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UN PRESIDENT – « ROI THAUMATURGE » ? – RELIGION, RAISON ET CONFUSIONS – 3 PUBLICATIONS

CONFUSION ENTRE RAISON ET SCIENCE

CONFUSION ENTRE SPIRITUALITE ET RELIGION

Quelques jours de Noël, Emmanuel Macron est comme en prêche : Dans un texte publié dans l’Express, intitulé « Réenchanter le monde », le président de la République détaille sa vision de l’articulation entre science et religion.

« Je crois profondément qu’il peut exister des continuités entre Dieu et la science, religion et raison », défend le président, qui rejette « en même temps » « relativisme » et – à l’opposé – un « positivisme forcené ». Ces continuités restent inexplorées, le « en même temps » ?

Les confusions et raccourcis sont nombreux. Nous vous proposons trois articles, éclairant les assertions et declarations présidentielles, et surtout leurs objectifs.

Le « en même temps » est il tenable en ces matières ? Et ce qui pourrait relever d’un intime profond a-t-il vocation a être mêlé à la fonction présidentielle ?

Les religions et la laïcité

Dans une enquête sans précédent, Salomon Malka tente d’y voir clair dans le positionnement du chef de l’État quant aux religions et à la laïcité. « La tâche n’est pas aisée », comme le revèle .Paul Sugy dans l’ARTICLE 1 repris ci contre. Il écrit : « en matière de religion et de laïcité, le «en même temps» est moins aisé que jamais – voire tout simplement intenable »

Une démarche d’auto-présentation à caractère identitaire

Dans l’ARTICLE 2, Hadrien Brachet rappelle une des phrases clés de la dissertation de M. Macron. « Je crois profondément qu’il peut exister des continuités entre Dieu et la science, religion et raison ». Isabelle de Mecquenem, interrogée, indique : « Ceci renvoie aussi à la figure de l’individu très contemporain qui s’identifie à des croyances fondamentales. Il y a là une démarche d’auto-présentation à caractère identitaire, qui ne peut manquer d’interroger ».

Un « en même temps » jusque sur la question religieuse ? Une tentative de séduire les croyants ? La philosophe Isabelle de Mecquenem, membre du Conseil des sages de la laïcité* de l’Éducation nationale, décrypte pour Marianne le texte du président.

« Emmanuel Macron, ecrit elle, s’exprime ici comme un roi thaumaturge, doté d’un pouvoir miraculeux de guérison. … il a voulu dans cet entretien administrer une parole curative qui guérisse les plaies des Français. Mais je ne sais pas si c’est la fonction du politique que de « Réenchanter le monde » et de tenir une parole surnaturelle.

« Dieu, la République et Macron »

Quelle conception Emmanuel Macron se fait-il de la laïcité ? C’est la question qui inquiète les défenseurs de notre spécificité française et le thème de la dernière enquête de Salomon Malka : « Dieu, la République et Macron ».

Dans l’ARTICLE 3 Martine Gozlan présente l’ouvrage.

Citation : « Le jeune Emmanuel, élève des Jésuites, s’est fait baptiser à l’âge de douze ans et contre l’avis paternel », rappelle l’auteur qui a mis ses pas dans celui du collégien. Pour autant, il ne se fige pas dans l’image du dévot. Pendant sa campagne, Macron confiera : « Je suis revenu à un certain agnosticisme… mais il est certain que nos vies sont enrichies par la quête d’un absolu qui nous dépasse. »

Article 1

Quel est le credo d’Emmanuel Macron?

Par Paul Sugy Publié le 10/05/2019 à 14:09, mis à jour le 10/05/2019 à 14:09

Dans une enquête* sans précédent, Salomon Malka tente d’y voir clair dans le positionnement du chef de l’État quant aux religions et à la laïcité. La tâche n’est pas aisée.

L’enquête passionnante de Salomon Malka s’ouvre sur une scène connue davantage pour ce qu’elle a de rock and roll que pour sa dimension spirituelle: à La Madeleine, le 9 décembre 2017, Emmanuel Macron hésite d’abord un instant à tracer une croix par-dessus la dépouille de Johnny, puis se contente finalement d’apposer ses mains en un signe de recueillement plus sobre.

Cette anecdote résume bien le portrait du chef de l’État esquissé par l’écrivain et journaliste: la lecture de Dieu, la République et Macron *donne à voir un président plus spirituel que vraiment religieux, encore que très ambigu dans ses prises de position publiques au sujet des religions. Rien de très nouveau, peut-être, mais, en matière de religion et de laïcité, le «en même temps» est moins aisé que jamais – voire tout simplement intenable. Si une réforme économique peut soutenir en même temps l’offre et la demande, comment défendre en revanche une laïcité intransigeante et en même temps un nouveau pacte avec les religions? La formule, conclut Malka, «tourne cette fois au paradoxe contradictoire».

Il y a bien longtemps que Paris ne vaut plus une messe, mais la France les vaut toutes à la fois: dans un exercice déjà abondamment commenté (et critiqué), le chef de l’État a entrepris de faire les yeux doux à tous les responsables religieux, quitte à donner l’impression d’encourager «l’archipel» communautaire dont Jérôme Fourquet observe la naissance. C’est cette histoire que raconte Malka avec talent, retraçant ses rencontres avec de nombreux responsables religieux, conseillers du pouvoir et intellectuels (Rémi Brague, Jean-Pierre Chevènement, Hakim El Karoui…).

On n’en apprend somme toute que très peu sur les convictions ou la foi personnelles d’Emmanuel Macron. Le Président a certes été baptisé dans sa jeunesse, mais se serait éloigné de la foi quelques années plus tard… Reste qu’il sait parler aux chrétiens, peut-être plus qu’à quiconque: aux protestants, par l’intercession de Paul Ricœur, qui trône au sommet de son panthéon personnel ; et aux catholiques qu’il a gratifiés il y a un an du mémorable discours des Bernardins. Un «feu d’artifice», commente Malka: Macron semble faire son marché chez les auteurs et philosophes chrétiens en fonction de son goût du moment, et sa main tendue aux catholiques de France ne dissimule qu’avec peine le «cause toujours» qu’il leur rétorque à propos des questions de bioéthique.

Cujus regio, ejus religio? On retrouve en Emmanuel Macron une ambiguïté toute nationale: celle d’un pays devenu presque indifférent au fait religieux tant que celui-ci ne lui explose pas à la figure, mais qui ne peut retenir ses larmes devant sa cathédrale en flammes.

* Dieu, la République et Macron. Cuisine et confessions, de Salomon Malka, éd. du Cerf, 224 p., 20 €.

Article 2

Science et religion : « Emmanuel Macron s’exprime comme un roi thaumaturge »

Par Hadrien Brachet Publié le 24/12/2021 Marianne

Le chef de l’État a publié le 21 décembre dans « L’Express » un texte consacré à sa conception des rapports entre science et religion. Une parole à la dimension « surnaturelle » pour la philosophe Isabelle de Mecquenem.

À quelques jours de Noël, Emmanuel Macron prêche sa bonne parole. Dans un texte publié dans l’Express, intitulé « Réenchanter le monde », le président de la République détaille sa vision de l’articulation entre science et religion. « Je crois profondément qu’il peut exister des continuités entre Dieu et la science, religion et raison », défend le président, qui rejette à la fois le « relativisme » et, à l’inverse, un « positivisme forcené ».

Marianne : Qu’avez-vous retenu de la philosophie qu’Emmanuel Macron développe dans ce texte sur la science et les religions ?

Isabelle de Mecquenem : Qu’en tant que président de la République, il dise ce à quoi il croit m’a frappé. C’est comme s’il exprimait son credo. Ceci renvoie aussi à la figure de l’individu très contemporain qui s’identifie à des croyances fondamentales. Il y a là une démarche d’auto-présentation à caractère identitaire, qui ne peut manquer d’interroger.

C’est-à-dire ?

Qu’il se sente obligé d’insister publiquement sur « ce en quoi il croit » m’a fait penser à Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci évoquait un besoin d’« espérance » de l’être humain. Emmanuel Macron est plus prudent en parlant de transcendance mais, en partageant « ce en quoi il croit », il cherche à apparaître authentique, équivalent de la valeur de vérité et, surtout, valeur éthique suprême pour l’individualité hypermoderne. Il fait le pari que cette authenticité va susciter l’adhésion par identification.

Emmanuel Macron débute son texte par un éloge de la science. « Jamais, sans doute, l’humanité n’a eu autant besoin de science » écrit-il. Que pensez-vous de la vision des sciences que développe le président ?

D’abord, il évoque « la » science mais plus personne ne parle de « la » science. Il y a une rationalité, mais « des » sciences, avec des régimes de preuve très différents. Une preuve en médecine, ce n’est pas la même chose qu’une preuve en physique. Condorcet parlait des « vérités », il mettait ce mot toujours au pluriel. Par ailleurs, Emmanuel Macron s’oppose au positivisme forcené. Mais, lorsqu’il assure que toutes les innovations sont fondées sur la science, c’est précisément une affirmation très positiviste. C’est aussi une perception très utilitariste de la science que de se demander dans quelle mesure les découvertes scientifiques vont se convertir en innovations, qui ont une rentabilité au sens économique du terme.

Emmanuel Macron assure ensuite que « Dieu et la science ne s’opposent pas parce que la croyance en l’un est souvent allée historiquement avec le développement de l’autre »…

Pour moi, c’est l’exemple même d’un sophisme, et plus précisément d’un sophisme généalogique. Emmanuel Macron confond l’origine de la science avec la nature de la science. Dire que la science moderne a pu naître dans des contextes ou des civilisations où la religion prédominait nous renvoie à l’origine de la science.

Aujourd’hui le contexte est différent. La France est le pays le plus sécularisé d’Europe dans un ensemble de pays lui-même très sécularisé. Emmanuel Macron oublie de dire que les sciences ont des normes autonomes. Si on n’admet pas cela, il y a un véritable risque de confusion. Le chef de l’Etat cultive une espèce de porosité. Les normes de vérité scientifique sont devenues totalement autonomes et même quand un savant a des croyances religieuses, il fait la part des choses. Il serait bienvenu que les politiques aient une forte formation scientifique car les décisions politiques impliquent de plus en plus de notions et des capacités scientifiques.« Emmanuel Macron confond l’origine de la science avec la nature de la science. »

Une nation peut-elle être « infiniment rationnelle et résolument spirituelle » comme l’affirme Emmanuel Macron ?

La catégorie du spirituel est beaucoup plus large que celle du religieux. Désormais on parle même parfois d’une spiritualité laïque. J’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé car j’ai une conception rationnelle de la laïcité. Cependant, Abdennour Bidar par exemple se présente comme philosophe, donc pratiquant une démarche rationnelle, mais se dit par ailleurs croyant et s’inscrit dans une mystique.

Ceci recoupe l’un des diagnostics sous-jacents au propos d’Emmanuel Macron. Comme Nicolas Sarkozy, il suggère qu’il y a un besoin de spiritualité quasiment ancré dans la nature humaine. D’ailleurs le titre du texte est « Réenchanter le monde ». Emmanuel Macron s’exprime ici comme un roi thaumaturge, doté d’un pouvoir miraculeux de guérison. Comme Marcel Gauchet, il a compris qu’il y a un « malheur français » et, en temps de pandémie, il a voulu dans cet entretien administrer une parole curative qui guérisse les plaies des Français. Mais je ne sais pas si c’est la fonction du politique que de « Réenchanter le monde » et de tenir une parole surnaturelle.

Pour autant, Emmanuel Macron n’a-t-il pas raison de suggérer que, sans dimension spirituelle, une nation peut difficilement trouver son équilibre ? C’est toute la question qui traverse l’œuvre de Houellebecq.

Le besoin de transcendance collectif à une échelle politique, là oui, c’est son métier, pour parler comme Max Weber. Sauf qu’en puisant dans une transcendance très proche des discours religieux, Emmanuel Macron retombe dans la porosité. C’est une transcendance politique qu’il faut énoncer. Or, son discours n’en propose pas. Il n’ose pas dire que la nation est la figure même de la transcendance politique. C’est ce qui nous inscrit dans l’Histoire, nous offre un grand récit politique. La nation et la République sont les grandes figures de la transcendance politique, fruits d’une volonté qui nous projette dans l’avenir tout en faisant le lien avec le passé.

En 2018 Emmanuel Macron s’exprimait devant les Évêques au Collège des Bernardins, il y a quelques semaines il rendait visite au Pape. Le voilà qui assure qu’il « peut exister des continuités entre Dieu et la science, religion et raison. » Avez-vous le sentiment que le président cherche à séduire les croyants ?

Je lui donne une portée plus générale. Il s’adresse au peuple français dans sa diversité. Il discerne très bien que le politique a besoin d’une espèce de souffle, presque prophétique. Je dirais donc plutôt qu’il emprunte quelque chose aux croyants pour l’attribuer au discours politique. Quand Emmanuel Macron assure qu’il y a un effondrement de la confiance dans la parole scientifique et qu’il va refinancer la recherche et remettre l’accent sur l’école, c’est un discours très pragmatique d’un politique qui apporte des solutions pour remédier aux problèmes. Mais il sait très bien que le discours politique ne peut pas se soutenir que de mesures de cette nature, d’où cet appel à la transcendance.« La nation et la République sont les grandes figures de la transcendance politique. »

En faisant l’éloge de la science tout en flattant les religions, Emmanuel Macron ne pratique-t-il pas encore une fois l’art de l’« en-même temps » ?

C’est tentant de le lire de cette manière. La fonction présidentielle ne doit pas diviser. C’est un « en même temps » de cohésion mais on peut fonder la communauté de citoyens sur d’autres bases que celle-là.

Que pensez-vous de son interprétation de la loi de 1905 et de la démarche d’Aristide Briand ?

C’est une interprétation libérale. Or, il y a des lecteurs de la loi qui disent qu’elle n’est pas une loi libérale. On pourrait demander aux historiens de l’Eglise catholique comment les responsables ecclésiastiques de l’époque ont vécu l’arrivée de la loi. Ce n’était sans doute pas une loi de « conciliation » de ce point de vue. C’est une loi qui a dessaisi l’Eglise catholique de son pouvoir temporel. Présenter la loi sous l’angle de conciliation entre les libertés religieuses et la neutralité de la sphère publique, c’est mettre de côté la prévalence de la liberté de conscience. La liberté de conscience, c’est beaucoup plus que la liberté de religion.

Entre sa poussée, pendant la campagne présidentielle, contre les tenants d’une « laïcité revancharde » son discours des Mureaux contre le séparatisme et ce texte, difficile d’y voir clair sur ce que pense Emmanuel Macron de la laïcité.

En effet, je pensais que par ce texte il allait enfin clarifier sa conception. Mais il est resté très allusif et très discret sur ce sujet. Il aurait au moins pu rappeler que la laïcité est une norme constitutionnelle. Il y a là un point d’union entre les citoyens qui consiste à expliquer que la laïcité n’est pas une croyance, mais une norme constitutionnelle, ce qui change la donne.

Article 3

Emmanuel Macron croit-il en la laïcité ? La dernière enquête de Salomon Malka

Par Martine Gozlan Publié le 27/08/2019 Marianne

En matière de religion, la France est seule depuis 1905, date de la tumultueuse séparation entre l’Église et l’État. Une solitude qui nous vaut autant de haines que d’admirations. A l’heure où les ambiguïtés s’accumulent autour du sort réservé à notre fameuse loi, Salomon Malka prend son bâton de pèlerin pour explorer les chemins sinueux, et souvent secrets, de la relation entre Macron-Jupiter et les fidèles des différentes paroisses. Entre un président et notre République, la relation ne fut jamais simple. Nicolas Sarkozy l’illustra naguère en avouant préférer le curé à l’instituteur et en louant le « manteaux d’églises » qui drapait la France. Tout en se drapant à son tour dans ses atours de chanoine de Latran.

LA LOI DE 1905 ET L’EXCEPTION FRANÇAISE MENACÉES ?

Emmanuel Macron, lui, entame son quinquennat avec une supplique, formulée tout bas par son épouse Brigitte à l’oreille de Monseigneur Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Le jour de l’investiture de son mari à l’Élysée, la nouvelle Première dame glisse au prélat un « Priez pour lui ! » très chrétien et fort peu laïque. Il est en réalité conforme à l’éducation reçue par le futur président. « Le jeune Emmanuel, élève des Jésuites, s’est fait baptiser à l’âge de douze ans et contre l’avis paternel », rappelle l’auteur qui a mis ses pas dans celui du collégien. Pour autant, il ne se fige pas dans l’image du dévot. Pendant sa campagne, Macron confiera : « Je suis revenu à un certain agnosticisme… mais il est certain que nos vies sont enrichies par la quête d’un absolu qui nous dépasse. » Ce qui nous ramène une fois encore à Sarkozy déplorant la finitude à laquelle, selon lui, se voueraient les athées.

Mais Malka, pas plus que son sujet, n’en reste là. Il note ironiquement que la « mystique du soi » l’emportera vite sur la mystique tout court. C’est bien pour fortifier le bastion jupitérien que Macron multipliera les ambiguïtés. Il y a loin en effet du « Je ne suis pas multiculturaliste au sens du modèle canadien, je crois à la loi de 1905 ! » lancé aux reporters durant sa campagne de 2017 à l’expression « faux totem » reprise par son entourage à l’annonce des amendements à la loi prévus par le président. L’indomptable Zineb El Rhazoui, au nom de tous ceux qui estiment leur liberté de conscience protégée par une loi unique au monde, avait alors témoigné de son angoisse dans les colonnes de Marianne.

Car c’est bien des pressions exercées par l’islam qu’il faut s’inquiéter. Macron est à la fois le Président qui, en mars 2019, en rencontrant des intellectuels, scande « 1905, rien que 1905 » et poursuit sans état d’âme : « Il faut réussir dans notre pays à installer la place de l’islam, religion qui n’était quasiment pas présente en 1905… » Sceptique, Malka ne peut s’empêcher d’évoquer alors une tentation macronienne cachée, celle de l’extension du Concordat alsacien à tout le pays. Que veut vraiment Jupiter des chapelles qu’il gouverne ? On ne sort pas rassuré de cet essai très informé.

Par Martine Gozlan

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