Aller au contenu principal

LA LUCIDITÉ S’IMPOSE SUR LE SORT RÉSERVÉ AUX ÉLECTIONS TERRITORIALES.

LES ELECTIONS REGIONALES : COMMENT LES EVITER ?

« Si on n’a pas un délai de deux mois pendant lequel les gens peuvent se rencontrer, il est compliqué de faire campagne », affirme l’entourage du président.

Le « quoiqu’il arrive » est survenu après le « quoiqu’il en coute » dans le discours des vœux présidentiels aux français de décembre 2020.

Plus qu’une formule, cela semble autoriser à de nombreux rebonds. C’est la cas de la gestion de la pandémie ( « pari raté », puis « nouveau pari » titre la presse ) et du calendrier des élections régionales et départementales. C’est la cas du refus de reformer les modalités de vote pour ces élections -alors qu’une manœuvre a été tentée pour la présidentielle.

(Nous développons pas ici le mépris affiché pour les élections territoriales précédentes: les municipales. Nous l’avons abordé à plusieurs reprises)

« UN CONFINEMENT EN TROMPE-L’ŒIL ? LE PIÈGE DES DEMI-MESURES »

…titre – à demis mots – Atlantico, presentant l’analyse de Stéphane Rozes.

« Le gouvernement expérimente « une troisième voie » face à l’évolution de l’épidémie. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé l’instauration d’un nouveau confinement sur une partie du pays (16 départements) à partir de minuit ce vendredi et pour au moins quatre semaines. Le couvre-feu va être repoussé à 19 heures sur tout le territoire. Que penser de cette stratégie et de ces demi-mesures ? »

Les 6 semaines de « gagnées » ou de « perdues » – suite au pari présidentiel en échec – reportent d’autant la décroissance de la pandémie, et les régionales ? (sans décompter les personnes supplémentaires touchées par la pandémie durant cette période)

Nous avons publié un article avant hier à ce sujet:

LES ELECTIONS REGIONALES ENCORE REPORTEES ? https://metahodos.fr/2021/03/19/les-elections-regionales-pourraient-elles-encore-etre-reportees%e2%80%af/

Vers un (nouveau) report des régionales ? titrait le Point hier,

« Alors que d’autres voisins européens viennent de tenir leurs élections, l’hypothèse d’un report n’est plus taboue autour d’Emmanuel Macron. »

« Les élections départementales et régionales, victimes du rebond épidémique ? Voilà une chanson qui n’en finit plus. Le disque semble rayé et pour seules réponses au sommet de l’État, des « si », une série d’interrogations et quelques oracles au doigt mouillé. Ce ministre par exemple : « Si on doit reconfiner durement d’ici avril, comment fait-on pour organiser une campagne et un scrutin ? » Ce conseiller du gouvernement, aussi : « Avec zéro campagne, les candidats ont zéro possibilité de vendre leur programme. Cela signifie-t-il donc que l’on a zéro possibilité de voter sereinement ? » »

INFORMATION OU MANIPULATION: Emetteurs masqués et médias passifs

« L’entourage » parle. La belle invention des éléments de langage qui ravit émetteurs masqués et médias passifs

« On sent bien, sans trahir de secret, que la situation va plus mal aujourd’hui qu’hier et il serait étonnant que le virus régresse dans quinze jours ou trois semaines », affirme l’entourage du président dans les colonnes du Figaro.

« Si on n’a pas un délai de deux mois pendant lequel les gens peuvent se rencontrer, il est compliqué de faire campagne », affirme l’entourage du président.

La Chronique de Gilles SAVARY qui a été publiée il y a quelques jours nous est suggérée par Gilberte FAVARD

« Il est à craindre que des appréhensions sanitaires tenaces se conjuguent à une frénésie sociale insouciante de la politique, pour distraire de nombreux électeurs »

CHRONIQUE

«Les élections territoriales dans un épais brouillard»

Gilles Savary 11 mars 2021 L’Opinion

Pendant que les Français sont à la chasse aux flacons de vaccins, les appareils politiques fourbissent leurs armes en vue des élections régionales et départementales. Le scénario qui se dessine n’est plus tout à fait celui des municipales d’avril dernier, mais n’est pas sans similitude. L’actualité sanitaire reste omniprésente dans l’esprit des Français qui n’aspirent pas tant à en sortir pour voter, que pour se défouler d’une année de frustrations.

Lors des municipales, ce sont les opérations de vote qui avaient été affectées par la comptabilité journalière affolante des premiers décès de la pandémie, plus que la campagne elle-même. Pour les prochaines élections territoriales, c’est une drôle de campagne qui s’annonce, au mieux exceptionnellement courte, au pire virtuelle.

Par ailleurs, jacobinisme médiatique oblige, le bruit de fond des grandes manœuvres présidentielles tend à assourdir un peu plus leurs préparatifs. La tournée provinciale d’Anne Hidalgo ou l’avalanche de sondages sur la présidentielle excite infiniment plus les journalistes que l’obscure constitution des listes régionales.

En principe, un tel contexte devrait amplifier la « prime aux sortants », qui ont tout loisir d’intensifier les visites de terrain institutionnelles et de déroger au couvre-feu pour motifs de « travail », quand leurs challengers sont privés de réunions politiques. Reste la loterie de la participation, qui constitue l’inconnue majeure susceptible de créer des surprises, au moins dans la hiérarchie des scores.

« En maintenant l’échéance, le président de la République s’évite un soupçon de tripatouillage, mais on peut regretter que le gouvernement n’ait visiblement pas envisagé des modalités de vote susceptibles de prévenir le risque d’abstention massive »

Centralisme médiatique. Le président de la République avait anticipé cette situation en hésitant à reporter ces élections en octobre ou après les législatives de 2022. Mais il lui était difficile de soutenir qu’il faut apprendre à vivre avec la Covid, mais pas à voter avec la Covid, quand les autres démocraties s’en accommodent. En maintenant l’échéance, il s’évite un soupçon de tripatouillage, mais on peut regretter que le gouvernement n’ait visiblement pas envisagé des modalités de vote susceptibles de prévenir le risque d’abstention massive.

Les médias, et accessoirement les bonnes vieilles professions de foi, auront donc un rôle crucial dans l’animation des campagnes de juin. Mais on sait que les règles du jeu qui président à leur accès sont très inégales : la communication événementielle des sortants ne rentre pas exactement dans la balance légale de la communication politique entre candidats. Surtout le centralisme médiatique, en particulier télévisuel, est tel dans notre pays qu’il est à craindre que les challengers n’aient pas beaucoup d’occasions d’exprimer leurs personnalités et leur force de conviction, si meetings, pique-nique et débats publics restent proscrits ou limités.

Quoi qu’il en soit, même si ces hypothèques sont levées, il est à craindre que des appréhensions sanitaires tenaces se conjuguent à une frénésie sociale insouciante de la politique, pour distraire de nombreux électeurs de ces élections. Pourtant, comme les municipales l’ont montré, toute élection crée du sens politique, indépendamment de la participation.

Gilles Savary est ancien député PS de Gironde et délégué général de Territoires de progrès.

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :