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Designer le « Séparatisme » et accepter le « Communautarisme »?

BILLET

Séparatisme/Communautarisme: des questions légitimes ?

Pourquoi le Chef de l’État exhume le concept de « séparatisme » et refuse la réalité du « communautarisme » ?

Est ce nier que le communautarisme est l’enfermement des individus dans une supposée communauté uniforme ?

Est ce accepter que le communautarisme nie les appartenances multiples et mouvantes ?

L’affichage d’une reconquête républicaine doit être salué, Si…

Si c’est mettre fin aux enseignements de langues et cultures d’origine, avec des enseignants ne maitrisant pas le français avec « imams détachés »

Si c’est mettre en place une pratique apaisée de l’Islam par les Français de confession musulmane

Si c’est mettre fin à un système détachant volontairement les musulmans de la communauté nationale.

Si c’est mettre fin aux comportements d’élus qui – cherchant la paix sociale et la reconnaissance électorale – ont pu laisser des représentants d’une religion compenser le retrait de l’Etat et la destruction des services publics.

Pour autant, la réponse proposée est-elle suffisante, et surtout, repose-t-elle sur le bon diagnostic?

Le séparatisme que le Président n’ose dire islamiste est-il celui des salafistes quiétistes dont une certaine gauche prétend qu’il n’est pas dangereux.

« Séparatisme »., le pour plaire, et notamment à ceux qui nient qu’il y ait des «territoires perdus» et des populations volontairement en marge de la communauté nationale.

Emmanuel Macron : « Je ne suis pas à l’aise avec le mot communautarisme, explique-t-il. On peut appartenir à une famille de pensée, avoir une religion, des origines étrangères auxquelles on tient tout en étant pleinement Française et Français dans la nation. On peut se sentir des identités multiples si on respecte les lois de la République. »

Est ce accepter une situation et nier que le communautarisme est l’enfermement des individus dans une supposée communauté uniforme ?

Nous vous proposons un article d’Hadrien Mathoux sur un glissement sémantique

ARTICLE

Par Hadrien Mathoux, Publié le 14/09/2020, MARIANNE

Le président a cessé de parler de « communautarisme » depuis février et s’emploie désormais à utiliser « séparatisme » pour dénoncer les groupes agissant afin de « se séparer de la République ». Un virage lexical pas dénué de signification politique, qui ne parvient pas à combler les faiblesses et ambiguïtés contenues dans la notion de communautarisme.

C’est un glissement sémantique remarqué et discuté. Alors que le terme de « communautarisme » semblait s’être imposé dans le langage commun, Emmanuel Macron et son gouvernement lui ont trouvé un substitut, celui de « séparatisme« . Ce mot habille la loi devant être présentée en conseil des ministres cet automne, qui devrait notamment exiger de toutes les associations qu’elles signent un pacte d’engagement sur la laïcité. Pourtant, en octobre 2019, le président annonçait encore sa détermination dans « la lutte contre le communautarisme« , se disant prêt à mettre en place des mesures musclées, afin d’interdire « certaines pratiques qui se sont installées et qui ne sont pas conformes aux lois de la République« . Pourquoi cette évolution de vocabulaire ?

Emmanuel Macron: « Je ne suis pas à l’aise avec le mot communautarisme […] ce que nous devons combattre, c’est le séparatisme »

Mais le 18 février, lors de son déplacement à Mulhouse, le chef de l’Etat a viré sa cuti lexicale. « Je ne suis pas à l’aise avec le mot de « communautarisme« , a-t-il avoué, justifiant qu’il puisse exister « des communautés dans la République » à condition que celles-ci ne vaillent jamais « soustraction à la République« . Cette évolution avait été saluée par le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, dans Le Figaro : « [Le terme de séparatisme] ne fustige pas la communauté musulmane qui défend certes ses intérêts, comme d’autres communautés, mais sans repli sur elle-même« . C’est que le mot « communautarisme » est souvent contesté pour son caractère jugé à la fois vague et polémique. Dans sa contribution aux Cahiers du Cevipof en 2005, l’universitaire Pierre-André Taguieff avait ainsi souligné que la notion constituait « une figure pathologique composite qui, lorsqu’elle fait l’objet de passions intellectualisées, est construite par les anti-communautaristes déclarés avec les attributs d’intolérance, de fermeture sur soi, d’ethnocentrisme, voire de xénophobie« .

Dans ce schéma, il serait en effet aisé pour des idéologues prônant l’exclusion de certains groupes de dénigrer comme « communautarisme » tout comportement qui dévierait un tant soit peu de la norme du groupe majoritaire. Certains estiment en outre que le communautarisme est devenu à la fois un cache-sexe et un fourre-tout : cache-sexe, car il sert pour la grande majorité de ceux qui l’invoquent à parler d’islamisme sans le nommer directement ; fourre-tout, car il est bien difficile de désigner clairement quelle gamme de comportements sont désignés par l’infamante expression. « Sur le terrain, les habitants des quartiers ne se reconnaissent pas dans le terme ‘communautarisme’, c’est un mot politique et médiatique« , estime auprès du Monde le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, chargé d’une mission sur le sujet lorsqu’il était secrétaire d’Etat.

COMPROMIS SÉMANTIQUE

Le choix du mot « séparatisme » doit pour Emmanuel Macron servir à gagner en précision et éviter tout risque de stigmatisation. Le président a ainsi reconnu l’existence d’appartenances communautaires liées au « pays d’où on vient » ou à la religion, mais tracé la limite : ces identités sont « compatibles avec la République » mais le problème se pose « quand au nom d’une religion ou d’une appartenance, on veut se séparer de la République« . Ce faisant, le chef de l’Etat cherche à se démarquer d’un républicanisme assimilationniste qu’il critiquait abondamment avant son élection à la présidence, accusé de vouloir gommer toutes les appartenances particulières des Français pour les fondre dans le corps national.

Le « séparatisme » répond-il cependant à tous les écueils posés par l’usage de « communautarisme » ? De part et d’autre des opposants au président, cette évolution de lexique est critiquée. Danièle Obono, de la France insoumise, avait ainsi jugé que l’évocation du « séparatisme islamiste » par le ministre Jean-Michel Blanquer était une preuve de l’existence d’un « racisme d’Etat« . Le site Mediapart écrit que « les musulmans [pouvaient] se sentir – à juste titre – ciblés par une politique populiste et discriminatoire » avec la loi sur le séparatisme. Le maire Les Républicains du Touquet, Daniel Fasquelle, a lui plutôt dénoncé le fait qu’Emmanuel Macron « n’ose même pas prononcer le mot ‘laïcité’« , jugeant que le terme de séparatisme n’avait « pas de sens« .

Pas de sens, mais une histoire, puisque Charles de Gaulle l’a abondamment employé juste après la Seconde guerre Mondiale pour alerter contre la menace… communiste. Comme le relate Mediapart, le général dénonçait à Rennes le 27 juillet 1947 « le séparatisme communiste« , oeuvre « d’un groupement d’hommes, dont ceux qui les mènent placent au-dessus de tout le service d’un État étranger« . Par la suite, le « séparatisme » a surtout servi à qualifier les divers mouvements régionalistes, voire indépendantistes, qu’ils viennent du Pays basque, de Bretagne ou de Corse. Illustration de l’ambiguïté latente, Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, a défini le séparatisme comme « l’action de constituer un groupe qui a pour but de s’organiser en marge de la République, souvent de façon violente« , avant d’appeler à… « laisser les Corses tranquilles« , pour se focaliser sur « l’islam politique« mais plus généralement sur « les groupes organisés de manière hostile et violente vis-à-vis de la République » qui pourraient également inclure les sectes ainsi que les groupuscules politiques extrémistes.

De son côté, le politologue spécialiste de l’islam Olivier Roy a relevé auprès du « Huffington Post » une autre confusion possible, en soulignant que la stratégie d’une des forces majeures de l’islam politique, les Frères musulmans, n’était pas séparatiste puisque leur objectif en France est « que la République reconnaisse en son sein une minorité ethno-religieuse« . Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), association très active liée à l’idéologie frériste, a d’ailleurs publié un texte le 22 août estimant « urgent pour la France de reconnaitre la communauté musulmane comme une des minorités vivant sur son territoire.« 

Enfin, Charles Coutel, vice-président du Comité Laïcité République et directeur de l’Institut d’études des faits religieux (IEFR), pointe un autre glissement sémantique potentiel : si le séparatisme « désigne bien une volonté de certaines communautés à vivre et à se développer en dehors des lois de la République, la confusion se développe si l’on oublie que l’idée de séparation peut aussi renvoyer à une volonté de se développer librement, quand un individu entend rompre avec sa communauté de départ« . La loi de 1905, pilier de la laïcité française, n’a-t-elle d’ailleurs pas institué la séparation du religieux et du politique ? Et Charles Coutel de citer l’écrivain suisse Denis de Rougement : « L’individu libre, c’est l’homme qui s’arrache au sacré sombre, à la terreur de la tribu, en profanant les tabous par un acte de raison anti-social« . Dans ce sens très précis, « la séparation voulue peut rompre avec le séparatisme subi : il faut soutenir les ruptures individuelles au sein des communautés repliées sur elles-mêmes« , estime l’universitaire.

1 réponse »

  1. Le Figaro 22 09 20

    « Séparatismes » : Macron cherche toujours sa ligne

    Le président devait s’exprimer ce mardi lors d’un déplacement à Lunel, bourgade qui a vu une vingtaine de ses jeunes rejoindre les rangs de Daech en Syrie. Il a reporté son intervention.

    plusieurs mois, Emmanuel Macron souhaite faire un discours sur les séparatismes dans la République. L’intention est là. En témoigne la promotion du transfuge des Républicains Gérald Darmanin à Beauvau cet été. En témoigne aussi le discours de politique générale prononcé par Jean Castex à la tribune de l’Assemblée naDepuis tionale, peu après sa nomination à Matignon, évoquant «la République ébranlée dans ses fondements par la coalition de ses ennemis – terroristes, extrémistes, complotistes, séparatistes, communautaristes ». Il n’empêche : la séquence consacrée à cette thématique était censée démarrer ce mardi. Mais le président, agacé par des ministres qui n’auraient pas assez travaillé le sujet et par une majorité divisée, a une nouvelle fois préféré reporter. Il rendra compte de ses travaux le 2 octobre prochain.

    ➔ LE DILEMME POLITIQUE DU PRÉSIDENT ➔ KARL OLIVE : « PAS D’ÉTATS D’ÂME FACE À L’INCIVISME » ➔ L’ÉTAT FACE AU DÉFI DES MOSQUÉES ➔ LES MUSULMANS CRAIGNENT UN « CLIMAT DE MÉFIANCE » ➔ GILLES KEPEL : « LA QUESTION QUI SE POSE EST DE SAVOIR SI LA BALKANISATION EST INÉLUCTABLE »

    C’EST L’HISTOIRE sans fin d’un éternel rendez-vous manqué. Entre Emmanuel Macron et la laïcité, il y a quelque chose qui ne passe pas. Pas plus, d’ailleurs, qu’avec l’islam politique. D’aucuns y voient une gêne ou un malaise. D’autres préfèrent parler d’incompréhension. Une chose est sûre: il y a en tout cas des hésitations. Jusqu’au plus haut sommet de l’État.

    Certes, cela fait quelques semaines que l’intention est là. Et qu’elle est assumée. En témoigne la promotion du transfuge des Républicains, Gérald Darmanin, à Beauvau cet été. En témoigne aussi le discours de politique générale prononcé par Jean Castex à la tribune de l’Assemblée nationale, peu après sa nomination à Matignon. « La France c’est la République. Et celle-ci aussi se trouve aujourd’hui ébranlée dans ses fondements par la coalition de ses ennemis – terroristes, extrémistes, complotistes, séparatistes, communautaristes -, dont les armes habituelles de la violence […] et de la lâcheté […] ont pris ces dernières années une intensité inquiétante.»
    Voilà pour les mots. Ils sont clairs. Ils ont d’ailleurs été renouvelés par le chef de l’État lui-même le 4 septembre dernier, au Panthéon, lors de la commémoration du 150e anniversaire de la proclamation de la République. «La République, parce qu’elle est indivisible, n’admet aucune aventure séparatiste », a-t-il martelé. Quant aux actes, ils ne devraient plus tarder.

    Pour l’heure, seule la fin des imams étrangers détachés et le contrôle du financement des mosquées ont été confirmés. C’était en février dernier, à Mulhouse (Haut-Rhin). Le reste est attendu pour «le courant de l’automne», répète-t-on à l’envi au sein du gouvernement. En clair : d’ici au 21 décembre prochain. Il n’empêche, la fameuse « séquence » était censée démarrer en grande pompe ce mardi.

    À l’Élysée, tout avait été prévu et organisé pour qu’Emmanuel Macron se rende à Lunel (Hérault) dans la journée. Nichée dans le Midi, cette commune d’à peine 25000 âmes est tristement connue pour avoir récemment abrité une filière djihadiste particulièrement active. Une vingtaine de jeunes s’y sont formés au combat dans les années 2010, avant d’être envoyés en Syrie pour rejoindre les rangs de Daech.
    C’est donc depuis cette zone de sécurité prioritaire (ZSP), où le taux de chômage tourne autour de 20%, que le président de la République envisageait de poser les jalons de sa loi contre les séparatismes. Un texte censé lutter à la fois contre l’islam politique et contre l’islamisme, tout en veillant à ne pas céder au « piège » de « l’amalgame », ni à « stigmatiser » la communauté musulmane. « L’objectif n’est pas d’entrer dans une surenchère de mesures pour faire de la com, mais de réussir un texte utile au pays et au service des Français», rapporte un proche. Bref, un projet ambitieux. Qui est loin d’être finalisé.

    Le chef de l’État a eu la mauvaise surprise de le découvrir lors d’une vaste réunion interministérielle la semaine dernière. Au côté du couple exécutif, de nombreux membres du gouvernement étaient présents ce jour-là: Éric Dupond-Moretti (Justice), Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale), Gérald Darmanin (Intérieur), et Marlène Schiappa (Citoyenneté), Nadia Hai (Ville), Roxana Maracineanu (Sports) et Elisabeth Moreno (Égalité femmes-hommes).
    À Beauvau, on affirme qu’Emmanuel Macron semblait « heureux » de la manière dont s’est déroulé ce rendez-vous. Il serait d’ailleurs satisfait par le travail fourni par le ministère de l’Intérieur. «Le chef de l’État, quand il préside ce type de réunion, il écoute, il challenge, et il tranche », résume-t-on à l’Élysée. Selon d’autres participants, en revanche, l’ambiance était en réalité nettement plus tendue. «Quand le président convoque une dizaine de ministres, il attend de leur part qu’ils aient un minimum bossé le sujet. Là, ça n’était pas le cas, confie un conseiller gouvernemental. Il est très remonté contre ceux qui blablatent beaucoup et qui n’apportent rien. Et ils sont nombreux.»
    Passablement agacé, Emmanuel Macron se serait notamment opposé à Jean-Michel Blanquer, qui voulait interdire aux mères accompagnatrices de sorties scolaires de porter un voile. La proposition du ministre de l’Éducation fait suite à l’incident provoqué il y a un an par l’élu RN Julien Odoul, qui avait exigé d’une femme qu’elle retire son foulard islamique ou qu’elle quitte l’hémicycle du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

    À l’époque, Jean-Michel Blanquer avait saisi la balle au bond pour rappeler que le voile n’était, selon lui, pas « souhaitable » dans la société. Emmanuel Macron avait, de son côté, préféré dénoncer l’« humiliation » infligée à la jeune femme dans les colonnes de Valeurs Actuelles. « On a été pendant quinze jours l’otage de deux périls qu’il faut éviter : le communautarisme et le Rassemblement national. Voilà pourquoi je n’ai pas voulu rentrer là-dedans », avait-il détaillé. «Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire », avait-il cru bon d’ajouter quelques semaines plus tard, au micro de Réunion la 1ère et de Antenne Réunion.

    Désormais, Emmanuel Macron sait que la donne a changé. Qu’il n’a plus d’autre choix que «de rentrer là-dedans ». Longtemps, il a espéré que le contexte s’apaiserait, et qu’il pourrait se saisir du sujet par temps calme. Longtemps, il a espéré que ses réformes économiques et sociales porteraient leurs fruits suffisamment tôt pour que « l’émancipation par le travail » mette fin à ce qu’il appelle « l’assignation à résidence ».
    Polarisation des camps

    Mais rien de tout cela ne s’est produit. Au contraire. Son immobilisme en la matière a non seulement participé de la polarisation des différents camps. Mais il a en plus rendu sa stratégie totalement illisible. Au point que même sa majorité ne sait plus sur quel pied danser. Fracturée – sur cette question comme sur beaucoup d’autres – entre une aile gauche différentialiste, incarnée par le député ex-LREM Aurélien Taché, et une aile droite universaliste, aujourd’hui incarnée par la députée LREM Anne-Christine Lang. L’élue de Paris s’est illustrée la semaine dernière en quittant une commission parlementaire pour protester contre l’audition de Maryam Pougetoux, une représentante voilée de l’Unef. «Je ne peux accepter qu’au sein de l’Assemblée nationale, le coeur battant de la démocratie (…), nous acceptions qu’une personne se présente en hijab », a-t-elle déploré.

    L’épisode a, une nouvelle fois, suscité une vive polémique au sein de la classe politique. Surtout, il a montré, si besoin en était, que la position « d’équilibre » d’Emmanuel Macron n’était définitivement plus tenable. Qu’il lui faut absolument sortir du silence pour clarifier sa ligne. « Le président souhaite renforcer la laïcité, qui est le ciment de notre société. Il travaille avec la volonté de rassembler et de souder. C’est important en ce moment » insiste son entourage. Une réunion en format restreint autour de Darmanin, Schiappa, DupondMoretti, Gourault et Blanquer est prévue aujourd’hui. Le président rendra compte de ses travaux le 2 octobre prochain.

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