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« LA ZONE EURO A ÉPUISÉ LES FRUITS DE L’APRÈS COVID, LA STAGFLATION SE CONFIRME »

La période faste, où tous les espoirs de reprise économique étaient permis à la fin de la pandémie, semble s’éloigner.

Profitant dans un premier temps des liquidités, grâce aux taux bas et à la forte demande lorsque le monde s’est massivement rouvert aux échanges, la zone euro paye, dans un second temps, les effets de l’inflation qui paralyse la consommation des ménages.

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latribune.fr 23 Juin 2022

« La croissance économique de la zone euro montre des signes d’affaiblissement et l’effet porteur de la demande différée liée à la pandémie est déjà en train de se dissiper » (Crédits : STRINGER)

L’hypothèse de la « stagflation », une croissance atone couplée à une forte inflation, se précise chaque jour un peu plus. Pire, c’est celui de la récession sur le Vieux continent qui se profile. Et malgré les pronostics de la Banque centrale européenne qui se voulait rassurante il y a deux jours, le tableau est bel et bien en train de s’assombrir en Europe. La croissance de l’activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis 16 mois, notamment à cause de l’inflation, selon l’indice PMI composite publié jeudi par S&P Global.

Face à l’envolée des prix, les consommateurs différent leurs achats et réduisent leurs dépenses de loisirs. L’indice, calculé sur la base de sondages d’entreprises, a baissé à 51,9, après 54,8 en mai. Un chiffre supérieur à 50 signale une progression de l’activité, tandis qu’il signale une baisse quand il est inférieur à ce seuil. Il tombe aussi à son plus bas niveau depuis février 2021.

« La croissance économique de la zone euro montre des signes d’affaiblissement et l’effet porteur de la demande différée liée à la pandémie est déjà en train de se dissiper, occulté par le choc du coût de la vie et la dégradation de la confiance des entreprises et des consommateur », résume Chris Williamson, chef économiste de S&P Global.

De fait, après une longue période de politique monétaire accommodante, les banques centrales européennes tentent désormais d’éteindre l’incendie de l’inflation, à son plus haut en France en mai depuis 37 ans. Si les conjoncturistes ont écarté le scénario noir d’une récession en 2022, ils évoquent cette possibilité pour 2023 avec un recul du PIB à 1,3%.

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La présidente de la BCE Christine Lagarde a d’ailleurs réaffirmé lundi l’intention de l’institut de procéder à deux hausses des taux d’intérêt en juillet et septembre, les premières depuis plus de 10 ans. Pour la BCE, le dilemme est le suivant : comment retrouver le sérieux budgétaire, qui empêchera la flambée des prix suite à l’afflux de liquidités, sans pénaliser la croissance ?

Le moteur allemand n’a plus de souffle

L’Allemagne, principal moteur de l’économie européenne, subit le même scénario. Outre-Rhin, la dynamique de croissance s’est nettement essoufflée en juin. Pour Phil Smith, directeur associé de S&P Global, ces chiffres signifient que l’Allemagne a perdu quasiment tout l’élan que lui avait donné l’allègement des restrictions sanitaires.

Il ajoute que « la confiance des entreprises sur l’évolution future de l’activité est désormais à son plus bas niveau depuis la première vague de la pandémie il y a deux ans ».

De même, l’onde de choc de la guerre en Ukraine continue de faire trembler l’économie française. Lundi, la Banque de France table désormais sur une croissance du PIB de 2,3% en 2022 contre 2,7% (en mars dernier).

(Avec Reuters)

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