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LA COURAGEUSE DEMOCRATIE LITUANIENNE FACE À LA CHINE ET À LA BIÉLORUSSIE

De la Chine à la Biélorussie, la Lituanie défend la démocratie – et en paye le prix

Mercredi 24 novembre 2021, par Pierre Haski

France Inter Lien : https://www.franceinter.fr/embed/player/aod/434cfd1c-9eb3-40b9-99db-d21f0958a05d

La Lituanie et ses moins de trois millions d’habitants sont en première ligne dans un combati pour la démocratie, défense de Taiwan face à la Chine ou lutte contre la dictature en Biélorussie. Le prix à payer est élevé.

Sur le ring de la diplomatie mondiale, le combat parait disproportionné. D’un côté la Lituanie et ses moins de trois millions d’habitants au bord de la Baltique ; de l’autre la Chine et son milliard 400 millions d’habitants en Asie. Et pourtant, à lire la presse officielle chinoise, la Lituanie est devenue le pays à abattre.

« Le caniche des États-Unis », « un tout petit pays qui se met en danger », « la Lituanie doit être punie »… Ce sont quelques uns des commentaires qui fleurissent dans les éditoriaux chinois, accompagnés d’un boycott économique et d’un abaissement du niveau des relations diplomatiques : il n’y a plus d’ambassadeur chinois à Vilnius, ni lituanien à Pékin.

La raison de cette colère : la décision lituanienne d’ouvrir, il y a quelques jours à Vilnius, un Bureau de représentation taïwanais. Le mot qui fâche, c’est Taïwan. Celui de Paris s’appelle par exemple Bureau de représentation de Taipei, la capitale – pas d’une entité qu’on pourrait prendre pour un pays indépendant… 

Ca peut sembler dérisoire, mais c’est sur des symboles de ce type que Pékin se bat pour tenter d’isoler l’île convoitée, avec l’espoir de rendre possible, un jour, une réunification avec la « mère patrie » chinoise.

Ces pressions n’ont pas d’effet : loin de faire plier la Lituanie, elles la renforcent dans le positionnement qu’elle a adopté, de défenseur de la démocratie, avec tous les risques que ça comporte.

Car la petite Lituanie se retrouve en première ligne sur tous les dossiers, face à Pékin, mais aussi face à la dictature chez son voisin biélorusse : c’est à Vilnius que s’est réfugiée l’opposition de Biélorussie, et en particulier Svetlana Tikhanosvskaya, la candidate contre Alexandre Loukachenko lors de l’élection présidentielle de 2020. Pour « punir » la Lituanie, le dictateur biélorusse a d’abord employé contre elle l’arme des migrants, l’été dernier, préfiguration de la récente offensive contre la Pologne.

De passage à Paris, la Présidente du Parlement lituanien, Viktorija Cmilyté-Nielsen, a réaffirmé une position inflexible : « Loukachenko n’est pas président, nous ne discutons pas avec lui », a-t-elle dit. Le chantage de Minsk n’a pas réussi.

D’où vient cette détermination lituanienne ? Une partie de la réponse se trouve dans l’histoire : la Présidente du Parlement lituanien, une ancienne Grand-maître d’échecs entrée en politique, se trouve à Paris pour célébrer aujourd’hui, en compagnie de ses homologues d’Estonie et de Lettonie, le centenaire de la reconnaissance par la France de l’indépendance des États baltes. 

Mais cette indépendance a connu une grande parenthèse, de 1939 à 1991, période d’occupation soviétique. La dictature, ils connaissent.

Mais c’est aussi une question de positionnement international : la Lituanie appartient à l’Union européenne et à l’OTAN, et considère que, dans un voisinage menaçant, elle a besoin d’assurance-vie. Sa fermeté face à la Chine -elle a été la première à quitter le forum chinois 17+1 créé par Pékin en Europe- est bien vue à Washington ; de même la Lituanie va envoyer des soldats au côté de l’armée française au Sahel, un geste apprécié à Paris.

La « petite Lituanie », comme l’appelle la presse de Pékin, joue donc dans la cour des grands : la toute puissance chinoise ne lui fait pas peur.

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