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La modernisation de l’économie passe par un plan de simplification administrative




BILLET

Plan de modernisation ou Plan de relance ?

Pour Nicolas Bouzou, le « plan de modernisation » annoncé par le gouvernement était indispensable. Mais pour qu’il porte réellement ses fruits, il faudra surmonter nos traditionnelles lenteurs et rigidités administratives.

Attaché à la réforme de l’administration, à la simplification des règles et, plus glogalement, à la redynamisation de l’Action Publique – en parallèle à la revivification de la Démocratie – METAHODOS reprend ici la chronique récente de Nicolas BOUZOU.

L’économiste indique que « ce qu’a annoncé le Premier ministre jeudi, c’est surtout un plan de modernisation de l’économie, évidemment critiquable par tel ou tel aspect, mais qui était nécessaire, Covid-19 ou pas. On devrait d’ailleurs s’interroger pour savoir ce qui, dans notre démocratie, a empêché qu’un tel paquet de mesures n’ait pas été voté dix ans plus tôt. »


ARTICLE

« Et maintenant vite, un plan de simplification ! »

Nicolas Bouzou, 03/09/2020, l’Express


Le plan de relance n’en est pas tout à fait un, et c’est une bonne chose pour l’avenir de notre pays. Non pas qu’une relance sur un mode keynésien soit inutile dans une situation de fragilité de la demande globale. De ce point de vue, le gouvernement a eu, par exemple, parfaitement raison d’augmenter l’allocation de rentrée scolaire et d’augmenter le budget de son « ? plan pauvreté? ».

Ces mesures sont socialement indispensables et économiquement intelligentes. Mais ce qu’a annoncé le Premier ministre jeudi, c’est surtout un plan de modernisation de l’économie, évidemment critiquable par tel ou tel aspect, mais qui était nécessaire, Covid-19 ou pas. On devrait d’ailleurs s’interroger pour savoir ce qui, dans notre démocratie, a empêché qu’un tel paquet de mesures n’ait pas été voté dix ans plus tôt.

Deux réponses à cela?: financièrement, l’activisme de la Banque centrale européenne depuis le début de l’épidémie a considérablement relâché la contrainte budgétaire, ce qui permet à un pays comme la France de proposer un plan à près de 100 milliards d’euros sans aucun risque de tension sur les taux d’intérêt?(cela aurait été plus risqué avant la crise) ; politiquement, la période actuelle est propice à des changements structurels, une notion comme celle de la réindustrialisation étant revenue sur le devant de la scène à la faveur de nos problèmes récents.  


Le plan gouvernemental comporte trois volets. Le volet écologique est largement consacré à la rénovation énergétique des bâtiments, en particulier dans le secteur public. Cette mesure est simple et efficace. Un grand nombre d’écoles, de commissariats, de Palais de justice et même de ministères sont des passoires thermiques qui chauffent la rue en hiver. Les rénover est efficace du point de vue écologique et cela devrait permettre de relancer l’activité dans le bâtiment rapidement. Le volet économique consacre 10 milliards de baisse des impôts de production par an (on aurait pu faire plus mais bon…) et acte la montée en charge du PIA (Programme d’Investissement d’Avenir) qui co-finance depuis 2010 des investissements dans le domaine du numérique, du développement durable, de l’industrie ou de la santé.

Il existe une large littérature économique qui montre les effets néfastes des impôts de production sur les exportations et l’emploi. Et d’après un rapport France Stratégie de 2016, confirmé par un rapport de 2019 du Comité de Surveillance des Investissements d’avenir, les PIA ont eu un impact positif sur l’économie française, en préservant l’investissement et en renforçant la croissance à long terme. Les mesures du troisième volet du plan, qui concernent essentiellement l’embauche des jeunes, sont plus conjoncturelles mais sont évidemment indispensables pour limiter le drame qui se profile dans ce domaine.  

Le plan de relance n’en est pas tout à fait un, et c’est une bonne chose pour l’avenir de notre pays. Non pas qu’une relance sur un mode keynésien soit inutile dans une situation de fragilité de la demande globale. De ce point de vue, le gouvernement a eu, par exemple, parfaitement raison d’augmenter l’allocation de rentrée scolaire et d’augmenter le budget de son « plan pauvreté ». Ces mesures sont socialement indispensables et économiquement intelligentes. Mais ce qu’a annoncé le Premier ministre jeudi, c’est surtout un plan de modernisation de l’économie, évidemment critiquable par tel ou tel aspect, mais qui était nécessaire, Covid-19 ou pas.

On devrait d’ailleurs s’interroger pour savoir ce qui, dans notre démocratie, a empêché qu’un tel paquet de mesures n’ait pas été voté dix ans plus tôt. Deux réponses à cela : financièrement, l’activisme de la Banque centrale européenne depuis le début de l’épidémie a considérablement relâché la contrainte budgétaire, ce qui permet à un pays comme la France de proposer un plan à près de 100 milliards d’euros sans aucun risque de tension sur les taux d’intérêt (cela aurait été plus risqué avant la crise) ; politiquement, la période actuelle est propice à des changements structurels, une notion comme celle de la réindustrialisation étant revenue sur le devant de la scène à la faveur de nos problèmes récents.  

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