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Mort du Président Valéry Giscard d’Estaing

ARTICLE

Mort de Valéry Giscard d’Estaing des suites du Covid-19 à 94 ans

Le HuffPost

L’ancien président est décédé du coronavirus après être sorti de l’hôpital le 20 novembre à cause d’une “insuffisance cardiaque”.

L’ancien président de la République avait rejoint, à sa sortie du CHU Trousseau de Tours, sa propriété d’Authon dans le Loir-et-Cher, où il séjournait depuis le début du confinement. Il y est mort des “suites du Covid” dans la soirée, a-t-on appris, “entouré de sa famille”.L’ex-chef de l’État (1974-1981) était encore “un peu fatigué” mais semblait suivre “une bonne voix”, avait pourtant précisé son cabinet fin novembre. Le nonagénaire avait été évacué quelques jours avant en hélicoptère par le Samu, mais “il n’y avait pas de critère de gravité” au moment de sa prise en charge, avait rapporté le président du Conseil départemental du Loir-et-Cher Nicolas Perruchot.

Dernière apparition pour Chirac

Valéry Giscard d’Estaing avait été hospitalisé quelques jours mi-septembre à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris pour une légère infection aux poumons. Les médecins avaient toutefois écarté une infection au coronavirus. VGE, qui avait fêté ses 94 ans le 2 février, avait déjà été hospitalisé à Pompidou, dans le XVe arrondissement de Paris, en cardiologie à plusieurs reprises il y a quelques années pour la pose de stents.

Plus jeune président de la Vème République lorsqu’il est élu en 1974, Valéry Giscard d’Estaing avait fait l’une de ses dernières apparitions publiques le 30 septembre 2019 lors des obsèques à Paris d’un autre président de la République, Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre de 1974 à 1976.

Nouveau style présidentiel

Né le 2 février 1926, engagé à 18 ans en 1944 dans la 1ère armée du général de Lattre de Tassigny, Valéry Giscard d’Estaing disait admirer deux hommes, le général de Gaulle et Jean Monnet, père de l’Europe. Il n’avait que 48 ans lorsqu’il est élu président en 1974, battant sur le fil François Mitterrand, et devient ainsi, dans une France qui enterre les Trente-Glorieuses et digère mai-68, le premier non-gaulliste à s’emparer de l’Élysée.

Son élection avait fait souffler un vent de liberté sur le pays, après le années De Gaulle et Pompidou. Aux réformes progressistes -abaissement de la majorité à 18 ans, dépénalisation de l’avortement-, le nouveau président avait ajouté un style inédit, s’affichant au ski ou sur un terrain de football, convoquant sa fille sur ses affiches de campagne et son épouse Anne-Aymone lors de vœux télévisés pour la nouvelle année.

L’Auvergnat qui jouait de l’accordéon à la télévision s’était invité également chez les Français pour dîner, avait ouvert l’Elysée à des éboueurs maliens pour un petit-déjeuner de Noël, renouvelant une communication politique encore très cadenassée. Giscard d’Estaing était pourtant un pur produit de l’élite française: polytechnicien et énarque, il s’était distingué sous les ordres du maréchal de Lattre de Tassigny lors de la Libération, puis pendant huit mois en Allemagne et en Autriche jusqu’à la capitulation du Reich. Il est né à Coblence, en Allemagne alors occupée par les forces françaises…

Départ difficile

Après des débuts prometteurs, VGE avait connu une première crise avec la démission de son Premier ministre, Jacques Chirac, en 1976. Initiateur du “G7”, le club des dirigeants des pays les plus riches, il avait donné une impulsion décisive à l’axe franco-allemand aux côtés du chancelier Helmut Schmidt.

Le ralentissement économique consécutif au choc pétrolier, les affaires -suicide suspect de son ministre Robert Boulin, diamants offerts par le président centrafricain Bokassa- ainsi qu’une inflexion de sa politique, plus conservatrice et économiquement austère, avaient ensuite pesé sur sa popularité. Jusqu’à échouer, le 10 mai 1981, à se faire réélire face à François Mitterrand.

Après son départ resté dans les mémoires, Valéry Giscard d’Estaing, alors seul ex-président en vie, avait traversé une profonde dépression. “Ce que je ressens, ce n’est pas de l’humiliation, mais quelque chose de plus sévère: la frustration de l’œuvre inachevée”, écrivait-il en 2006 dans “Le pouvoir et la vie”.

2 réponses »

  1. Je rends hommage à Monsieur le Président Valéry Giscard d’Estaing.
    Je sais que dans son cœur, les destins de la France et de l’Europe étaient étroitement liés.
    C’était un Grand Président, réformateur et profondément européen.
    Il a incarné le changement et transformé la société française durablement, homme d’une grande sensibilité et humain proche de la société.
    L’Auvergne, la France perd son Président.
    Mr le Président Valery Giscard d’Estaing nous quitte mais les Français ne l’oublieront pas.
    Toutes nos condoléances.
    Mr et Mme DOUSSET-PAUWELS

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  2. Encyclopédia Universalis

    Né le 2 février 1926 à Coblence, en Allemagne, dans une famille de la haute bourgeoisie d’origine auvergnate, Valéry Giscard d’Estaing fait l’École polytechnique avant d’intégrer l’École nationale d’administration (E.N.A) de 1949 à 1951. Il est nommé inspecteur des Finances en 1952 puis directeur adjoint au cabinet d’Edgar Faure, président du Conseil, en 1954. Membre du Centre national des indépendants et paysans (C.N.I.P.), il est élu à partir de 1956 député du Puy-de-Dôme, succédant à son grand-père maternel Jacques Bardoux. Trois ans plus tard, il devient secrétaire d’État aux Finances, puis ministre des Finances et des Affaires économiques à partir de 1962 dans les gouvernements Debré et Pompidou. La même année, pour les élections législatives, il anime le nouveau groupe politique des Républicains indépendants (R.I.), allié à la majorité gaulliste. Libéré de ses fonctions ministérielles en décembre 1965, il s’attache dès lors à consolider son parti tout en le démarquant quelque peu de la majorité ; il ira jusqu’à faire voter non au référendum du 27 avril 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Le non l’emporte avec 52,41 p. 100. Le général de Gaulle, prenant acte du désaveu des Français, démissionnera le lendemain. Giscard d’Estaing n’en retrouve pas moins, en juin de la même année, après l’élection de Georges Pompidou à la présidence de la République, le portefeuille de l’Économie et des Finances qu’il conservera jusqu’en 1974.

    Un destin présidentiel

    Candidat à l’élection présidentielle d’avril 1974, Giscard d’Estaing fait campagne sur le thème d’une « société libérale avancée ». Il obtient au premier tour près de 33 p. 100 des voix contre 43,3 p. 100 à François Mitterrand et 14,5 p. 100 à Jacques Chaban-Delmas ; au second tour, il l’emporte avec 50,8 p. 100 des suffrages exprimés contre 49,2 p. 100 à François Mitterrand. Sa présidence s’ouvre avec un gouvernement dirigé par Jacques Chirac (1974-1976) et au sein duquel on retrouve à l’Intérieur Michel Poniatowski, qui fut longtemps secrétaire du groupe des Républicains indépendants qu’avait présidé Giscard d’Estaing.

    Son septennat débute sous le signe des réformes. Jean-Jacques Servan-Schreiber aura même (brièvement) le titre de ministre des Réformes dans le premier gouvernement. Ces réformes touchent plus aux mœurs qu’aux structures économiques de la société française : ainsi l’âge de la majorité est abaissé à dix-huit ans le 5 juillet 1974, l’avortement est autorisé, tout comme le divorce par consentement mutuel le 11 juillet 1975. Et elles sont parfois mieux accueillies à gauche que dans l’électorat giscardien et plus encore chiraquien. Les tensions traditionnelles dans la Ve République entre le président et son Premier ministre culminent pendant l’été de 1976. Jacques Chirac souhaite des élections anticipées pour éviter la victoire de la gauche qui se profile. Valéry Giscard d’Estaing s’y oppose et, pour la première fois, un Premier ministre de la Ve République annonce sa démission devant les caméras de télévision.

    La France est touchée de plein fouet par la crise économique et Valéry Giscard d’Estaing nomme Premier ministre celui qu’il considère comme le « meilleur économiste de France », Raymond Barre. Deux ans plus tard, la défaite de la gauche aux élections législatives de 1978 permet au président d’ouvrir une nouvelle phase du septennat.

    Les difficultés viennent des alliés néo-gaullistes qui défient le président : aux élections municipales à Paris, en 1977, Jacques Chirac avait battu le candidat giscardien, Michel d’Ornano ; à l’élection présidentielle de 1981, Valéry Giscard d’Estaing est bien en tête au premier tour, avec 28,31 p. 100 des voix, mais le R.P.R., dirigé par Jacques Chirac, ne le soutient que du bout des lèvres au second tour. La défaite s’ensuivra et Giscard d’Estaing s’inclinera avec 48,24 p. 100 face au candidat socialiste François Mitterrand.

    Une seconde vie politique

    Pour Valéry Giscard d’Estaing, il faut se couler dans un habit neuf : celui d’ancien président. Certains de ses amis s’éloignent de lui. Cependant, il préfère ne pas siéger au Conseil constitutionnel et rester présent dans le débat politique. Il lance un appel aux « déçus du socialisme » et aspire à réunir Deux Français sur trois, selon le titre du livre qu’il publie en 1984. Mais il est trop tôt, ou trop tard. Les occasions d’un retour au premier plan ne se représenteront plus. En 1977, les Républicains indépendants ont fusionné avec d’autres formations d’inspiration libérale pour constituer le Parti républicain. Celui-ci, en 1979, deviendra la composante majeure de l’U.D.F., qui compte encore les clubs Perspectives et Réalités dont Valéry Giscard d’Estaing est le président-fondateur. Mais l’U.D.F., en 1988, choisira de soutenir la candidature de Raymond Barre et, en 1995, l’affrontement entre Édouard Balladur et Jacques Chirac ne laisse aucun espace raisonnable à une troisième candidature au sein de la droite. Valéry Giscard d’Estaing succède à Jean Lecanuet à la présidence de l’U.D.F. en 1988, fonction qu’il occupera jusqu’en 1996. L’année précédente, il avait échoué dans son projet de conquête de la mairie de Clermont-Ferrand.

    De 1993 à 1997, il est président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, fonction qu’il avait déjà occupée de 1987 à 1989. Au sommet européen de Laeken (Belgique), organisé en décembre 2001, il est désigné président de la Convention sur l’avenir de l’Europe, qui, à partir de mars 2002, réfléchit à l’architecture d’une Europe élargie. Les ambitions européennes de Giscard d’Estaing ne sont pas nouvelles puisqu’il a siégé au Parlement européen en tant que député entre 1989 et 1993. Le 15 juillet 2003, Valéry Giscard d’Estaing présente le traité établissant une constitution pour l’Europe (T.C.E.) que les membres de l’Union européenne, après en avoir adopté le texte en juin 2004, doivent ratifier selon leurs règles respectives. Lors du référendum sur le T.C.E. organisé par la France en 2005, il fait campagne en faveur du oui. Le non l’emporte. Les résultats des référendums organisés par la France et les Pays-Bas, tous deux favorables au non, mettent un coup d’arrêt au processus de ratification. Cela sonne le glas de son ambition européenne. L’année précédente, battu aux élections régionales de 2004 où il avait conduit la liste U.D.F.-U.M.P. en Auvergne, il avait déjà annoncé la fin de sa carrière politique et décidé d’occuper au Conseil constitutionnel le siège qui lui revient de droit en tant qu’ancien chef de l’État.

    Pendant son septennat, Valéry Giscard d’Estaing avait exposé ses idées dans un ouvrage intitulé Démocratie française (1976), qui avait connu un grand succès. On lui doit encore, notamment, trois intéressants tomes composant ses mémoires intitulées Le Pouvoir et la vie ; un livre d’entretiens avec Agathe Fourgnaud et, dans un registre différent, un roman, Le Passage. Cette entrée tardive en littérature lui vaut d’être élu, le 11 décembre 2003, à l’Académie française.

    V. GISCARD D’ESTAING, Démocratie française, Fayard, Paris, 1976 ; L’État de la France, ibid., 1981 ; Deux Français sur trois, Compagnie 12, 1984 ; Le Pouvoir et la vie, 3 tomes, Compagnie 12, Paris, 1988-1991-2006 ; Le Passage, Robert Laffont, Paris, 1994 ; Les Français. Réflexions sur le destin d’un peuple, Le Grand Livre du mois, Paris, 2000 ; Giscard d’Estaing, entretien avec Agathe Fourgnaud, Flammarion, Paris, 2001 ; L’Europe en route vers sa Constitution. Discours et contributions de Valéry Giscard d’Estaing, H. Marhold éd., Presses d’Europe, Nice, 2005.

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