent souvent sur les réseaux… et les alimentent également.

Développer des médias indépendants

Une des priorités est certainement de favoriser le développement de médias indépendants fondés sur une éthique partagée et évaluée.

Les réseaux eux mêmes cherchent des solutions et agissent. Sans aborder ici la situation française déjà traitée dans nos publications, et sur laquelle nous reviendrons, voici deux illustrations : Chine et Brésil

La Chine en juin

Le réseau social déclarerait en juin avoir identifié un vaste réseau de comptes se coordonnant pour diffuser des campagnes de désinformation et de propagande sur la situation à Hongkong et sur la réponse sanitaire au coronavirus.

Le réseau social Twitter avait annoncé, mi juin, qu’il avait supprimé plus de 170 000 comptes liés à une opération de propagande et de désinformation en ligne soutenue par Pékin. Ces comptes propageaient des messages favorables au gouvernement chinois, ainsi que des campagnes de désinformation concernant notamment l’épidémie de Covid-19.

La firme américaine a retiré le cœur du réseau, composé de 23 750 comptes Twitter hautement actifs, ainsi que quelque 150 000 comptes périphériques chargés d’« amplifier » le contenu diffusé par les comptes principaux.

Les 23 750 comptes initiaux ont, en tout, posté plus de 348 000 Tweet sur le réseau social, précise une étude de chercheurs en cybersécurité de l’université de Stanford – avec qui Twitter a partagé, le 3 juin, ses découvertes concernant ce réseau.

Selon Twitter, cette opération est liée à une précédente campagne soutenue par les autorités chinoises pour diffuser des récits de propagande politique sur la situation à Hongkong, où ont éclaté en 2019 d’importantes manifestations prodémocratie. Twitter et Facebook avaient à l’époque annoncé avoir supprimé les comptes impliqués.

Le Bresil à présent

Après une décision de justice, Twitter et Facebook bloquent des comptes de partisans de Bolsonaro. Mais jusqu’au bout, Mark Zuckerberg a résisté à la tentation de policer le contenu de son réseau.

C’est sous la pression médiatique et politique, que Facebook a annoncé la fermeture de comptes et groupes du réseau d’extrême droite Boogaloo. Une première qui indique un tournant dans l’histoire de la firme.

Les comptes de seize soutiens et alliés du président brésilien d’extrême droite ont été bloqués dans le cadre d’une enquête sur une campagne présumée de désinformation.

Nous vous proposons ci contre l’article du Monde de ce jour. Et nous reviendrons sur le sujet de la PROPAGANDE, et également sur la communication politique.

ARTICLE

Twitter et Facebook ont suspendu, vendredi 24 juillet, les comptes de seize soutiens et alliés du président brésilien Jair Bolsonaro.

Une mesure prise en application d’une décision d’un juge de la Cour suprême brésilienne dans le cadre d’une enquête sur une campagne présumée de désinformation.

Les tensions s’intensifient entre le président d’extrême droite et la Cour suprême, qui enquête sur des allégations selon lesquelles plusieurs membres de l’entourage de Jair Bolsonaro mènent une campagne sur les réseaux sociaux pour discréditer cette institution judiciaire et en menacer les juges.Article réservé à nos abonnés 

Le juge Alexandre de Moraes a justifié sa décision, qui confirme un arrêt rendu en mai, en affirmant que les comptes de ces utilisateurs devaient être bloqués pour mettre fin à « la diffusion de fausses nouvelles, d’accusations diffamatoires, de menaces et de crimes » contre la Cour.null

Parmi les comptes suspendus figurent ceux de l’ancien député conservateur Roberto Jefferson, du magnat des affaires Luciano Hang et de la militante d’extrême droite Sara Winter. Cette dernière a dénoncé une mesure digne d’une « dictature ». Le blocage de leurs comptes ne s’appliquera qu’aux internautes qui tentent d’y accéder depuis le Brésil.

35 comptes déjà supprimés en début juillet

Début juillet, Facebook avait déjà annoncé la suppression pour désinformation coordonnée de dizaines de comptes dans plusieurs pays, en particulier certains liés au président brésilien, et qui encore récemment publiaient des messages sur la pandémie de Covid-19.

Le réseau d’action « inauthentique coordonnée » au Brésil se concentrait sur une audience domestique et, « même si les auteurs ont tenté de dissimuler leurs identités et coordination, notre enquête a trouvé des liens avec des personnes liées au Parti social-libéral » du président brésilien d’extrême droite, ainsi qu’avec l’entourage de Jair Bolsonaro lui-même et de ses fils Eduardo et Flavio, précisait Nathaniel Gleicher, chargé de la politique de sécurité de Facebook.

Le groupe américain avait, par conséquent, supprimé 35 comptes Facebook, 14 pages et un groupe, ainsi que 38 comptes sur sa filiale Instagram, ayant généré au total 1 500 dollars (1 322 euros) de recettes publicitaires. Environ 883 000 comptes suivaient une ou plusieurs de ces pages, 350 comptes avaient rejoint ce groupe et environ 917 000 personnes suivaient un ou plusieurs des profils Instagram.

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