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Hannah ARENDT et l’événement: La crise comme expérience de la réalité




INTRODUCTION

Critique de la modernité

Hannah Arendt aimait à citer René Char : « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament ».

Hannah Arendt écrit: « Le champ où la liberté a toujours été connue,(…),est le domaine politique », et non celui de l’intériorité ou de la volonté. La liberté n’est donc pas de faire ce que je veux, mais de commencer une action avec courage ».

« Apprendre en s’amusant ? Non ! Le domaine de l’éducation implique une attitude conservatrice : « C’est pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice », dit Arendt, et quand il n’y a plus de tradition, c’est la crise. »

Elève de Martin Heidegger puis d’Edmund Husserl, elle soutient à 22 ans son doctorat sur « Le concept d’amour chez Saint Augustin », sous la direction de Karl Jaspers – qui restera son véritable maître à penser jusqu’à la mort de ce dernier en 1969.

Philosophe juive allemande, disciple de Heidegger et de Jaspers, elle fut contrainte de fuir les persécutions nazies. C’est pourquoi, en 1933, elle fuit l’Allemagne nazie et se réfugie en France, où elle résidera jusqu’en 1940. À Paris, Hannah Arendt rencontre Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, Stephane Zweig, Bertold Brecht au sein d’organisations sionistes pour lesquelles elle milite. Elle y fait aussi la connaissance d’Heinrich Blücher, un communiste allemand qu’elle épouse quelques années plus tard.

En 1941, la philosophe émigre aux Etats-Unis avec sa mère et son mari. 1951 marque le début de sa renommée avec notamment la publication de son livre « Les origines du totalitarisme ». A partir de 1955, Hannah Arendt donne dans diverses universités américaines des séries de conférences qui permettront l’élaboration d’ouvrages tels que : « La crise de la culture » (1958), « La condition de l’homme moderne » (1958), « Essai sur la révolution » (1963).

Jusqu’à sa mort en 1975, Hannah Arendt sera professeure à la New School for Social Research de New York.

« Via activa » et la condition de l’homme moderne

« Je propose le terme « via activa » pour désigner trois activités humaines fondamentales : le travail, l’œuvre et l’action. Elles sont fondamentales parce que chacune d’elles correspond aux conditions de base dans lesquelles la vie sur terre est donnée à l’homme. »

Ainsi s’ouvre le premier chapitre de Condition de l’homme moderne, livre de la philosophe Hannah Arendt publié en 1958.

Loin d’opposer de manière simpliste la « via activa » à la « via comtemplativa », la seconde étant le plus souvent valorisée par les religieux et les philosophes, Hannah Arendt, dans cet ouvrage, souhaite redonner une place prépondérante aux différentes activités liées à la première : le travail, l’œuvre et l’action.

La philosophe définit à partir de ces trois activités (travail, œuvre et action), le triangle de sustentation de sa pensée, surface sur laquelle se développe l’espace conditionnel garantissant à l’homme moderne, son équilibre.

De son livre Condition de l’homme moderne et de ses trois principes actifs, Hannah Arendt nous livre, après deux chapitres introductifs et un court prologue où elle dénonce la perte de sens liée aux évolutions technologiques – dans le prolongement de la pensée d’Heidegger.

Hannah Arendt peut-elle nous aider à penser la crise ? 

« Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites »

La Revue des Deux Mondes traite de cette question, on peut y retrouver, en particulier, trois articles dont nous vous proposons des extraits.

Sans aucun doute, répond la philosophe Michela Marzano, car elle est par excellence la philosophe de l’événement : « à chaque époque, l’être humain, s’il abandonne la pensée, est menacé de ne plus être capable de distinguer vérité et mensonge. ARTICLE 1

La manipulation n’est pas seulement une tentation du pouvoir totalitaire, elle est aussi une démission du sujet ». « Lire Arendt, écrit à son tour Bérénice Levet, dans ce moment d’entre-deux qui est le nôtre, c’est concevoir une philosophie, et une politique, à hauteur d’homme, loin des furies constructivistes des apôtres du “monde d’après”. » ARTICLE 2

Son œuvre, indique Sébastien Lapaque, mord en effet sur les crises que nous vivons, sur les défis qui nous assaillent – primat de l’économie sur la politique, obsession identitaire, guerre perpétuelle menée contre notre histoire, contre notre passé, société liquide, consumérisme, dissolution de la culture et de la figure de l’homme cultivé dans le culturel, réconciliation avec le passé, responsabilité et culpabilité collectives, crise des partis et de la représentation politique. ARTICLE 3

En annexe, une brève biographie d’Hannah Arendt


ARTICLE 1

Hannah Arendt et l’événement : la crise comme expérience de la réalité

En 1964, dans un entretien avec Günter Gaus pour la télévision allemande, Hannah Arendt déclare bizarrement : « je n’appartiens pas au cercle des philosophes ». « Il y a déjà longtemps que j’ai définitivement pris congé de la philosophie. » Que veut-elle dire, celle qui passe pour l’une des philosophes contemporaines les plus célèbres ? Son rejet de la philosophie, tel qu’on l’entend à l’université, tient à l’importance de « l’événement ».Tout commence pour elle le 27 février 1933, lorsque les nazis ont procédé à l’incendie du Reichstag, le Parlement allemand : « Ce fut pour moi un choc immédiat et c’est à partir de ce moment-là que je me suis sentie responsable […] Mais il s’agissait d’une affaire politique et non pas personnelle […] Tout d’abord, ce qui était en général du politique est devenu un destin personnel. » 

Au moment de l’arrivée des nazis au pouvoir, celle qui avait été l’élève de Karl Jaspers quitte l’Allemagne et prend ses distances avec la philosophie officielle. L’année 1933, pour elle, représente ainsi tout à la fois une rupture biographique, une rupture de l’histoire et une rupture de la pensée. Arendt ne peut plus se satisfaire d’une pensée qui, depuis Platon, a fini par se réduire à « une série d’essais en vue de découvrir les fondements théoriques et les moyens pratiques d’une évasion définitive de la politique », écrit-elle dans Condition de l’homme moderne. L’intellectuelle juive veut se rapprocher de sa vocation : s’interroger sur ce qui produit le mal et les injustices. Après l’avènement du nazisme, il n’est d’ailleurs plus possible, selon elle, pour un intellectuel, de rester dans sa tour d’ivoire. Il faut ouvrir les yeux « pour voir que nous sommes dans un champ de décombres » ; la recherche des « pourquoi » est devenue impérative. Le but de son œuvre sera désormais d’aider ses contemporains à comprendre au mieux le monde dans lequel ils vivent, à partir d’une conception tout à fait originale de la notion de crise.
 
« C’est grâce à l’événement, parce qu’il faut tenter de le comprendre et de l’éclairer, que la pensée surgit. Un événement n’est donc pas seulement un fait : c’est ce qui fait « rupture » ; c’est ce qui ne peut pas être intégré à l’intérieur d’une série causale. »

Si l’on veut comprendre la signification exacte du concept de crise chez Hannah Arendt, il faut partir de 1933. La crise est en effet un événement qui nous coupe du monde et qui nous prive de notre expérience. Et l’histoire, au fond, n’est qu’une suite d’événements plus ou moins imprévisibles qu’on ne peut déduire d’une série de causes préalables. Inutile alors, pour Arendt, d’imaginer qu’il existe un lien de causalité entre un événement et un autre. Tout « événement » arrive à l’improviste et nous oblige à nous déplacer, à changer, et à trouver une nouvelle façon de penser. C’est d’ailleurs grâce à l’événement, parce qu’il faut tenter de le comprendre et de l’éclairer, que la pensée surgit. Un événement n’est donc pas seulement un fait : c’est ce qui fait « rupture » ; c’est ce qui ne peut pas être intégré à l’intérieur d’une série causale. D’où la nécessité, pour un historien, de déceler cette nouveauté imprévue, ainsi que toutes ses incidences sur une période précise.

Comme Arendt l’explique très clairement dans La Crise de la culture : « La crise générale qui s’est abattue sur tout le monde moderne et qui atteint presque toutes les branches de l’activité humaine se manifeste différemment suivant les pays. » Mais une chose est sûre : « Une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c’est-à-dire par des préjugés. Non seulement une telle attitude rend la crise plus aiguë mais encore elle nous fait passer à côté de cette expérience de la réalité et de cette occasion de réfléchir qu’elle fournit. » […] 

MICHELA MARZANO

 
ARTICLE 2

Hannah Arendt aux racines du mal contemporain

Hannah Arendt, un penseur pour notre temps, serions-nous tenté d’écrire si la formule n’était vermoulue et ne disposait à toutes les captations idéologiques. Son œuvre mord en effet sur les crises que nous vivons, sur les défis qui nous assaillent – primat de l’économie sur la politique, obsession identitaire, guerre perpétuelle menée contre notre histoire, contre notre passé, société liquide, consumérisme, dissolution de la culture et de la figure de l’homme cultivé dans le culturel, réconciliation avec le passé, responsabilité et culpabilité collectives, crise des partis et de la représentation politique. Et l’on pourrait multiplier les citations :

« Toute époque pour laquelle son propre passé est devenu problématique à un degré tel que le nôtre doit se heurter finalement au phénomène de la langue […] c’est sur la langue que viennent échouer toutes les tentatives de se débarrasser définitivement du passé. »

Quelle lumière plus vive jeter sur la promotion de la novlangue féministe, et singulièrement de l’écriture inclusive ? Ou, pour faire référence à une autre actualité brûlante :

« Devant les revendications des Noirs, il était de mode chez les libéraux blancs de s’écrier: “Nous sommes tous coupables” et le Black Power a été trop heureux de se prévaloir de cet “aveu” pour attiser la “fureur des Noirs”. […] Dire que “tous les Blancs sont coupables” est non seulement une dangereuse absurdité, mais la manifestation d’un racisme à rebours; c’est d’autre part un moyen très efficace pour que la population noire, qui éprouve un sentiment d’injustice parfaitement justifié, s’écarte des réalités pour devenir la proie de l’irrationnel. »
 
« Nous commençons à prendre la mesure des impasses civilisationnelles et existentielles de cette philosophie, dite progressiste, qui nous commande. »

Mais la fécondité de la pensée d’Hannah Arendt est plus vaste et plus puissante encore. Elle nous conduit aux racines mêmes du mal contemporain. Racines temporelles d’abord, car Arendt observe attentivement l’Occident tel qu’il se bâtit sur les décombres matériels et moraux de la Seconde Guerre mondiale et constate que les sociétés européennes sont alors plus occupées à fonctionner, à croître, à « marcher » qu’à restaurer des civilisations. Racines philosophiques ensuite, car les choix que nous faisons alors, dès les années cinquante-soixante, engagent une certaine idée de l’homme et de sa présence au monde. L’idole à laquelle les sociétés occidentales sacrifieront dans la seconde moitié du XXe siècle est celle de l’individu, un individu érigé en mesure de toute chose, délié, affranchi des structures traditionnelles. Le péché capital du monde moderne, et tout particulièrement de la seconde moitié du XXe siècle, est d’avoir prêté des vertus émancipatrices à la désaffiliation, et à la désidentification et d’avoir tout misé sur ce postulat.

Nous commençons à prendre la mesure des impasses civilisationnelles et existentielles de cette philosophie, dite progressiste, qui nous commande. Paul Ricœur disait de la philosophie d’Arendt qu’elle était une philosophie de la « reconstruction » après l’épreuve totalitaire. Lire Arendt, dans ce moment d’entre-deux qui est le nôtre, c’est concevoir une philosophie, et une politique, à hauteur d’homme, loin des furies constructivistes des apôtres du « monde d’après » […]

BÉRÉNICE LEVET


ARTICLE 3

Hannah Arendt parmi les siens

  
Hannah Arendt n’a pas attendu le lendemain de la Seconde Guerre mondiale ni que les ronces aient recouvert la terre noire à Treblinka pour se montrer sévère à l’égard des juifs de sa génération, « les premiers juifs non religieux persécutés » selon elle. Elle leur reprochait notamment, sinon principalement, leur absence de conscience politique. Ce reproche prend une tonalité dramatique lorsqu’elle se penche sur le « cas » Stefan Zweig dans son compte rendu du Monde d’hier publié à New York en 1943.

« S’il avait parlé au nom du destin effroyable de son propre peuple, il aurait été plus proche de tous les peuples européens qui, dans leur combat contre leur oppresseur, se soulevaient également contre les persécuteurs des juifs. Les peuples européens savent mieux que celui qui s’improvise leur porte-parole, alors même qu’il ne s’est jamais soucié de leur destin politique toute sa vie durant, que le passé n’est pas si séparé du présent “comme si un homme, sous l’effet d’une violente secousse, avait été précipité d’un haut d’un sommet”. Pour eux, le passé n’est nullement “ce siècle dont le progrès, la science, les arts et les inventions magnifiques étaient notre fierté et notre foi à tous”. »

L’ancienne élève de Karl Jaspers à l’université de Heidelberg, sous la direction duquel elle rédigea une thèse sur « le concept d’amour chez Augustin », faisait remonter ce refus de l’action publique à la fin du XVIIIe siècle et aux usages des « juifs de cour » soumis à la « toute-puissance de la raison » et aux « sèches doctrines de l’Aufkläring » qui ont cru se mettre à l’abri des persécutions en se fondant au sein des sociétés européennes auxquelles ils appartenaient. Depuis Spinoza, la conscience religieuse s’était lentement dépolitisée et détachée de l’orthodoxie. « Les juifs cessèrent d’apparaître à leurs propres yeux comme à ceux de leurs voisins comme des hommes ayant une certaine origine et une certaine religion, pour devenir un groupe doté d’attributs qualifiés de juifs. Le judaïsme devint la judéité – une qualité psychologique – et la question juive devint un problème personnel », observe Hannah Arendt.
 
« On découvrit dans des slogans tels que “Mort aux juifs” ou “La France aux Français” des formules presque magiques permettant de réconcilier les masses avec le gouvernement et la société. »

L’ambition des juifs libéraux était de garantir leur sécurité. Hélas, l’effet contraire s’est produit : en Europe occidentale et centrale, la montée d’un antisémitisme virulent a accompagné l’assimilation des juifs et leur déjudaïsation. À suivre Hannah Arendt, cette cécité touchant l’ordre politique s’est perpétuée jusqu’à l’affaire Dreyfus (1894-1906). Dans une IIIe République en miettes depuis le scandale de Panama (1892), une crise politique majeure qui a provoqué un durcissement des antagonismes dont beaucoup n’ont pas su prendre la mesure. « On découvrit dans des slogans tels que “Mort aux juifs” ou “La France aux Français” des formules presque magiques permettant de réconcilier les masses avec le gouvernement et la société », écrit Hannah Arendt dans le premier volume des Origines du totalitarisme, publié en 1951, dix ans avant le procès de Eichmann et les polémiques afférentes.

Dans ce livre, l’auteure de La Crise de la culture, qui se voulait « théoricienne de la politique » et non pas philosophe, reproche à ceux qu’elle nomme « les juifs d’exception » d’avoir conclu avec la bourgeoisie nationale – en France – et l’aristocratie – en Prusse et en Autriche-Hongrie – un pacte tacite consistant à être acceptés individuellement comme des égaux, mais ignorés collectivement comme porteurs d’une révélation singulière et gardiens d’une « tradition cachée » dans le cadre de ce que l’ancien temps nommait une « nation » […] 
 
SÉBASTIEN LAPAQUE
         



   
BREVE BIOGRAPHIE

Hannah Arendt (Johanna Arendt) est née à Hanovre en Allemagne dans une famille de Juifs laïcs. Elle suit des études de philosophie à Heidelberg où elle a une relation cachée avec son professeur, le philosophe Martin Heidegger (1889-1976). A Fribourg-en-Brisgau, elle suit les cours d’Edmund Husserl (1859-1938) et de Karl Jaspers (1883-1969).

Hannah Arendt fuit le nazisme en 1933 et séjourne en France où elle est la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild. Elle quitte la France en 1940 et après avoir séjourné quelques mois au Portugal, elle parvient à rejoindre les Etats-Unis en 1941. Après être retournée en Allemagne après la guerre pour travailler avec une association d’aide aux rescapés juifs, elle est naturalisée en 1951 citoyenne des États-Unis. Elle commence alors une carrière universitaire comme conférencière et professeur invitée en sciences politiques dans différentes universités.

Hannah Arendt ne se considère pas elle-même comme « philosophe », mais plutôt comme professeure de théorie politique. Sa philosophie politique se situe en dehors des schémas habituels de la pensée politique. Elle ne forme pas un système philosophique à proprement parler, mais aborde au contraire un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu’elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu’elle forge du travail, de l’oeuvre et de l’action.

C’est notamment au travers de la distinction qu’elle opère entre ces trois types d’activités que ressort l’un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu’est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu’elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jaspers. Elle s’inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche.

Hannah Arendt et le totalitarisme

Hannah Arendt, qui souhaite construire sa pensée dans la réalité de son époque, s’est intéressée au totalitarisme. Elle publie en 1951 Les Origines du totalitarisme en trois volumes – L’antisémitisme, L’impérialisme, Le système totalitaire – où elle place sur le même plan le stalinisme et le nazisme pour fonder le concept de totalitarisme. Selon Hannah Arendt, le système totalitaire, plus qu’un régime fixe, est d’abord un mouvement, une dynamique pour détruire la réalité et les structures sociales. Pour elle, c’est un mouvement « international dans son organisation, universel dans sa visée idéologique, planétaire dans ses aspirations politiques ». Contrairement au régime autoritaire classique qui se limite à un territoire déterminé, un régime totalitaire est à la recherche d’une domination totale et sans limites.

Dans son livre Eichmann à Jérusalem, publié après le procès d’Adolf Eichmann qu’elle a suivi comme envoyée spéciale de The New Yorker, Hannah Arendt développe le concept très controversé de la « banalité du mal ». Elle défend l’idée que le criminel de guerre nazi, n’était qu’un homme banal, un fonctionnaire ambitieux et zélé, incapable de distinguer le bien du mal et entièrement soumis à l’autorité. Pour elle, Eichmann croit accomplir son devoir et suit les consignes en cessant de penser, ce qui ne le disculpe nullement de ses crimes. Dans un régime totalitaire, l’idéologie, la propagande et la répression, conduisent des hommes peu différents des hommes ordinaires, à accomplir des actes monstrueux, plus préoccupés à « faire carrière » que par les conséquences de leurs agissements. Plus tard, Stanley Milgram (1933-1984) psychologue social américain s’est appuyé sur le concept de banalité du mal pour expliquer les résultats de sa célèbre expérience de soumission à l’autorité (expérience de Milgram : Cf. Bibliographie Expérience sur l’obéissance et la désobéissance à l’autorité de Stanley Milgram).

 Ses livres les plus célèbres

Les Origines du totalitarisme (1951 ; titre original : The Origins of Totalitarianism), 

Condition de l’homme moderne (1958)

La Crise de la culture (1961).

Le mot totalitarianism exprime l’idée que la dictature ne s’exerce pas seulement dans la sphère politique, mais dans toutes, y compris les sphères privée et intime, quadrillant toute la société et tout le territoire. Son livre Eichmann à Jérusalem, publié en 1963 à la suite du procès d’Adolf Eichmann en 1961, où elle développe le concept de la banalité du mal, a fait l’objet d’une controverse internationale.




 

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