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Présidentielle : les propositions pour la défense

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Présidentielle 2022 : ce que proposent les candidats pour la défense

Matthieu Lasserre et Léo Durin le 04/03/2022 La Croix

La question de la défense s’invite dans la campagne, à la faveur de l’invasion russe de l’Ukraine. De l’armée européenne de Yannick Jadot à la dissuasion spatiale de Jean-Luc Mélenchon, tour d’horizon des propositions des candidats sur le sujet.

La question de la défense a fait une entrée fracassante dans la campagne présidentielle, alors que la Russie a déployé des centaines de milliers de soldats dans une invasion à grande échelle de l’Ukraine. Alors que de plus en plus de politiciens européens estiment nécessaire de se réarmer, tour d’horizon des positions des différents candidats français.

► Éric Zemmour, le plus belligérant des candidats

Éric Zemmour veut que l’armée puisse « disposer » d’un total de « 300 avions de chasse d’ici à 2040 »« posséder à terme deux porte-avions, vingt frégates et huit sous-marins nucléaires d’attaque » et porter « la force opérationnelle terrestre à 100 000 hommes d’ici à 2027 ». Il compte renommer le ministère actuel en « ministère des armées et de l’industrie de défense », pour insister sur le rôle de l’industrie française.

Le candidat d’extrême droite souhaite également augmenter le budget annuel de 29 milliards d’euros en 2030 (il s’élève actuellement à 41 milliards), sans toutefois expliquer comment il financerait cette augmentation.

► Marine Le Pen, pour une entente avec la Russie

Comme plusieurs autres candidats, Marine Le Pen souhaite la sortie du commandement intégré de l’Otan. La candidate du Rassemblement national a aussi exprimé le souhait de moderniser la force de dissuasion nucléaire, de négocier une entente avec la Russie et d’augmenter le budget de la défense. « L’effort de défense doit être important mais être durable. Je l’ai fixé à 55 milliards par an en 2027 », a expliqué la candidate d’extrême droite.

► Valérie Pécresse, favorable à une augmentation du budget de la défense

La candidate Les Républicains a fait savoir qu’elle voulait porter le budget de la défense au-delà de 2 % du PIB, l’objectif fixé par l’Otan, pour l’augmenter à 65 milliards d’ici à 2030. « Tout au long des années 1960 et 1970, la part du budget de la défense dépassait 3 % du PIB, et jamais cela n’a entravé la croissance, bien au contraire », a-t-elle affirmé. Valérie Pécresse défend également une Europe forte et l’appartenance à l’Otan.

► Emmanuel Macron, un programme aux contours encore flous

Emmanuel Macron a annoncé, sans plus de précision, que la France « amplifierait l’investissement dans sa défense, décidé dès 2017 », et poursuivrait « sa stratégie d’indépendance économique ».

Le président français ne veut pas se retirer de l’Otan, mais il souhaite tout de même la mise en place d’une vraie armée européenne. S’il retire les troupes françaises du Mali, il va en revanche maintenir une présence au Sahel.

► Jean-Luc Mélenchon, en rupture avec la doctrine militaire traditionnelle

Jean-Luc Mélenchon souhaite une nouvelle loi de programmation militaire en 2023, qui décidera du budget de défense non pas en fonction d’un « simple objectif financier », comme les 2 % du PIB, mais sur « une analyse fine des besoins ». S’il est élu, il compte conserver les augmentations du budget prévues jusqu’en 2025. En rupture avec la doxa militaire française, il propose de renoncer à la dissuasion nucléaire, car les sous-marins et les avions qui transportent les ogives sont de plus en plus facilement détectables.

Le candidat de La France insoumise imagine une dissuasion spatiale pour la remplacer, pas forcément nucléaire mais un dispositif capable de toucher les infrastructures vitales d’une société. Jean-Luc Mélenchon refuse l’Europe de la défense, comme l’alignement avec les États-Unis et souhaite quitter l’Otan. Enfin, il souhaite voir la France développer ses avions et ses chars seule, et non en partenariat avec l’Allemagne comme c’est prévu, en s’appuyant sur une industrie publique et plus des groupes privés.

► Yannick Jadot, réduire la dépendance des armées aux énergies fossiles

Dans son programme, le candidat des Verts souhaite la mise en place d’un nouveau Livre blanc sur la défense. Yannick Jadot veut comme Jean-Luc Mélenchon une nouvelle loi de programmation militaire. Il la justifie par la nécessité de s’adapter au changement climatique et de réduire la dépendance des armées aux énergies fossiles. Comme Emmanuel Macron, il défend la création d’une armée européenne qui serait avant tout symbolique, puisqu’elle ne compterait que 5 000 soldats.

Matthieu Lasserre et Léo Durin

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