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CONSEIL NATIONAL DE LA REFONDATION : UN «OBJET POLITIQUE MAL IDENTIFIÉ»

QUAND IL Y A DU FLOU…

Le chef de l’Etat a annoncé, vendredi à Bormes-les-Mimosas, que l’instance qu’il a appelé de ses vœux serait lancée le 8 septembre. Méfiantes, les oppositions ont déjà exprimé leurs appréhensions quant à cette instance aux contours flous.

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Avec son «Conseil national de la refondation», Macron espère vendre sa «nouvelle méthode» de gouvernement à la rentrée

par Victor Boiteau. publié le 20 août 2022

Un énième comité Théodule ? Un «machin», comme disait le général de Gaulle à propos de l’ONU ? Ou l’incarnation de la «nouvelle méthode» voulue par Emmanuel Macron pour son second quinquennat ? Près de deux mois et demi après l’annonce de la création d’un Conseil national de la refondation, les contours de cet objet politique sont encore difficiles à cerner.

A Bormes-les-Mimosas, vendredi soir, lors de la cérémonie du 78ᵉ anniversaire de la libération de la ville du Var, Emmanuel Macron a seulement précisé le calendrier. Le «CNR» sera lancé le 8 septembre, a annoncé le chef de l’Etat, en promettant un «dialogue» sur «le chantier de l’école, de la santé, nos grands services publics».

En juin, dans un entretien à plusieurs quotidiens régionaux, le président de la République avait annoncé vouloir réunir les «forces politiques, économiques, sociales, associatives» ainsi que des citoyens tirés au sort, dans une instance rappelant volontairement le Conseil national de la Résistance d’après-guerre. L’objectif, disait-il alors, était de répondre aux défis esquissés par le candidat Macron, à savoir «l’indépendance, le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l’égalité des chances et la renaissance démocratique avec la réforme institutionnelle». Réélu en avril sans véritable souffle, le locataire de l’Elysée voyait dans l’annonce de cette nouvelle méthode une nouvelle façon de gouverner, dans un moment où les Français sont «fatigués des réformes qui viennent d’en haut».

Un départ raté

Dans la presse régionale, le Président chargeait alors la Première ministre Elisabeth Borne et son gouvernement de «faire vivre» cette instance. Une première réunion portant sur le pouvoir d’achat avait été fixée le 22 juin. Mais entre-temps, le camp présidentiel a essuyé une défaite lors des élections législatives des 12 et 19 juin, compliquant la mise en route de l’idée élyséenne.

Le calendrier s’est accéléré, et le projet de loi sur le pouvoir d’achat, présenté par le gouvernement le 7 juillet, a été définitivement adopté par le Parlement le 4 août. Mais quid du dialogue avec les «forces politiques, économiques, sociales»promis par le chef de l’Etat ? «Ce CNR pouvait avoir une utilité avec une majorité forte à l’Assemblée nationale, et aurait permis d’élargir le dialogue avec les parties prenantes pour la liste des réformes portées au Parlement. Mais maintenant, le Parlement semble devoir être le lieu des débats», constatait déjà lucidement en juin François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans les Echos.

Si la «séquence» pouvoir d’achat a donc été quelque peu ratée, l’exécutif entend bien corriger le tir en se donnant le temps de la concertation. Fin juillet, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Franck Riester, a annoncé qu’il n’y aurait pas de session extraordinaire du Parlement en septembre. Une première depuis 20 ans. Les travaux à l’Assemblée reprendront en session ordinaire le 3 octobre. Les prochains projets de lois annoncés par le gouvernement concernent les énergies renouvelables, les règles de l’assurance-chômage ou l’immigration. Pour l’heure, comme l’a annoncé vendredi Emmanuel Macron, le «CNR» devrait se pencher sur la question des services publics.

«Bidules macroniens»

Mais sa déclinaison pratique – quels acteurs ? où ? comment ? quelles pistes de réflexions ? – reste très floue. Avec cet outil, le gouvernement entend également «partager les responsabilités», comme l’expliquait en juin Olivier Véran. Comprendre : en mettant tout le monde autour de la table, l’exécutif pourra plus facilement expliquer d’éventuels blocages pour telle ou telle décision, renvoyant la faute sur telle force politique ou telle organisation syndicale et patronale. Soit la bonne vieille concertation : réunir, échanger, écouter. Et, in fine, décider.

Les oppositions, elles, ont déjà exprimé leurs réticences quant au Conseil national de la refondation. «C’est une mauvaise idée, grinçait en juin le président des sénateurs LR Bruno Retailleau. Ça fait partie des bidules macroniens pour contourner et affaiblir le Parlement.» «A quoi va servir l’Assemblée nationale ?», s’interrogeait également de son côté le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, questeur du Sénat. Un «artifice», avait également dénoncé Marine Le Pen. Début juin, le député (LFI) Alexis Corbière (LFI) avait quant à lui évoqué un «conseil national de la manipulation», qu’il jugeait «ridicule».

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