Aller au contenu principal

DES HOPITAUX « MALADES DE LA BUREAUCRATIE » ? Point de vue

ARTICLE

Des hôpitaux malades de la bureaucratie

Par Laurent Fargues le 21.03.2022 Contrepoint

Une manne historique. Après l’irruption de l’épidémie de Covid-19 et le coup de projecteur sur la faiblesse des moyens des hôpitaux, l’Etat leur a affecté des moyens inédits. « En tant que financeur, je peux témoigner d’un investissement absolument considérable, a rappelé le patron de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, devant les sénateurs fin octobre. On ne mesure peut-être pas suffisamment à quel point l’effort est massif. » Le « quoiqu’il en coûte » a pleinement bénéficié aux blouses blanches. L’enveloppe budgétaire annuelle des hôpitaux a bondi de 15%, passant de 83 milliards d’euros avant la crise sanitaire à plus de 95 milliards cette année, et 19 milliards ont été débloqués pour des investissements à moyen terme.

Quelque 1,5 million d’agents des établissements de santé ont profité de près de 9 milliards d’euros d’augmentations, avec un impact important sur les feuilles de paie. Après cinq ans de carrière, un infirmier empoche 335 euros net de plus par mois, une aide-soignante 261 euros et un masseur-kinésithérapeute 343 euros. Après vingt ans de carrière, ils progressent de 461 euros, 335 euros et 554 euros. Seulement voilà, ces revalorisations n’ont pas réglé d’un coup de baguette magique tous les problèmes des hôpitaux.

Les pénuries de personnels demeurent – aggravées par l’absentéisme lié à l’épuisement après cinq vagues de Covid – et expliquent la fermeture d’environ 6% des lits d’hospitalisation, selon la Fédération hospitalière de France (FHF). Dans certaines régions, la cote d’alerte est largement atteinte. A Paris, 30% des lits des services neuro -vasculaires sont fermés et en province certains services d’urgence sont contraints de s’arrêter la nuit ou le week-end… « Les conditions de travail sont devenues tellement dures à l’hôpital que les augmentations ont plutôt servi à retenir le personnel en place qu’à attirer de nouvelles recrues », décrypte Lionel Pailhé, responsable du syndicat CFDT des directeurs d’hôpitaux. La rigueur budgétaire des dix années précédant le Covid a laissé des traces. Entre 2009 et 2017, le pouvoir d’achat des personnels s’était dégradé de 3% par rapport au salaire moyen du privé. Alors même que les cadences accéléraient fortement: sur la même période, le volume des soins a bondi de 18% tandis que les effectifs ne progressaient que de 3%.

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :