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Dépasser la démocratie (PARTIE 1): 13 mythes de la « religion séculaire de la démocratie »

PRÉSENTATION

La démocratie est-elle l’horizon indépassable de la liberté ?

Deux auteurs néerlandais, Frank Karsten et Karel Beckman, font la démonstration, accessible à tous, du contraire.

Ils démontent d’abord 13 mythes qui fondent la religion séculaire de la démocratie, telle que nous la connaissons dans les États-nations.( PARTIE 1)

Puis ils démontrent que plus de démocratie se traduit par moins de liberté et moins d’harmonie. (PARTIE 2)

Enfin ils proposent une alternative qui met en avant la décentralisation et la liberté individuelle.(PARTIE 3)

Dépasser la démocratie 

Pourquoi la démocratie ne mène pas à la solidarité, à la prospérité et à la liberté, mais aux conflits sociaux, aux dépenses publiques effrénées et à la tyrannie, tel est leur questionnement.

Karel Beckman est journaliste et auteur, rédacteur en chef de l’European Energy Review. Il a travaillé en tant que journaliste pour le quotidien néerlandais Financieele Dagblad. . Frank Karsten est le fondateur du Mises Instituut Nederland et de la Stichting Meer Vrijheid (Fondation pour Davantage de Liberté).

Dépasser la démocratie a été publié en français en 2013 par l’Institut Coppet (traduction Benoît Malbranque).L’ambition de ce livre est de « s’attaquer au dernier grand tabou politique de notre temps », cette « religion laïque » qu’est devenue la démocratie.

Leurs « solutions »

Ce n’est pas, selon eux, « davantage de démocratie » qui peut résoudre les problèmes actuels de la société. La démocratie n’est qu’une « forme subtile de socialisme », ce qui reste de liberté dans nos sociétés n’est pas dû à la démocratie mais à la tradition libérale.

Les remèdes sont donc les suivants :

Pierre ANDRE

  • décentralisation, autonomie locale, possibilité de sécession (abolition de l’Union européenne, mastodonte bureaucratique incarnation de la centralisation)
  • « marché de la gouvernance » : les États sont en concurrence, les citoyens peuvent facilement se déplacer de l’un à l’autre et « voter avec leurs pieds »
  • « société contractuelle » sans contrôle central, comme peuvent l’être Internet, Wikipédia, etc.
  • la technologie offre aux individus un plus grand contrôle sur leurs propres vies
  • l’État-providence peut être remplacé pour une grande part par un régime d’assurances privées

Nous vous proposons ci contre un article de Contrepoints sur ce ouvrage.

ARTICLE PARTIE 1

La démocratie est-elle l’horizon indépassable de la liberté ?

Par Francis Richard

La démocratie représentative, basée sur la tyrannie du nombre, conduit tout droit à la croissance de l’État, qui se transforme mécaniquement en État-providence, sans échappatoire, et remet en cause la prospérité.

Dans leur livre iconoclaste, Dépasser la démocratie, ces deux auteurs démontent d’abord 13 mythes qui fondent la religion séculaire de la démocratie, telle que nous la connaissons dans les États-nations. Puis ils démontrent que plus de démocratie se traduit par moins de liberté et moins d’harmonie. Enfin ils proposent une alternative qui met en avant la liberté individuelle.

Quels sont ces 13 mythes de la démocratie ?

1. Chaque vote compte
Un vote sur des millions n’a aucune influence réelle et ne constitue qu’une vague préférence : « Il existe rarement une personne ou un parti avec lesquels vous êtes d’accord sur tous les sujets. » Une fois que vous avez voté, on prend à votre place pendant des années (quatre ou cinq) de multiples décisions auxquelles vous n’avez pas donné votre accord.

2. Dans une démocratie, le peuple gouverne
En réalité, ce n’est pas le peuple dans son entier qui gouverne, mais tout au plus une majorité d’électeurs, représentés par un plus petit nombre d’hommes politiques qui décident à leur place, souvent contre leur volonté, sous la pression de lobbys, de groupes d’intérêts et d’activistes.

3. La majorité a raison
« Une chose n’est pas vraie par le simple fait que de nombreuses personnes croient en sa véracité. » De plus, « [les gens] espèrent partager la charge avec d’autres et profiter d’avantages payés par d’autres » et « la quantité l’emporte sur la qualité ». Ce n’est donc ni rationnel, ni moral.

4. La démocratie est politiquement neutre
« Sur le long terme, les démocraties occidentales ont constamment avancé dans la direction d’une plus forte interférence étatique, d’une plus grande dépendance envers l’État et d’un plus haut niveau de dépenses publiques. »

5. La démocratie mène à la prospérité
Il n’y a pas corrélation entre pays démocratiques et prospérité. L’évolution récente prouve même l’inverse : « Le secteur privé s’érode progressivement, dans un processus menaçant de détruire la richesse formidable créée par l’Occicent pendant des siècles. » Dans une démocratie, « les citoyens sont incités à obtenir des avantages au détriment des autres » et les hommes politiques « à dépenser autant que possible, afin de pouvoir obtenir les mérites et laisser leurs successeurs payer la note ».

6. La démocratie est nécessaire pour assurer une juste distribution des richesses et pour venir en aide aux pauvres
La distribution des richesses, sous forme de subventions, de privilèges et d’emplois, se fait sous la pression de lobbys : « Dans ce système, le parasitisme, le favoritisme, et la dépendance sont encouragés, tandis que la responsabilité individuelle et l’autonomie sont découragés. » Pour aider les gens incapables de subvenir à leurs propres besoins, « il n’est pas nécessaire de créer la machine redistributive massive de nos démocraties. Cela peut être fait par des institutions privées de charité ».

7. La démocratie permet de vivre tous en harmonie
« L’une des conséquences malheureuses du système démocratique est que les gens sont incités à former des groupes qui entreront nécessairement en conflit avec d’autres groupes. Il en est ainsi parce que vous n’avez aucune chance de transformer vos idées en loi qu’en faisant partie d’un groupe (ou d’un bloc d’électeurs). »

8. La démocratie est nécessaire pour créer un sentiment de communauté
« La démocratie est une organisation dont l’adhésion est obligatoire. Une véritable communauté repose sur la participation volontaire. »

9. La démocratie signifie la liberté et la tolérance
« La liberté signifie que vous n’avez pas à faire ce que la majorité de vos semblables veut que vous fassiez, mais que vous pouvez décider pour vous-même. » Les démocraties protègent quelques minorités et d’autres pas, limitent la liberté d’expression par de nombreuses exceptions.

10. La démocratie favorise la paix et aide à lutter contre la corruption
Historiquement les démocraties ne sont pas pacifiques les unes avec les autres (voir les belligérants de la Grande Guerre ou les récentes guerres entre Russie et Géorgie ou entre Israël et Liban). « La corruption est inévitable là où l’Etat a beaucoup de pouvoir, quel que soit le système politique, et cela inclut évidemment la démocratie. »

11. Dans une démocratie les gens obtiennent ce qu’ils désirent
En fait, c’est le contraire, parce que plus de démocratie conduit à plus de bureaucratie et à plus d’entraves pour le marché : « Le marché libre ne fonctionne pas par des processus démocratiques. Pourtant, dans un sens, le marché libre est plus « démocratique » que la démocratie car les citoyens peuvent faire leurs propres choix plutôt que d’avoir le gouvernement qui choisit pour eux. »

12. Nous sommes tous favorables à la démocratie
Parce que nous n’avons pas le choix, sinon. « En fait de nombreux démocrates bien-pensants seraient sans doute heureux d’échapper aux mesures qu’ils sont censés avoir choisies par les urnes. »

13. Il n’y a pas de meilleure alternative
« Nous n’utilisons pas la démocratie dans le domaine scientifique, nous ne votons pas sur la vérité scientifique, mais nous utilisons la logique et les faits. Il n’y a donc aucune raison de penser que la démocratie est nécessairement le meilleur système politique. » De fait, « plus un État démocratique est grand et plus sa population est hétérogène, plus des tensions naîtront. Les différents groupes d’un tel État n’hésiteront pas à utiliser le processus démocratique pour piller les autres autant que possible, et pour interférer avec eux. À l’inverse, plus les unités administratives sont petites et plus la population est homogène, plus il est probable que les excès de la démocratie restent limités. Les gens qui se connaissent personnellement ou se sentent liés les uns aux autres sont moins enclins à se voler et à s’opprimer les uns les autres ».

à suivre… Parties 2 et 3

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