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L’Art, cet autre langage pour prospecter le réel…

ARTICLE DE JEAN-MARC SAURET

L’Art, cet autre langage pour prospecter le réel…

(les passages en gras sont de la rédaction)

Adolescent, je préférais entendre les chansons de Léo Ferré, Brassens, Gainsbourg, Hugues Auffray et Bob Dylan, que d’écouter des discours explicatifs de doctes experts ou de politiques ennuyeux (je ne me vois pas très différent des adolescents d’aujourd’hui). L’exercice était court et on comprenait de suite où leur auteur voulait en venir. Ensuite, nous pouvions être d’accord ou pas, être prêts à débattre ou à rejeter. Alors, rien ne nous retenait pour, à notre tour, composer et chanter aux amis une réponse, une alternative.

Ces chansons parlaient directement à nos âmes. Elles venaient directement toucher notre imaginaire et nos représentations. Nos cœurs n’avaient pas besoin de long discours. C’était dit ! C’était là !

Quand Bob Dylan termine « Blowing in the wind » par « combien de temps un homme peut-il tourner la tête, en prétendant qu’il n’a seulement rien vu ? », il n’est nul besoin de démonstration, d’analyse détaillée, ni d’explication de texte. Tout le monde a non seulement compris mais sait qu’il a à se déterminer, à prendre sa position et même à la tenir. Il y a entre l’artiste et le récepteur une relation immédiate tant émotionnelle qu’affective.

Quand, à la même période, je passais des dimanches après-midi dans les salles du musée Ingres à Montauban (le musée était ce jour-là ouvert et gratuit), je flânais devant statues et tableaux, vitrines et sous-sols sombres, m’imprégnant des regards de leurs auteurs, pensant réaliser ce qu’ils avaient dans la tête à ce moment-là. Je m’imaginais qu’ils ne savaient pas que, moi et bien d’autres, allions passer du temps à peut-être ne rien comprendre, ou quelques-uns peut-être tout…

En effet, l’art est plus qu’un langage car il parle directement au cœur, comme le ferait une intuition. Il interpelle directement les sensations de son « inter-ressenteur » (à l’instar d’interlocuteur). Ici les âmes parlent aux âmes, comme si l’artiste vous prenait par la main pour vous conduire à travers son jardin secret, ses visions, ses coups de cœur, mais aussi ses vérités, ses sacrés, ses refus et ses insupportables… En effet, au fond de chacun se trouve l’universel. 

Je repense à François Villon dans sa ballade des pendus, au terrible moment qu’il nous partage. Je pense aussi à ce tableau, dans une montée d’escalier du musée Ingres, présentant une nymphe sur un rocher en bord de mer. Je repense à Ingres lui-même qui pensait sa musique bien supérieure à sa peinture, et combien je regrettais de ne pouvoir l’entendre à son violon, pourtant là dans la vitrine. Mais de plus, comme si cela pouvait être possible et faisable…

Il y a dans la communication artistique quelque chose de la médiumnité, de la transmission réelle de cœur à cœur. Je pense à cette expression de Rimbaud : « Je est un autre ! » Elle me renvoie à une autre sensation où l’imaginaire m’apparaît (c’est du moins ce que j’ai vécu) à la manière d’une porte vers l’essence du monde. Comme si l’imaginaire pouvait être la quatrième dimension du réel, celle où autre chose du monde nous apparaît.

Ainsi, l’œuvre nous traverse et dit souvent bien plus que la raison ne le souhaite, et même ne le peut. L’art est une pratique spirituelle qui reçoit de « je-ne-sais-où », un « je-ne-sais-quoi » mystérieux, qui arrive là, sous les doigts, dans la gorge ou sous les pas, sans que l’on sache vraiment pour qui, voire pour quoi. Il y a quelque chose d’ésotérique dans la démarche artistique et pourtant on imagine que c’est notre âme qui parle. En effet, mais quelle est-elle ? Peut-être une part de l’univers… ou l’univers lui-même ?

Car si l’œuvre me traverse, mon imaginaire peut alors rejoindre son « monde » et l’y retrouver. L’art ne se réduit pas à une production. Il m’apparaît comme une autre prospection du réel, un vrai mode de communication avec notre « monde intérieur », lequel est en résonance avec l’univers. Le physicien quantique Tesla recommandait : « Si vous voulez trouver les secrets de l’univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence, d’information et de vibration. » Ainsi, si nous voulons comprendre le monde, il nous faut d’abord comprendre ses résonances, ses vibrations, ses ondulations. 

Il avait ajouté à cela que : « le jour où la science commencera à étudier les phénomènes non physiques, elle fera plus de progrès en une décennie que dans tous les siècles précédents de son existence ».

C’est peut-être de cela dont il est question quand la sensibilité artistique nous met en résonance avec l’univers. Serions-nous alors en contact physique avec ce champ que l’on nomme l’intuition ? …ce champ que les physiciens quantiques nomment le champ du point zéro ? …ce vide plein d’information et de liens que l’on dit « magnétiques » ? La sensibilité artistique serait alors la porte vers le monde imaginaire intérieur, celui de la résonance de l’univers. Car, comme nous le disent les mêmes physiciens quantiques, tout est particule et résonance. Chaque particule, chaque oscillation contient celles de l’univers entier, du moins sa résonance.

J’oserais compléter par une levée d’un coin du voile sur la neuro-plastie du cerveau et plus particulièrement sur sa capacité de neurogenèse. A partir du moment où notre cerveau est stimulé par la création et la curiosité, alors, l’envie d’apprendre et de découvrir, « invente » et produit de nouveaux neurones. 

Ainsi, l’activité artistique ou scientifique, de recherche et de création, produisent un entrainement stimulant, une gymnastique de, j’oserais dire, « musculation neuronale ». Et ce, bien que le cerveau soit entre autre l’énorme calculette logique que nous lui connaissons, il est bien loin d’être certain qu’il s’agisse aussi du siège de notre conscience. Il serait davantage son capteur que son générateur. 

A partir de là, la curiosité active et la création sont bien davantage : des portes ouvrant sur la connaissance. A l’instar des Einstein et Poincaré, elles favorisent l’intuition et l’intelligence : c’est ainsi qu’au moment où la première montre les nouveaux horizons, la seconde permet de les expliquer et de les démontrer. C’est bien ainsi que « sont les choses » ! Alors, en vertu de nos sensations, « advienne que pourra ! » …

Jean-Marc SAURET Le mardi 2 mars 2021

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