
POURQUOI CETTE FRILOSITÉ FRANÇAISE SUR LA PEDOCRIMINALITÉ ?
On lit régulièrement des articles et études regrettant l’omerta française – en particulier des autorités publiques ( exécutif et judiciaire ) mais également souvent des médias.
Voir le silence lourd sur les dossiers – non ou insuffisamment traités et sanctionnés – d’abus sur personnes mineures si nombreuses en France
- l’affaire Epstein / AIDAN …
- les affaires des mannequins des années 90
- les affaires du periscolaire de la ville de Paris
- ou encore l’affaire de la rue du Bac.
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POURQUOI ET COMMENT L’AFFAIRE EPSTEIN A T ELLE ÉTÉ – ET EST ELLE ENCORE – ÉTOUFFÉE EN FRANCE
ÉMISSION COMPLÉMENT D’ENQUÊTE :
« « Et si une affaire Epstein était passée sous les radars en France ? Et si des victimes françaises mais aussi de potentiels complices français du prédateur sexuel américain avaient échappé à la vigilance des enquêteurs ? « Complément d’enquête » sur le volet français d’une tentaculaire affaire.
Un an après ses premières révélations sur l’affaire Epstein, « Complément d’enquête » revient sur cette onde de choc mondiale qui a ébranlé jusqu’aux plus puissants de la planète et décortique documents et témoignages inédits à l’appui des investigations menées par la police française entre 2019 et 2023.
De nouveaux témoins de premier plan
Pour la première fois, une victime française qui affirme avoir été l’esclave sexuelle du millionnaire américain dans son appartement des beaux quartiers parisiens a accepté de raconter son histoire. Son témoignage, glaçant, décrit un quotidien sous emprise et une grande perversité de son agresseur. Des années après, elle dit être encore traumatisée par tout ce qu’elle a vécu.
Les journalistes reviennent aussi sur le parcours rocambolesque du mystérieux Daniel Siad accusé par certaines femmes d’avoir été un rabatteur de jeunes filles pour alimenter le trafic sexuel de Jeffrey Epstein. Qui est vraiment celui qui se définit comme un simple recruteur de mannequins et quels liens entretenait-il avec le prédateur sexuel ?
« Complément d’enquête » a retrouvé cet homme, qui avait été identifié par la police, sans jamais être auditionné. Il conteste toutes les accusations portées contre lui. Mais des femmes qui l’ont côtoyé se sont confiées aux équipes du magazine.
Enquête en France : y aurait-il eu des dysfonctionnements ?
Les journalistes ont aussi retrouvé un potentiel témoin clé qui n’a jamais été entendu par la police, pourtant alertée dès 2019 par l’appel d’un mystérieux informateur anonyme. Parmi les millions de documents rendus publics il y a deux mois et demi par la justice américaine, de nombreux virements bancaires attestent bien de liens entre ce Français et Jeffrey Epstein. Pourquoi n’a-t-il jamais été contacté par les enquêteurs ?
Pourquoi le dossier judiciaire sur le volet français de l’affaire a-t-il été clôturé en 2023 malgré les nombreuses pistes ? Y a-t-il eu un dysfonctionnement de la justice qui aujourd’hui a décidé de rouvrir des enquêtes ? Que reproche-t-on à Jack Lang, l’ancien ministre socialiste qui a dû démissionner suite à la révélation de nombreux mails montrant sa proximité avec Jeffrey Epstein ? » »
Depuis cette émission, aucune suite ni éclaircissement
DÉJÀ EN SEPTEMBRE 2019 : « L’affaire Epstein prend de l’ampleur et touche la France »
TITRAIT RADIO FRANCE…
Personne – justice et exécutif – n’a rien vu, ni voulu voir
« « Des plaintes continuent d’être déposées aux États-Unis contre le milliardaire américain Jeffrey Epstein, mort en prison en août dernier. Mais également en France où il avait de nombreuses connections. » » »
«Pédocriminalité, l’hypocrisie française» : un livre-réquisitoire contre les défaillances de l’État »
TITRE VA QUI POURSUIT (13/04/2026) : . Malgré une prise de conscience salutaire, les défaillances étatiques de la lutte contre la pédocriminalité restent lourdes, décrypte Laurence Beneux. –
Il y a vingt-cinq ans, son Livre de la honte, les réseaux pédophiles (Le Cherche Midi, 2001) était accueilli avec scepticisme, sinon avec mépris, mais Laurence Beneux a de la suite dans les idées. Journaliste indépendante, elle s’est plongée dans ce sujet en 1999 avec la sordide affaire Zandvoort : des centaines de milliers de documents pédopornographiques saisis aux Pays-Bas, trois familles françaises qui reconnaissent leurs enfants… Et une réponse officielle qui minimise alors : la portée en France est limitée, circulez, les réseaux n’existent pas… Un quart de siècle et quelques scandales retentissants plus tard, jusqu’aux poupées Shein et à l’affaire Epstein, l’enquêtrice constate qu’une prise de conscience s’est installée, mais qu’elle est entravée par « une hypocrisie française ».
À lire aussiPédocriminalité dans le périscolaire : la mairie de Paris dans la tourmente
Les chiffres affolent pourtant : « La Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) annonce le chiffre, probablement sous-estimé vu le silence qui entoure ces faits, de 160 000 enfants victimes par an en France » ; « Un pour cent seulement des viols d’enfants font l’objet d’une condamnation », estime Laurence Beneux. Mais la justice française reste à la traîne pour combattre cette criminalité qui n’a cessé de se moderniser, détaille-t-elle, de l’explosion du live streaming (diffusion en direct en ligne) pendant le Covid au développement de plateformes comme Kidflix, qui comptait 1,8 million d’utilisateurs payants en cryptomonnaie, jusqu’à son démantèlement l’an dernier….
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1. ARTICLE – Violences sur mineurs : un rapport propose l’imprescriptibilité
Publié le 20 avril 2026 VIE PUBLIQUE
Un rapport de l’Assemblée nationale recommande que tous les crimes commis sur des enfants deviennent imprescriptibles. Parmi les 34 propositions publiées, les rapporteurs reprennent cette demande portée par les associations de victimes qui plaident pour une « intranquilité » à vie des auteurs de violences.
« Il s’agit de rappeler qu’on ne touche pas aux enfants et que si on y touche, on peut, même 40 ou 50 ans après les faits, devoir en répondre devant la justice » souligne une députée rapporteure des travaux de la mission d’information sur l’imprescriptibilité des violences commises sur des mineurs.
Aujourd’hui, le délai de prescription pour crimes sur mineurs est de 30 ans à partir de la majorité de la victime. Selon le rapport de la mission d’information de l’Assemblée nationale, instaurer une imprescriptibilité pénale et civile pour les crimes les plus graves et la possibilité d’un procès permettrait de reconnaître la souffrance des victimes et de valider leur parole. Les rapporteurs ont déposé une proposition de loi dans ce sens. Le rapport élargit la demande ancienne des associations de victimes d’une imprescriptibilité concernant uniquement les violences sexuelles.
Toutefois, le sujet fait débat. L’imprescriptibilité est aujourd’hui réservé au crime contre l’humanité. Les opposants au changement du droit de la prescription pointent notamment la difficulté de la preuve ou le risque d’engorgement du système judiciaire.
Violences sur les enfants : les chiffres
Depuis 2020, les personnes mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur ont augmenté de 56% précise le rapport. La libération de la parole pour des faits anciens ou très anciens a aussi progressé. En 2024, 42% des mineurs victimes de violences sexuelles intrafamiliales ont déposé plainte pour des faits datant de plus de 5 ans et 11% pour des violences datant de plus de 20 ans. Le délai moyen entre la fin des violences et le dépôt de plainte est de 13 ans, estime la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).
Le rapport aborde également d’autres sujets, dont les crimes sériels, le délit de non-dénonciation, ou la fin de l’obligation alimentaire pour les descendants des auteurs de violences ou le retrait du droit de visite de ces auteurs en tant que grands-parents.
2. Rapport d’information (…) en conclusion des travaux de la mission d’information sur l’imprescriptibilité des violences commises sur des mineurs
Présentation
Face à l’ampleur du phénomène de violences commises sur des mineurs, et malgré l’allongement du délai de prescription à trente ans pour ces crimes adoptés en 2018, des collectifs de victimes et des associations plaident pour une « intranquillité » à vie des auteurs de ces violences et réclament une imprescriptibilité de ces crimes sexuels.
Dans un premier temps, les rapporteurs dressent un état des lieux des délais de prescription applicables aux infractions de toute nature. Ils relèvent que les violences sexuelles commises sur mineurs bénéficient déjà d’un régime dérogatoire au droit commun, à la fois quant aux délais et au point de départ de la prescription.
Dans un deuxième temps, ils présentent les arguments qui plaident en faveur d’une réforme des délais de prescription. La souffrance des victimes doit être entendue et l’évolution de la société tolère moins que les coupables ne soient jamais jugés. C’est dans ce cadre que de nombreuses initiatives tant nationales qu’européennes se sont multipliées et des pays européens voisins ont déjà réformé leurs délais de prescription en matière de violences commises sur des enfants. Les principes juridiques ne semblent pas s’y opposer et de nouveaux moyens probatoires permettent, en partie, de lever l’obstacle de la preuve trop souvent rétorqué.
Dans un troisième temps, les rapporteurs décrivent pourquoi il n’y aurait pas besoin d’une évolution des délais de prescription, en listant les solutions alternatives qui permettent une quasi imprescriptibilité de fait.
Dans un quatrième temps, les rapporteurs constatent la nécessité d’une réflexion plus globale sur la notion de prescription. Il importe donc de trouver un équilibre entre les principes juridiques, les contingences matérielles et le besoin de reconnaissance de la souffrance des victimes. Les rapporteurs s’orientent donc vers une imprescriptibilité de tous les crimes commis sur des mineurs et non pas seulement les crimes sexuels.
Ils considèrent que cette évolution législative serait un signal fort dans la lutte contre les violences faites aux enfants et mettent l’accent que cette réforme doit s’accompagner d’une augmentation des moyens humains et matériels des enquêteurs et des magistrats ainsi que d’un accompagnement psychologique renforcé.
Par ailleurs, les rapporteurs abordent également d’autres sujets, comme la question des crimes sériels, le délit de non-dénonciation, ou la fin de l’obligation alimentaire pour les descendants des auteurs de violences ou le retrait du droit de visite de ces auteurs en tant que grands-parents.
3. LISTE DES 33 RECOMMANDATIONS
Évolutions juridiques
– Recommandation n° 1 : Instaurer l’imprescriptibilité pour tous les crimes commis sur mineurs au pénal et au civil.
– Recommandation n° 2 : Réformer le délai de prescription applicable aux violences physiques ou psychologiques commises sur des mineurs ayant entraîné une interruption temporaire de travail (ITT) inférieure ou égale à 8 jours en le portant à 10 ans à compter de la majorité de la victime et en le portant à 20 ans à compter de la majorité de la victime lorsque ces violences sont commises par un ascendant ayant autorité sur un mineur de moins de quinze ans.
– Recommandation n° 3 : Appliquer des circonstances aggravantes au quantum de la peine pour des crimes sériels.
– Recommandation n° 4 : Modifier l’article 435-7 du code de procédure pénale pour autoriser, si la victime le demande, la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) en cas de crime sexuel commis sur mineur.
– Recommandation n° 5 : Allonger à 30 ans le délai de prescription à compter de la majorité de la victime pour le délit de non-dénonciation de viol afin de conforter les investigations.
Des conditions d’enquête et de procès bienveillantes
– Recommandation n° 6 : Harmoniser les pratiques des enquêteurs avec une grille type de questions, comme pour les violences conjugales.
– Recommandation n° 7 : Enregistrer les auditions des victimes de violences sexuelles pour éviter une répétition traumatisante.
– Recommandation n° 8 : Autoriser l’audition de la victime en visioconférence lors de l’enquête et lors du procès, lorsque cette dernière le demande, pour éviter la confrontation avec l’auteur présumé, notamment en cas de difficultés prévisibles.
– Recommandation n° 9 : Mettre en place au sein des services enquêteurs un protocole d’enquête adapté aux mineurs pour encadrer la collecte de preuves matérielles, biologiques et numériques dès le début de l’enquête.
– Recommandation n° 10 : Faire réaliser l’examen médico-légal par un professionnel formé en pédiatrie médico-légale au cas par cas et avec le consentement de la victime mineure.
– Recommandation n° 11 : Accompagner le mineur durant toute la procédure avec un administrateur ad hoc lorsque les représentants légaux sont défaillants ou parties prenantes ou avec un avocat.
– Recommandation n° 12 : Prioriser les enquêtes suite à une plainte déposée par un mineur lorsque celui-ci est toujours en contact avec son agresseur.
Un renforcement des moyens d’enquête et de justice
– Recommandation n° 13 : Étoffer les brigades de protection des mineurs et les maisons de protection des familles
– Recommandation n° 14 : Renforcer les effectifs des tribunaux dédiés à la prise en charge des violences sur mineurs.
– Recommandation n° 15 : Rendre obligatoire la formation initiale et continue pour les techniques d’auditions de mineurs, notamment le protocole NICHD, pour les enquêteurs et les magistrats.
– Recommandation n° 16 : Accroître le nombre de centres de formation à ces techniques d’audition en en déployant un par région et en Outre-mer afin de disposer d’un maillage territorial et d’un plus grand nombre de places.
– Recommandation n° 17 : Adapter les techniques d’audition lorsque les victimes mineures sont en situation de handicap, notamment pour celles non verbales.
– Recommandation n° 18 : Rendre obligatoire les auditions dans les unités d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) pour les victimes mineures de viol ou d’agression sexuelle.
– Recommandation n° 19 : Porter à 3 ans les délais de conservation des supports numériques (vidéosurveillance-téléphonie) pouvant servir de preuve.
– Recommandation n° 20 : Créer une banque centrale nationale de scellés criminels qui regrouperait tous les prélèvements biologiques.
– Recommandation n° 21 : Étendre le régime des techniques spéciales d’enquête aux enquêtes diligentées sous l’autorité du Parquet pour des faits criminels.
Une plus grande reconnaissance des victimes
– Recommandation n° 22 : Codifier la dépêche du 26 février 2021 du ministère de la justice, qui demande aux Procureurs d’ouvrir des enquêtes préliminaires en cas de faits prescrits sur tout le territoire, dans le code de procédure pénale pour assurer son effectivité.
– Recommandation n° 23 : Renommer le classement sans suite en enregistrement sans poursuite.
– Recommandation n° 24 : Notifier les classements sans suite ou les ordonnances de non-lieu de manière personnalisée par le magistrat afin d’en expliquer les motivations.
– Recommandation n° 25 : Transmettre systématiquement à la victime la copie de son dossier pour une éventuelle action au civil.
– Recommandation n° 26 : Faire figurer dans l’ordonnance de non-lieu la possibilité pour la victime de saisir le juge aux affaires familiales pour la dispenser de son obligation alimentaire vis-à-vis de son ascendant et interdire le droit de visite en tant que grand-parent.
– Recommandation n° 27 : Créer au sein du fonds de garantie des victimes une commission d’indemnisation dédiée aux violences sexuelles.
– Recommandation n° 28 : Rappeler dans chaque jugement la procédure et le délai imparti pour saisir le fonds de garantie des victimes pour éviter la forclusion des actions en réparation.
– Recommandation n° 29 : Prendre en charge un parcours de soins d’au moins 20 à 30 séances, délivré par des professionnels formés au psycho-traumatisme, piloté dans chaque département par un psychiatre référent rattaché au centre régional de psycho-traumatisme.
– Recommandation n° 30 : Sécuriser les budgets des associations d’aide aux victimes et renforcer les subventions qui leur sont allouées.
Une prévention améliorée et une libération de la parole plus précoce
– Recommandation n° 31 : Renforcer la prévention dans le milieu scolaire avec la mise en œuvre effective des programmes d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR) dans le premier degré et d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS) dans le second degré avec des heures fléchées.
– Recommandation n° 32 : Accroître le déploiement des dispositifs de libération de la parole anonymisés.
– Recommandation n° 33 : Généraliser l’attestation d’honorabilité à toutes les personnes en contact avec les mineurs dans un cadre professionnel ou bénévole.