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«Historique», «attendue», «inédite»… une audition hostile pour les dirigeants des GAFA

Le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, le PDG d’Apple, Tim Cook, le PDG d’Alphabet (Google), Sundar Pichai, et le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg.
Les dirigeants des GAFA ont été interrogés à distance par les élus américains de la Chambre des représentants, à Washington, le 29 juillet.

PRÉSENTATION

Hier Mercredi 29 juillet, un événement exceptionnel a eu lieu : les 4 GAFA ont été auditionnés

Jamais les quatre PDG des GAFA – l’acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple – n’avaient été réunis en même temps pour être interrogés par des élus. C’est la première fois aussi que Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon a du faire face à des parlementaires.

Les élus qui ont auditionné : quinze membres du sous-comité « concurrence » de la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants américaine, organisatrice de cette audition organisé en visioconférence en raison de la pandémie de Covid-19.

L’audition de Sundar Pichai (Google), Jeff Bezos, Mark Zuckerberg (Facebook) et Tim Cook (Apple) avait pour objectif d’obtenir des dépositions précises sur de possibles abus de position dominante de leur entreprise sur les marchés numériques, sujet de l’enquête parlementaire ouverte par le sous-comité en juin 2019. Mais la session aura été l’occasion, pour certains élus, de chercher avant tout à afficher devant les médias leur hostilité envers le secteur de la Big TechL

Le respect de la concurrence ou « antitrust »

Le thème de l’audition: le respect de la concurrence ou « antitrust ». Mais les débats touchent la modération des réseaux sociaux, enjeu pour la présidentielle américaine de novembre.

Après l’audition, le sous-comité rendra un rapport et pourrait proposer des lois pour réguler certaines activités de ces groupes jugés ultrapuissants, ou limiter leur capacité à racheter des entreprises.

Enquêtes antitrust ouvertes en parallèle

L’audition pourra influencer les enquêtes antitrust ouvertes en parallèle, au niveau fédéral, par le département de la justice contre Google et par le régulateur du commerce FTC contre Facebook, Amazon et Apple, mais aussi au niveau local, par les procureurs des Etats américains contre Google et Facebook. Les GAFA sont en effet tous dans le viseur, pour des motifs différents.

« trop de pouvoir »

David Cicilline, l’élu démocrate qui préside cette audition exceptionnelle, a déclaré mercredi que les quatre géants américains avaient « trop de pouvoir ». Egrenant des chiffres faramineux démontrant la puissance de ces géants, il a également souligné la nécessité d’enquêter sur leurs pratiques aujourd’hui plus que jamais, parce qu’« elles devraient émerger du Covid-19 encore plus fortes et puissantes qu’avant ».

Facebook règne sur les réseaux sociaux

Fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg a déjà connu ce type d’audition, notamment en mai 2018, lors du scandale Cambridge Analytica, le prestataire de la campagne de Donald Trump qui a eu accès à des millions de profils Facebook.

Les griefs contre l’entreprise sont nombreux. Du point de vue antitrustFacebook se voit reprocher sa stratégie de rapprochement avec ses filiales WhatsApp et Instagram, rachetées en 2014 et 2012. L’entreprise pourrait donc se voir imposer de séparer davantage ses actifs ou de garantir le droit de migrer vers des services rivaux. En réponse, Facebook se défend d’être un monopole et assure avoir des concurrents, notamment le Chinois TikTok. M. Zuckerberg brandit d’ailleurs souvent la menace des géants numériques de la Chine autoritaire.

Aux Etats-Unis, Facebook est aussi accusé par les démocrates et des associations antiracistes de faire le jeu de Donald Trump : le réseau a refusé de modérer comme Twitter les contenus publiés par le président américain et est jugé trop permissif envers les discours de haine. Facebook a fait un peu évoluer sa politique, mais, de l’autre côté, les républicains et M. Trump l’accusent d’être défavorable aux voix conservatrices et menacent de changer la responsabilité juridique des réseaux sociaux.

Google domine la recherche et la publicité en ligne

Sundar Pichai – devenu PDG de Google en 2015, puis de sa maison mère Alphabet – doit aussi souvent répondre aux soupçons des conservateurs américains, qui s’estiment désavantagés sur sa plate-forme de vidéo YouTube.

Mais Washington reproche surtout au groupe sa domination sur certains marchés. Google est soupçonné d’utiliser son moteur de recherche ou l’environnement mobile Android pour favoriser ses services, comme le comparateur Google Shopping ou le navigateur Chrome.

Dans la publicité en ligne, Google est montré du doigt car il agit à tous les niveaux : pour son propre compte, sur ses plates-formes comme sur son moteur de recherche, mais aussi pour le compte de tiers, par le biais d’intermédiaires techniques, comme sa régie DoubleClick. Faudrait-il l’obliger à séparer certains actifs ? Voter une loi sur les données aux Etats-Unis ? Les élus s’interrogent, bien que Google assure subir une vive concurrence.

L’entreprise pourrait être le premier des GAFA à faire l’objet de poursuites antitrust : l’enquête lancée par William Barr, le directeur du département de la justice nommé par M. Trump et très critique envers la Big Tech, avance vite, selon un article du New York Timesde fin juin.

Amazon, plate-forme de vente et vendeur

Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, a été sommé de témoigner en personne devant le sous-comité à la suite d’un article paru dans le Wall Street Journal, fin avril : selon le quotidien, des employés de la plate-forme d’e-commerce ont utilisé des données sur les ventes de certains commerçants pour lancer des produits concurrents sous des marques d’Amazon. Or, un représentant de l’entreprise avait assuré au sous-comité, en 2019, que les données des vendeurs n’étaient jamais exploitées…

Depuis, Amazon a assuré avoir lancé une enquête interne, mais son double rôle de plate-forme de vente et de vendeur reste au cœur des interrogations des élus : faudrait-il légiférer pour éviter qu’une activité favorise l’autre ?

Politiquement, les relations sont tendues entre Donald Trump et Amazon, accusé de menacer le petit commerce ou de ne pas assez payer d’impôts. L’entreprise assure que Jeff Bezos est dans le collimateur parce qu’il possède le quotidien The Washington Post. Et Amazon n’a pas hésité à dénoncer une « vendetta personnelle » de M. Trump, après avoir été écarté du contrat JEDI d’hébergement de données du département de la défense.

Pendant le confinement, Amazon s’est dépeint en service vital pour la société, mais la hausse de son cours de Bourse a renforcé l’image d’homme le plus riche du monde de M. Bezos.

Apple et le puissant écosystème iPhone

Pour Tim Cook, PDG d’Apple depuis 2011, les griefs antitrust se concentrent sur l’App Store et iOS, le magasin d’applications et le système d’exploitation qui équipent les iPhone. Apple est soupçonné de favoriser ses services, comme Apple Music ou Safari. Mais aussi de forcer les éditeurs d’applications, comme Spotify ou Netflix, à utiliser son système de paiement et à payer des commissions élevées. En réponse, Apple assure avoir beaucoup investi pour créer sur l’iPhone un écosystème d’applications dynamique et en très grande majorité gratuit.

Tim Cook s’est employé à maintenir de bonnes relations avec Donald Trump, le laissant par exemple se féliciter qu’Apple investisse dans des usines aux Etats-Unis. Le constructeur d’appareils a aussi cherché à se distinguer des autres GAFA, en assurant respecter la vie privée grâce à son modèle sans publicité. Mais l’entreprise reste aussi vue comme un géant du numérique susceptible d’écraser ses concurrents.

Enfin, un autre point faible possible est l’hostilité grandissante des Etats-Unis envers la Chine, où Apple est davantage présent que les autres GAFA, notamment par le biais des usines de ses prestataires.

Nous vous proposons l’article du Monde de ce jour ecrit suite à l’audition.

ARTICLE

« Historique », « attendue », « inédite »… une audition « hostile » pour les dirigeants des GAFA

Par Stéphanie Le Bars Publié le 30 07 2020

Les élus ont principalement interrogé les dirigeants de Google, Apple, Facebook, Amazon sur le respect de la concurrence et de la vie privée, leur rôle dans la diffusion de fausses informations et leur capacité à limiter leur propagation.

« Historique », « attendue », « inédite », l’audition des dirigeants des GAFA, Sundar Pichai (Alphabet, maison mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon) par la commission judiciaire de la Chambre des représentants à Washington, mercredi 29 juillet, a permis aux élus américains de les questionner, parfois avec rudesse, sur d’éventuels abus de position dominante, un travail inégalé depuis les années 90 et les accusations contre Microsoft.Lire aussi  Une audition inédite pour les PDG de Google, Amazon, Facebook et Apple

La séance qui a duré 5 h 30 heures s’est aussi révélée politique. Les élus ont principalement interrogé les quatre dirigeants sur le respect de la concurrence et de la vie privée, sur leur rôle dans la diffusion de fausses informations, leur capacité à limiter leur propagation, tandis que plusieurs élus républicains ont, eux, insisté sur leurs biais politiques – libéraux – et la liberté d’expression, explique le New York Times. 

« C’était la première audition depuis longtemps au cours de laquelle démocrates et républicains ont agi comme s’ils avaient un ennemi commun, quoique pour des raisons différentes. »

Juges et parties

Les élus se sont attachés à démontrer que ces entreprises « sont devenues trop puissantes, menaçant leurs concurrents, les consommateurs et parfois même la démocratie », indique le Washington Post, pour qui les quatre hommes sur la sellette ont subi une « correction brutale ».

« L’après-midi a offert de multiples échanges inconfortables, mettant en évidence les frustrations partagées par les deux camps politiques » quant aux méthodes des géants de la Silicon Valley. Cette audition survient en outre « alors que les compagnies font l’objet d’enquêtes [des autorités de la concurrence] à travers le monde ». Google et Facebook bénéficient de l’essentiel des recettes publicitaires numériques mondiales grâce aux données personnelles de leurs milliards d’utilisateurs. Apple et Amazon, eux, sont accusés d’être juges et parties sur leurs plates-formes, l’app store pour l’un et le site de e-commerce pour l’autre.

Ces critiques virulentes contre les quatre entreprises interviennent dans un contexte – la pandémie de Covid-19 – dans lequel « l’Amérique n’a jamais eu autant besoin de leurs services », souligne le Wall Street Journal, qui relève aussi « un climat quasi général d’hostilité ». Le journal pointe « les menaces que font peser sur ces entreprises des enquêtes en cours par les autorités antitrust ».

Peu de chance d’avoir des conséquences

Mais pour d’autres, l’audition a peu de chance d’avoir des conséquences majeures. « Rien n’arrivera après mercredi qui aura un impact direct sur la manière dont ces entreprises sont régulées », écrit Vox. Même si, « en théorie, les lois antitrust pourraient déboucher sur un démantèlement, comme ce fut le cas pour Standard Oil au début du XXe siècle ou Bell Telephone dans les années 80 ; mais cela ne s’est pas produit pour Microsoft dans les années 90 ».

Les républicains sont apparus les moins enclins à adopter de nouvelles lois pour limiter la puissance des GAFA. Un sentiment résumé par les déclarations de l’élu républicain du Wisconsin, pour qui les lois antitrust existantes sont suffisantes et doivent juste être mieux appliquées, explique Politico. 

Pourtant, rappelle le New York Times, « ces lois créées il y a un siècle ne sont pas faites pour contrôler les entreprises de l’Internet ». Elles prévoient notamment que si les prix n’augmentent pas trop, les autorités de contrôle n’interviennent pas. « Les géants des nouvelles technologies n’ont en général pas tiré les prix des services et des biens à la hausse ; certains de leurs services ne sont même par payants, comme Google Maps ou Instagram. »

2 réponses »

  1. Article suggéré en complément de notre publication

    Etats-Unis : Puissance et « abus de pouvoir »… Google, Apple, Facebook et Amazon sermonnés par les élus américains

    GEANTS DE LA TECH Les élus n’ont pas mâché leurs mots face aux patrons de Google, Amazon, Apple et Facebook, convoqués en visioconférence

    20 Minutes
    Publié le 30/07/20

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    Le congressman Jim Jordan lors de la Commission sur la domination des Gafa à Washington, le 29 juillet 2020.

    Les GAFA écrasent leurs concurrents et la démocratie, ont martelé les démocrates. Les GAFA nous censurent, ont tempêté les républicains… Les élus américains ont donné libre cours mercredi, pendant cinq heures, à des années de frustration vis-à-vis des sociétés tentaculaires qui dominent l’internet mondial.

    Sundar Pichai (Alphabet, maison-mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon), ont été auditionnés en visioconférence par la commission judiciaire de la Chambre des représentants à Washington, qui enquête depuis un an sur de possibles abus de position dominante. « Ils ont trop de pouvoir », a assené d’emblée David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence. Et « ils vont certainement émerger (de la pandémie) encore plus forts et plus puissants qu’avant ».

    Google, « un jardin clôturé »
    « Si le Congrès ne force pas les « Big Tech » à être équitables, ce qu’ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets », a menacé Donald Trump avant le début de la séance. Les membres démocrates se sont principalement concentrés sur le modèle économique des géants de la tech.

    Ils ont tenté de prouver que ces groupes utilisent les montagnes de données personnelles à leur disposition et des acquisitions de concurrents pour empêcher, illégalement, tout compétiteur d’émerger, au détriment des consommateurs, des citoyens, de l’innovation et de la démocratie. « Google est devenu le portail d’accès à Internet et abuse de son pouvoir », a argumenté David Cicilline après une série de questions à Sundar Pichai. « C’est devenu un jardin clôturé, (…) qui s’assure, virtuellement, que toute entreprise qui veut être trouvée en ligne doive payer une taxe à Google ».

    La concurrence au cœur des débats
    Jerry Nadler, le président de la commission, a de son côté attaqué Mark Zuckerberg sur le terrain des acquisitions. « Facebook voyait Instagram comme une menace (…), donc (…) ils les ont rachetés », a-t-il accusé. Jeff Bezos, dont c’était la première parution devant une commission parlementaire, en a aussi pris pour son grade. « Amazon est seulement intéressé dans l’exploitation de son monopole sur les ventes en ligne », a déclaré David Cicilline. « Son double rôle d’hébergeur et de marchand sur la même plateforme est fondamentalement anticoncurrentiel. Le Congrès doit prendre des mesures ».

    Pour appuyer ce propos, l’élue Pramila Jayapal a cité un ancien employé d’Amazon : « (les chefs) nous disent juste : « ne vous servez pas dans les données ». Mais c’est un véritable magasin de bonbons, tout le monde a accès à tout ce qu’il veut ». Tim Cook a été interrogé sur le même sujet – sa qualité de juge et partie sur sa plateforme d’applications, l’app store – mais a été relativement épargné par rapport aux autres groupes.

    Fibre patriotique et « success stories »
    Combinés, les GAFA valent environ 4.780 milliards de dollars en Bourse. Les milliardaires Jeff Bezos et Mark Zuckerberg figurent au top 5 des hommes les plus riches au monde. Leurs patrons ont eu peu d’opportunités de répondre aux accusations, hormis pendant leurs propos liminaires, où ils ont vanté leurs « success stories » à l’américaine pour en appeler à la fibre patriotique des élus.

    Ils ont mis en avant leur contribution à la croissance, leurs investissements, les créations d’emplois aux Etats-Unis, et assuré favoriser la compétition tout en faisant face à une concurrence féroce. Pas de quoi convaincre David Cicilline : « Ces sociétés disposent d’un monopole. Certaines doivent être scindées, d’autres doivent régulées et rendues responsables de leurs actes », a-t-il conclu.

    La commission judiciaire enquête depuis des mois sur de possibles abus de position dominante, mais l’audition a peu de chance d’avoir des conséquences majeures, si ce n’est, peut-être, de préparer de nouvelles lois plus contraignantes pour les plateformes numériques.

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  2. Second ajout, article de Challenges

    Google, Apple, Facebook et Amazon sermonnés par les politiques américains

    Par AFP le 29.07.20

    Les GAFA écrasent leurs concurrents et la démocratie, ont martelé les démocrates; les GAFA nous censurent, ont tempêté les républicains: les élus américains ont donné libre cours mercredi, pendant 5 heures, à des années de frustration vis-à-vis des sociétés tentaculaires qui dominent l’internet mondial.

    Mark Zuckerberg défend l’acquisition d’Instagram et les pratiques de Facebook en matière de concurrence devant la Commission judiciaire au Congrès américain le 29 juillet 2020

    Les GAFA écrasent leurs concurrents et la démocratie, ont martelé les démocrates; les GAFA nous censurent, ont tempêté les républicains: les élus américains ont donné libre cours mercredi, pendant 5 heures, à des années de frustration vis-à-vis des sociétés tentaculaires qui dominent l’internet mondial.

    Sundar Pichai (Alphabet, maison-mère de Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook) et Jeff Bezos (Amazon), ont été auditionnés en visioconférence par la commission judiciaire de la Chambre des représentants à Washington, qui enquête depuis un an sur de possibles abus de position dominante.

    « Ils ont trop de pouvoir », a assené d’emblée David Cicilline, le président du sous-comité sur la concurrence. Et « ils vont certainement émerger (de la pandémie) encore plus forts et plus puissants qu’avant ».

    « Si le Congrès ne force pas les +Big Tech+ à être équitables, ce qu’ils auraient dû faire il y a des années, je le ferai moi-même avec des décrets », a menacé Donald Trump avant le début de la séance.

    Les membres démocrates se sont principalement concentrés sur le modèle économique des géants de la tech.

    Ils ont tenté de prouver que ces groupes utilisent les montagnes de données personnelles à leur disposition et des acquisitions de concurrents pour empêcher, illégalement, tout compétiteur d’émerger, au détriment des consommateurs, des citoyens, de l’innovation et de la démocratie.

    « Google est devenu le portail d’accès à internet et abuse de son pouvoir », a argumenté M. Cicilline après une série de questions à Sundar Pichai. « C’est devenu un jardin clôturé, (…) qui s’assure, virtuellement, que toute entreprise qui veut être trouvée en ligne doive payer une taxe à Google ».

    – « Magasin de bonbons » –

    Jerry Nadler, le président de la commission, a de son côté attaqué Mark Zuckerberg sur le terrain des acquisitions. « Facebook voyait Instagram comme une menace (…), donc (…) ils les ont rachetés », a-t-il accusé.

    Jeff Bezos, dont c’était la première parution devant une commission parlementaire, en a aussi pris pour son grade. « Amazon est seulement intéressé dans l’exploitation de son monopole sur les ventes en ligne », a déclaré M. Cicilline. « Son double rôle d’hébergeur et de marchand sur la même plateforme est fondamentalement anti-concurrentiel. Le Congrès doit prendre des mesures ».

    Pour appuyer ce propos, l’élue Pramila Jayapal a cité un ancien employé d’Amazon: « (les chefs) nous disent juste: +ne vous servez pas dans les données+. Mais c’est un véritable magasin de bonbons, tout le monde a accès à tout ce qu’il veut ».

    Tim Cook a été interrogé sur le même sujet – sa qualité de juge et partie sur sa plateforme d’applications, l’app store – mais a été relativement épargné par rapport aux autres groupes.

    – « Chasse aux conservateurs » –

    Côté républicains, Greg Steube a interrogé Sundar Pichai sur ses e-mails de campagne qui « arrivent systématiquement dans les dossiers spam », signe, selon lui, d’un complot contre les conservateurs.

    A moins de 100 jours de élections, de nombreuses questions ont porté sur les réseaux sociaux et leur rapport à la liberté d’expression.

    « Les Big Tech ont ouvert la chasse aux conservateurs, c’est un fait », a lancé Jim Jordan, un des proches alliés de Donald Trump, affirmant que les plateformes faisaient tout pour réduire les républicains au silence.

    Il a aussi accusé Google d’être un allié de la Chine (le moteur de recherche n’y est pas accessible depuis 20 ans) et a tenté de faire promettre au patron du groupe que ses services « ne seraient pas ajustés sur mesure pour aider Joe Biden (le candidat démocrate) à gagner en 2020 » la présidentielle.

    Sur la concurrence, plusieurs des membres républicains de la commission estiment de toute façon qu’être « grand » n’est pas une tare, et peut même servir à « faire le bien ».

    – Happy ending ? –

    Combinés, les GAFA valent environ 4.780 milliards de dollars en Bourse. Les milliardaires Jeff Bezos et Mark Zuckerberg figurent au top 5 des hommes les plus riches au monde.

    Leurs patrons ont eu peu d’opportunités de répondre aux accusations, hormis pendant leurs propos liminaires, où ils ont vanté leurs « success stories » à l’américaine pour en appeler à la fibre patriotique des élus.

    Ils ont mis en avant leur contribution à la croissance, leurs investissements, les créations d’emplois aux Etats-Unis, et assuré favoriser la compétition tout en faisant face à une concurrence féroce.

    Pas de quoi convaincre M. Cicilline: « Ces sociétés disposent d’un monopole. Certaines doivent être scindées, d’autres doivent régulées et rendues responsables de leurs actes », a-t-il conclu.

    La commission judiciaire enquête depuis des mois sur de possibles abus de position dominante, mais l’audition a peu de chance d’avoir des conséquences majeures, si ce n’est, peut-être, de préparer de nouvelles lois plus contraignantes pour les plateformes numériques.

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