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POUVOIR D’ACHAT : CONTRE VERITES ET APPROXIMATIONS. LA FRANCE AU 15° RANG EUROPEEN – MAJ 19 11 2021

Le pouvoir d’achat a surtout augmenté pour les plus riches, selon une étude

Une étude vient contredire le bilan du gouvernement sur l’évolution du pouvoir d’achat des Français durant le quinquennat d’Emmanuel Macron.

Le pouvoir d’achat des Français a-t-il véritablement augmenté durant le quinquennat d’Emmanuel Macron ? C’est ce qu’affirmait le gouvernement le mois dernier, se reposant sur une étude de la direction du Trésor au ministère de l’Economie indiquant que le niveau de vie des ménages aurait progressé de 4% pour les 10% de ménages les plus modestes, et de 2% en moyenne pour la plupart des ménages.

RAPPEL:

AVEC UN POUVOIR D’ACHAT DE 20.662 EUROS PAR HABITANT, LA FRANCE SE CLASSE AU 15 E RANG EUROPÉEN

Le pouvoir d’achat n’évolue pas – selon une étude récente – de la même manière dans tous les pays européens. Ainsi, quand le Royaume-Uni gagne 2 places dans le classement, grâce à un taux de change favorable à la livre sterling, c’est aussi lié au glissement de l’Irlande de 3 places. Il y a eu aussi des changements au sein des pays, comme en France où l’écart entre agglomérations se creuse.

En effet, Paris et Boulogne-Billancourt se détachent du reste de la France avec un pouvoir d’achat individuel de 34.536 et 33.525 euros. Nouveauté cette année, la capitale passe en tête du classement France devant Boulogne-Billancourt pour la première fois depuis plusieurs années.

Dans ces deux villes, le pouvoir d’achat représente deux tiers de plus que la moyenne nationale et plus du double de la moyenne européenne.

Saint-Denis sous la moyenne européenne

A l’opposé, la dernière place du classement France est occupée par Saint-Denis (93) avec un pouvoir d’achat moyen de 14.086 euros par habitant, soit un tiers de revenus net en moins que la moyenne nationale. C’est aussi la seule localité française qui se situe en dessous de la moyenne européenne.

Illustration de l’écart croissant entre zones riches et pauvres: le pouvoir d’achat des habitants de Saint-Denis a baissé de 184 euros par an par rapport à 2019 (soit -1%) quand celui de Boulogne a augmenté de +6,5% (+2000 euros) et Paris de +12% (+3700 euros).

L’étude indique des niveaux de pouvoir d’achat en euros et en indice par personne, par an. Le pouvoir d’achat GfK est basé sur le revenu disponible nominal de la population, ce qui signifie que les valeurs ne sont pas ajustées en fonction de l’inflation. Les calculs sont effectués sur la base des revenus et gains déclarés, des statistiques sur les aides gouvernementales ainsi que des prévisions économiques fournies par les institutions économiques.

1 FRANÇAIS SUR 5 TOUCHÉ PAR LA PAUVRETÉ : QUAND FR.STRATÉGIE CORRIGE UNE NOUVELLE FOIS L’INSEE. https://metahodos.fr/2021/09/07/un-francais-sur-cinq-concerne-par-la-pauvrete/

Ecrivions nous le 7 septembre 2021, en précisant que « Les mesures des inégalités faites par Fr. Stratégie conduisent à doubler celles faites par L’Insee !« 

« L’article des Echos qui évoque une enquête de France Stratégie publiée il y a quelques jours qui apporte un éclairage complémentaire aux études de l’Insee sur ce sujet sensible.

L’organisme rattaché à Matignon s’est intéressé a dépasser le seul pouvoir d’achat calculé par l’Insee. Fr. STRATÉGIE a examiné les dépenses dites « pré-engagées » des ménages – c’est-à-dire « engagées par contrat et difficilement renégociables à court terme », comme le loyer, les assurances, les abonnements au téléphone et à Internet, les remboursements d’emprunts.

« Les inégalités, écrit Nathaie Silbert, en termes de revenu arbitrable, c’est-à-dire en termes de budget disponible après paiement des dépenses pré-engagées, sont presque deux fois plus fortes que les inégalités en termes de niveau de vie », souligne France Stratégie. »

Les mesures des inégalités faites par Fr. Stratégie conduisent à doubler celles faites par L’Insee !

Les sommes pré engagées sont passées de 27 % de la dépense totale des ménages en 2001 à 32 % en 2017, ( en patyiculiet, alourdissement du budget logement : loyer, charges, remboursement d’emprunts). Le poids de ces dépenses s’est surtout alourdi pour les ménages modestes. Pour eux, les dépenses pré-engagées représentaient 41 % de la dépense totale en 2017, contre 28 % pour les foyers aisés.

Et le discours officiel de l’Insee reste la non aggravation des inégalités ? »

Dans un autre épisode relatif à l’immigration, L’INSEE a également, et sévèrement, été corrigé par France Stratégie

Voir sur cette question nos deux publications d‘aout 2021:

« GRAND CHANGEMENT DÉMOGRAPHIQUE », ET « IMMENSE MENSONGE STATISTIQUE » : L’INSEE À  RÉINVENTER ? (INTÉRÊT  GÉNÉRAL ET ÉTHIQUE) https://metahodos.fr/2021/08/26/grand-changement-demographique-et-grand-mensonge-statistique-linsee-a-reinventer/

L’IMMIGRATION ENVAHIT LA PRÉSIDENTIELLE  ? SUBMERSION ? LA TRANSPARENCE DOIT S’IMPOSER ? https://metahodos.fr/2021/08/30/le-debat-sur-limmigration-est-il-parti-pour-envahir-la-presidentielle%e2%80%89submersion/

A PRESENT l’INSEE s’invite dans la présidentielle en donnant à l’exécutif des statistiques lui permettant d’affirmer que le pouvoir d’achat DE L’ENSEMBLE des Français n’a pas baissé.

Il aurait été plus prudent – après avoir été contesté à deux reprises par france stratégie sur l’immigration et le niveau de vie ( en particulier, la notion de « budget restant disponible » – que l’INSEE apporte une analyse permettant une lecture la plus proche possible de la réalité.

Par ailleurs nous avons également traité  de l’incapacité  ou de la non volonté  de l’Insee d’analyser la pauvreté et les inégalités (et leurs évolutions) sur un autre plan que strictement financier.

Nous rappelions surcroît les graves insuffisances des calculs sur certains aspects techniques comme l’estimation et la prise en compte du coût de la vie – mobilité  et logement, en particulier – des coûts de l’épargne, de l’évaluation  de l’inflation, par exemple.

Récemment, le Ministère de l’économie avait claironné que les plus modestes avaient été les grands bénéficiaires du quinquennat : faux selon l’IPP.

Et voila qu’une autre institution séreuse – l’IPP – vient contredire les chiffres du ministère de l’économie qui comme ceux de l’INSEE affichent une non réduction du pouvoir d’achat et donc un non accroissement des inégalités.

Entre les baisses d’impôts et les économies sur les prestations sociales, l’exécutif a distribué près de 24 milliards d’euros depuis 2017. Mais tous les Français n’en ont pas profité de la même manière. Les 1% les plus riches sont les grands gagnants

C’est le sparadrap du capitaine Haddock, lit on dans un quotidien, car  des inégalités importantes de traitement demeurent selon les revenus. Récemment, Bercy avait claironné que les plus modestes avaient été les grands bénéficiaires du quinquennat.  

Approfondissons le sujet avec l’article des Echos ci contre qui montre que l’ensemble des Français a bénéficié d’une hausse de pouvoir d’achat, mais que l’augmentation est plus marquée pour les 1 % les plus aisés, selon une étude publiée ce mardi par un organisme indépendant, l’IPP. Ces résultats contredisent en partie le discours gouvernemental, pour qui les plus défavorisés sont davantage gagnants.

Voir nos précédentes publications relative aux inégalités et au pouvoir d’achat :

NI DÉTÉRIORATION DU POUVOIR D’ACHAT, NI HAUSSE DES INÉGALITÉS DE REVENU DEPUIS 30 ANS ? VRAIMENT ? MAIS QUID DES INÉGALITÉS RÉELLES ? MAJ DU 5 8 31 https://metahodos.fr/2021/08/04/les-inegalites-saccroissent-elles-vraiment/

JACQUES LÉVY, « LA PAUVRETÉ EST MAXIMALE DANS LES CENTRES DES GRANDES VILLES ». https://metahodos.fr/2021/03/24/selon-le-geographe-jacques-levy-la-pauvrete-est-maximale-dans-les-centres-des-grandes-villes/

INÉGALITÉS ET PAUVRETÉ: POISON MORTEL POUR NOTRE DÉMOCRATIE ET NOTRE PROSPÉRITÉ INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE https://metahodos.fr/2020/12/25/le-creusement-des-inegalites-de-revenus-ce-poison-mortel-pour-notre-democratie/

BLANCHE GARDIN ET AGNÈS B.: « L’ABBÉ PIERRE NOUS MANQUE, ON AVAIT BESOIN DE SES GUEULANTES » https://metahodos.fr/2020/12/18/blanche-gardin-et-agnes-b-labbe-pierre-nous-manque-on-avait-besoin-de-ses-gueulantes/

L’ ÉTAT STATISTIQUE DES INÉGALITÉS EN FRANCE https://metahodos.fr/2020/06/05/l-etat-statistique-des-inegalites-en-france/

Comme tous les ans, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié, le 3 novembre 2021, une estimation avancée du taux de pauvreté et des inégalités de niveau de vie en 2020(nouvelle fenêtre) en France.

En 2020, année marquée par la crise sanitaire et le recul de l’activité économique, 9,3 millions de personnes seraient en situation de pauvreté monétaire, soit 14,6% de la population. Un chiffre stable par rapport à 2019. Les principaux indicateurs d’inégalités de revenus resteraient également inchangés.

D’après l’Insee, ces indicateurs monétaires ne suffisent cependant pas à rendre compte de toutes les situations de pauvreté en France. En effet, cette étude repose sur les revenus déclarés à l’administration fiscale par les ménages de France métropolitaine. Elle exclut donc les étudiants, les travailleurs non déclarés, les sans-abri, les personnes vivant en communauté (foyers, établissements médicosociaux, résidences universitaires…) ou dans les départements d’outre-mer.

Par ailleurs apparaît une autre limite : comme l’explique l’Insee, « le pouvoir d’achat est une grandeur macroéconomique ». Autrement dit, c’est une mesure globale, qui n’a pas vocation à refléter la diversité des situations, ce qui peut conduire au sentiment de décalage avec la « vraie vie ». Heureusement, plusieurs méthodes existent pour affiner l’analyse.

L’une d’elles consiste à diviser le revenu disponible par le nombre de personnes composant le foyer. On parle alors d’unités de consommation (UC). Ainsi, un célibataire compte pour 1 UC, puis on ajoute 0,5 UC par « adulte » (plus de 14 ans pour l’Insee) et 0,3 UC par enfant supplémentaire. Cette approche permet une statistique « plus représentative de la composition des ménages et in fine plus proche de la réalité de la consommation des ménages », assure l’Insee. Ainsi, en 2020, le pouvoir d’achat « moyen » a progressé de 0,4 %, alors qu’il a stagné (0 %) si on prend en compte les unités de consommation.

L’Insee semble donc bien connaître les limites de son arithmétique, et les pistes de solutions pour arriver à des mesures quantitatives et qualités se rapprochant des réalités.

L’exécutif lui demandera t il de revoir ses publications afin d’objectives les déclarations des uns et des autres en pleine campagne de la Présidentielle ?

Ainsi, il est possible que la crise sanitaire ait eu un effet plus marqué sur les personnes les plus fragiles, comme le suggère la hausse du volume des denrées alimentaires distribuées par les associations en 2020 et l’augmentation des demandes d’aide spécifique ponctuelle pour les étudiants.

Article

Pouvoir d’achat : l’étude qui relance le débat sur les gagnants du quinquennat

Par Renaud Honoré Publié le 16 nov. 2021 Les Échos

Président des riches ou du « quoi qu’il en coûte » ? Depuis plusieurs semaines, le gouvernement martèle, travaux d’évaluations à l’appui, que le quinquennat d’Emmanuel Macron aura débouché sur des gains de pouvoir d’achat pour tous, les plus importants allant aux catégories populaires.

Mais une nouvelle étude indépendante vient relancer le débat, renvoyant le chef de l’Etat aux controverses du début de son mandat sur ses « cadeaux » fiscaux faits aux plus riches. Si le porte-monnaie de tous les Français a bien bénéficié des cinq années écoulées, les principaux gagnants seraient les ménages les plus aisés (1 %, voire 0,1 %), selon une étude publiée ce mardi par l’Institut des politiques publiques (IPP).

Ce nouveau document va trouver de l’écho, alors que le thème du pouvoir d’achat est devenu central dans la campagne présidentielle, avec la flambée des prix de l’énergie et la sortie de crise économique. Pour vanter son bilan en la matière, Bercy avait dégainé fin septembre un premier bilan du quinquennat , en marge de la présentation du budget pour 2022 : selon les calculs de la Direction du Trésor, effectués par déciles, le revenu disponible de tous les ménages français a progressé entre 2017 et 2022, les gains les plus importants allant aux 10 % les moins riches dans la population (+4 %, contre +2 % pour les 10 % les plus aisés).

Différences avec Bercy

Dès lors, la contre-expertise de l’IPP était attendue. Depuis 2017, l’institut s’est fait une spécialité d’évaluer les effets des mesures prises à l’occasion des différents budgets. Son bilan à l’issue du quinquennat est à la fois proche et éloigné de celui de Bercy : s’il y a bien une « hausse globale de revenu disponible, concernant presque tous les centièmes de niveau de vie », l’IPP montre toutefois que l’augmentation est plus forte pour le 1 % des ménages aisés (+2,8 %), et encore supérieure pour la part des 0,1 % les plus riches (+4,1 %). Elle est en revanche inférieure à +1,5 % si on élargit la focale aux 10 % les plus aisés.

Pour le reste de la population, les gains sur cinq ans sont plutôt compris entre +1,3 % et +2,3 %, avec même une légère baisse pour les 5 % de Français les moins riches. L’écart entre les deux extrêmes de la distribution de revenus est encore plus fort si l’on regarde les montants gagnés par chacun, et non l’évolution en pourcentages. L’exécutif se consolera en constatant en revanche que pour la seule année 2022, les mesures décidées profiteront bien aux 1 % des ménages les plus pauvres (+3 % pour leur revenu disponible), contre +0,3 % pour les 1 % les plus riches du fait de l’effet des mesures anti-flambée des prix de l’énergie .

Méthodologies différentes

Pourquoi de telles divergences ? Elles tiennent à des différences d’hypothèses, forcément sujettes à discussions. L’IPP n’a pris en compte que les mesures décidées durant le quinquennat – et pas celles décidées avant mais qui se sont appliquées pendant (généralisation du chèque énergie, revalorisation du RSA, crédit d’impôt emploi à domicile) – en tenant compte par ailleurs de leur montée en charge à venir. Ce qui fait que la suppression totale de la taxe d’habitation pour les 20 % des ménages les plus aisés est comptabilisée, quand bien même elle n’interviendra qu’en 2023, ce que ne faisait pas Bercy. 

Autre différence parmi d’autres, l’exécutif estime que la hausse de la fiscalité du tabac pèsera moins sur les ménages les plus pauvres, tablant sur une baisse plus importante du nombre de fumeurs.

Au-delà de ces querelles méthodologiques, cette étude de l’IPP est aussi intéressante pour ce qu’elle révèle des cinq années écoulées. Emmanuel Macron avait fortement insisté sur la valeur travail lors de son allocution la semaine dernière , non sans fondement au vu de l’étude de l’IPP : ainsi, les ménages actifs sont tous gagnants sans exception, avec un bénéfice moyen de +3,5 %. Le gain en bas de l’échelle des revenus n’est d’ailleurs pas très différent de celui enregistré par les plus riches. Il faut y voir les effets de la forte revalorisation de la prime d’activité ou de la bascule des cotisations sociales vers la CSG.

Tableau contrasté pour les retraités

Pour les retraités, le tableau est très contrasté : les gains sont massifs pour les ménages les moins aisés (grâce à la revalorisation du minimum vieillesse) alors que les gains sont plus maigres pour les classes moyennes. En revanche certains retraités peu aisés (impactés par la non-revalorisation des pensions en 2019 et 2020) et ceux très aisés (touchés par la hausse de CSG) y perdent.

La Cour des comptes préconise une réforme des retraites « équitable »

La lecture est encore plus compliquée, si on essaye de voir quel est le bilan de l’exécutif en matière de revalorisation des prestations sociales : il peut y avoir des effets dans deux sens opposés (avec par exemple des gains grâce à la hausse de la prime d’activité, et des pertes sur les APL), si bien que l’IPP parle de « forte hétérogénéité » de situations au sein d’un groupe de même revenu.

Une situation que l’on constate également en regardant la part de gagnants et de perdants pour chaque classe sociale : on constate entre environ 75 % (chez les plus pauvres) et 25 % (pour la classe moyenne et les plus riches) de perdants à l’issue de ce quinquennat. Il n’y a pas d’absolue clarté, ce qui explique sans doute que l’exécutif ait tant de mal à convaincre des effets concrets de sa politique en matière de pouvoir d’achat.

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