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EUROPE : FAIRE EN 4 MOIS CE QUI N’A PAS ÉTÉ FAIT EN CINQ ANS ? OU EN FAIRE UN ARGUMENT ELECTORAL ?

Une chance pour la France ou un enjeu électoral ?

A partir du 1er janvier, la France prend la présidence de l’Union européenne pendant six mois. L’actuel président Emmanuel Macron assure ce mandat au moins jusqu’au mois d’avril, jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

Accrochage du drapeau européen sans le drapeau national, discours à Strasbourg…

Le presque candidat souhaite marquer son empreinte. L’agenda sera très chargé, avec des mesures symboliques dès le 1° janvier ( éclairage en bleu de monuments nationaux, y compris avec accrochage du drapeau européen sans, à ses côtés, le drapeau Français, au dessus de la tombe du Soldat Inconnu ), discours Strasbourg le 19…suivi d’un d’un débat au Parlement européen.

Les chantiers bien nombreux sur 4 mois se chevauchant avec une campagne électorale

  • réformer l’espace Schengen , avec l’objectif de renforcer les frontières extérieures de l’Europe et la coopération entre les États membres,
  • repenser la règle des 3% , issue des accords de Maastricht de 1992, un règlement qui limite le déficit budgétaire des pays. C’est même une norme « dépassée » pour le locataire de l’Élysée…,
  • défendre la souveraineté de l’UE,
  • tirer les leçons de la crise Covid,
  • accélérer la reprise économique en Europe,
  • assurer son autonomie stratégique face à la concurrence internationale,
  • rapprocher l’UE et ses institutions des citoyens européens,
  • mettre en place un salaire minimum,
  • établir une taxe carbone,
  • créer un service civique,
  • et bien d’autres…

Au total, qui serait opposé à ces objectifs ?

et ne sont ils pas déjà – en grande majorité – dans les actions et projets de l’UE ( son agenda ) ?

Redonner du credit à la France,

en instaurant un dialogue respectueux avec les pays membres ou en se conformant aux objectifs fondamentaux de l’Union seraient deux autres objectifs majeurs.

LA FRANCE AURAIT DU LAISSER PASSER SON TOUR !

Même si les pouvoirs de cette présidence – amputée de moitié de surcroît – sont peu importants, il n’est pas opportun que ce type de fonction soit exercée au cœur même d’une l’election nationale programmée de longue date (legislative ou présidentielle ) : ce n’est bon ni pour l’Europe, ni pour la France, c’est nuisible pour un scrutin dont les garanties démocratiques doivent être maximales. Metahodos a proposé dans une précédente publication une regle simple de report : la France passerait son tour.

Nous écrivions il y a quelques temps : « Il suffirait de proposer une règle simple, alliant démocratie et efficience : si un Etat dont le tour arrive est en élection nationale ( législative ou présidentielle ) il échange son tour avec le suivant…Mais dans une telle hypothèse pourtant démocratique – quant à elle – le président Français sortant serait privé d’une telle présidence, sauf à être réélu… »

LIRE AUSSI SUR METAHODOS :

UNION EUROPÉENNE : UNE PRESIDENCE FRANCAISE SOUS INFLUENCE ? https://metahodos.fr/2021/12/23/long-corporate-europe-observatory-et-lobservatoire-des-multinationales-publient-un-rapport-sans-concession-sur-les-liens-entre-le-gouvernement-francais-et-les-grandes-entreprises/

PRESIDENCE FRANCAISE DE L’UE. REALITE ET THEATRALITE. https://metahodos.fr/2021/11/11/les-pouvoirs-respectifs-au-sein-de-lunion-presidence-de-la-commission-presidence-du-conseil-parlement/

UN ARGUMENT ELECTORAL MAJEUR ? ARTICLE 1

Treize ans après sa dernière présidence, la France a de nouveau pris la tête du Conseil de l’Union européenne pour six mois. Pour Christian Lequesne – chercheur, professeur à Sciences Po et spécialiste des questions européennes – cet événement pourrait aussi devenir un argument électoral pour la présidentielle.  Voir l’article ci contre.

« Emmanuel Macron entend utiliser la présidence de l’UE « pour faire avancer l’Europe mais aussi sa campagne électorale »

ÉLYSÉE : UN PROGRAMME DE « 4 ANS« PUBLICATION 2

1. Article

Présidence française de l’UE : Emmanuel Macron entend l' »utiliser pour faire avancer l’Europe mais aussi sa campagne électorale », estime un chercheur

Franceinfo Radio France Publié le 01/01/2022

franceinfo : Pourquoi l’Europe a-t-elle pris une si grande place dans les vœux d’Emmanuel Macron ce 31 décembre ?

Christian Lequesne : L’engagement européen d’Emmanuel Macron est connu et ancien. Et il y a cette période de présidence française qu’Emmanuel Macron entend utiliser pour faire avancer l’Europe, certes, mais aussi pour sa campagne électorale.

Il entend capitaliser sur les actions qu’il va pouvoir mener au niveau européen pour dire : « J’ai du leadership, je suis le représentant d’un grand pays qui fait avancer les choses, etc. ». Ça flatte les Français. De plus, la réélection d’Emmanuel Macron est importante pour les autres capitales européennes car si un candidat d’extrême droite est élu en France. Cela a des conséquences aussi pour l’ensemble de l’Europe.

Quelles sont les grands enjeux qui attendent la France pendant ces six mois de présidence de l’Union européenne ?

Tout d’abord, six mois, ça passe très vite. Donc, il faut immédiatement nuancer l’importance de l’événement, sachant que les compromis dans l’Union se construisent souvent sur une période de plus de six mois.

Mais ça permet quand même de pousser un certain nombre de questions à l’agenda. Je pense qu’il y a la réforme de Schengen qui est importante, c’est à dire notre capacité à mieux gérer les flux migratoires. La question, bien sûr, des critères pour le changement climatique, la régulation aussi de l’activité des grandes plateformes numériques. Et puis la relation avec l’Afrique.

« 2022 doit être l’année d’un tournant européen », a déclaré Emmanuel Macron. Quel est ce tournant européen ?

Je crois qu’il a en tête l’idée de réformer l’Europe. Mais je ne suis pas sûr que cela ira jusqu’à une réforme des traités en raison des conséquences à gérer, notamment des ratifications, l’organisation de referenda, etc. Cependant, la configuration d’une réélection d’Emmanuel Macron et de la nouvelle coalition à Berlin permet de pousser pas mal de dossiers, d’assurer un leadership en Europe qui était plus difficile dans la période précédente.

Parce que c’est toujours plus facile pour un président français d’assurer du leadership dans un deuxième mandat. Et puis, cette coalition en Allemagne avec les sociaux-démocrates, les verts et les libéraux, partage un certain nombre d’approches, notamment sur la relance de l’économie que les chrétiens démocrates allemands n’avaient pas forcément auparavant. Mais pour cela, il faut qu’Emmanuel Macron soit réélu.

PUBLICATION 2.

Texte officiel de l’Elysée : Quatre ans de travail pour l’Europe.

Le 1er janvier 2022, durant six mois, la France exercera la Présidence française du Conseil de l’Union européenne.

Une Europe plus souveraine 

➜ Une Europe souveraine, c’est d’abord une Europe capable de maîtriser ses frontières. Une réforme de l’espace Schengen va être initiée : créer un pilotage politique de la maîtrise des frontières et un mécanisme de soutien d’urgence en cas de crise. Une Europe plus souveraine, c’est une Europe de la défense. Depuis 2017, des avancées considérables ont été réalisées. Il faut entrer dans une phase plus opérationnelle en définissant les intérêts européens et une stratégie partagée.

➜ Mi-février, avec les Présidents Charles Michel et Ursula von der Leyen, la France organisera un sommet qui réunira les dirigeants des pays de l’Union européenne et de l’Union africaine. C’est en donnant un avenir à la jeunesse africaine que nous mettrons fin aux drames humains en Méditerranée. Échanges universitaires, scientifiques, artistiques, entre les sociétés civiles et la jeunesse.

➜ Notre voisinage immédiat, ce sont aussi les Balkans occidentaux. Ils sont au cœur de l’Europe ! Face aux nouvelles tensions, il faut redonner des perspectives de court terme à ces pays. Une Conférence sur les Balkans occidentaux sera organisée au mois de juin

Une Europe plus verte

➜ À l’initiative de la France, l’Europe est devenue le premier continent du monde à s’engager sur la neutralité carbone en 2050. Le 14 juillet dernier, la Commission européenne a présenté un ensemble de textes législatifs, traductions concrètes de nos ambitions. Aux actes, maintenant, en veillant au juste équilibre entre ambition climatique, accompagnement, justice sociale et compétitivité internationale.

Une Europe plus numérique 

➜ La France a réussi à porter une réglementation européenne de protection des données individuelles qui est devenue un standard mondial. Aussi, elle a réussi à acter au niveau international la taxation des plateformes qui doit maintenant entrer dans les faits. Avec le Parlement européen, la France fera en sorte d’éviter que les géants du numérique deviennent des monopoles sans règles et tuent l’esprit d’innovation qui, hier, leur a permis d’émerger. Pour lutter plus efficacement contre la haine en ligne, un régime de responsabilité des grandes plateformes du numérique sera défini et établi.

Une Europe plus sociale

➜ La France est engagée pour protéger et adapter le modèle social européen. Si l’Europe ne protège pas mieux les plus faibles, qu’elle laisse prospérer le dumping social et apparaît comme un marché sans règle, alors il y aura d’autres Brexit. La directive sur les salaires minimum dans l’Union européenne – qui définit non pas un SMIC européen comme une moyenne, mais tire tous les bas salaires vers le haut grâce à un salaire minimum décent – sera au cœur de notre présidence.

Une Europe plus humaine 

➜ Rebâtir un élan fondateur afin de repenser la vocation humaniste de l’Europe, plus efficace, plus proche de nos concitoyens est essentiel. C’est l’objectif de la Conférence sur l’avenir de l’Europe qui livrera ses conclusions en mai 2022.

➜ Afin de défendre l’Etat de droit, il sera capital d’étendre la liste des infractions européennes aux crimes et discours de haine, en dotant l’Union d’une stratégie de lutte contre le racisme et l’antisémitisme et d’une législation sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

➜ Un grand travail sur l’histoire de l’Europe sera relancée sous cette présidence française. À ce titre, une grande réunion des universités européennes sera organisée en juin prochain.

➜ Afin de faire de 2022 l’année européenne de la jeunesse, une réflexion sera engagée sur un service civique européen de 6 mois ouvert à tous les jeunes de moins de 25 ans pour un échange universitaire ou d’apprentissage, un stage ou une action associative.

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