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ANNE BRUNET : 1er MAI, JOURNÉE DE FÊTE OU DE REVENDICATIONS COLLECTIVES DE TRAVAIL ?

ARTICLE D’ANNE BRUNET, POUR METAHODOS

Anne BRUNET situe son propos dans le contexte de la crise qui empêche de véritables mobilisations collectives.

Elle nous rappelle également:

  • la génèse du 1er mai Fête du Travail,
  • les contenus juridiques et philosophiques du travail,
  • le symbole mis en œuvre,
  • les pratiques dans d’autres pays,
  • les objectifs fondamentaux et universels.

Extrait de l’article :

«  La mobilisation du 1er mai reste donc l’occasion pour les travailleurs de manifester leur souhait d’améliorer leurs conditions de travail.

Mais c’est aussi le jour où l’on offre des brins de muguet, symbole de « porte-bonheur » !

« All labor that uplifts humanity has dignity and importance and should be undertaken with painstaking excellence », said Martin Luther King Jr.

A worker is a creator and a great asset to every nation. Let’s celebrate the labor that built up this great land from field to field, desk to desk they built it hand in hand.

Happy Worker’s Day !« 

.

ARTICLE

#1er MAI #JOURNÉE DE FÊTE OU DE REVENDICATIONS COLLECTIVES DE TRAVAIL ? 🤔

Cette année encore, la Fête du Travail se passe dans un contexte difficile qui empêche de véritables mobilisations collectives. Mais pour autant, ce 1er jour du mois de mai est une bonne occasion pour rappeler brièvement comment la date du 1er mai est devenue celle de la Fête du Travail.

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie », écrivait @Confucius.

Cette pensée est devenue obsolète car, de nos jours, il devient de plus en plus difficile d’exercer la profession que l’on désire vraiment !

Toutefois, travailler reste le meilleur moyen pour assurer la pitance journalière de chaque individu ! En effet, le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. Il est le garant d’une liberté concrète.

Encore faut-il avoir la chance d’avoir un travail dans ce contexte de crise sanitaire destructeur de nombreux emplois !

Rappelons que même avant l’actuelle crise sanitaire, l’aspect conjoncturel rendait déjà difficile les démarches d’insertion malgré des politiques de lutte contre le chômage.

En effet, l’État a l’obligation de moyens de mettre en place une politique publique efficace permettant à chacun d’obtenir un emploi, puisque le droit au travail participe à la dignité de l’être humain.

D’ailleurs, le préambule de la Constitution française de 1946 fait partie du bloc de constitutionnalité et stipule que : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. »

Il existe donc bel et bien un droit au travail. Il en découle que le Conseil constitutionnel a clairement exprimé, dans sa décision n° 83-156 DC du 28 mai 1983, qu’il appartient au législateur « de poser les règles propres à assurer au mieux le droit pour chacun d’obtenir un emploi en vue de permettre l’exercice de ce droit au plus grand nombre d’intéressés ».

Mais pour autant, les dispositifs d’aide à l’insertion ont montré leurs limites. L’accès à l’emploi était déjà une difficulté majeure en raison du contexte économique dans notre pays.

À cela s’ajoute que quelques personnes continuent d’être rémunérées indûment en raison des cumuls d’activités, d’indemnités, de pensions, de revenus d’activités qui entravent la croissance économique puisqu’elles ne permettent ni la création d’emplois ni ne créent des richesses. Alors qu’il vaudrait mieux investir massivement dans le développement et la qualité des services publics.

De toute évidence, la plupart des Français et Françaises ne veulent pas d’aumône, mais gagner dignement leur vie en travaillant. La répartition des efforts et des produits du travail pourrait être meilleure qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Malheureusement, les choses s’avèrent encore plus difficiles puisque ce virus latent venu de Chine a entraîné un chômage partiel dans plusieurs secteurs ainsi que des faillites en cascade…

Il est à noter qu’en France, le droit du travail et les relations collectives de travail sont constitués d’un ensemble de règles essentiellement étatiques.

À ce propos, le Code du travail, jadis protecteur des droits des salariés, a été réformé en 2017. Réforme reposant sur cinq ordonnances de septembre 2017, laissant une place importante aux accords d’entreprise et à la négociation, pour réglementer les relations entre les employeurs et les salariés.

L’article 34 de la Constitution de 1958 est le fondement textuel qui donne la prérogative au législateur et la détermination des « principes fondamentaux du droit du travail ».

À l’inverse de l’Allemagne où la Loi fondamentale garantit aux partenaires sociaux le droit de négocier les conditions de rémunération et de travail dans les branches.

Il en est de même au Danemark, en Norvège, en Suède, en Belgique et aux Pays-Bas. Dans ces pays, les questions relatives aux conditions de travail, à la rémunération, voire à la protection sociale sont déterminées par des accords collectifs.

Toutefois, les organisations syndicales défendent les droits et les intérêts de leurs membres. La démocratie sociale en France permet donc tout de même aux partenaires sociaux de participer à l’élaboration du droit social. C’est ainsi que des accords collectifs obligatoires complètent le droit du travail.

Dès lors, les salariés ont le droit d’exprimer et de défendre collectivement leurs intérêts professionnels.

Les origines de la journée internationale du travail

Il faut se rappeler que la commémoration du 1er mai est une tradition qui vient des États-Unis. C’est un vibrant hommage qui est rendu chaque année aux revendications ouvrières.

Le point de départ est la réclamation d’une journée de huit heures de travail le samedi 1er mai 1886, dans le monde ouvrier sous l’influence des syndicats américains. Le choix de cette date n’est pas anodin, il correspond au début d’une année comptable dans la plupart des entreprises.

La revendication de la journée de huit heures ne s’est pas faite sans heurts. Certains patrons ont accepté de l’octroyer à leurs ouvriers, tandis que d’autres ont refusé de céder.

S’en est suivie une grève qui a commencé à Chicago avec les ouvriers de l’usine McCormick avant de se généraliser dans tout le pays parce que certaines sociétés ne voulaient pas céder à cette réclamation.

Cette grève s’est heurtée à une violente répression, occasionnant des morts et des blessés parmi les ouvriers et les policiers. Cinq syndicalistes anarchistes ont été condamnés à mort et trois autres à la réclusion à perpétuité, accusés de la mort d’un policier lors de la manifestation du 4 mai 1886.

C’est donc en hommage à la lutte des ouvriers de Chicago que le 1er mai a été choisi comme journée officielle de revendications des travailleurs.

Le 1er mai, symbole de la mobilisation collective

C’est lors du deuxième congrès de l’Internationale socialiste à Paris en 1889 que s’étend la lutte pour la journée de huit heures de travail. Avec le concours de l’American Federation of Labour (AFL), les participants décident de retenir le 1er mai comme journée de revendications.

À la suite de cette décision, la mobilisation du 1er mai 1891 s’achève par un drame : dans le nord de la France, plus précisément à Fourmies, l’armée ouvre le feu sur une manifestation pacifique d’ouvriers, faisant 9 morts et 33 blessés. Ces ouvriers réclamaient l’instauration d’une journée de huit heures en scandant : « C’est les huit heures qu’il nous faut. »

Ce drame a certainement contribué à imposer la tradition du 1er mai comme un rendez-vous social incontournable.

La journée de huit heures est finalement ratifiée par le Sénat en 1919, et la loi du 23 avril relative aux huit heures est publiée au Journal officiel de la République française le 25 avril.

À cela s’ajoute qu’en 1941, sous le régime de Vichy, le maréchal Pétain a officiellement consacré le 1er mai comme « la fête du Travail et de la Concorde sociale ».

Dès 1947, le gouvernement issu de la Libération reprend cette mesure. C’est depuis cette époque que ce jour est déclaré férié chômé et payé sur toute l’étendue du territoire français.

Il en est de même dans la plupart des pays européens et la quasi-totalité des pays du monde entier.

Le 1er mai est-il commémoré dans tous les pays ?

La journée internationale du travail est quasiment commémorée partout dans le monde. C’est un jour férié chômé dans la plupart des pays européens.

En effet, comme en France, le 1er mai est un jour chômé au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne, en Finlande, en Italie, en Espagne, etc.

La Russie, le Japon, l’Australie, l’Afrique et l’Amérique latine commémorent également cette journée.

Au Royaume-Uni, c’est le premier lundi de mai qui est déclaré férié.

Il existe néanmoins quelques exceptions comme aux Pays-Bas et en Suisse où le 1er mai est un jour ouvré. Mais certaines entreprises et organisations internationales basées en Suisse accordent un jour de congé à leurs employés.

Paradoxalement, le 1er mai n’est pas commémoré aux États-Unis, alors que c’est là que cette tradition tire son origine. Pourtant, les syndicats, les partis, des groupes et les organisations de gauche considèrent cette journée comme celle de la célébration de la classe ouvrière.

À l’inverse, le Labor Day est fêté le premier lundi de septembre, mais il n’a rien à voir avec le travail. C’est une célébration symbolique qui marque la fin de l’été.

Quant au Canada, la Fête du Travail est célébrée le premier lundi de septembre depuis 1894. À l’opposé du Québec où les grandes centrales syndicales ainsi que quelques partis et organisations de gauche manifestent le 1er mai.

L’objectif de la mobilisation du 1er mai

La « notion de Fête du Travail » apparaît en 1890 avec @Jules Guesde. Cette notion est reprise par le gouvernement de Vichy.

Toutefois, cette appellation n’a pas, comme sous-entendent certains, une connotation festive. Comme l’expliquait l’historien @Stéphane Sirot, spécialiste de l’histoire des grèves et du syndicalisme : « Le 1er mai, c’est un peu le 14 juillet des syndicats. »

Ce rituel est d’une part une façon de commémorer les événements de Chicago. D’autre part, c’est une journée d’actions collectives. Bref une journée de revendications sociales.

Soulignons cependant que ce jour s’est peu à peu politisé, comme le montre la présence de partis politiques qui se joignent aux manifestants.

À la lumière de ce qui précède, il est clair que les syndicats ont joué et continuent de jouer un rôle prépondérant dans la mise en place des actions collectives, comme en témoigne l’amélioration des conditions des salariés.

Les revendications ont commencé par les huit heures, suivies des congés payés. À ces deux revendications, d’autres se sont ajoutées.

La mobilisation du 1er mai reste donc l’occasion pour les travailleurs de manifester leur souhait d’améliorer leurs conditions de travail.

Mais c’est aussi le jour où l’on offre des brins de muguet, symbole de « porte-bonheur » !

« All labor that uplifts humanity has dignity and importance and should be undertaken with painstaking excellence », said Martin Luther King Jr.

A worker is a creator and a great asset to every nation. Let’s celebrate the labor that built up this great land from field to field, desk to desk they built it hand in hand.

Happy Worker’s Day!

@Anne Brunet 😊

2 réponses »

  1. « Labor is prior to, and independent of capital. Capital is only the fruit of labor, and could never have existed if labor had not first existed. Labor is the superior of capital, and deserves much the higher consideration. »
    Happy Labor Day!
    Anne

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