Aller au contenu principal

L’EXÉCUTIF PROMET UN EFFORT SANS PRÉCÉDENT SUR LA DÉPENSE PUBLIQUE

Contenir les dépenses publiques dans un contexte d’inflation et de moindre croissance

Le gouvernement veut ramener le déficit public en dessous des 3 % à la fin du quinquennat, et commencer à diminuer la dette en 2026. Dans son « programme de stabilité » envoyé ce jeudi à la Commission européenne, il prévoit notamment de limiter la hausse des dépenses publiques à 0,6 % par an en volume.

C’était annoncé, c’est confirmé : le gouvernement veut ramener le déficit public en dessous des 3 % à la fin du quinquennat, et commencer à diminuer la dette en 2026. Il l’a inscrit dans le « programme de stabilité » envoyé ce jeudi à la Commission européenne, et qui détaille ses objectifs de finances publiques sur cinq ans. C’est la marque du « sérieux budgétaire » du…

Une promesse que le gouvernement veut tenir malgré un contexte économique qu’il avoue – a présent – « incertain » à court terme, contrairement aux perspectives qui ont fondé les promesses électorales.

VOIR NOTRE RÉCENTE PUBLICATION ET LES PRÉCÉDENTES :

CROISSANCE, INFLATION, DÉFICIT : L’EXÉCUTIF CONCÈDE – ENFIN – QUE LA TENDANCE EST NÉGATIVE. https://metahodos.fr/2022/07/22/croissance-inflation-deficit-lexecutif-concede-enfin-que-nous-sommes-dans-le-rouge/

Du jamais vu depuis 20 ans : afin de tenir son engagement de ramener le déficit sous les 3 % en 2027, le gouvernement entend contenir nettement la dépense publique durant le quinquennat, et cela, malgré un contexte économique « incertain » à court terme.

Programme de stabilité

Il a notamment confirmé l’ambition affichée par Emmanuel Macron d’une « baisse de la dette publique à compter de 2025 » et de revenir « sous les 3 % de déficit en 2027 », contre 5 % attendu en 2022.

ATTENDU DEPUIS LE PRINTEMPS PAR BRUXELLES : le programme de stabilité (pstab) est enfin transmis

Ces prévisions sont contenues dans le programme de stabilité (pstab) que l’exécutif transmet chaque année à la Commission européenne, habituellement au printemps, mais avec quelques mois de retard cette année. L’exécutif prévoit ainsi de réduire fortement le rythme d’augmentation de la dépense publique en volume à 0,6 % par an en moyenne sur la durée du quinquennat.

Effort concentré sur l’Etat et les Collectivités Territoriales

Pour atteindre son objectif, le gouvernement veut concentrer l’effort sur l’Etat, avec une baisse de 0,4 % de dépenses sur le quinquennat en moyenne par an, et sur les collectivités locales qui devront réduire leurs dépenses de fonctionnement de 0,5 % sur la période. A l’inverse, afin de financer les promesses du président de la République en faveur de l’hôpital et de la santé, les dépenses sociales augmenteront de 0,6 % sur le quinquennat en moyenne par an.

« Au total, ce pstab présente des choix politiques clairs : maîtriser la dépense publique (et) refus d’une politique d’austérité, puisque nous ne baissons pas la dépense publique de manière drastique », défend Bruno Le Maire.

1,4 % de croissance en 2023

La nouvelle réalité à l’Assemblée nationale, avec une majorité relative pour le camp présidentiel, pourrait toutefois rendre difficile l’atteinte de ces objectifs, en particulier l’effort demandé aux collectivités locales, au moment où les députés tentent déjà de faire compenser par l’Etat l’augmentation de la rémunération des fonctionnaires.

« Il faudra que chacun soit placé devant ses responsabilités », répond-on à Bercy, où on ironise sur ceux qui prétendent vouloir réduire les déficits simplement en luttant contre la fraude sociale ou fiscale. « Il nous semble qu’au regard des attentes de la population, ce sont l’Etat et les collectivités locales qui doivent contribuer » à cet effort de rétablissement des comptes publics, argue-t-on à Bercy.

En février dernier, la Cour des comptes jugeait que la volonté de ramener le déficit sous les 3 % en 2027 était « incertaine », mais à Bercy on continue de défendre un scénario « réaliste et volontariste » et promet de détailler les pistes d’économies à l’automne dans la loi de programmation des finances publiques.

Un ralentissement inéluctable depuis fin 2021 – et resté« caché – « et que l’on qualifie désormais d’« attendu » ( exécutif et médias)

Outre cet effort sur les dépenses et des baisses d’impôts bien moins importantes que les plus de 50 milliards du précédent quinquennat, l’exécutif compte aussi sur les réformes à venir (retraites, assurance-chômage, formation professionnelle) et sur le plan d’investissement France 2030 pour stimuler l’économie et atteindre le « plein-emploi », soit 5 % de chômage en 2027. « Un des fils directeurs du pstab est la valorisation du travail, dénominateur commun de toutes les réformes », insiste M. Le Maire.

Mais à court terme, le gouvernement s’attend tout de même à un ralentissement de l’économie l’an prochain, avec une croissance prévue à 1,4 %, après 2,5 % en 2022, une inflation toujours élevée à 3,3 % et un déficit public qui stagnerait à 5 % du PIB, du fait du contexte « incertain », lié notamment à la guerre en Ukraine et à la situation aux Etats-Unis et en Chine.

ARTICLE

Bercy promet de réduire les dépenses de l’Etat et des collectivités sur le quinquennat

Par Isabelle Couet. Publié le 22 juil. 2022 LES ECHOS

La rédaction du Programme de stabilité qui sera envoyé à la mi-août à la Commission européenne a rarement été aussi délicate. Le document dévoilé ce jeudi, qui dessine le chemin budgétaire du nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron, a été réalisé dans un « contexte économique incertain, marqué par des risques baissiers », a insisté le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Fermeture du marché chinois, coupure probable du gaz russe, ralentissement américain et, désormais, instabilité en Italie suite au départ du président du Conseil Mario Draghi : les facteurs susceptibles de dégrader encore le scénario macroéconomique ne manquent pas.

Plein-emploi

C’est en tenant compte de tous ces aléas que Bercy anticipe un ralentissement de la croissance à 1,4 % l’an prochain contre 2,5 % cette année, avant une remontée progressive à 1,8 % en 2027.

Ce retour à 1,8 % sera possible « grâce aux réformes économiques portées par notre majorité », a assuré le ministre de l’Economie, citant la réforme des retraites, la baisse des impôts de production, les réformes de l’éducation et de la formation professionnelle ou encore la poursuite de la transformation de l’assurance-chômage et le déploiement du plan d’investissement « France 2030 » .

Bruno Le Maire a aussi promis que les mesures de son gouvernement en faveur de « la valorisation du travail » permettraient d’atteindre le plein-emploi en 2027. Un taux de chômage de 5 % en fin de quinquennat est inscrit noir sur blanc dans le document pour Bruxelles. « Cela n’a jamais été fait en plus d’un demi-siècle », rappelle le ministre.

Objectif ambitieux

Surtout, dans la droite ligne des engagements pris l’an dernier , Bercy promet de maîtriser la dépense publique. L’augmentation globale sera contenue à 0,6 % hors inflation par an en moyenne, d’ici à 2027, soit le « niveau le plus faible jamais connu depuis vingt ans », martèle Bercy.

Un objectif très ambitieux, même s’il n’intègre pas les mesures de crise et de relance. Sont en revanche comprises les dépenses liées au paquet « pouvoir d’achat » (bouclier énergétique, revalorisation des pensions et minima sociaux, ristourne sur le carburant…), en train d’être voté au Parlement.

LIRE AUSSI :

DOSSIER – Mesures d’urgence sur le pouvoir d’achat : ce qu’il faut savoir

INTERVIEW – Bruno Le Maire et Gabriel Attal : « Le compromis oui, le reniement ou la surenchère, non »

Pour mémoire, les prévisions envoyées à Bruxelles en 2021 affichaient une hausse des dépenses publiques limitées à +0,7 % par an, ce qui avait déjà fait sourciller.

Postes d’économies

Les efforts porteront surtout sur l’Etat et les collectivités locales. Le premier devra réduire ses dépenses de 0,4 % par an en moyenne. A ce stade, les postes d’économies ne sont pas connus. Ils seront détaillés à la rentrée.

Les collectivités verront, quant à elles, leurs dépenses de fonctionnement réduites de 0,5 % par an, mais Bercy insiste sur le fait qu’elles bénéficient de la très bonne tenue des recettes fiscales et des mécanismes d’indexation sur l’inflation. Le ministère reste d’ailleurs sourd aux demandes de certains députés de faire en sorte que l’Etat compense la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires et celle du RSA. Les collectivités qui ont des difficultés pourront être soutenues au cas par cas.

Le ministre de l’Economie l’a affirmé, même si « les dépenses doivent progresser moins vite que la croissance », la trajectoire fixée dans le document pour Bruxelles n’est pas synonyme d’austérité. A côté du régime imposé à l’Etat et aux collectivités, les dépenses sociales vont augmenter « pour répondre aux engagements du Ségur, du plan hôpital, du plan urgence ».

Geste sur les successions

Au final, et comme Bercy l’a déjà indiqué , le déficit budgétaire passerait sous la barre de 3 % du PIB en 2027 « quoi qu’il arrive ». L’endettement commencerait à refluer à compter de 2025 : la dette s’élèverait à 112,5 % du PIB à la fin du quinquennat, contre 111,9 % cette année, mais après un pic à 113,3 % dans trois ans.

Sur les baisses d’impôts, l’autre « marqueur » de la politique du gouvernement mis en avant par le ministre, les cinq prochaines années seront moins fastes. La baisse des impôts de production , en une fois, l’an prochain, pour 8 milliards d’euros, constitue la plus grosse partie. Concernant le geste sur les successions et donations promis par Emmanuel Macron pendant la campagne, Bercy indique qu’il « pourra l’engager à partir de 2023 mais tout ne sera pas fait en 2023 ».

Isabelle Couet

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :