Aller au contenu principal

IMMIGRATION : CE QUE RÉVÈLE (MALGRE ELLE ?) FR. STRATEGIE. SUITE ET CONFUSION, SANS DÉBAT.

UN CURIEUX NON-DÉBAT

Le rapport publié – un an après, et sans explication par France Stratégie, sur la base de chiffres inexploités de l’Insee ? – a conduit à une première publication par Causeur et Marianne.

Puis des semblants de débats ou de commentaires ambiguës et embarrassés ont été publiés dans les articles de l’Express, du Point et de La Croix.

Nous vous proposons le lecture des articles du Point et de La Croix ( celui de l’express nous a semblé très confus.) Aurons nous des explications de l’Insee et de France Stratégie sur leurs analyses ou non-analyses.

Voir par ailleurs les publication de metahodos.fr reprenant en particulier les article de Marianne et de Causeur

« GRAND CHANGEMENT DÉMOGRAPHIQUE », ET « IMMENSE MENSONGE STATISTIQUE » : L’INSEE À  RÉINVENTER ? (INTÉRÊT  GÉNÉRAL ET ÉTHIQUE) https://metahodos.fr/2021/08/26/grand-changement-demographique-et-grand-mensonge-statistique-linsee-a-reinventer/

L’IMMIGRATION ENVAHIT LA PRÉSIDENTIELLE  ? SUBMERSION ? LA TRANSPARENCE DOIT S’IMPOSER ? https://metahodos.fr/2021/08/30/le-debat-sur-limmigration-est-il-parti-pour-envahir-la-presidentielle%e2%80%89submersion/

MENSONGE ET STATISTIQUES https://metahodos.fr/2021/09/03/mensonges-et-statistiques/

ARTICLE 1

IMMIGRATION EXTRA-EUROPÉENNE : CE QUE RÉVÈLE LE RAPPORT DE FRANCE STRATÉGIE

Par Melchior Delavaquerie Publié le 02/09/2021 Le Point

En mars 2021, Jean-Luc Mélenchon assenait au micro de France info que « la créolisation était l’avenir du monde ». La créolisation, un processus qui peut s’entendre comme « un métissage des cultures qui produit de l’inattendu » selon le militant antiraciste Édouard Glissant, mais qui renvoie directement au sujet de l’immigration. D’ailleurs, il a suffi d’un article du magazine Causeur sur un rapport publié par France Stratégie en 2020 pour relancer à nouveau les débats.

S’appuyant sur 55 unités urbaines françaises de plus de 100 000 habitants, cette étude analyse l’évolution de la ségrégation résidentielle, c’est-à-dire « l’inégale répartition dans l’espace urbain des différentes catégories de population » en France de 1968 à 2017 auprès de certaines populations, à partir de critères définis : la catégorie sociale, l’âge, le statut d’activité des individus, le statut migratoire et l’origine, le statut d’occupation du logement.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette analyse n’offre pas de conclusion ou d’interprétation sur les résultats présentés. C’est ce que tient d’ailleurs à préciser le sociologue Pierre-Yves Cusset, coauteur du rapport avec Hugo Botton, Clément Dherbécourt et Alban George. Toutefois, s’agissant de l’immigration extra-européenne, certains résultats du rapport ainsi que l’outil cartographique mis en ligne à disposition du public soulèvent plusieurs questionnements.

Moins de ségrégation en 2015 qu’en 1990

L’indice de ségrégation correspond à la distribution d’un groupe dans une unité spatiale donnée (la commune ou des quartiers nommés dans l’étude îlots regroupés pour l’information statistique, composés à peu près de 2 500 habitants). En d’autres termes, il calcule selon l’étude « la part (entre 0 % et 100 %) des membres de la catégorie étudiée qui devrait changer de quartier de résidence pour que le poids de ce groupe soit le même d’un quartier à l’autre ». L’étude le confirme, l’indice de ségrégation des immigrés d’origine extra-européenne a diminué de façon générale, passant de 36 % en 1990 à 33 % en 2015.

S’agissant des potentielles conséquences de cette baisse, Pierre-Yves Cusset indique que « pour comparer des unités urbaines entre elles et dans le temps, nous avons en tête que les phénomènes de ségrégation peuvent aboutir à des effets négatifs à la fois sur la vie d’un quartier mais aussi sur des destins individuels. Cependant, ce n’est pas l’objet de cette note. […] Notre travail est vraiment descriptif. »

Par ailleurs, il n’y a pas de corrélation entre le degré de ségrégation d’une population et la concentration de celle-ci dans un espace donné. L’indépendance entre ces deux indices de mesure peut expliquer pourquoi la ségrégation des immigrés d’origine extra-européenne baisse davantage dans la plupart des unités urbaines où elle était initialement élevée (les unités urbaines de 100 000 à 200 000 habitants, selon l’étude de France Stratégie).

Une hausse des enfants immigrés ou enfants d’immigrés

Outre qu’elle met en exergue l’évolution de certains phénomènes sur le long terme, l’étude de France Stratégie a aussi pour originalité de « rendre disponible un outil de cartographie que chacun peut utiliser pour faire les cartes qu’il souhaite », affirme Pierre-Yves Cusset. Pour ne prendre qu’un exemple, il est possible de constater l’évolution de la part d’enfants immigrés ou enfant d’immigrés d’origine extra-européenne parmi la population âgée de 0 à 18 ans.

Des territoires connus pour avoir accueilli une immigration extra-européenne importante ont vu cette population augmenter parmi les 0-18 ans. Ainsi, en Seine-Saint-Denis, les enfants immigrés ou d’immigrés d’origine extra-européenne représentent en 2017 54 % des 0-18 ans à Drancy (le taux était de 23 % en 1990), 62 % à Sevran (33 % en 1990) ou encore 75 % à La Courneuve (47 % en 1990).

D’autre part, l’outil cartographique mis à disposition permet aussi de montrer une augmentation du nombre d’enfants immigrés ou enfants d’immigrés d’origine extra-européenne parmi les 0-18 ans dans des territoires qui n’ont pas connu historiquement de mouvements migratoires conséquents. C’est le cas de la Bretagne. À Rennes par exemple, leur part au sein de la population âgée de 0 à 18 ans est passée de 9 % en 1990 à 28 % en 2017. Quant à Saint-Jacques-de-la-Lande, commune limitrophe, les enfants immigrés ou enfants d’immigrés d’origine extra-européenne composent en 2017 28 % des 0-18 ans contre 2 % en 1990. L’augmentation de la concentration des jeunes d’origine étrangère dans le Grand Ouest français avait déjà été soulignée par les démographes Michèle Tribalat et Bernard Aubry en 2009, dans la revue Commentaire (Les jeunes d’origine étrangère).

Des statistiques ethniques ?

La loi Informatiques et libertés du 6 janvier 1978 interdit en France la possibilité d’effectuer des statistiques ethniques. Le rapport de France Stratégie, à l’instar des travaux effectués par Michèle Tribalat et Bernard Aubry, se fonde sur la base historique des recensements de populations conçue par l’Insee, Saphir. Elle comporte des données situées entre 1968 et 2017 et permet d’harmoniser ces dernières.

Pierre-Yves Cusset explique que « dans le recensement, il y a une catégorie immigrée, puis le pays de naissance des parents. Si l’on croise les deux, nous savons de quelle origine migratoire il s’agit ». Cependant, le sociologue précise que ces données « ne sont pas des statistiques ethniques » ; « nous raisonnons sur des statuts migratoires, des origines migratoires », ajoute-t-il. En effet, l’échantillon de la population étudiée dans le rapport de France Stratégie ne tient pas compte par exemple des enfants nés de grands-parents immigrés.

ARTICLE 2

IMMIGRATION ET DÉMOGRAPHIE  : LE SERPENT DE MER DU «GRAND REMPLACEMENT» REFAIT SURFACE

Nathalie Birchem, La Croix, 2 9 21

Une étude publiée par France Stratégie il y a un an est actuellement partagée sur les réseaux sociaux par des relais d’extrême droite. Elle démontre selon eux la théorie du « grand remplacement ». Mais les chiffres mis en avant sont à mettre en perspective avec d’autres statistiques.

La polémique sur la part de l’immigration dans la population française se réveille plusieurs fois par an. Cette fois-ci, c’est le média Causeur qui allume la mèche. Publié le 24 août, un article signé par un mystérieux Observatoire de l’immigration et de la démographie (qui se présente sur son site comme « un groupe de hauts fonctionnaires et de membres de la société civile ») explique que les enfants d’origine extra-européenne représentent 75 % des 0-18 ans à La Courneuve et 70 % à Aubervilliers.

À Paris, ils représentent plus de quatre enfants sur dix dans le 13e, le 18e, le 19e et le 20e arrondissement. Et sont plus de 40 % dans certains quartiers de Rennes, plus de 50 % dans certaines zones de Limoges.

Une étude publiée en juillet 2020 sur un tout autre sujet

Présenté comme la preuve de la thèse du « grand remplacement » promue par l’extrême droite, l’article est aussitôt très partagé sur les réseaux sociaux par ses militants. Le 25 août, Marine Le Pen le met en avant sur son compte Twitter avec le hashtag #ReveillezVous, très populaire chez les anti-passe sanitaire, en estimant que « ces cartes révélant l’installation exponentielle d’immigrés extra-européens doivent être connues et comprises par tous les Français ».

De quoi s’agit-il ? En fait de nouveauté, l’article exploite les chiffres de l’Insee de 1990 à 2017 dans 55 unités urbaines de 100 000 habitants, utilisés par France Stratégie dans une étude publiée en juillet 2020… sur un tout autre sujet. « C’est un travail qui portait sur la ségrégation résidentielle, c’est-à-dire la répartition plus ou moins inégale des différentes catégories de population (cadres et ouvriers, riches et pauvres, jeunes et vieux, immigrés et non immigrés) dans les différents quartiers », explique Pierre-Yves Cusset, coauteur de l’étude.

Des chiffres publics

En marge de sa publication, France Stratégie met à disposition des cartes zone par zone dans 55 aires urbaines qui font apparaître visuellement les différents résultats, dont la part de « personne âgée de 0 à 18 ans, immigrée d’origine extra-européenne », effectivement supérieure à 50 % dans certains quartiers où la ségrégation est très forte. « Les chiffres sont bons, ils n’ont d’ailleurs jamais été cachés, ils sont publics », reprend Pierre-Yves Cusset.

Toutefois,les statistiques sont moins spectaculaires si on élargit le spectre aux seules grandes villes. « Pour l’ensemble des unités urbaines de plus de 100 000 habitants, écrit ainsi l’étude de France Stratégie, la proportion d’immigrés d’origine extra-européenne parmi les 25-54 ans est passée de 9 % à 15 % entre 1990 et 2015. Parmi les moins de 18 ans, la part de ceux qui vivent avec au moins un parent immigré d’origine extra-européenne est passée, sur la même période, de 16 % à 26 % ».

Et, comme le précise une note de bas de page de l’étude, « à l’échelle nationale, la part des immigrés d’origine extra-européenne parmi les 25-54 ans est passée de 5 % à 9 % ; celle des 0-18 ans vivant avec au moins un parent immigré d’origine extra-européenne de 10 % à 16 % ». Ces statistiques corroborent donc une augmentation significative de la part des enfants d’origine extra-européenne, mais moins forte que ceux relatifs aux quartiers mis en avant par Causeur.

Une augmentation prévisible

« C’est effectivement une augmentation qui est connue et qui était même prévisible depuis plusieurs décennies, confirme Patrick Simon, socio-démographe à l’Institut national des études démographiques. Mais cette hausse n’est pas due à une croissance récente et spectaculaire de l’immigration, elle est liée à une dynamique démographique inscrite depuis le milieu des années 1970. En 1974, on arrête l’immigration de main-d’œuvre et à partir des années 1980, on a une immigration familiale, qui devient plus significative depuis la fin des années 1990. Ce qui aboutit logiquement à une hausse des enfants d’origine immigrée extra-européenne, comme cela a été le cas plusieurs décennies plus tôt pour les enfants d’origine portugaise, espagnole, italienne, polonaise. »

Toutefois, observe Patrick Simon, « plus de la moitié de l’augmentation des moins de 18 ans d’origine extra-européenne concerne des enfants ayant un seul parent immigré, qu’il s’agisse d’une famille monoparentale ou d’un couple mixte. » Pour le démographe, « cela signifie qu’on assiste à un élargissement des origines de la population. De plus en plus de Français ont un lien avec l’immigration sans forcément être immigré : par exemple quand votre enfant se marie avec un immigré ou un enfant d’immigré, vous ne devenez pas immigré mais votre famille a désormais un lien avec l’immigration. »

« C’est pourquoi la théorie du”grand remplacement’’, qui suppose de remplacer une population par une autre n’est pas juste, conclut-il. En réalité, il n’y a pas eux ou nous mais une diversification de la population comme il y en a à chaque vague d’immigration : eux, c’est nous. » Nathalie Birchem

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :