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L’IMMIGRATION ENVAHIT LA PRÉSIDENTIELLE  ? SUBMERSION ? LA TRANSPARENCE DOIT S’IMPOSER ?

« GRAND CHANGEMENT DÉMOGRAPHIQUE », ET « IMMENSE MENSONGE STATISTIQUE » : L’INSEE À RÉINVENTER ? (INTÉRÊT  GÉNÉRAL ET ÉTHIQUE)

Titre de la publication récente de metahodos.fr

https://metahodos.fr/2021/08/26/grand-changement-demographique-et-grand-mensonge-statistique-linsee-a-reinventer/

qui évoque les travaux et publications de France Stratégie et de l’Insee concernant le poids démographique de l’immigration.

LA TRANSPARENCE NE DOIT ELLE PAS S’IMPOSER ?

La récente publication de ces analyses semble gêner L’INSEE, FRANCE STRATÉGIE et L’EXÉCUTIF qui, pourtant, ne s’expriment pas officiellement sur ce dossier. L’Express, qui ne cite pas ses sources, semble leur donner écho dans un article récent.

(L’hebdomadaire ne conteste ni la source ni les données, mais s’étonne que des médias aient diffusé cette étude – qui malgré qu’elle date de 2020, n’avait pas fait l’objet d’une publicité – comme l’admet implicitement l’express)

LIRE LA NOTE DE FRANCE STRATEGIE

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2020-na92-segregation-juillet.pdf

ET LE DOCUMENT DE TRAVAIL DE F.S.

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2020-dt09-segregation-juillet.pdf

Plusieurs lecteurs nous ont signalé le récent article de Marianne sur l’immigration.

ARTICLE

LE DÉBAT SUR L’IMMIGRATION EST-IL PARTI  POUR ENVAHIR LA PRÉSIDENTIELLE  ? SUBMERSION

Par Hadrien Mathoux – Publié le 27/08/2021 – Marianne

À neuf mois du premier tour, l’actualité conduit les candidats à l’Élysée à saturer le débat public de déclarations sur la thématique migratoire… et à multiplier les prises de position caricaturales, entre exhortations à un « accueil inconditionnel » et dénonciation du « grand remplacement ».

Avec ce sujet, certains jouent sur du velours, quand d’autres sont sur la corde raide. À sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, que l’on se réjouisse ou qu’on le déplore, tout porte à croire que l’immigration fera partie des thèmes majeurs de la campagne. En tout cas, le thème sature les discussions des derniers jours, et l’ensemble du champ politique se voit sommé de prendre position. La prise de pouvoir des talibans en Afghanistan a produit une première salve, lançant très vite un débat autour de l’accueil en France des réfugiés fuyant le régime islamiste mis en place à Kaboul. Ce lundi 24 août, les discussions ont été relancées après la publication d’une base de données par France Stratégie concernant « la ségrégation résidentielle en France ».

L’étude de cet organisme rattaché au Premier ministre mesure, de manière exhaustive, « l’inégale répartition dans l’espace urbain des différentes catégories de population », en multipliant les critères : âge, classe sociale… mais également origine migratoire. C’est sur cet item qu’a choisi de se concentrer l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID). Ce « groupe de hauts fonctionnaires et de membres de la société civile » se présente comme une structure ayant pour but de « donner une vision rationnelle et dépassionnée » des questions migratoires, mais admet souscrire « à la nécessité de contrôler les flux migratoires pour préserver la cohésion sociale et la soutenabilité des finances publiques, ainsi qu’à l’objectif d’une natalité dynamique ». On n’a donc pas affaire à un organisme neutre, ou prétendant l’être.

L’OID a publié ce mardi 24 août un article sur le site de Causeur multipliant les données traitant de la concentration d’enfants nés de parents immigrés extra-européens dans plusieurs zones du territoire national. Dans certaines communes, leur proportion y apparaît très importante, notamment en Seine-Saint-Denis (La Courneuve : 75 %, Villetaneuse : 73 %), dans le nord de Paris (XIXe arrondissement : 50 %, XVIIIe arrondissement : 43 %), mais également dans l’agglomération de Rennes (22,8 %) ou de Limoges (27,5 %). Dans Causeur, l’Observatoire décrit des « transformations démographiques […] sans précédent dans notre histoire par leur nature, leur ampleur et leur rapidité », devant conduire chacun à « s’interroger sur les conséquences d’un tel basculement à court, moyen et long terme, étant entendu qu’il ne pourra cesser de s’amplifier « naturellement » sans la mise en œuvre d’une volonté politique contraire. »

LA DROITE PRESQUE ENTIÈREMENT CONVERTIE AU « GRAND REMPLACEMENT »

À vrai dire, de tels sous-entendus ne semblent pas nécessaires, puisque l’ensemble du spectre politique s’empare du sujet. Suivant les proportions mesurées par les sondages d’opinion, la majorité des candidats à la présidentielle semble vouloir prendre en compte la crispation des Français concernant l’immigration, quitte à céder à la surenchère et à la dramatisation. D’autres, à gauche, tentent au contraire de mobiliser leur électorat en jouant la carte d’une générosité sans limites. Finalement, la possibilité d’un débat serein et de qualité sur cette question sensible semble plus qu’incertaine à ce stade.

Marine Le Pen peut se réjouir : elle qui a fait de l’hostilité à l’immigration un pilier majeur de son programme a beau jeu de mettre en avant ce thème, qui constitue le facteur de vote numéro un de beaucoup de ses électeurs. La présidente du Rassemblement national a relayé sur son compte Twitter l’article de Causeur écrivant : « Ces cartes révélant l’installation exponentielle d’immigrés extra-européens doivent être connues et comprises par tous les Français. Notre avenir est dans ces cartes et il est encore temps de le choisir ! »

Du côté du parti Les Républicains, en pleine effervescence à l’approche (incertaine ?) de leur primaire, Éric Ciotti, tout frais candidat, a fait fort sur RMC ce jeudi 26 août. Après avoir annoncé qu’il se lançait dans la course à l’Élysée, le député niçois a immédiatement axé sa campagne sur le refus de « la submersion migratoire », proposant de « revenir sur le droit du sol au profit du droit du sang, parce qu’on voit bien que l’identité française se délite ». Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur la théorie d’extrême droite du « grand remplacement » (selon laquelle les élites mettent sciemment en œuvre un processus de remplacement de la population française et européenne « de souche » par une population originaire d’Afrique), Ciotti a même indiqué qu’il y adhérait : « Oui, nous vivons une forme de… Les chiffres le démontrent bien, nous n’avons pas la capacité d’assimiler les étrangers. » Jugée plus modérée, Valérie Pécresse, également candidate à la présidentielle, a également marqué son territoire dans une tribune à Valeurs actuelles, où elle promet de « rompre avec l’impuissance » en matière d’immigration : accélération des reconduites à la frontière, placement des demandeurs d’asile dans des centres dédiés, pression sur les pays d’origine…

Un autre candidat, putatif celui-là, devrait contribuer à faire de l’immigration un thème majeur de la campagne présidentielle, et là encore, il ne défend pas exactement des positions modérées : Éric Zemmour, dont les ambitions élyséennes font peu de doutes, fait de l’arrêt total de l’immigration une idée fixe. En mai dernier, sur CNews, il déclarait : « Le problème majeur c’est le grand remplacement, c’est-à-dire le remplacement d’une population par une autre, d’une civilisation par une autre. » Dans un entretien à Valeurs actuelles le 12 août, Zemmour estimait que les trois grands thèmes qui animeraient l’élection présidentielle seraient « l’identité, l’instruction et l’industrie », sans oublier « les autres « i » que sont l’islam et l’immigration », contenus dans le thème de l’identité.

Moins à droite, le président Emmanuel Macron n’a toutefois pas manqué de déclencher de nombreuses réactions indignées, à l’occasion de la crise afghane. Après avoir assuré que « la France [continuerait] de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés », le chef de l’État a paru soucieux d’envoyer un signal sur sa droite, en tempérant illico sa générosité : « Nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature. » De quoi faire tempêter de nombreuses personnalités de gauche.

UNE GAUCHE DIVISÉE

La gauche, justement, apparaît scindée — une fois n’est pas coutume — sur le sujet de l’immigration. De rares candidats à l’élection présidentielle semblent soucieux de ménager une opinion majoritairement conservatrice. D’après l’enquête « Fractures françaises » réalisée par l’Ipsos, 61 % des Français pensent « qu’on ne se sent plus chez soi comme avant », et 66 % estiment « qu’il y a trop d’étrangers en France ». Arnaud Montebourg, déjà désireux de se détacher du clivage gauche-droite, a multiplié les prises de position iconoclastes : sur France Inter en juin, il avait déclaré ne pas vouloir « combattre » l’immigration, mais « la contrôler, ce qui est un droit fondamental pour tout pays qui dispose de frontières », s’en prenant au « slogan facile « accueillons-les tous » » jugé venir d’une « certaine gauche qui défend avec une forme d’angélisme l’idée qu’il faudrait le faire. » Au contraire, d’après Le Figaro, Montebourg s’apprête à proposer des mesures fermes pour réguler l’immigration : une meilleure répartition des personnes issues d’une même zone géographie, une limitation annuelle en matière de regroupement familial, ainsi qu’une limitation de l’immigration économique aux filières professionnelles sous tension. Sans aller jusque-là, le communiste Fabien Roussel pourrait s’aventurer sur ce terrain, lui qui paraît décidé à s’inspirer du PCF de l’époque Georges Marchais et veut attirer à lui les électeurs de Jean-Luc Mélenchon « déçus par ses excès, ses prises de position sur la sécurité et la laïcité par exemple ».

Mélenchon n’est toutefois pas un partisan de l’accueil sans limites, même si le groupe parlementaire Insoumis a défendu des positions très ouvertes lors du débat sur la loi Asile et immigration. Le député de Marseille l’a régulièrement rappelé, il est opposé à la liberté d’installation, et souhaiterait surtout réduire les flux en permettant aux réfugiés de ne pas avoir à quitter leur pays d’origine. Dans un récent entretien au Dauphiné libéré, Jean-Luc Mélenchon a tenu cette ligne en répondant à une question sur l’accueil des Afghans : « La France a signé des conventions internationales sur le droit au refuge politique. Le pays est tenu par ça. Si des gens se présentent à la frontière et demandent ce statut, nous serons obligés de les accueillir. C’est la raison pour laquelle mieux vaudrait s’organiser avant et ne pas subir la situation. Disons aussi : l’Europe du Sud, dont fait partie la France, contribue déjà beaucoup à l’accueil des réfugiés. Ce n’est pas toujours aux mêmes de prendre en charge tout le monde. Ce ne serait ni supportable ni supporté. »

DES ÉCOLOS « NO BORDER »

Loin de ces préventions, les principaux candidats à la primaire écologiste paraissent décidés à ouvrir les vannes et offrir le refuge à tous les migrants en provenance d’Afghanistan. Lors des journées d’été d’Europe Écologie Les Verts, à Poitiers, les favoris se sont succédé à la tribune, tenant un discours similaire. Yannick Jadot : « Personne ne dit que c’est simple d’accueillir des centaines de milliers de réfugiés. Mais la seule question qui vaille, c’est est-ce qu’on le fait ou pas. » Éric Piolle, dans une vidéo sur Twitter, s’est dit prêt à accueillir des Afghans dans sa ville, accusant Emmanuel Macron de « faire honte à la France » en souhaitant « trier entre les bons et les mauvais migrants ». Dans son discours de Poitiers, il a loué « la créolisation du monde », dans une sorte d’ode au métissage.

Mais la palme de l’altruisme (ou de la naïveté) revient probablement à Sandrine Rousseau. Pour la candidate écologiste, qui a affirmé à tort que « la France fait partie des pays qui accueillent le moins d’Afghans », notre pays doit « affirmer ses valeurs ». À savoir « que chacune et chacun est libre ! Il nous faut les accueillir, il nous faut aussi mettre en place des mesures de surveillance sur les personnes qui arrivent, parce que le risque qu’il y ait une ou deux personnes qui s’infiltrent est évident. »

En effet, au nom de la générosité, Sandrine Rousseau se déclare sur BFM prête à laisser entrer sur le territoire national des talibans ou des djihadistes : « S’il y a vraiment des personnes qui sont dangereuses, de potentiels terroristes, ce n’est pas parce qu’ils restent en Afghanistan qu’ils sont moins dangereux. Quelque part, les avoir en France ça permet aussi de les surveiller. » Invitée à s’expliquer par France Inter, l’écologiste a reconnu une « phrase maladroite » tout en maintenant sa position : « On doit rapatrier les populations civiles, on a les moyens de surveiller les personnes et le risque terroriste est contenu. » Espérons tout de même que lors de la campagne présidentielle, la question cruciale de l’immigration ne se résumera pas à un face-à-face entre militants no border et chantres du grand remplacement.

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