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POUR LA DÉMOCRATISATION DU SPORT

Démocratiser le sport

Les députés ont adopté jeudi la loi visant à démocratiser le sport en France. Un aboutissement pour la ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu, qui en explique les contours.

Après de nombreuses navettes entre l’Assemblée nationale et le Sénat, les députés ont finalement adopté la loi visant à démocratiser le sport en France par 67 voix sur 73 exprimées, jeudi 25 février.

La fin d’un véritable marathon pour la ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu, qui érige avec cette loi le plan de route du sport français en vue de Paris 2024.La proposition de loi met notamment en avant l’élargissement de la prescription de l’activité physique aux patients atteints de maladie chronique, l’ouverture des équipements sportifs scolaires aux associations sportives ou encore la parité homme-femme dans les instances dirigeantes des fédérations sportives.

ENTRETIEN. Roxana Maracineanu :

« Cette loi sur la démocratisation du sport en France, c’était un combat »

franceinfo. Publié le 25/02/2022

Franceinfo: sport : vous avez dû batailler pour faire passer cette loi, quelles étaient les contraintes à son adoption ?

Roxana Maracineanu : La parité a fait beaucoup débat parmi les sénateurs, sur les mêmes arguments qui consistent à dire qu’il est difficile de trouver des femmes pour occuper ces postes. Les sénateurs Les Républicains (LR) ont également remis dans le débat la question des signes religieux dans l’espace public et dans le sport. Cela avait déjà été abordé dans la loi sur le séparatisme et la lutte contre la radicalisation.

J’ai donc été déçue de voir que le travail des parlementaires, de certains sénateurs et du mouvement sportif, soit ballotté dans la navette parlementaire, et que la question du voile dans l’espace public soit remise sur la table et entraîne le rejet de tout un texte qui contient des mesures nécessaires pour le sport. C’est aussi pour ca que la loi a tardé à être votée. Cette loi, c’était un combat.

Justement, concernant la parité, certains sénateurs voulaient repousser à 2028 son instauration dans l’exécutif des fédérations à l’échelon national. Est-ce une victoire de ne pas avoir cédé en conservant cette instauration pour 2024, alors qu’elle sera repoussée en 2028 pour l’échelon régional ?

C’est une réforme de fond. Il fallait absolument avoir le mouvement sportif à nos côtés puisque c’était sa mue, sa réforme et sa révolution. Il s’agissait de faire comprendre aux dirigeants, majoritairement masculins dans les fédérations et comités directeurs, qu’il fallait laisser la moitié de leurs sièges aux femmes. Et ce n’était pas simple. Il fallait les convaincre du bien-fondé de cette mesure de parité : elle est là pour compléter la réflexion et l’offre des fédérations pour que cette dernière soit adaptée aussi aux femmes, à leur modes de vie, à leurs horaires, aux attentes qu’elles ont vis-à-vis de leur pratique sportive. 

Les insignes, signes, symboles et insultes à l’encontre des personnes à raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre seront punis au même titre que le racisme ou l’antisémitisme. Un vide législatif est-il enfin comblé ?

Oui et désormais les associations qui luttent contre l’homophobie peuvent également se porter partie civile. Cet article fait référence notamment aux chants des supporters et aux banderoles, dont il s’agit de dénoncer les propos homophobes. Il va y avoir une aggravation et une reconnaissance des infractions. On a corrigé la loi pour que ces personnes puissent s’exprimer. Tout ca doit changer aujourd’hui, tout comme la violence dans les stades. 

« L’introduction, la détention ou l’usage de fusées ou fumigènes dans un stade sera désormais sanctionné plus lourdement. Les auteurs de ces infractions pourront être passibles d’une amende forfaitaire d’un montant de 500 €. »

Roxana Maracineanu, 

Avec cette loi, il y a également une volonté d’élargir les champs d’action des clubs sur les territoires ?

Il s’agissait avec cette loi de considérer le sport dans son cadre associatif, tel que je le connais, de permettre aux clubs d’être actifs et plus reconnus sur les territoires, dans des domaines diversifiés comme la santé, l’éducation ou encore la cohésion sociale. Avec la crise sanitaire, les clubs ont connu une perte d’adhérents, il s’agit donc de leur ouvrir de nouveaux champs pour qu’ils puissent intervenir en école maternelle et primaire par exemple, mais aussi en soutien des professionnels de santé pour permettre le développement du sport sur ordonnance. 

On a élargi le sport sur ordonnance en ciblant la perte d’autonomie, ainsi que certaines maladies chroniques, le Covid-19 long, le diabète, la dépression, les maladie cardio-vasculaires, pour guérir plus facilement, pour prévenir les maladies et éviter la rechute. Cela permettra aux clubs d’être le relais des maison sport-santé, pour que les gens à leur sortie de rééducation au sport puissent poursuivre ce mouvement à côté de chez eux, au club. Il faut donc que les clubs puissent engager des éducateurs sportifs dédiés, qu’ils s’intéressent à ce thème et qu’ils développent des liens forts avec les professionnels de santé. 

Vous avez souhaité limiter les mandats des présidents à deux au début, puis à trois voire à quatre aujourd’hui. Quel est l’objectif ?

L’idée, c’est aussi que les femmes puissent accéder au poste de présidente, qu’il y ait un renouvellement au sein des présidents de fédération. On était partis sur deux mandats, puis trois lorsque le mouvement sportif nous a dit que le troisième mandat était important pour aller briguer des mandats à l’international et former les futurs dirigeants, pour avoir cette notion de transmission. On a élargi à quatre mandats pour les fédérations où le président est en cours de troisième mandat, pour qu’il ait le temps de passer la main.

Qu’apporte la possibilité de création de société commerciale par les ligues professionnelles ? 

Cela va leur permettre d’aller chercher une expertise nouvelle. Des personnes recrutées en marketing et gestion de projets vont pouvoir aller vendre le produit football français à l’international. Aujourd’hui, notre Ligue 1 n’est pas ou peu diffusée à l’international. On peut s’interroger de la situation au vu de la qualité des joueurs que l’on a, de l’attractivité du championnat.

Il y a aura donc la possibilité d’avoir des investisseurs pour aider les clubs à avoir des fonds nouveaux qui leur permettront de sortir au mieux de la crise. La période de huis clos a été difficile, il y a un besoin d’investissement. Les ligues auront la possibilité de faire gérer leurs droits marketing et commercialisation par une société de manière autonome. La Ligue va donner mandat et pourra prendre des décisions plus facilement sans forcément à chaque fois regarder si tous les présidents de club de L1 et L2 sont d’accord. C’est un outil de développement.

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