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«La terreur intellectuelle dans le Supérieur est une menace pour la démocratie» ?

La présidente de l’université de Nantes a envoyé à l’ensemble de son établissement un mail incitant à voter contre Marine Le Pen au second tour.

L’essayiste Paul Melun dénonce une atteinte grave à la démocratie, symptomatique d’un endoctrinement idéologique de l’Université française.

Paul Melun est essayiste et président de «Souverains demain !». Il a récemment publié Souverains demain : manifeste pour une France indépendante, écologique et innovante. (éd. Marie B., 2021), un ouvrage collectif.

Article

Université de Nantes: «La terreur intellectuelle dans le Supérieur est une menace pour la démocratie»

Par Le Figaro

Mercredi 13 avril, les personnels et étudiants de l’université de Nantes ont reçu un e-mail «envoyé à tous» signé de la main de leur présidente, Carine Bernault. Si ces e-mails sont monnaie courante dans les facultés et grandes écoles afin d’informer des actualités inhérentes à l’établissement, celui-ci revêtait un caractère pour le moins inhabituel. La présidente de Nantes Université y encourage vivement les étudiants et personnels à voter contre le Rassemblement national au second tour de l’élection présidentielle.

Dans le courriel, elle se dit «profondément attachée aux valeurs démocratiques et républicaines, à l’État de droit, au respect des droits fondamentaux et individuels, à un universalisme fondé sur le respect des différences, à la liberté d’expression et à la construction européenne». Mme Bernault conclut son texte par un appel au vote
afin de «faire barrage à l’extrême droite et donc au Rassemblement national».

La présidente de Nantes Université contrevient au principe fondamental de la neutralité du service public.Paul Melun

Ancienne membre du Conseil National des Universités, désormais à la tête de six établissements regroupant 43 000 étudiants et 5000 salariés, Carine Bernault est une personnalité éminente du monde universitaire. Sa prise de position, hostile envers Marine Le Pen, une candidate à la présidentielle désignée par plus de huit millions de Français au premier tour, est loin d’être anodine.

D’évidence, la présidente de Nantes Université contrevient au principe fondamental de la neutralité du service public. En sa qualité d’agent de l’État, Mme Bernault est soumise au principe de neutralité ainsi qu’au devoir de réserve. En outre, elle ne respecte pas le règlement de l’université qui dans son article 7 stipule que «les Personnels sont notamment tenus au devoir de réserve, à la discrétion professionnelle et au respect des principes de laïcité et de neutralité politique et religieuse du service public.». Si la présidente de l’université est elle-même juriste, il semble que, dans sa croisade antifasciste, elle ait oublié les fondements même de notre droit.

Carine Bernault a commis une faute lourde en utilisant les moyens de l’université pour adresser un message d’ordre politique à ses étudiants et personnels. Si cette prise de position constitue une faute, le texte de Carine Bernault est pleinement représentatif de ce que devient une part croissante de l’université française et de son élite dirigeante.

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Depuis plusieurs années, les départements de sciences humaines subissent la domination hégémonique des théories intersectionnelles qui constituent l’essence même de l’idéologie de la gauche américaine. De mois en mois, le monde universitaire français se délite, profitant de l’impuissance de sa ministre de tutelle, s’enfonce et sombre dans le politiquement correct, dans la 
pensée unique et la censure.

L’absence de pluralisme engendre une déconnexion croissante entre les aspirations des élèves et celles du reste de la population française.Paul Melun

Depuis des mois, les témoignages d’étudiants se multiplient quant à l’ambiance délétère qui règne dans les universités de Sciences Humaines et dans les Instituts d’Études Politiques. Comme aux États-Unis, les conférences des intellectuels sont annulées (à l’instar de Sylviane Agacinski à l’Université de Bordeaux) tandis que des professeurs sont brocardés et mis en danger (ce fut le cas de Klaus Kinzler à l’IEP de Grenoble). Ce climat d’endoctrinement et de terreur intellectuelle porte ses fruits auprès des étudiants. L’absence de pluralisme engendre une déconnexion croissante entre les aspirations des élèves et celles du reste de la population française.

C’est ainsi que lors d’une simulation du vote à la présidentielle auprès des étudiants de Sciences Po Strasbourg, Jean-Luc Mélenchon a obtenu le score de 45,7% contre 1,7% pour Marine Le Pen. Notons également, non sans une touche d’ironie, que Philippe Poutou y quadruple son score national.

La puissance, quasi irrésistible, de ce nouveau monde universitaire s’incarne dans l’accusation de conservatisme, de réactionnaire, voire de fascisme, envers toute personne qui oserait contrevenir à leur idéologie dominante. C’est grâce à ce procédé fallacieux que l’élite universitaire se maintient en place. En cas de désaccord politique, philosophique ou historique, l’accusation d’extrême droite devient un outil imparable, en cela qu’il permet de garantir une large endogamie intellectuelle tout en réduisant son contradicteur à un silence coupable. Dénoncer l’attitude de Carine Bernault et de ses collègues ne constitue pas un soutien à Marine Le Pen ou au Rassemblement National bien sûr, mais c’est par cette accusation que les mêmes se blanchiront de leurs propres fautes.

Un Une démocratie saine doit bénéficier de passerelles entre le monde universitaire et le reste de la population. En cela, la bunkérisation de l’université française constitue une grave menace pour le contrat social. Qu’une poignée d’universitaires règne sans partage sur le monde des idées et ne supporte aucune critique représente un risque pour la liberté d’expression et le pluralisme. Il est désormais impératif de mettre fin à cette confiscation afin que l’Université revienne au cœur de la cité. Il en va de la force de notre démocratie.

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